RELIGIONS ET CROYANCES

phénomènes merveilleux du monde animal et végétal


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Lundi 27 Février 2012

phénomènes merveilleux du monde animal et végétal
Ayant analysé avec soin les organes de l'animal à l'aide de l'anatomie, frappés des merveilles de l'œuvre de Dieu et de la sagesse qui s'y révèle, ils sont forcés d'admettre un Créateur sage et connaissant la fin et le but de toutes choses.
Et en effet, on ne peut étudier l'anatomie ni l'organisme admirable de la nature vivante sans être conduit à proclamer la science profonde de celui qui a construit le corps de l'animal et surtout de l'homme. Mais, emportés par leurs recherches multipliées sur la nature, ils ont cru que le juste équilibre de l'organisme exerçait une influence considérable sur l'existence de l'être. D'après eux, la faculté pensantedépend de l'organisme, elle périt et s'anéantit avec celui-ci; or comme on ne peut comprendre, disent-ils, qu'une chose anéantie revienne à l'existence, ils déclarent que l'âme meurt pour toujours. Par conséquent, ils nient la vie future, et rejettent le paradis, l'enfer, la résurrection et le jugement. N'admettant ni la récompense des bonnes œuvres ni le châtiment des mauvaises, ils s'affranchissent de toute autorité et se plongent dans leurs passions avec l'avidité de la brute. Ceux-là aussi doivent être nommés impies (zendiq), car la véritable foi repose sur la croyance non seulement en Dieu, mais en son apôtre et au jour du jugement. Or ils nient le jugement, tout en admettant Dieu et ses attributs.
3° Les Théistes leur succédèrent. Parmi eux on compte Socrate qui fut le maître de Platon, comme Platon fut le maître d'Aristote. Ce dernier établit pour son école les règles de la logique, organisa les connaissances, élucida ce qui n'avait pas encore été mis en lumière et expliqua ce qui n'était plus compris. Cette école réfuta le système des deux autres, c'est-à-dire des Matérialistes et des Naturalistes, mais, en dévoilant leurs croyances erronées et perverses, elle employa des arguments qu'elle aurait dû laisser de côté. « Dieu suffit pour protéger les croyants dans le combat. »

LE PRÉSERVATIF
Au nom de Dieu clément et miséricordieux.
L'imam Abou Hamid Mohammed (fils de Mohammed, fils de Mohammed) Ghazali dit :
Gloire à Dieu dont la louange doit précéder tout écrit et tout discours! Que les bénédictions de Dieu se répandent sur Mohammed son prophète et son apôtre, sur sa famille et ses compagnons, sous la conduite desquels on évite l'erreur!
Tu m'as prié, ô mon frère en religion, de te faire connaître les secrets et le but des sciences (religieuses), les profondeurs et le dernier terme des doctrines. Tu veux savoir ce que j'ai eu à souffrir pour dégager la vérité perdue dans la confusion des sectes et la diversité des routes; comment j'ai osém'élever des bas-fonds de la croyance routinière jusqu'au faîte de la certitude. Tu désires connaître ce que j'ai emprunté d'abord à la théologie scolastique, et ensuite à la méthode des Ta’limites qui, dans la recherche de la vérité, s'appuient sur l'autorité d'un imam ; pourquoi, en troisième lieu, j'ai été amené à mépriser les systèmes philosophiques; et enfin, ce que j'ai accepté de la doctrine des Soufis, et la somme de vérités que j'ai recueillie en étudiant toutes les opinions des hommes. Tu me demandes pourquoi, après avoir abandonné à Bagdad un enseignement qui attirait un si grand concours d'auditeurs, je l'ai repris longtemps après à Nischapour. Convaincu de la sincérité des sentiments qui t'animent, je vais répondre à tes questions, après avoir imploré l'aide et la protection de Dieu.
Sachez donc, ô mes frères (que Dieu vous guide dans la bonne voie et vous dirige vers la vérité !), que la différence des croyances et des religions, que la diversité des doctrines et des sectes qui partagent les hommes sont comme une mer profonde, fertile en naufrages et de laquelle peu d'hommes se tirent sains et saufs. Chaque secte, il est vrai, se croit en possession de la vérité et du
salut, chaque communauté se réjouit de sa croyance ; mais, comme nous l'a enseigné le chef des apôtres, celui dont la parole est toujours véridique : «
lectures faites à la dérobée me mirent en état d'approfondir les systèmes philosophiques en moins de deux années.
Je passai encore une année environ à méditer sur ces doctrines après les avoir bien comprises, je les tournai et les retournai en tous sens pour en pénétrer les obscurités et les profondeurs. J'acquis de la sorte une connaissance certaine et entière de tout ce qu'elles renfermaient de mensonges et de déguisements, de réalités et de chimères.
Je vais donner maintenant le résumé de ces doctrines. J'ai constaté qu'elles étaient partagées en différentes catégories et que leurs adhérents étaient eux-mêmes répartis entre plusieurs classes. Tous, malgré la diversité des écoles, sont marqués du sceau de l'infidélité et de l'irréligion, bien qu'il y ait une distance considérable entre les anciens et les modernes, entre les premiers et les derniers philosophes, selon qu'ils se sont plus ou moins écartés ou rapprochés de la vérité.
Des sectes philosophiques et de la marque d'infidélité qui leur est commune à toutes sans distinction.
Les doctrines philosophiques, malgré leur nombre et la diversité de leurs vues, se réduisent à trois écoles: 1° les Matérialistes; 2° les Naturalistes; 3° les Théistes.
1° Les Matérialistes. Ils rejettent un Créateur, ordonnateur intelligent et tout-puissant. Pour eux, le monde existe de toute éternité et sans avoir d'auteur; l'animal provient du sperme et le sperme de l'animal; c'est ce qui a toujours été et ce qui sera toujours. Ceux qui professent cette doctrine sont des impies (zendiq).

