Lobbying et conséquences

Vaccins HPV et prévention du cancer, la science par opposition à l’activisme



Lucija Tomljenovic, Judy Wilyman, Eva Vanamee, Toni Bark, Ch
Dimanche 3 Février 2013

Vaccins HPV et prévention du cancer, la science par opposition à l’activisme
IAC Infectious Agents and Cancer – Lettre à l’éditeur
2013, 8 :6.   1 Février 2013

Lucija Tomljenovic, Judy Wilyman, Eva Vanamee, Toni Bark, Christopher Shaw


RESUME (provisoire)

La raison d’être actuelle des programmes de vaccination contre la papilloma virus humain (HPV)  dans le monde entier est fondée sur deux prémisses de base :
1) que les vaccins HPV pourront prévenir des cancers du col utérin et sauveront des    vies, et 2) que ces vaccins ne présentent aucun risque d’effets secondaires graves. Par conséquent, il convient de faire tous les efforts possibles pour faire vacciner les filles pré adolescentes afin de diminuer le fardeau que représente le cancer du col de l’utérus.

Une analyse minutieuse des données pré-et post-homologation du vaccin HPV montrent que ces deux prémisses sont en contradiction avec des faits concrets, et proviennent en grande partie d’une mauvaise interprétation significative des données disponibles.

http://www.infectagentscancer.com/content/8/1/6/abstract


LETTRE

Le récent éditorial de Silvia Sanjosé [1] est problématique par rapport à toute une série de points de vue. Il tente de dépeindre une question particulièrement complexe comme étant une simple dichotomie entre un supposé « activisme anti vaccin HPV » et une soit disant science absolue qui aurait sans doute fourni les preuves incontestables de l’innocuité et de l’efficacité du vaccin HPV.

En dépit d’un grand optimisme injustifié et manifestement prématuré, il est un fait certain que, jusqu’à présent, les vaccins HPV n’ont pu empêcher un seul cas de cancer du col de l’utérus (et encore moins un seul décès). Au lieu de cela, ce que les essais cliniques ont montré, c’est que les vaccins HPV peuvent prévenir certaines lésions précancéreuses (CIN 2/3 – néoplasies cervicales intra-épithéliales *)  associées à l’infection par HPV 16 et HPV 18, soit une fraction importante des lésions qui se résorberaient spontanément quel que soit le statut vaccinal. [2-4]
Par exemple, chez des adolescentes de 13 à 24 ans, 38% des CIN 2 disparaissent après un an, 63% après deux ans et 68% après trois ans [5] En outre, le fait de considérer  les CIN2 comme étant des précurseurs du cancer est contestable en raison des taux erronés de classification et d’une mauvaise reproductibilité en matière de diagnostics, comme en raison des taux élevés de régression [6-9]. Selon Castle et al. [7], les CIN2 sont les moins reproductibles de tous les diagnostics histopathologiques et peuvent en partie refléter des erreurs d’échantillonnage. Alors que le CIN3 est un marqueur plus fiable de la progression du cancer que le CIN2, l’utilisation de ce marqueur n’est pas sans évoquer des réserves [2,10].

En effet l’hypothèse optimiste selon laquelle la vaccination HPV (même si on parvenait à démontrer qu’elle est efficace contre le cancer du col de l’utérus comme on le prétend) et qui se traduirait par une réduction de 70% des cancers du col de l’utérus, semble être largement basée sur des extrapolations prématurées, exagérées et incorrectes par rapport aux marqueurs de substitution. [2,11]
Ces hypothèses n’ont fondamentalement pas tenu compte de plusieurs facteurs importants du monde réel comme :

1) La fiabilité des marqueurs de substitution ( par exemple : sait-on s’ils peuvent exactement  
    mesurer ce qu’ils sont censés mesurer ?)
2) L’efficacité contre les souches oncogènes non couvertes par le vaccin ;
3) La possibilité d’une augmentation de la fréquence des infections par ces types ;
4) L’efficacité chez les femmes qui présentent de multiples types de HPV
5) Les effets qui peuvent se produire chez les femmes ayant des infections au HPV pré  
    existantes.

Il est également intéressant de noter que le vaccin de Merck contre le HPV, le Gardasil a bénéficié d’une procédure d’autorisation accélérée par la Food and Drug Administration (FDA) après un processus d’évaluation de 6 mois, en dépit du fait qu’il n’a pas pu ( et ne peut toujours pas) répondre à un seul des quatre critères exigés par la FDA  pour la procédure d’autorisation accélérée. Le Gardasil n’est manifestement ni plus sûr ni plus efficace que le test du frottis combiné avec la résection à l’anse diathermique (RAD) pour la prévention des cancers du col de l’utérus. Il ne peut pas non plus améliorer le diagnostic de graves cancers du col utérin. [12]
A cet égard, Gerhardus et Razum ont récemment noté que : «  La confiance injustifiée dans les nouveaux vaccins a donné l’impression qu’il n’était pas nécessaire de réellement évaluer leur efficacité. » [11]
De même, l’idée que les vaccins contre le HPV possèdent un profil impressionnant de sécurité  ne peut être soutenue que par une conception très imparfaite de ce que représentent des tests de sécurité [2,13]. Cette idée est également contraire aux preuves qui se sont accumulées au travers des données de surveillance, ainsi qu’aux cas rapportés qui établissent un lien entre la vaccination HPV et de graves effets secondaires (y compris des décès et de handicaps permanents) [2,4,14]. A titre d’exemple et comparativement à tous les autres vaccins du programme Américain de vaccination, le Gardasil à lui tout seul est associé à 61% de tous les effets secondaires graves (y compris 63,8% de tous les décès et 81,2% des handicaps permanents) chez les femmes n’ayant pas 30 ans. [12]

