Histoire et repères

UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT, UN MODÈLE ECONOMIQUE ET UN PROJET DE SOCIÉTÉ ONT ÉTÉ DISCRÉDITÉ PAR DE L'INCOMPÉTENCE ET DU NÉPOTISME


L’arrêt du développement c’est déjà la décroissance soutenable qui fait naître une société de marché qu’elle implique, c’est une la réponse logique du berger à la bergère permettant à l’Algérie de se soustraire aux soit disant les conséquences désastreuses de l’époque, tout en ignorant la barbarie consumériste soutenue par la rente pétrolière


mohamed BENALLAL
Lundi 2 Septembre 2019

 UNE STRATÉGIE DE DÉVELOPPEMENT, UN MODÈLE ECONOMIQUE  ET UN PROJET DE SOCIÉTÉ ONT  ÉTÉ DISCRÉDITÉ PAR DE L'INCOMPÉTENCE ET DU NÉPOTISME
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En 1978, l’Algérie avait une population de l’ordre de 18 millions d’habitants, le pays arpentait à l’époque un taux de croissance démographique parmi le plus élevé du monde, soit 3,5 %, avec un taux de natalité dans les zones urbaines de 4,9% et dans les zones rurales de 5,6% selon les statistiques de l’époque. Cette croissance démographique boostait l’Algérie de façon à faire face chaque année plus de 600.000 bouches à nourrir, à soigner (hôpitaux), à transporter (infrastructures), à instruire (écoles), à loger (habitations)…, des besoins de plus en plus importants à satisfaire.
Devant cette situation préoccupante parmi tant d’autres encore plus qu’alarmantes, elle ne pouvait y avoir qu’une seule et unique solution pour contrecarrer ce pénible fâcheux contexte, il fallait par conséquent se développer par tout moyen pour répondre durablement aux besoins d’avenir toujours croissants et pour que tout rentre dans l’ordre dans un cadre bien réfléchie ou la croissance démographique serait rattrapée par la croissance économique .
Cette dite circonstance de l’époque avait engendré un déséquilibre flagrant de la densité démographique au niveau de l’espace géographique entre le nord et le sud mais aussi entre la ville et la campagne ou le seuil critique a été atteint. L’industrialisation dans les hauts plateaux permettait dans un premier temps de stopper le flux migratoire vers le littoral d’une part, d’autre part la révolution agraire par son vaste programme en plus de 1000 villages socialistes permettait également de fixer sur place une bonne partie de la population rurale « si » et ce « si » qui nous manquait.
Devant cet état factuel et bien d’autres circonstances plus importantes encore, relevant de la structure sociale et même de la conjoncture politique, l’Algérie indépendante dans ces débuts, avait choisi l’option industrielle pour faire face à cette douloureuse conjoncture par un paradigme sociétal bien conçu mais trop mal exécuté.
L’agriculture devrait dans le même temps trouver auprès de l’industrie le financement et les moyens matériels utiles et nécessaires pour sa modernisation sans oublier la culture qui faisait son chemin. L’Algérie est riche en gaz mais aussi en pétrole et dispose également d’autres ressources en gisements très importants de minerai tel que l’uranium du Hoggar le fer de Gara-Djilet etc …qui permettaient dans un premier temps de financer le développement suite à leur nationalisation. La source du financement était bel et bien les ressources naturelles.
« Dans un pays ayant une vision claire pour le développement, la base recherchée est l’encouragement de l’innovation par la recherche, l’investissement, l’éducation la paix sociale et la sécurité juridique »citation

