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UN CAFE REBELLE ET ZAPATISTE



ROBERT GIL
Mercredi 18 Mai 2011

UN CAFE REBELLE ET ZAPATISTE
Ces dernières années, une guerre contre le peuple mexicain a été
déclenchée sous
le prétexte d'arrêter le crime organisé et le narcotrafic. Près de 40 000
personnes sont
mortes ; des villages entiers vivent sous le feu croisé des militaires, des
policiers et
des narcotrafiquants.


Tout le Mexique vit une situation de violence grandissante, d'hostilité
majeure
contre toute forme de protestation. La militarisation et para militarisation du
territoire
progressent continuellement. Cette guerre arrange bien les États-Unis et le
système capitaliste. Malgré tout, des milliers de personnes, villages et
communautés résistent sans se rendre ni se vendre. Dans cette guerre, les
communautés zapatistes continuent à résister et à construire leur autonomie.



Au Chiapas, les projets écotouristiques constituent une des sources
principales de
richesse pour l’investissement privé. Certains de ces projets n’ont pas pu
se
concrétiser en raison de la résistance civile [des communautés] et de la
mobilisation
citoyenne pour la défense des ressources naturelles et pour la conservation
des
territoires. Pour cela des producteurs de café se sont mobilisés et
regroupés. Ces
coopératives rebelles n’ont plus besoin du gouvernement. Elles travaillent
complètement en bio sans produits chimiques. Coopératives autonomes
zapatistes,
les autorités qu’elles reconnaissent sont les autorités zapatistes.


Le prix du café sur le marché mondial s’est envolé cette année. Cela a
bien sûr eu
des conséquences sur le marché local au Chiapas ou les « coyotes », ceux
qui
achètent le café pour les multinationales ont proposé un prix très
supérieur à celui de
l’an dernier : 50 à 55 pesos le kilo de café vert selon le moment contre
28/30 pesos
l’an dernier. Il s’agit en plus du prix du kilo de café payé directement
aux
producteurs sans qu’ils aient à l’amener à la coopérative et sans que
celui-ci soit trié.
La pression sur les membres des coopératives a donc été très forte cette
année.
Même si l’augmentation est généralisée cette année, cela est aussi
perçu comme un
outil de contre-insurrection par les coopératives ; en poussant les membres
des
coopératives à vendre directement leur café plutôt que de le remettre à la
coopérative,
cela peut avoir pour conséquence d’empêcher les coopératives de remplir
leurs
contrats et à terme de perdre leurs acheteurs. Les membres de la coopérative
Ssit
Lequil Lum nous disaient que dans leurs zones, les « coyotes » ont commencé
à
augmenter le prix il y a quelques années quand ils ont vu que la coopérative
exportait
son café et payait aux membres un prix supérieur à celui des coyotes.
Il y a donc cette année un double effet : l’augmentation généralisée du
prix du café
amplifié par les tentatives de désorganiser les projets de coopératives
autonomes.


Pour soutenir les coopératives et leurs membres, nous avons donc beaucoup
augmenté le prix du café. En 2010 nous avions payé 56 pesos le kilo de café
vert
(soit 3,08 euros). Et pour le café qui va arriver cette année, nous avons
payé 80 pesos
(ce qui devrait faire aux alentours de 4,75 euros selon le taux de change) ce
qui
permettra aux coopératives de payer à peu près le même prix que les «
coyotes » une
fois retirés tous les frais de sélection du café et d’exportation. Le
bénéfice en 2011
sera donc sensiblement réduit par rapport à cette année mais il nous a
semblé
important de soutenir les coopératives.


Si vous aussi souhaitez soutenir ces coopératives :

http://2ccr.unblog.fr/2011/05/13/achetez-du-cafe-rebelle-et-zapatiste/

Site: Conscience Citoyenne Responsable


Mercredi 18 Mai 2011


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