Sciences et croyances

Une étoile ordinaire



Stephen Smith
Vendredi 18 Juillet 2014

Une étoile ordinaire

Magnétogramme du Soleil révélant l’écoulement bipolaire.
Crédit : Centre national pour la recherche atmosphérique (NCAR), Observatoire de Haute Altitude (HAO)
Agrandissement.


Thunderbolts, Stephen Smith, 16 juillet 2014


« …le soleil est nouveau chaque jour… »
Héraclite


    On a longtemps pensé que l’anormale température de plusieurs millions de degrés de la couronne solaire, résultait de la « stabilité du chauffage », et donc qu’à une certaine température, les boucles coronales devaient avoir une densité spécifique. Pourtant, les satellites et les ballons servant à observer le Soleil, indiquent que les boucles coronales ont une densité plus grande que prévue.


    Les spécialistes du Soleil ne savent pas pourquoi la température de la couronne fait des millions de degrés de plus que la surface. Dans le paradigme de la fusion thermonucléaire ordinairement appliqué, en s’éloignant de la surface du Soleil, la température doit diminuer. D’après la mécanique de l'émission thermique, la chute de température est proportionnelle au carré de la distance.


    Il règne une certaine dose de confusion quand on en arrive à des théories sur le comportement solaire qui omettent l'activité électrique. Méconnaître la structure fondamentale des boucles coronales et leur analogie avec le comportement électromagnétique des courants de Birkeland, a conduit à des mécanismes de circonstance, imaginés pour préserver le bien-fondé de théories largement obsolètes.


    Il est banal pour les spécialistes du Soleil de parler du plasma comme d’un aspect du Soleil, mais de le faire d'une manière faisant que sa nature électrique semble sans importance. « Vent » solaire ; « pluie » de particules chargées ; « impacts » ioniques ; « nuages de gaz ionisé »… Toutes ces expressions sont destinées à transmettre les aspects inertiels du plasma et à le réduire à rien de plus que du gaz brûlant et de la poussière. Étant convaincus que, pour traiter du Soleil, l'électricité n'est pas un facteur, la majorité des astrophysiciens ont tendance à séparer sa nature électrique de son comportement magnétique.


    Les charges électriques sortant du Soleil voyagent le long de tubes de flux magnétiques récemment découverts. Larges de plusieurs kilomètres, ces « tornades magnétiques » permettent aux courants électriques de se propager directement du Soleil dans l'espace – tombant dans certains cas dans les régions polaires de la Terre, générant de la lumière visible, des ondes radio, et des rayons X.


    Toute décharge électrique dans le plasma crée une gaine magnétique en forme de tube le long de son axe. Si le courant traversant le circuit est suffisant, illuminant la gaine, la décharge crée parfois en son sein un certain nombre d'autres gaines. Ces gaines sont appelées des « doubles couches ». Les doubles couches se forment lorsque des charges positives s'accumulent sur une partie de nuage de plasma, tandis que des charges négatives s’accumulent à proximité. Apparaissant entre les deux régions, un puissant champ électrique accélère les particules chargées. Les charges électriques tournent en spirale dans les champs magnétiques, et, comme mentionné, elles émettent des rayons X, de l’ultraviolet extrême, et parfois des rayons gamma.


    Le 25 août 1997, la NASA a lancé la sonde spatiale Advanced Composition Explorer (ACE). Grâce à son positionnement au point L1 de Lagrange, ACE a analysé le vent solaire et fournit en temps réel des rapports sur les tempêtes géomagnétiques de la « météo spatiale » pendant les 17 dernières années. Bien que certains de ses instruments soient défaillants, ACE devrait pouvoir continuer sa mission jusqu'en 2024. À bord de ACE, l’un des instruments résiste toujours : le Solar Wind Electron Proton Alpha Monitor (SWEPAM), conçu pour examiner minutieusement en direct les éjections de masse coronale, les soi-disant « ondes de choc interplanétaires » et le vent solaire.