2°LesNaturalistes.

Ceux-ci s'adonnent à l'étude de la nature et des opinions fait planer au-dessus des hommes. Je ne nie pas cependant qu'elle n'ait eu un résultat plus satisfaisant pour d'autres ; j'admets, au contraire, qu'elle est arrivée à ce résultat, mais c'est en introduisant le principe d'autorité dans des matières qui ne sont plus de l'ordre des notions primordiales. D'ailleurs, mon but est d'exposer ma propre situation d'esprit et non de contredire ceux qui ont obtenu leur guérison. Les remèdes varient d'après la nature du mal; utiles pour les uns, ils peuvent devenir dangereux pour les autres.
La Philosophie, ce qu'elle a de blâmable et de non blâmable; sur quels points ses adhérents peuvent être considérés comme croyants ou incrédules, comme orthodoxes ou hérétiques ; ce qu'ils ont emprunté aux. doctrines véritables pour l'introduire dans leurs théories chimériques et les rendre acceptables ; pourquoi les esprits s'écartent de la vérité ; avec quel critérium on peut dans leur système séparer l'or pur de l'alliage.
Je passai de l'étude de la théologie scolastique à celle de la philosophie. Il me fut démontré que, pour démêler la fausseté d'une science, il faut l'étudier à fond, il faut égaler, que dis-je? surpasser même ceux qui la possèdent le mieux, de telle sorte qu'on pénètre à des profondeurs qui sont restées ignorées de ceux-ci. A cette condition seulement une réfutation peut être solidement établie. Or c'est une préoccupation dont je n'ai pas trouvé trace chez les docteurs musulmans; je n'ai rencontré dans les écrits théologiques consacrés à la réfutation des philosophes que paroles diffuses et entortillées, pleines de contradictions et d'erreurs et incapables de séduire, je ne dis pas seulement un esprit délicat, mais même la foule ignorante. Persuadé que songer à réfuter une doctrine avant de l'avoir comprise et pénétrée, c'était frapper dans les ténèbres, je me livrai avec zèle à l'étude de la philosophie, mais dans les livres seulement et sans le secours d'un maître. Je consacrai à ce travail tous les loisirs que me laissaient mon enseignement et la composition de mes écrits juridiques. J'avais l'honneur de compter alors à mon cours trois cents auditeurs parmi les étudiants de Bagdad.

