MONDE

Vers une citoyenneté globale ?


Dans la même rubrique:
< >

Jeudi 19 Avril 2018 - 13:06 Le trio de l’apocalypse



Alexandre Artamonov
Dimanche 20 Octobre 2013

Vers une citoyenneté globale ?
Télécharger le fichier audio

 

Secourir les pauvres, essuyer les larmes des veuves et subvenir aux besoins des impotents… La digne tâche de l’UNESCO qui aspire à plaider la cause des démunis est bien connue. Cette fois-ci, l’organisme international représenté par Katerina Stenou, directrice de la plateforme intersectorielle pour une culture de la paix et de la non-violence, essaie de faire avancer le concept d’une citoyenneté gloable, planétaire. En signifie cette idée ? S’agit-il de vœux pieux ou bien cela pourrait-il tout de même revêtir un sens concret dans le tourbillon de notre quotidien apocalyptique ?

La Voix de la Russie. Dans votre rapport présenté à l’occasion du Forum des Rhodes, vous avez évoqué la responsabilité des gens devant la Planète Terre. A la fin de votre discours, vous nous avez tous invité à réfléchir sur la possibilité de créer la citoyenneté globale. De quoi s’agit-il concrètement ?

Katérina Stenou. Merci pour l'intérêt que vous portez à l’égard de mon concept émergent. Mais avant de le faire, permettez-moi de faire une petite introduction pour retracer le cheminement qui nous amène obligatoirement à ce concept. J’ai souhaité délivrer trois messages. Vous n’êtes pas sans savoir que le World Public Forum et l’UNESCO ont signé un nouvel accord sur quatre pistes de coopération. Tout d’abord, l’approfondissement de la coopération dans le domaine de l’éducation formelle et non formelle ; deuxième axe : la promotion des recherches en sciences sociales pour mieux comprendre ce qui se passe dans notre monde, de plus en plus interconnecté mais de moins en moins solidaire ; troisième piste : l'introduction du dialogue à l’échelle scolaire. Et nous avons dressé une expérience avec toute une série d’écoles appartenant aux chemins de fer. Le quatrième domaine est celui du rôle des médias dans la promotion de la diversité culturelle. Ces quatre domaines sont mis en valeur et en perspective.

Mon deuxième message portait sur l’évolution du concept de la culture et l’appel à la non-violence au sein de l’UNESCO qui représente la valeur ajoutée de l’UNESCO dans le cadre de l’ONU. Les Nations Unies ont été créées après la catastrophe de la Deuxième Guerre Mondiale, en 1946, pour qu’un tel drame ne se répète plus. Mais ils ont bien compris qu’à eux seuls, les rapports politiques et économiques ne suffisent pas pour que cette paix devienne durable et que tous les peuples y adhèrent mais avec un sentiment de pleine unanimité.

Pour ce faire, le soft power, à savoir le monde de la culture, de l’éducation, des sciences et des médias devraient s’associer pour sensibiliser les humains à la nécessité de la défense de la paix. Comme le dit de manière poétique le Préambule de notre acte constitutif. Ce faisant, nous nous sommes rendus compte de l’idée de la paix n’était pas une idée désincarnée, angélique et destinée au clergé, au catéchisme et à quelques ONG activistes. Le concept de la sauvegarde de la paix et de la culture de la non-violence a affaire à une constellation de concepts : sur le dialogue interreligieux, la solidarité et la cohésion sociale, la compétence interculturelle, etc. Tout cela nous mène à l’adoption d’un code interculturel spontané.

Attendu que l’UNESCO couvre toute la planète, on s’est dit que la loyauté des citoyens au niveau local n’était pas suffisante si elle ne s’exprimait pas aussi au niveau national, au niveau régional et au niveau mondial. C’est pourquoi le secrétaire général des Nations Unies a lancé l’idée du Global Citizenship que nous traduisons comme la Citoyenneté globale. En d’autres mots, cela appréhende la notion de vigilance et fournit un cadre à ceux qui veulent être actifs et responsables non seulement pour le bien commun de leur pays et continent, mais aussi qui aspirent à rechercher le bien commun à l’échelle planétaire. On entend par là la responsabilité partagée pour traiter le problème de la pollution de l’air, ou de l’eau, ou encore de la nature dépouillée de ses ressources. On ne voit pas la nature comme une mère nourricière mais juste comme un amas de gisements ! Cela implique aussi la défense du patrimoine culturel comme au Mali. »

Katerina Stenou est férue en la matière. Elle défend en amont et en aval, attaque, résiste et fonce tête baissée en faisant fi des commentaires des observateurs. A l’écouter, on ne peut s’empêcher de se souvenir du fameux commentaire pascalien : « L’homme n’est ni ange ni bête ! Qui veut faire ange devient bête ! » Autrement dit, les jolis concepts qui ne mangent pas de pain contribuent à l’expansion des conflits mondiaux. Le désir de nourrir tous les pauvres a fait venir des troupes entières de « misérables et innombrables » qui maintiennent Lampedusa en état de siège permanent. Le désir de partager les connaissances aboutit à la propagation des technologies militaires, le désir de répandre notre culture à une défiguration du message originel… N’est-il pas grand temps de se poser la question du bien-fondé de l’expansion culturelle, sur ce message agressif qui est celui de l’Occident : faire profiter les autres de sa vision du monde même si les autres n'en veulent absolument pas ? La citoyenneté globale ne ferait peut-être que contribuer à la disparition des cultures locales au nom des technocrates bruxellois qui s’installeraient cette fois-ci au sommet du Globe terrestre. Vanitas vanitatis ! N

 

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur.

 



Dimanche 20 Octobre 2013


Nouveau commentaire :

ALTER INFO | MONDE | PRESSE ET MEDIAS | Flagrant délit media-mensonges | ANALYSES | Tribune libre | Conspiration | FRANCE | Lobbying et conséquences | AGENCE DE PRESSE | Conspiration-Attentats-Terrorismes | Billet d'humeur | Communiqué | LES GRANDS DOSSIERS


Publicité

Brèves



Commentaires