    Parmi les découvertes les plus insolites de ACE, il y a la diminution des électrons du vent solaire due au « retour des électrons » qui arrivent dans le Soleil depuis l'espace environnant. La circulation des charges électriques n'étant pas considérée, ces électrons ne se conforment pas aux tout dernières théories sur l'activité solaire. Il s’ensuit que, quand l'activité électrique se manifeste d’une manière inattendue, ces découvertes sont souvent qualifiées de « mystérieuses ».


    Selon l’opinion admise, le Soleil accélère les électrons vers l’extérieur et les précipite loin de sa surface grâce à un processus analogue à l’amplification des ondes sonores. Désignés sous le nom de « p-modes », ils sont prétendus provoquer des pulsations énergétiques dans la photosphère solaire lorsqu’ils « rebondissent » à l'intérieur du Soleil. Quand ils s’éloignent à travers les guides d'ondes appelées tubes de flux magnétiques, ils poussent les « gaz brûlants » vers l'extérieur dans les structures géantes appelées spicules. S’élevant à des milliers de kilomètres au-dessus de la photosphère, les spicules entraînent le plasma avec elles.


    Comme l’a écrit le professeur retraité Donald Scott : « Afin de maintenir au-dessus de la photosphère la double couche qui provoque presque toutes les propriétés observées du Soleil, il doit exister un certain rapport entre le nombre d'ions positifs sortants et le nombre d'électrons entrants. » Citant Ralph Juergens :

    Dans beaucoup de documents d’analyse classique de 1929 cités, Irving Langmuir a démontré qu’une double gaine (double couche) n’est stable que si les densités de courant d'ions positifs et d'électrons circulant à travers sont dans un rapport correct. Dans l’aigrette, le courant électronique entrant par rapport au courant ionique positif sortant, doit être égal à la racine carrée de la masse d'ions divisée par la masse d'électrons, c'est-à-dire : (courant d’électrons / courant d’ions)2 = masse ionique / masse électronique = 1836. Par conséquent, courant d'électrons / courant d’ions = 43. » Il doit donc y avoir bien plus (43 fois plus) d’électrons rentrant à travers la double couche que d’ions positifs en sortant. D'où viennent-ils ?

    En cette même année (1979), Earl Milton a rédigé un document intitulé, The Not So Stable Sun (Pas très stable Soleil), dans lequel il a écrit : « Afin de maintenir la stabilité de la gaine entre la photosphère et la couronne, un grand nombre d'électrons entrants doivent traverser la gaine pour chaque ion sortant à travers elle. Avec l'altitude, le gaz solaire exhibe un pourcentage croissant d’atomes ionisés par rapport aux atomes neutres. En s'élevant, certains atomes neutres se heurtent et s’ionisent. Certains retombent sur la surface solaire. En s'élevant, les ions atteignent la couronne où ils deviennent le vent solaire. Le flux de gaz descendant retombe sur le Soleil, entre les granules [spicules] – dans ces cannelures, le champ électrique est tel que des ions perdus, sortant sur les côtés des aigrettes de la photosphère, affluent vers le soleil, et en conséquence, des électrons refluent vers l'extérieur. La présence de ces cannelures est critique pour le maintien de la décharge solaire… Les spicules, ces immenses jets qui crachent des électrons dans les hauteurs de la couronne, trouvent ici une explication.

    À mon avis, cela explique aussi l’origine des taches solaires. Partout où le rapport #p/#e n'est pas maintenu, la double couche s'effondre. Les aigrettes de la photosphère disparaissant, nous obtenons donc une tache à cet endroit.


    Dans un univers électrique, le Soleil est une anode ou pôle de charge positive. La cathode, une « cathode virtuelle » invisible appelée héliopause, se trouve à la limite extrême de la décharge coronale du Soleil, à des millions de kilomètres de sa surface. C'est la double couche qui isole la cellule de plasma du Soleil du plasma galactique qui l'entoure. À proximité du Soleil, une gaine spatiale de charge positive accélère les ions positifs, principalement les protons, pour former le vent solaire. Dans ce volume de l'héliosphère, le courant impliqué suffit à alimenter le Soleil.



Original : https://www.thunderbolts.info/wp/2014/07/16/an-ordinary-star/
Traduction de Petrus Lombard



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Vendredi 18 Juillet 2014


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