Avec l'aide
Mon peuple se partagera en plus de soixante-dix sectes, et une seule d'entre elles sera sauvée. » Or toutes les prédictions du Prophète se réalisent.
Depuis l'âge de l'adolescence, c'est-à-dire avant d'avoir atteint ma vingtième année, jusqu'à l'époque présente où j'ai dépassé la cinquantaine, je me suis avancé dans cette vaste mer, j'en ai sondé les profondeurs sans timidité, et comme un plongeur résolu j'ai pénétré dans ses ténèbres, affronté ses écueils et ses abîmes. J'ai interrogé les croyances de chaque secte, scruté les mystères de chaque doctrine, afin de démêler la vérité de l'erreur, de séparer le dogme de l'hérésie. Je n'ai jamais rencontré un disciple du sens allégorique (baténi) sans rechercher la nature de sa croyance, ni un partisan du sens extérieur (zahèri) sans m'enquérir des résultats de sa doctrine. Il n'est pas un philosophe dont je n'aie approfondi le système, pas un théologien dont je n'aie voulu connaître la doctrine et les controverses dans leur résultat définitif. Le soufisme n'a pas de secrets dans lesquels je n'aie pénétré; le pieux adorateur de Dieu m'a dévoilé le but de ses austérités ; le zendiq et l'athée n'ont pu dérober à mes yeux les causes véritables de leur impiété audacieuse. La soif de connaître s'était glissée et infiltrée en moi à la fleur de l'âge; c'était comme une seconde nature que Dieu avait mise en moi sans qu'il y eût de ma part ni volonté ni effort. J'étais à peine sorti de l'enfance que j'avais déjà brisé les liens de la routine et que je m'étais affranchi des croyances héréditaires.
Ayant remarqué avec quelle facilité les fils de chrétiens deviennent chrétiens, et les enfants des musulmans embrassent l'islamisme ; me rappelant d'autre part cette sentence du saint Prophète recueillie par la tradition : « L'enfant naît ayant en lui le germe de l'islam, puis ses parents le font juif, chrétien ou mage, » je fus mû par le vif désir de connaître cette disposition innée chez l'enfant, la nature des croyances accidentelles que lui impose l'autorité de ses parents et de ses maîtres, et enfin cette conviction aveugle qu'il doit à leurs leçons. Frappé des contradictions que je rencontrais en cherchant à démêler ce qu'il y avait de vrai et de faux dans ces opinions, je me fis d'abord le raisonnement suivant :
«La recherche de la vérité étant le but que je poursuis, je dois, en premier lieu, savoir quelles sont les bases de la certitude. » Je reconnus ensuite que la certitude est la connaissance nette et claire des choses, celle qui ne laisse aucune place au doute, aucune possibilité d'erreur et de conjecture, de sorte qu'il ne reste dans l'esprit rien qui puisse donner accès à l'erreur. Il faut que l'esprit, prémuni contre toute chance d'égarement, soit lié à une conviction si forte que si, par exemple, quelqu'un capable de convertir la pierre en or et le bâton en serpent cherchait à saper les bases de cette certitude, elle demeurât solide et inébranlable. Je suppose qu'un homme vienne me dire à moi qui sais que dix est plus que trois : «Non, c'est au contraire trois qui est plus que dix et, pour le prouver, je vais changer ce bâton en serpent;» je suppose qu'en effet il opère ce changement sous mes yeux, je n'en resterai pas moins convaincu de la fausseté de son assertion, et si la puissance dont il a fait preuve excite mon étonnement, il n'en résultera cependant aucun doute dans ma conviction.
Je compris que toutes les notions qui ne réunissent pas ces conditions ne méritent. Aucune confiance, parce qu'elles ne sont pas à l'abri du doute : or tout ce qui n'est pas prémuni contre le doute ne peut constituer la certitude.
Sur les subterfuges des Sophistes et sur la négation des connaissances en général.
J'examinai ensuite mes connaissances et je vis que pour aucune d'elles, à l'exception des perceptions des sens et des principes nécessaires, je ne possédais le degré de certitude que je viens d'établir.
Je fis alors avec tristesse cette réflexion : « Il ne faut pas espérer trouver la vérité ailleurs que dans les choses qui portent en elles-mêmes l'évidence, c'est-à-dire les perceptions des sens et les principes nécessaires; il importe donc de les établir sur une base solide.
l'étudiai et la recueillis avec soin; je lus les écrits de ceux qui font autorité en ces matières et je composai moi-même différents traités. Je reconnus que cette science, tout en répondant à ses propres exigences, ne pouvait mener au but que je m'étais proposé. En effet, son objet est de conserver la pureté des croyances orthodoxes et de les préserver de toute altération hérétique. Dieu, par l'organe de son apôtre, a révélé à ses créatures une croyance qui est la vérité pour tout ce qui se rapporte à leur religion et à leurs intérêts temporels, et il en a promulgué les principaux articles dans le Coran et la tradition. Satan suggéra ensuite aux novateurs des principes contraires à ceux de l'orthodoxie : ils s'y appliquèrent avec ardeur, et la pureté de la foi fut menacée. Dieu suscita donc une école de théologiens et leur inspira le désir de défendre l'orthodoxie à l'aide d'un système de preuves propres à dévoiler les artifices des hérétiques et les attaques qu'ils dirigeaient contre le dogme établi par la tradition.
Telle est l'origine de la théologie scolastique. Plusieurs de ses adeptes, dignes de cette haute mission, défendirent vaillamment l'orthodoxie et la foi en démontrant l'authenticité de la prophétie et la fausseté des innovations hérétiques. Mais, pour cela, ils durent s'appuyer sur un certain nombre de prémisses qu'ils acceptèrent de leurs adversaires, et que l'autorité, le consentement universel, ou simplement le Coran et les traditions les mettaient dans l'obligation d'accepter. Leur principal effort était de faire ressortir les contradictions de leurs adversaires et de les prendre dans les prémisses qu'ils avaient déclaré accepter. Or une pareille argumentation a peu de valeur pour celui qui n'admet que les notions primordiales. La théologie scolastique ne pouvait, par conséquent, me suffire ni guérir le mal qui me dévorait. Lorsque cette école fut établie et développée, elle voulut aller plus loin que la défense du dogme : elle s'appliqua à l'étude des premiers principes, à celle des substances, des accidents et des lois qui les régissent. Mais, faute d'une base scientifique suffisante, elle ne put pénétrer fort avant dans ses recherches, et ne réussit pas à dissiper complètement les