Devant cette multitude de ressources naturelles, il y avait le choix entre exporter les ressources à l’état brut ou bien procéder à leur transformation en produit semi finis ou finis. Les dirigeants de l’époque 1970 optaient pour l’industrialisation lourde selon une vision propre dite les « industries industralisantes » afin :
*d’assurer l’indépendance économique du pays.
*de ne plus dépendre de l’extérieur dans ses approvisionnements en produits semi finis et finis.
* de transformer sur place les matières premières existantes.
*d’exporter les surplus en plus des ressources naturelles des produits finis et semis finis
Ceci permettait d’avoir une industrie « industrialisante » dont ces retombées sont très avantageuses pour le pays dans le long terme.
Les industries dites légères ne faisaient pas l’affaire dans l’immédiat car elles ne dégageaient pas suffisamment de valeurs ajoutées ,du simple montage sans transfert technologique à faible taux d’intégration ,complique davantage et sérieusement la situation de dépendance avec l’étranger ;cette situation est en train de se reproduire actuellement pour booster la paix sociale et ce n’est pas avec les boissons gazeuses et non gazeuses les produits laitiers dont les « input » coutent chers en devises sans parler des produits issues d’entreprises de montage sans transfert technologique ou le taux d’intégration laisse à désirer. Les boissons gazeuses ne sont pas fabriquées, ils sont montés dans de petites unités. On importe les biens de premières nécessités, les biens semi-finis les produits finis mais aussi le temps nous presse pour importer de la devise sous forme de crédit fournisseur c’est la directrice du FMI qui le dit .
Il fallait entonner la naissance de l’économie Algérienne sous des plans reflechies, par de grands complexes industriels pouvant générés des pôles de croissance économique durables dans le long terme par une meilleurs intégration tel que :
* La sidérurgie d’El Hadjar( complexe métallurgique d’Annaba) utilisant le minerai de fer de l’ Ouenza.
* Le complexe pour le traitement du phosphate du djebel Onk.
* Le complexe pétrochimique de Skikda.
*Le complexe mécanique de Constantine.
*Le grand complexe des polymères plastiques de Sétif.
* Le complexe d’engrais chimique et la raffinerie d’Arzew
*Le complexe textile de Draa Ben Khedda Et de celui de Tlemcen
*Le complexe lainier de Tiaret
* Le complexe électronique de Sidi Belabes
* Le complexe de l’EMAC
* Le complexe de la SNLB
*Le complexe pharmaceutique
*et bien d’autres usines et offices à travers le pays.
* La mise en production par la SONAREM des ressources suivantes : Wolfram-Etain-Mercure (d’azzaba)-kaolin (djebel debagh Guelma) -Uranium (hoggar)…………
Il a fallu faire face à ce défi, gagner la bataille de l’investissement, dans un cadre d’une grande austérité temporaire, le taux d’investissement était de 40% du P.I.B. Lors d’une conférence que j’avais assistée en tant qu’étudiant à l’université des sciences économiques d’Oran en 1977 elle a été animée par Mourad Benachenou, il nous avançait que l’état algérien avait investi :
* pour son deuxième plan (plan de consolidation) 42 milliards de DA sur un PIB de 80milliards de DA soit 50% du PIB
* 12Milliards pour le pré plan ;
* 35 milliards pour le premier plan (plan de décollage)
*et42 milliards pour le deuxième
*et une estimation future de 250 milliards pour le troisième plan.
Ces plans ont été planifiés et exécuté selon la règle de l’art calculé au centime pres.
D’autres entreprises stratégiques intermédiaires comme les cimenteries, les briqueteries, la BCR… ont vu le jour, la bataille de la réalisation a été menée à bien par des pionniers volontaristes, la seconde phase était la bataille de la gestion afin de mieux rentabiliser les investissements effectués. Malheureusement elle n’a pas été poursuivie suite à la disparition du feu H.Boumediene
Par ailleurs la population commençait à réclamer vers la fin 70 des produits considérés comme bien de luxe par l’état de l’ époque, la Tv et le transistor commençaient à voir le jour chez l’ ENI de Sidi Belabes, la bicyclette et la bécane de Guelma , le climatiseur ,le frigidaire ,la chemise Ridman, le camion Sonacome, le tracteur, la moissonneuse batteuse….. Le Smig était de 600DA en 1977 et avec le plein emploi chaque famille pouvait avoir jusqu’à trois Smig donc les besoins se multipliaient. L’ampleur de cet effort qu’avait fournit l’Algérie en tant que pays pauvre sortie de la colonisation, pour se dégager de cet affreux processus qui consistait pour le pays a exporté à prix insignifiants nos produits primaires et nos matières premières et payer au prix fort les produits en biens de consommation, d’équipement et de services venu d’ailleurs. Cette pénurie de biens était un prétexte pour la déstabilisation du pays
