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Un détecteur à neutrinos pour déceler une bombe atomique


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Vlad Grinkevitch
Vendredi 26 Avril 2013

Un détecteur à neutrinos pour déceler une bombe atomique

Les chercheurs russes pourraient commencer à tester dès cette année un détecteur capable d’établir exactement si du plutonium militaire est produit ou non, annoncent les médias russes. Ce nouvel appareil permettra de préciser et de vérifier l’information obtenue par des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Les spécialistes soulignent que l’information reçue par ce détecteur est infalsifiable, étant donné que le neutrino, particule (lepton) électriquement neutre, de masse infime, est capable de traverser toute matière et qu’il est impossible de stopper ou de cacher ces neutrinos. En 1930, la communauté des physiciens est confrontée à une énigme : la désintégration ne semble pas respecter les lois de la conservation de l'énergie, de la quantité de mouvement et du spin. Pour satisfaire ces principes, le physicien autrichien, qui avait aussi la nationalité américaine et suisse, Wolfgang Ernst Pauli postule l'existence d'une nouvelle particule, à décharge électrique nulle. A la fin du 20e siècle les physiciens de l’Institut Kourtchatov ont proposé une application pratique du neutrino. Ils ont prouvé que les neutrinos pouvaient servir à surveiller ce qui se passe à l’intérieur des réacteurs nucléaires.

« Il y a déjà plusieurs dizaines d’années, en étudiant le neutrino sur les réacteurs nucléaires de Krasnoïarsk qui produisaient à l’époque du plutonium, les physiciens de notre Institut ont établi qu’avec les neutrinos il était possible de déterminer les caractéristiques des réacteurs nucléaires. Les études sur les des neutrinos sont menées dans de nombreux pays. Il s’agit d’installations très chères et sophistiquées. En règle générale, de telles recherches ont une dimension internationale. Le projet le plus connu est l’expérience de Borexino en Italie, à laquelle participent aussi des physiciens russes », explique Andreï Gagarinski, conseiller du directeur du Centre national de recherches Institut Kourtchatov

Petr Topytchkanov, directeur de recherches au Centre de sécurité internationale de l’Institut de l’’économie mondiale et des relations internationales, a précisé à La Voix de la Russie que de tels détecteurs peuvent équiper les endroits les plus vulnérables – les ports, les nœuds ferroviaires, les autoroutes nationales.

L’expert relève que l’AIEA, responsable du contrôle de la non-prolifération des armes nucléaires, ne possède pas ses propres moyens d’investigation technique. Ses inspecteurs se contentent de l’information, fournie à titre bénévole par les Etats, par exemple, de rapports sur le fonctionnement des sites nucléaires. Ou bien se servent de données des services nationaux de renseignement :

« Pour ce qui est des programmes nucléaires d’Irak, d’Afrique du Sud, des recherches nucléaires d’Israël, l’AIEA ne se fondait que sur l’information fournie par les services de renseignements d’autres pays. L’AIEA est une institution internationale prestigieuse, et le Conseil de Sécurité de l’ONU prend des résolutions sur la de ses documents, y compris concernant les sanctions à imposer à tels ou tels Etats. Il est donc indispensable de vérifier les informations dont dispose l’AIEA ».
De cette façon, au regard de l’expert, en plus de prévenir la prolifération des armes nucléaires, la technologie de contrôle par les neutrinos ne permettra pas de manipuler l’AIEA à des fins politiques. Car le détecteur que les chercheurs russes s’apprêtent à tester permettra de prouver l’exactitude de l’information obtenue ou de la démentir.

http://french.ruvr.ru



Vendredi 26 Avril 2013


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