«La révolution populaire en Algérie peut dégénérer», selon un ex-ministre algérien  24/04/2019

«La révolution populaire en Algérie peut dégénérer», selon un ex-ministre algérien
























Dans un entretien à Sputnik, Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor et expert en finance a mis en garde contre le risque «de dérapage de la révolution populaire en Algérie» si des réponses positives ne sont pas rapidement apportées aux revendications du peuple, mettant l’accent sur le rôle de l’armée dans le processus de dénouement.

Si «la révolution populaire» qui frappe l'Algérie depuis le 22 février dernier ne connait pas rapidement une issue positive, «elle peut dégénérer», a déclaré à Sputnik Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor et expert international en finance. Il estime que le haut commandement de l'Armée nationale populaire (ANP) algérienne, en la personne du général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, chef d'État-major, était tenu d'apporter des réponses rapides et convaincantes aux aspirations populaires.

«D'après moi, la situation est dangereuse», a déclaré l'ancien ministre du Trésor. «Nous avons à faire à une révolution pacifique, mais enfin, il ne faut pas tomber dans les travers d'une vision romantique de l'évolution et de l'aboutissement de cette révolution. Elle peut dégénérer. Il peut y avoir des dérapages. Tout dépend maintenant des décisions que prendra le chef d'État-major de l'armée algérienne», a-t-il expliqué.

C'est M.Gaïd Salah qui avait appelé le Parlement algérien à appliquer sans tarder l'article 102 de la Constitution, obtenant ainsi le départ du Président Abdelaziz Bouteflika. Puis, ce fut au tour du président du Conseil constitutionnel de déposer sa démission. Le chef de l'ANP a également demandé à la justice d'accélérer la prise en charge du dossier de la lutte contre la corruption, aboutissant à la mise sous mandat de dépôt d'hommes d'affaires influents et de hauts cadres du ministère algérien de l'Industrie. Mais les Algériens revendiquent également le départ du chef de l'État par intérim, Abdelkader Bensalah, du gouvernement de Noureddine Bedoui et la mise en place d'une phase de transition.

Ainsi, M.Benouari considère que «si le chef d'État-major de l'ANP écoute la rue, va jusqu'au bout, cela ira bien». «Sinon, il y a aura une colère de la part de la rue qui peut déboucher sur des violences, ce qu'aucun Algérien ne souhaite aujourd'hui, à commencer par Gaïd Salah lui-même», a-t-il précisé, soutenant qu'«il est contraint par la rue à faire des concessions, mais pas des concessions brutales, d'un seul coup. Il accompagne le mouvement. Il accompagne les exigences de la rue».

Par ailleurs, Ali Benouri estime que le chef d'État-major de l'ANP «va sans doute obtenir le départ du Premier ministre et du chef de l'État par intérim». «À ce moment-là, on quittera l'article 102 et il sera libre [le chef de l'armée, ndlr] de confier les rênes du pouvoir à une direction, probablement collégiale. Il lui appartient, à lui, de choisir parmi les hommes les plus sages et les plus honnêtes du pays», a-t-il conclu.

Dans un discours diffusé ce 24 avril, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah a affirmé lors de sa visite à la première région militaire à Blida, à l'ouest d'Alger, «que l'Armée nationale populaire demeurera engagée à préserver les nombreux acquis et réalisations de la nation, ainsi que l'accompagnement du peuple et de ses institutions à travers la mise en œuvre des solutions possibles, tout en approuvant toute proposition constructive et initiative utile allant dans le sens du dénouement de la crise et menant le pays vers la paix».

Ex-ministre algérien sur la lutte anticorruption en Algérie: une «phase révolutionnaire»:

Dans un entretien à Sputnik, Ali Benouari, ex-ministre algérien du Trésor et expert financier, a salué la lutte anti-corruption menée par la justice en Algérie. Il a remis dans «le contexte révolutionnaire» algérien l’appel du chef de l’armée au lancement de cette lutte, appelant à répondre vite aux aspirations populaires.

Sur fond d'opération mains propres à laquelle a appelé le chef d'État-major de l'armée algérienne, le général de corps d'armée Ahmed Gaïd Salah, des hommes d'affaires puissants et hauts cadres du ministère de l'Industrie ont été placés sous mandat de dépôt par le procureur de la République du tribunal de Sidi M'hamed à Alger. Dans un entretien accordé à Sputnik, Ali Benouari, ancien ministre du Trésor et expert international en finances, a commenté ces arrestations à l'aune «de la révolution populaire» qui se déroule en Algérie depuis le 22 février. Il affirme que l'armée algérienne est face à une responsabilité historique dans laquelle elle est tenue «de répondre vite aux aspirations populaires», faute de quoi la situation pourrait dégénérer.