La vision de l’époque était de telle sorte que notre appauvrissement était la condition première de l’enrichissement des pays développés. En effet ,en étant démuni de facteurs de production nécessaires pour la transformation de toutes nos ressources en matières premières, cette option ne pouvait être mise entre les mains du capital international ou la servitude et la dépendante par orgueil ne nous permettez point d’être dans une indépendance telle qu’a été dictée par la charte de tripoli , H.Boumediene disait ce 4 septembre 1965 lors de l’ inauguration de la deuxième foire internationale d’Alger « l’accroissement du revenu national par tête d’habitant doit être la conséquence de l’accumulation du capital national et non l’inverse » .
Les conditions essentielles de l’industrialisation résident bien entendu dans l’énergie dont le pays se dote de très grandes ressources en hydrocarbure et en gaz source d’énergie d’avenir disponible et à bon marché pour notre future industrie. L’industrialisation du pays signifie la fermeture des marchés dont se sont prospérés sur notre dos les économies des pays nantis ; c’est une raison pour mener une rude bataille d’indépendance économique pour le bien et le bien être de la population.
« Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans pour autant compromettre la possibilité, pour les générations à venir, de pouvoir répondre à leurs propres besoins » citation.
Aujourd’hui lorsqu’on nous parle de voiture à titre d’exemple, la rente pétrolière a permis d’avantager beaucoup plus les entreprises de construction d’automobiles d’Europe et d’Asie à notre détriment .Alors qu’en1968 ,l’idée qui circulait au niveau des cercles de nos décideurs était imagée suite aux résolutions du congrès de l’UGTA du 5 mai 1969 H. Boumediene ( Allah Yarah mah)nous disait : « lorsque nous avons parlé de tracteurs , on nous a répondu que cette fabrication était difficile et exigeait un niveau technique que nous n’avions pas atteint. On nous conseilla de renoncer à produire des tracteurs et des moteurs et de se contenter de montage, opération relativement facile pour laquelle on était disposé, au surplus à nous fournir toute l’aide désirable. Nous avons tenu bon, nous avons maintenu notre décision de produire notre propre tracteur et de le baptiser (Constantine) s’il était produit dans cette cité au lieu de l’appeler « Massey Ferguson ».
Aujourd’hui nos décideurs ne sont plus en mesure de penser, ni d’agir, ni de lire dans le sens de la raison économique du bien pour la croissance du pays abstraction faite aux domaines agricoles, culturels, sportifs…Nous avons de l’argent que nous gaspillons inutilement mais pas d’idées pour faire de l utile et du nécessaire .
Les décideurs politiques d’hier étaient capables de mener une bataille globale afin de produire la fonte ,l’acier ,les tracteurs ,les moteurs et autres engins , des instruments et outils de mécaniques d’équipements pour se mettre au diapason d’un niveau avancé d’intégration et non de faire de la figuration avec de petits montages de voitures ou le taux d’intégration se situe en moins de 10% et la facture d’importation est lourde de conséquence pour l’avenir .
H. Boumediene avait bien dit à propos de la fabrication de voiture touristique qui devait être construite à Oran, il exigeait un taux d’intégration supérieur à 60%,, pour lui il était hors de question de faire du simple montage de voiture qui nous mettait dans une dépendance vis-à-vis de l’extérieur.
La vente à l’extérieur (exportation), le cout de production ou prix de revient sont des batailles à venir après la phase d’expérimentation, de formation de la force de travail pour élever le niveau technique de production ,de gestion et de management qui nous permettra de récupérer les premières pertes et les fortes dépenses primaires.
