RELIGIONS ET CROYANCES

"UNE ANNÉE DE LA FOI"


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POUR MARQUER LES 50 ANS DE L'INAUGURATION DU CONCILE VATICAN II LE PAPE VIENT DE DÉCRÉTER LA CÉLÉBRATION D'"UNE ANNÉE DE LA FOI". UN MOMENT FORT POUR SE POSER DES QUESTIONS SUR DIEU, SUR L'ÉGLISE ET SUR SON ENGAGEMENT DANS LE MONDE D'AUJOURD'HUI. LE PRÉSENT TEXTE EST UNE PREMIÈRE RÉACTION À CETTE INITIATIVE DE BENOIT XVI.


oscar fortin
Mardi 18 Octobre 2011

"UNE ANNÉE DE LA FOI"
DÉCRÉTÉE PAR BENOÎT XVI


Benoît XVI vient de décréter une « année de la foi », à partir du 11 octobre 2012, qui marquera le cinquantième anniversaire de l’inauguration du Concile Vatican II (1962/65) et qui se conclura, le 24 novembre 2013, lors de la solennité du Christ, roi de l'univers. « Ce sera, dit-il, pour donner une impulsion renouvelée à la mission de toute l'Eglise de conduire l'homme hors du désert, où souvent il se trouve, vers le lieu de la vie, vers l'amitié avec le Christ, qui nous donne cette vie en plénitude. "Ce sera un moment de grâce et d'engagement, pour une conversion toujours plus entière à Dieu, pour renforcer notre foi en lui et l'annoncer, avec joie, aux hommes de notre temps. »

Que l’on réfléchisse sur la foi, que l’on en découvre ses véritables fondements, que l’on en exprime les engagements auxquels elle conduit dans ce devenir de l’humanité, appelée à vivre la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, tout cela ne peut qu’être bénéfique pour l’Église et le Monde. Pour ce faire, il faut se présenter à cet exercice avec un esprit ouvert, libre de schémas idéologiques et théologiques davantage inspirés par des doctrines de siècles passés que par les Évangiles elles-mêmes.

La présentation de cette « année de foi » qu’en fait Benoît XVI me laisse songeur sur 4 points qui ressortent dans son intervention.

1. Il y a en tout premier lieu cette conception d’une Église qui a pour mission de conduire l’homme… Tout en parlant de toute l’Église le lecteur que je suis se demande si sa pensée ne porte pas prioritairement sur l’autorité des pasteurs et de lui-même qui disposent de lumières spéciales et de l’autorité nécessaire pour guider les chrétiens et l’humanité entière vers Dieu. Il sera important que soit discuté le rôle des croyants et croyantes dans cette Église et dans cette conduite de l’homme hors du désert. Pour le moment, on ne peut que regretter le sort réservé à de nombreux prophètes engagés dans cette sortie du désert. Que l’on pense aux théologiens de la libération et à tous ces prophètes qui proclament l’avènement d’un monde nouveau, fondé sur autre chose que la cupidité, la recherche du pouvoir et les goûts de grandeur.

2. Le second point est celui du « désert ». De quel désert s’agit-il ? Dans l’histoire de l’Église et de l’Ancien Testament de nombreux mystiques ont choisi le désert pour se rapprocher de Dieu. Certains peuvent aussi comprendre le « désert » comme l’absence de communication, l’isolement, l’exclusion sociale, la pauvreté etc. Il y a là également un désert où se retrouvent les 2/3 de l’humanité. Sortir cette partie de l’humanité du désert dans lequel ils sont retenus par des systèmes dominés par la cupidité, la puissance de domination de certaines élites oligarchiques, financières, institutionnelles et même religieuses est un défi qui concerne toutes les personnes de bonne volonté et auxquels de nombreux croyants participent sous l’inspiration de Jésus de Nazareth. Je soupçonne toutefois que ce soit là le désert dont parle Benoît XVI. Je crois plutôt qu’il se réfère à un schéma théologique où la foi se réfère à un Dieu de l’au-delà et que ceux et celles qui n’ont pas cette foi dans ce Dieu de l’au-delà, dont l’Église est la représentante officielle, sont dans le désert. Dans cette optique, « l’année de la foi » consistera à faire découvrir ce Dieu dans la figure du Christ, roi de l’univers, source d’amitié et de vie.

3. Le troisième point est celui qui porte sur la conversion. De quelle conversion parle-t-on et conversion de qui ? Il est évident que sans une plus grande précision des relations de l’Église institutionnelle, hiérarchique avec l’ensemble des croyants et avec le monde dans tout ce qu’il est, il sera bien difficile de dire qui doit vraiment se convertir et à qui et à quoi se convertir. Pendant que de nombreux croyants demandent aux autorités ecclésiales de se convertir aux Évangiles et à Jésus de Nazareth, ces dernières demandent aux croyants et au monde de se convertir à Dieu, roi de l’Univers.