Bien qu’un rapport envoyé à un système de vaccinovigilance ne suffit pas à prouver que ce soit le vaccin qui ait entraîné un effet secondaire, la fréquence anormalement élevée des effets indésirables liés au vaccin HPV rapportés dans le monde, ainsi que leur configuration constante (fréquence la plus élevée des troubles neurologiques) renvoient à une relation potentielle de cause à effet [2]. En outre, correspondant aux données de vaccinovigilance, on s’aperçoit qu’il existe un nombre croissant de rapports concernant des réactions graves associés au vaccin HPV, dont les troubles du système nerveux et les maladies auto-immunes qui sont le plus souvent rapportées dans la littérature médicale. [15-24]

En résumé, les affirmations optimistes selon lesquelles les vaccins anti-HPV sont sûrs, peuvent prévenir les cancers du col et sauver des vies reposent sur des hypothèses mal interprétées et présentées au public comme étant des preuves formelles. Nous voulons conclure en disant qu’il est possible d’obtenir une réduction plus importante des cancers du col de l’utérus en optimisant le dépistage cervical (qui ne comporte pas de risques graves pour la santé), ainsi qu’en ciblant d’autres facteurs que le recours à des vaccins dont l’efficacité et les profiles de sécurité sont douteux. [2,25]  

Il conviendrait de poser les questions qui suivent à tous ceux qui veulent promouvoir la vaccination anti HPV comme moyen de réduire l’incidence du cancer du col de l’utérus :

Il n’a pas été démontré que le vaccin HPV pouvait prévenir le cancer du col de l’utérus.  
     Alors, pourquoi le présente-on comme étant le vaccin contre le cancer du col utérin?

Si la majorité des infections dues au HPV, ainsi qu’une forte proportion des lésions pré-cancéreuses régressent spontanément sans traitement médical, ne constituant donc pas une estimation fiable des futurs cancers, comment ces paramètres peuvent-ils être utilisés comme indicateurs fiables du nombre de cancers qui seront évités grâce à la vaccination HPV ?

Comment des essais cliniques peuvent-ils donner des estimations précises des risques  
            associés au vaccin HPV si ces essais sont méthodologiquement biaisés et susceptibles   
            de produire des erreurs de type 2 (Faux négatifs) [2,4,13] ?

Comment une vaccino vigilance passive, telle qu’elle est utilisée un peu partout dans  
       le monde, pourrait-elle permettre aux organismes de réglementation médicales de   
       faire des estimations précises sur la véritable fréquence des réactions indésirables   
       liées au vaccin HPV ?

Une estimation réelle de la fréquence des effets secondaires liés au vaccin est-elle  
      possible si une enquête et un suivi approfondi des effets secondaires ne sont pas  
      réalisés, mais au contraire si ces cas sont rejetés à priori comme étant non liés au  
      vaccin ?

Pourquoi les femmes ne sont-elles pas informées du fait que dans certaines  
      circonstances (par exemple : avant l’exposition aux types de HPV ciblés, et aux types  
      non ciblés par le vaccin), la vaccination contre le HPV est susceptible d’accélérer la
      progression des anomalies du col utérin ?[4, 26-28]

Comment les femmes pourraient-elles prendre une décision éclairée sur l’opportunité
      ou non de consentir à la vaccination si des informations cruciales sur l’efficacité et la
      sécurité du vaccin contre le HPV ne leur sont pas fournies ?

Les officiels de la Santé et les autorités devraient-elles uniquement se baser sur les  
      données fournies par les fabricants de vaccins pour établir des recommandations et  
      prendre des décisions en matière vaccinale ? [12 ,29]


* (CIN 2, CIN3 : néoplasies cervicales intra-épithéliales)


CONFLITS D’INTERETS

Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts.

BIBLIOGRAPHIE

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2. Tomljenovic L, Shaw CA, Spinosa JP: Human Papillomavirus (HPV) Vaccines as an
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3. Tomljenovic L, Shaw CA: Who profits from uncritical acceptance of biased estimates
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4. Tomljenovic L, Shaw CA: Human papillomavirus (HPV) vaccine policy and evidencebased
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author reply 254–255..
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http://www.infectagentscancer.com/content/8/1/6/abstract


http://www.infectagentscancer.com/content/pdf/1750-9378-8-6.pdf


Dimanche 3 Février 2013


Commentaires

1.Posté par Pimpere le 03/02/2013 23:29 | Alerter
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Tout à fait d'accord avec l'article, sans compte que le cancer du col de l'utérus n'arrive qu'en 17me
place des causes de décès par cancer en France (1,8%). Les chiffres cités viennent du rapport de l'inca,
cité par le site wikistrike.com

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