Brexit : Boris Johnson empêché de faire adopter son accord  21/10/2019

Brexit : Boris Johnson empêché de faire adopter son accord













Le premier ministre britannique Boris Johnson n'a pas pu tenir lundi un vote du Parlement sur l'accord de Brexit décroché la semaine dernière à Bruxelles, prolongeant la confusion à 10 jours de la date prévue pour la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE).

En vertu du principe selon lequel un même texte ne peut être débattu plusieurs fois lors d'une même session parlementaire, le président de la Chambre des communes, John Bercow, a refusé que les députés votent sur l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Il faudra donc attendre l'étude des textes d'application, plus complexes, pour savoir si le Parlement britannique donne son feu vert au compromis, compliquant la tâche des Européens qui doivent se prononcer sur un possible nouveau report du divorce.

La motion qu'avait présentée le gouvernement "ne sera pas débattue", a expliqué John Bercow, jugeant qu'il serait "répétitif et désordonné" de voter de nouveau sur le sujet.

Pour éviter une sortie sans accord (no deal) le 31 octobre, Londres a décroché un nouvel accord de divorce avec l'UE la semaine dernière, mais il n'est pas parvenu à obtenir le soutien du Parlement britannique samedi.

Cet amendement avait pour but d'empêcher une sortie sans accord « accidentelle » si ces textes complexes n'étaient pas votés et promulgués à temps, selon son auteur.

Le premier ministre britannique a, par conséquent, été contraint de demander un report de la date de sortie de l'UE, prévue au 31 octobre; une requête en cours d'examen à Bruxelles.

Mais le dirigeant conservateur, farouchement opposé à tout nouveau report du Brexit initialement prévu le 29 mars et déjà repoussé deux fois, a accompagné cette demande d'une lettre expliquant pourquoi il ne veut pas de nouveau délai.
Réactions de Paris et Berlin

Si le gouvernement ne parvient pas à faire ratifier le texte dans les temps, "un court report technique" est possible, a déclaré lundi à Berlin le ministre des Affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

Paris a répété qu'un « délai supplémentaire » ne « serait dans l'intérêt de personne ». La décision devra être prise à l'unanimité par les dirigeants européens.

Déterminé malgré tout à tenir sa promesse d'un Brexit le 31 octobre, le gouvernement de Boris Johnson compte faire passer au Parlement le plus rapidement possible les textes de loi nécessaires à l'entrée en vigueur de l'accord, quitte à faire siéger les parlementaires le soir ou la fin de semaine.

Il estime avoir une majorité pour soutenir son accord, qui règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à la fin de 2020.
La confusion reste totale sur la date du Brexit

Plus de trois ans après le référendum de 2016 – qui a vu 52 % des Britanniques soutenir le camp du « Leave » –, l'opinion et les parlementaires restent très divisés, même au sein du Parti conservateur de Boris Johnson. Le gouvernement estime cependant avoir une majorité pour soutenir son accord.

L'opposition compte bien lui mettre des bâtons dans les roues en votant des amendements.

Keir Starmer, chargé du Brexit au sein du Labour, a déclaré dimanche à la BBC que l'accord de Brexit devait être soumis au vote des Britanniques dans un référendum, un scrutin en faveur duquel des centaines de milliers de personnes ont manifesté à Londres samedi.

Le Labour va aussi pousser en faveur d'un amendement contraignant Londres à demander à l'UE de rester dans une union douanière, un amendement qui "[nous] ramènerait à la case départ", a mis en garde la ministre du Commerce, Liz Truss, dans les colonnes du Daily Telegraph. Cette option avait en effet été examinée puis rejetée par le Parlement il y a quelques mois.

Le quotidien conservateur faisait sa une lundi sur la "guérilla" parlementaire attendue, tandis que le tabloïd The Daily Mail évoquait la "furie en réaction au complot travailliste pour ruiner le Brexit".

Ces éventuels amendements ont le pouvoir d'"anéantir" l'accord de Brexit, a dit un ministre au Times.

"Si nous ne partons pas [de l'UE], ce sera parce que le Parlement a empêché le gouvernement de faire ce à quoi il s'était engagé", a déclaré ce ministre, estimant que la seule façon de sortir de l'impasse était d'organiser des élections anticipées afin de redonner une majorité au chef du gouvernement.

"Nous n'essayons pas de l'anéantir, nous essayons de préserver l'économie britannique, l'emploi et les services publics", a rétorqué une figure du Labour, Jonathan Ashworth, lundi sur la BBC.

"La manière responsable de quitter l'Union européenne réside dans un accord d'union douanière, et cela devrait être présenté au peuple britannique pour qu'il ait son mot à dire.
Jonathan Ashworth, porte-parole du Part travailliste en matière de santé"

L'accord de retrait règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à la fin de 2020.

Outre l'approbation du Parlement britannique, il doit aussi être adopté par le Parlement européen.

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1354004/avenir-royaume-uni-grande-bretagne-vote-sortie-ue

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