Des différentes classes d'investigateurs.
Lorsque Dieu, dans sa bonté et sa miséricorde sans bornes, m'eut guéri de cette maladie, je constatais que tous ceux qui se livrent à la recherche de la vérité se divisent en quatre groupes :
1 ° Les Théologiens scolastiques, qui se disent les disciples du raisonnement et de la spéculation ;
2° Les Mystiques (Baténi) outa'limites, qui doivent toutes leurs connaissances à l'enseignement de l'imam;
3° Les Philosophes, qui prétendent s'appuyer sur la logique et les preuves;
4° Les Soufis, qui se disent élus de Dieu et possesseurs de l'intuition et de la connaissance du vrai (par l'extase).
« La vérité, me dis-je à moi-même, ne peut se trouver en dehors de ces quatre classes d'hommes qui se sont consacrés à sa recherche. Si elle se dérobe à ceux-ci, il faut renoncer à l'espoir d'y atteindre. On ne peut revenir à la croyance aveugle après l'avoir abandonnée, car le propre de la croyance est de s'ignorer elle-même. Sitôt qu'elle cesse de s'ignorer, elle se brise comme le verre, dont les fragments ne peuvent plus être rapprochés et réunis à moins d'être passés de nouveau à la fonte, et façonnés par une nouvelle fabrication. » Résolu de suivre ces routes et d'étudier à fond chacun de ces systèmes, je procédai à mes recherches dans l'ordre suivant : la théologie scolastique, les systèmes philosophiques, les doctrines de Baténis et enfin le Soufisme.
Du but de la théologie scolastique et de ses résultats.
Ma confiance absolue dans les perceptions des sens et dans l'infaillibilité des principes nécessaires est-elle analogue à la confiance que j'avais d'abord dans les choses d'autorité, est-elle seulement analogue à la sécurité que la spéculation inspire aux hommes, ou est-elle rigoureusement vraie, sans mélange d'illusion et de troublé ? »
Je m'appliquai donc avec ardeur à l'examen des notions dues au témoignage des sens et à la spéculation, afin de savoir si elles pouvaient être révoquées en doute. Le résultat de ce long examen fut que je ne devais pas leur accorder ma confiance. Dans mon incertitude croissante, je me disais : « Comment se fier aux choses sensibles? La vue, qui de tous nos sens est le plus exercé, observe l'ombre, et, la trouvant stable, immobile, elle la déclare dénuée de mouvement. Cependant, l'observation et l'expérience démontrent ensuite que l'ombre se meut, non pas, il est vrai, d'un mouvement subit, mais graduellement et par petites portions; de sorte qu'elle ne reste jamais immobile. L'œil voit une étoile et la croit grosse comme une pièce d'or, mais les déductions mathématiques démontrent au contraire qu'elle est plu» grande que la terre. Ces notions et toutes les autres que les sens déclarent vraies sont ensuite démenties et convaincues de fausseté d'une manière irréfragable par le jugement de la raison.
« Puisque je ne puis me lier au témoignage des sens, me disais-je, il se peut que les notions intellectuelles dérivées des principes primitifs méritent seules ma confiance; tels sont les axiomes suivants : « Dix est plus que trois. L'affirmation et la négation ne peuvent coexister dans le même sujet. Une chose ne peut être créée et existant de toute, éternité, vivante et anéantie en même temps, nécessaire et impossible. » A cela les notions perçues par les sens me firent l'objection suivante : « Qui t'assure que tu peux te fier au témoignage de la raison plus qu'à celui des sens? Tu as ajouté foi en notre témoignage jusqu'au jour où le jugement de la raison est venu le démentir, sans elle tu continuerais à