L’ensemble de ces complexes industriels permettaient de créer des « pôles » de croissance économique qui pouvaient atteindre des niveaux appréciables, la croissance économique de l’époque était très appréciables soit 7% entre 1967/1975. Cette situation de fait ne pouvait pas se produire si nous n’étions pas maitre de nos ressources naturelles( nationalisations), d’autant plus la maitrise technique de ces ressources matérielles nous permettaient de créer de la valeurs ajoutée, cette industrialisation permettait de répondre aux besoins en sciences et techniques qui se sont nés du processus du développement entrant dans le cadre de la révolution technologique H. Boumediene disait lors de l’APN session du 31/03/1977 « En fortifiant le secteur de l’état, notamment dans le secteur de la production, l’action de récupération des ressources naturelles et des unités économiques a permis d’élargir très sensiblement les capacités d’accumulation au profit du développement de l’ économie nationale… ».
La gestion de l’ensemble des moyens de production dans un nouveau contexte est désormais une autre bataille à livrer, pour être gagner comme celle qui a été gagnée pour l’ investissement , il est à craindre un manque de contrôle, de suivi, de vigilance, de lucidité et de rigueur qui risquent de nous entraîner vers des ennuis aux conséquences fâcheuses. Un contrôle rigoureux et continu, du travail de proximité, la maîtrise des moyens de production, une direction efficiente pour mieux rentabiliser le fonctionnement de l’entreprise. Des sanctions très sévères devront être instaurées contre tout laxisme, gaspillage paresse, parasitisme…. afin que tout travailleur fournis le travail nécessaire qui lui a été demandé de faire convenablement.
C’est grâce à la récupération du pétrole, il a été mis au service du développement durable censé pouvoir combiner plusieurs exigences à savoir :
*satisfaction des besoins essentiels des générations actuelles et futures en rapport avec les contraintes des ressources démographiques (nourriture-éducation-santé-emploi-eau…)
*amélioration de la qualité de vie (services sociaux –culture –logement….)
*respect des droits et des libertés des personnes et d’expression dans un cadre de l’état de droit
* prise en considération l’exploitation de nouvelles formes d’énergie renouvelables (solaire –éolienne-géothermique…).
Et par-delà devenir un facteur de progrès, de stabilité et de paix, le pétrole avait acquis sous d’autres cieux la triste réputation d’entrainer la misère, l’instabilité, des crises et même des guerres.
Actuellement , la recette de nos ressources énergétiques représente la rente , qui a été mis au service de la consommation en grande partie et la réalisation d’infrastructures hier on parlait de goulot d’étranglement, ces infrastructures réaliser au tac au tac sans planification n’ont pas permis de faire le décollage économique et la dépendance est devenue totale vis-à-vis de l’extérieur pour plusieurs raisons sauf que l’importation de véhicule s’est manifestée par une autoroute utile mais non efficace.
Suite à la disparition du feu H Boumediene, la texture ne s’est fait pas attendre pour amorcer la « DeBoumediensation » en entamant dans un premier temps la suppression radicale de la politique d’investissement , la chute de 40% ( taux d’investissement)à 0% montre bien la nouvelle politique économique mise en place , elle est basée sur la consommation des biens et services au profit de la population( PAP), les crédits fournisseurs à fort taux d’intérêts sont à la portés de l’événement et l’endettement un piège à rat dont l’appât est bien sur le prix du pétrole qui s’est amorcé au moment où la dette algérienne avait dépassé les 30milliards de $ avec un service de la dette qui va plus vite que le principal ceci n’a pas été envisagée par nos responsables ( incompétence en vue ).
Ainsi la stratégie du choc a été mise en service ou une seule crise qu’elle soit réelle ou supposée peut produire des changements, la crise de l’endettement et du manque des ressources financières obligea le pouvoir à jeter l’éponge, l’état ne pouvait faire régner la loi et l’ordre , pour laisser place au désordre qui est un facteur principal ou plutôt un moteur du progrès et enfin mettre fin à l’attachement irrationnel au socialisme algérien par une privatisation première du gouvernement pour mettre en place suite à une économie du désastre qui servira les marchés des pays dit capitalistes de la menace de récession qui pèse sur eux. Nos dirigeants des années 80 croyaient faire du bien avec l’argent des autres, la crise de l’endettement obligea le pouvoir de l’époque à privatiser ou à crever selon la formule de la stratégie du choc de Friedman véhiculée par le FMI (fond monétaire international).
