La dégradation des rapports Occident-Russie s'accélérera après le G8  26/04/2006




MOSCOU, 26 avril - RIA Novosti. Le sommet du G8 à Saint-Pétersbourg sera un succès, personne n'en doute, écrit Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques du Centre d'information militaire des Etats-Unis, dans les Izvestia.

Seulement ensuite les relations entre l'Occident, les Etats-Unis en premier lieu, et la Russie se détérioreront encore plus rapidement et nous ne verrons plus les gestes rituels esquissés par les leaders pour souligner leur confiance et leurs espoirs réciproques, estime Nikolaï Zlobine, directeur des programmes russes et asiatiques du Centre d'information militaire des Etats-Unis.

Moscou est irrité par le fait que ce rendez-vous l'a placé sous la loupe des grands moyens d'information mondiaux et de l'opinion. Si cette rencontre ne s'était pas tenue, cette attention, cette critique n'auraient pas existé. A Moscou on peste en constatant qu'une nouvelle bataille pour l'image venait d'être perdue alors que l'on avait tous les atouts en main.

La grande erreur de l'establishment américain a été de croire que la Russie ne s'était pas opposée aux Etats-Unis sciemment, parce qu'elle ne le voulait pas, et pas du tout par faiblesse militaire et économique. La principale erreur de l'élite russe a été d'espérer que l'Amérique, une fois affranchie de son ennemi mortel (l'Union soviétique), ferait de la Russie un partenaire stratégique. Il s'est avéré qu'aux yeux des Etats-Unis la parité nucléaire n'investit pas Moscou du droit à la parité sur l'échiquier politique international. Depuis la fin de la guerre froide la Russie est le seul pays à avoir perdu une partie de sa sécurité et la presque totalité de son influence internationale. Cela s'est produit pendant la période du plus grand rapprochement avec les Etats-Unis.

Les Américains et les Russes croyaient naïvement qu'ils étaient séparés par des idéologies et des systèmes politiques. Les systèmes se sont rapprochés, la différence dans les idéologies a disparu, pourtant la Russie et les Etats-Unis s'éloignent inexorablement l'un de l'autre. Ainsi que le montrent les discussions sur l'Irak, l'Iran, la Tchétchénie ou le Hamas, l'idée rassembleuse du péril international, de l'ennemi commun, n'a pas suffi. En ce qui concerne la politique mondiale, la Russie et les Etats-Unis occupent des positions fondamentalement différentes, souvent opposées.

Les relations russo-américaines ont imperceptiblement franchi la ligne rouge. La détérioration est irréversible. La tendance pourrait être inversée, mais pour cela il faudrait repenser de fond en comble la politique étrangère des deux pays, mais tout semble indiquer que ni Moscou, ni Washington n'en ont la volonté politique.



Ria-Novosti

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