Commençant par la science théologique, je l'étudiai et la recueillis avec soin; je nous croire sincères. Eh bien, il se peut qu'il y ait au-dessus de la raison un autre juge qui, s'il se produisait, la convaincrait de mensonge, au même titre que la raison, en se produisant, a détruit nos jugements. Or de ce que ce troisième concept ne s'est pas manifesté, il ne résulte point qu'il ne puisse exister. » Je demeurai quelque temps sans réponse; une induction tirée du sommeil vint accroître mes doutes. « Ne vois-tu pas, me disais-je, que tu prends tes rêves pour une réalité qui te paraît incontestable tant que tu es endormi ? Une fois réveillé, tu sais que ce ne sont que chimères sans fondement ni valeur. Qui t'assure donc de la réalité de notions que, dans l'état de veille, tu dois aux sens et à la raison? Elles peuvent être réelles, eu égard à ta condition présente; mais il est possible aussi qu'une autre condition s'offre à toi, laquelle sera à ton état de veille ce que celui-ci est à ton sommeil, c'est-à-dire que tu sortiras alors de ton rêve. Dans cette condition nouvelle, tu sauras que les conjectures de la raison ne sont que chimères. Cette condition est peut-être celle que les Soufis nomment « extase » (halet), c'est-à-dire, selon eux, un état où, absorbés en eux-mêmes et dans l'anéantissement de leurs sens, ils ont des visions qui ne s'accordent pas avec les perceptions de l'intelligence. Peut-être aussi cette condition est-elle la mort, conformément à cette parole du premier d'entre tous les Prophètes : « Les hommes sont endormis, la mort sera pour eux le réveil. » La vie actuelle n'est peut-être qu'un songe comparée à la vie future, et l'homme, une fois mort, verra des choses qui seront en contradiction avec celles qu'il a aujourd'hui sous les yeux, il entendra alors cette parole : « Nous avons écarté le voile qui couvrait tes yeux; ta vue est perçante aujourd'hui. »
Lorsque ces pensées eurent envahi mon esprit, j'en cherchai le remède. Mais comment l'obtenir? Pour délier le nœud de ces difficultés il fallait une preuve, et la preuve suppose l'assemblage des notions primordiales; or celles-ci n'étant plus acceptées par moi, comme on vient de le voir, la démonstration devenait impossible. Cette crise douloureuse dura environ deux mois pendant lesquels j'étais, non pas de bouche ni par mes discours, mais moralement, en conformité
de vue avec les Sophistes. Dieu daigna enfin me guérir de cette maladie, mon âme retrouva la santé et l'équilibre, les vérités primordiales de la raison m'apparurent de nouveau, dans toute leur évidence et leur force. Je dus ma guérison non à un assemblage de preuves et d'arguments, mais à la lumière que Dieu fit pénétrer dans mon cœur, lumière qui éclaire le seuil de toute science. Quiconque s'imagine que la certitude ne repose que sur des arguments, amoindrit la miséricorde immense de Dieu. On demandait au Prophète l'explication de ce passage du livre divin : « Dieu ouvre à la foi musulmane le cœur de celui qu'il veut diriger. » — « Il s'agit, répondit le Prophète, de la lumière que Dieu répand dans le cœur. » — « Et à quel signe l'homme peut-il la reconnaître? » lui demanda-t-on. — « A son détachement de ce monde d'illusion et au penchant qui l'entraîne vers le séjour de l'éternité. » C'est le Prophète aussi qui a dit : « Dieu a créé les êtres dans les ténèbres, puis il a répandu sur eux sa lumière. » C'est à l'aide de cette lumière qu'il faut chercher la vérité. Comme sa miséricorde la répand parmi les hommes de temps en temps, il faut en épier sans cesse l'apparition. C'est ce que prouve cette parole de l'apôtre : « Dieu vous envoie, à certains jours, des effluves de miséricorde, soyez préparés à les recevoir. »
Le but de cet exposé est de faire comprendre avec quelle application on doit chercher la vérité, puisqu'elle conduit à des résultats inespérés. Les notions primordiales n'ont pas à être cherchées, parce qu'elles sont présentes et visibles : le résultat d'une telle enquête ne peut être que de les rendre invisibles et cachées. Mais celui qui étend ses investigations au delà des limites ordinaires est à l'abri du soupçon de négligence dans la poursuite des choses nécessaires


Lundi 27 Février 2012


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