Devant ce fait accomplit, nos dirigeants en faillite ont fait appel à une médecine la plus mortelle canonisé par le FMI pour l’élaboration d’une ordonnance médicale contenant un programme d’ajustement structurel permettant d’organiser un virage à droite ou les ‘outils idéologiques sont principalement une idéologie économique teinté par une réforme démocratique et boostée par une reforme néolibérale qui sont deux reformes jumelles inséparables dont les conséquences sont fournis par la théorie de la stratégie du choc. Le néolibéralisme est qualifié de deuxième pillage colonial :
1- celui du premier pillage les richesses furent arrachées à la terre
2- et le second elles furent dérobées à l’état.
Le triomphe du capitalisme déréglementé représente le fruit de la liberté par voie de la libéralisation totale des marchés et la démocratie vont de pair ; c’est une nouvelle croisade pour la libéralisation des marchés ce que l’on ne voit pas ce sont les brigandages capitalistes comme les coups d’état, les guerres, les révolutions de couleurs, les massacres qui avaient pour but d’installer et de maintenir en place des régimes favorables à la libre entreprise. On invoque plutôt via les medias à sous les excès des dictatures…
Les principes sacrés de la doctrine économique préconisée par le FMI sont :
*La privatisation à outrance des entreprises sans aucune consultation populaire
*La déréglementation totale des entreprises en l’absence des « think tank » algériens
*La réduction draconienne des dépenses publiques.
* la réduction des services gouvernementaux avec moins de démocratie et une plus large liberté des marchés.
*Elimination de la sphère publique « tag ala men tag ! »
*Levée des contrôles des prix
*Peu de création et beaucoup de destruction : une épargne décroissante suivie par une dévaluation de la monnaie
*Elimination des subventions
*Faiblesse de l’état par une généralisation de la corruption
*La légitimation de l’enrichissement rapide
Le plan d’ajustement structurel a permis une bonne fois pour toute de déchirer l’ordonnance du premier novembre54, et a craché sur les valeurs de la charte d’Alger, de tripoli et national .Un retour vers une dépendance totale avec l’extérieur ou l’Algérie est devenue un grand marché et les algériens des commerçants ou tout se vend sans valeur réelle ajoutée merci madame la rente pétrolière une situation semblable à 1985 risque de mettre le feu dans l’auberge algérienne.
A qui la faute n’y aurait-il pas parmi les multiples causes un effet de la concentration de richesse chez les nouveaux milliardaires détenteurs à la fois du patrimoine et des revenus, c’est bien de clamer la démocratie ou la bulle de 1% des plus riches mènent la barque des 99% de la nouvelle classe moyenne qui croule vers la misère.
Aujourd’hui, peu de gens défendent cette dissimulation, les pays du Nord affirment aider les pays du Sud alors avec leurs tartuferies, exigent l’ouverture des marchés pour leurs produits et se sont eux qui continuent de les protéger par la suite afin de rendre les riches plus riches et les pauvres plus pauvres, et une bonne conscience populaire nous rend irascible.il est clair que le changement du système économique n’a pas été exigé par l’ensemble de la population, même si dans le cas où il avait solliciter , une privatisation par la sauvegarde de l’outil de production aurait été utile et meilleurs quel que soit la part du propriétaire du patrimoine de l’ outil de production.
Mettre une dualité concurrentielle comme stratégie de développement, entre le privé et l’état dans le domaine de la création des biens et services avantagera facilement le développement industriel. Notre peuple devrait se contenter en guise de l’industrialisation ou il en découle toute une série de transformation telle que le montage, la confection, le conditionnement qui ne font que booster la croissance économique. Hier le choix portait sur une croissance économique permettant la création de richesse par accumulation du capital, aujourd’hui la croissance financière est privilégiée pour une consommation insensée du capital via une monnaie non conventionnelle.la culture et l’agriculture cherche un chemin qui n’est pas encore visible.
BENALLAL MOHAMED ANCIEN CADRE
*Discours du Président H. Boumediene du 19juin1965-19juin1970 tome2 et 3
*Citations du Président H. Boumediene L’Héritage : que reste-t-il ? Khalfa Mameri.
*La Stratégie de Boumediene Paul Balta et Claudine Rulleau
*La stratégie du Choc : La montée d’un capitalisme du désastre par Naomi Klein