4. Le quatrième point porte inévitablement sur l’idée que l’on se fait de Dieu et celle que l’on se fait de Jésus de Nazareth. Dans ce dernier cas, il y a d’une part le Jésus de l’histoire dont nous parlent les Évangiles, le Dieu avec nous, l'un de nous sur terre, et d’autre part le Christ ressuscité, roi et seigneur de l’univers, plutôt placé dans les hauteurs du Ciel. Il ne fait aucun doute qu’il y aura débat pour savoir qui de ces personnages peut le mieux inspirer le monde d’aujourd’hui.


Il y a donc de nombreuses questions qui doivent être posées tant sur le Dieu, pris en référence, que sur le destin d’une humanité, prise en otage. Une chose est certaine : Jésus de Nazareth, cet homme au visage humain et aux comportements solidaires, est à la base de l’Église et cette dernière se doit de se l’approprier pleinement pour devenir lumière du monde. Dans le contexte actuel, le chemin à parcourir ne saurait être franchi sans une profonde conversion de ces mêmes autorités et de nombreux autres au Jésus de l’histoire et au témoignage qu’il a laissé.

À n’en pas douter, « l’année de la foi » sera l’année de remises en question fondamentales et, espérons-le, de grandes conversions. Si tel est le cas, la décision de Benoît XVI aura été de grande inspiration.

Oscar Fortin
Québec, octobre 2011
http://humanisme.blogspot.com



Mardi 18 Octobre 2011


Commentaires

1.Posté par antiNOM le 18/10/2011 21:53 | Alerter
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Mr RATZINGER n'aurait pas un passé sinistre par hasard ?

2.Posté par Png le 18/10/2011 22:54 | Alerter
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@ ANTINOM,

Son présent est tout aussi sinistre...;

http://www.dailymotion.com/video/xd7zad_le-pape-veut-le-nouvel-ordre-mondia_news

3.Posté par Png le 18/10/2011 23:10 | Alerter
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Tiens une question à 2F , pourquoi ce pape ne condamne t il pas ce systéme usurier ? Pourquoi il ne condamne jamais les banques et les places boursiéres ?

Pourtant c'est la source du malheur de cette planéte ? non ?

Année de la foi ? Ca veut dire quoi au juste ?

Non monsieur Fortin avec tout le respecte que je vous dois l'église n'est pas à la base de l'enseignement de Jésus .

Aprés l'eclatement de l'empire romain l'aristocratie de l'époque s'est emparée de la religion de Jesus , qui était une religion d'esclaves et y a imposée sa " marque " pour pouvoir mieux controler les masses ; création d'un pape , interdiction pour les curés de se marier alors que les Apotres avaient femmes et enfants , des textes supprimés voir falcifiés etc ...

Paul de Tarse ne trouvait aucun probléme a mentir ;

9.20 Avec les Juifs, j'ai été comme Juif, afin de gagner les Juifs; avec ceux qui sont sous la loi, comme sous la loi (quoique je ne sois pas moi-même sous la loi), afin de gagner ceux qui sont sous la loi; 9.21 avec ceux qui sont sans loi, comme sans loi (quoique je ne sois point sans la loi de Dieu, étant sous la loi de Christ), afin de gagner ceux qui sont sans loi. Actes 9.20

pour lui le mensonge est licite :

Et si, par mon mensonge, la vérité de Dieu éclate davantage pour sa gloire, pourquoi suis-je moi-même encore jugé comme pécheur Romains 3.7


Je peux continuer longtemps comme ça mais là n'est la sujet , je propose tout simplement " l'année de la vérité" car parler de foi dans un océan de mensonges et de contradictions ne fera que condamner l'eglise à sa fin inéluctable.

4.Posté par Alain Bellemare alias Mc_AB le 19/10/2011 12:24 (depuis mobile) | Alerter
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2 Timothée 2:4
Il n'est pas de soldat qui s'embarrasse des AFFAIRES de la vie, s'il veut plaire à celui qui l'a enrôlé ;

5.Posté par oscar fortin le 19/10/2011 18:22 | Alerter
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Png votre commentaire m'inspire deux considérations: la première est que je suis bien d'accord avec vous pour dire que l'institution ecclésiale telle qu'elle existe aujourd'hui et à laquelle le monde confond l'Église, n'est pas vraiment Église et encore moins l'expression de ce qu'a été Jésus de Nazareth en son temps. C'est d'ailleurs le sens de mon intervention de démarquer une Église institutionnelle guidée par des doctrines héritées de siècles passés et par des alliances avec les grands de ce monde, d'une Église plutôt inconnue, mais fortement engagée avec les pauvres et laissés pour compte de la terre pour vaincre les injustices, dénoncer les hypocrisies etc....

Ma deuxième considération porte sur l'apôtre Paul que vous qualifiez de menteur. Avec tout mon respect, ma compréhension est toute autre. Dans ses propos Paul indique que le témoin de Jésus doit se faire tout à tous sans distinction de race, de couleur, de croyances, d'idéologies. Une manière, non pas de nier ses origines, mais de les transcender pour rejoindre les personnes là où elles sont et comme elles sont. Comme disait Jésus, là où vous allez offrez la paix et acceptez ce que l'on vous offrira.

Merci pour votre commentaire qui permet de préciser certaines choses et d'avancer dans notre compréhension mutuelle.

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