«C'est positif, c'est éminemment positif», a déclaré l'ancien ministre, s'exprimant sur les actions menées par la justice algérienne dans le cadre de la lutte contre la corruption.

Il a expliqué la portée de l'appel lancé par le chef de l'armée à la justice pour accélérer la prise en charge du dossier de la corruption et affirmé qu'«on ne peut pas comprendre les décisions du chef d'État-major si on ne situe pas ces arrestations, ou les initiatives qu'il prend, dans le contexte révolutionnaire». «C'est une phase révolutionnaire qui a lieu aujourd'hui en Algérie», a-t-il ajouté.

Il estime que «ces décisions n'aurait pas pu être prises avant le 22 février, quand le chef de l'armée était encore le soutien du pouvoir de Bouteflika». «Cela étant dit, il faut rappeler que Gaïd Salah était en mauvaises relations avec le frère cadet de Bouteflika [Saïd, ndlr] qu'il accusait d'usurper les pouvoirs du Président, mais aussi avec l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia et l'homme d'affaires Ali Haddad», a-t-il détaillé, soulignant qu'«on peut dire qu'il était en mauvais termes avec la façon dont le pouvoir était géré». «Mais il avait promis à Bouteflika d'être loyal, parce que c'est lui qui l'a nommé», a-t-il poursuivi. Depuis la démission du Président Bouteflika le 2 avril dernier, «il n'a pas d'autres choix que de faire ce qu'il est en train de faire, c'est-à-dire nettoyer les écuries d'Augias, faire un maximum pour contenter le peuple en colère et la rue qui gronde», a-t-il soutenu.

Les 22 et 23 avril, le tout puissant homme d'affaires algérien Issad Rebrab, PDG du groupe agroalimentaire Cevital, les frères Kouninef et Ali Haddad réputés proches de Saïd Bouteflika, ainsi que huit cadres du ministère algérien de l'Industrie ont été tous placés sous mandat de dépôt par le procureur de la République du tribunal de Sidi M'Hamed, à Alger.

Par ailleurs, l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, et l'actuel ministre des finances, Mohamed Loukal, deux proches collaborateurs de Bouteflika, ont reçu une convocation en justice pour gaspillage de deniers publics et abus de pouvoir. Elle a été transmise officiellement lundi 22 avril par la gendarmerie nationale, rapporte l'APS.

Enfin, la justice a interdit à un certain nombre de personnes de quitter le territoire algérien. Les noms n'ont pas été dévoilés, mais les médias avaient déjà révélé ceux d'une dizaine d'hommes d'affaires influents, tous liés à l'entourage du l'ex-chef de l'État.

https://fr.sputniknews.com/afrique/201904241040872805-algerie-revolution-derapages-ministre-benouari/
https://fr.sputniknews.com/afrique/201904241040870424-lutte-anticorruption-algerie-ministre-benouari/

Commentaires

1.Posté par Abdelkader le 25/04/2019 09:08 | Alerter
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la révolution algérienne pacifique est infiltrée par les extremistes séparatistes avec l'aide des néo colonialistes et les espions pour provoquer le chaos dans le pays, certains partis politiques au lieu d'aider de calmer les esprits au contraire ils poussent les algériens au soulèvement pour prendre le pouvoir partout les moyens, l'algerie est menacé sérieusement, les ennemis de la patrie, certains torchons pyromanes, les séparatistes extrémistes xénophobes, certains pseudos partis politiques laïcs, les réseaux sociaux propagandistes, YouTube.... surtout les ingérences des neo colonialistes français c'est une menace très dangereuse.
l'algerie est devenue une poudrière la moindre étincelle provoque le chaos dans le pays.
seule l'armée nationale populaire peut sauver le le pays de l'anarchie. seule la dictature militaire tout le monde au pas, tout le monde au travail, le peuple algerien n'a pas besoin ce multipartisme sauvage, le peuple voulait le changement du système politique, une deuxième république sans règlement de comptes, sans vengeances ni haîne....
je pense que le printemps arabe criminel n'est pas loin

2.Posté par Saber le 25/04/2019 21:17 | Alerter
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Cette langue de vipère lit dans le talmud .
L'armée est et sera toujours aux cotés du peuple n'en déplaise à ceux qui veulent souffler sur les braises.

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