Lundi 2 Septembre 2019


Commentaires

1.Posté par Bernard CONTE le 03/09/2019 11:47 | Alerter
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L'Algérie est l'exemple type de la stratégie d'industrialisation par les « industries industrialisantes » (III)
Cette stratégie est le fruit des théories les plus radicales du sous-développement. En effet, elle est censée réduire rapidement la dépendance vis à vis des pays du Nord et conduire à l’indépendance économique, financière et technologique du pays, compléments nécessaires de l’indépendance politique. En effet, prolongeant les travaux de Perroux tout en renouant avec la tradition marxiste, De Bernis propose le concept d’industrie industrialisante1.

Le modèle de Feldman-Mahalanobis a largement inspiré G. Destanne de Bernis. Ce modèle a servi de base à la planification de l'industrialisation accélérée (en privilégiant les industries lourdes d'amont) de l'URSS à l'époque de Staline. Mis au point par Feldman et complété au cours des années cinquante par Mahalanobis, il a inspiré la stratégie d'industrialisation de l'Inde. Il repose sur l'idée que pour maximiser son taux de croissance,
une économie doit non seulement épargner davantage, mais produire elle même les biens d'investissement nécessaires. L'investissement apparaît donc privilégié par rapport à la consommation. En effet, plus l'investissement dans les industries de biens de production sera important, plus la production de biens de consommation pourra être élevée dans le futur. Il s'agit en fait de sacrifier la consommation à court terme pour obtenir un taux de croissance plus élevé.
L'idée de de Bernis est d'accorder la priorité au développement des industries ayant des effets d’entraînement sur les autres et d'aboutir, à terme, à l'autonomie du pays. Ces industries « industrialisantes » sont « celles qui sont capables dans un environnement daté, d’entraîner un noircissement systématique de la matrice interindustrielle et la mise à disposition de l'économies d'ensembles nouveaux de machines qui accroissent la
productivité 2 ». Il s'agit en fait d'accélérer le noircissement de la matrice des échanges interindustriels (TEI) en profitant des effets d’entraînement aval générés par les indutries lourdes. Selon l'auteur, les branches les plus « industrialisantes » sont les suivantes :

• « les branches qui donnent aux autres le capital technique (sidérurgie, métallurgie, constructions électriques);
• la chimie minérale (souffre, engrais) et la chimie organique (caoutchouc, plastiques);
• le secteur énergétique suscite des innovations en tant que fournisseur à la pétrochimie et aux industries grosses consommatrices d'énergie ou en tant que client des forages et des tuberies ; il abaisse le coût des autres industries quand l'énergie est vendue en dessous des cours mondiaux »3.

Au cours de la transition le rôle de l'agriculture est souligné. Ce secteur se voit attribuer un double rôle. D'une part, l'agriculture doit fournir de la main d'oeuvre au secteur industriel ainsi que des subsistances. D'autre part, par la modernisation des techniques culturales (mécanisation), elle doit servir de marché à l'industrie. L'industrie doit fournir des biens d'équipement, des services de base (électricité, irrigation) et des produits chimiques (engrais, pesticides…). Ainsi, les industries industrialisent l'agriculture en augmentant sa productivité et l'agriculture accroît son surplus permettant à ces industries de se reproduire de façon élargie pour industrialiser encore plus l'agriculture et construire d'autres industries. C'est à dire que dans un second temps, grâce au jeu des effets d’entraînement espérés, l'investissement s'orientera vers des industries de transformation tournées vers la consommation.

Les résultat de l’III apparaissent plutôt nuancés. Une référence à l'expérience algérienne en la matière en atteste (4).

En premier, l'investissement dans des industries hautement capitalistiques utilisant une technologie avancée a entraîné une double dépendance à l'égard de l'étranger : technologique et financière. De plus, le secteur industriel n'a pas créé suffisamment d'emploi pour absorber la main d’œuvre disponible aggravant ainsi le chômage et l'émigration. Par ailleurs, le marché national (en Algérie) caractérisé par son étroitesse, n'a pu absorber qu'une faible part des biens intermédiaires produits, l'écoulement du reste de la production devant s'opérer à l'exportation à des prix peu rémunérateurs.

En second, les coûts de production se sont maintenus à un niveau élevé en raison de la faible dimension (au niveau international) des unités de production ainsi qu'à la faible utilisation effective des capacités de production. Ainsi des prix internes généralement supérieurs aux prix mondiaux ont constitué un handicap pour les entreprises clientes des autres secteurs. Parfois, des prix administrés fixés très bas ont engendré des déficits profonds pour certaines entreprises et initié un processus de subventionnement permanent de la part de l’État.

En troisième, les industries créées l'ont généralement été par l’État et se sont souvent trouvées en situation de monopole sur des marchés protégés. L'effet d'aiguillon de la concurrence ne jouant pas, ces entreprises ont peu innové, leurs fabrications sont restées de mauvaise qualité et en définitive, elles ont constitué une importante force d'inertie s'opposant au dynamisme de l'économie toute entière.

Enfin, la priorité accordée au secteur industriel s'est traduite, étant donné la contrainte portant sur les ressources, par un quasi-abandon d'autres activités dont l'agriculture, le secteur des PME, le logement. Ainsi, l'agriculture algérienne se révèle dans l'incapacité de nourrir une population en croissance rapide. De plus, le pays doit importer une part importante des biens alimentaires nécessaires à sa population. Enfin l'industrie ne parvient toujours pas à fournir des biens de consommation en quantité et qualité suffisante aux algériens.

En conclusion, il apparaît que cette stratégie dont l'archétype est l'expérience algérienne, se fonde sur des industries lourdes qui ont vu leur pouvoir "entraînant" s'éroder avec le temps. La sidérurgie, par exemple s'est avérée beaucoup moins porteuse de croissance qu'un demi-siècle auparavant. De plus, cette stratégie a été développée dans un cadre quasi autarcique et un marché trop étroit.
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1. Un certain nombre d'économistes ont montré l'existence de déséquilibres dans le processus de développement : des inégalités de développement dans l'espace F. Perroux (pôles de croissance), A. Hirschmann (effets de liaison) et G. de Bernis (industries industrialisantes). Il s’agit de tirer profit de ces déséquilibres pour accélérer la dynamique de croissance.
2. (de Bernis, 1968).
3 (Tiano, 1991, 92-93).
4. « Les algériens ont-ils effectivement réussi à mettre en place de tels processus de production intégrés verticalement ? Force est de constater que les résultats restent décevants. D'une part la production n'est intégrée que pour un petit nombre de biens comme les camions, les piles électriques et les réfrigérateurs. D'autre part, dans les industries en amont, la production nationale n'occupe que d'étroits créneaux, à l'exception des activités qui dérivent directement de l'industrie du pétrole », (Grellet, 1986, 95).

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