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Turquie-UE : un conflit mutuellement avantageux


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Piotr Iskenderov, Alexandre Vatoutine
Mardi 20 Septembre 2011

Turquie-UE : un conflit mutuellement avantageux

Une brusque aggravation des relations entre Bruxelles et la Turquie, l’un des pays candidats officiels à l’adhésion à l’Union Européenne, vient s’ajouter aux problèmes économiques et financiers de l’UE. Le vice-Premier ministre turc Besir Atalay a menacé qu’Ankara allait « geler tous ses rapports  avec l’UE », si la présidence tournante de celle-ci passe en juillet 2012 à Chypre. La situation est analysée par notre observateur Petr Iskenderov.

A première vue le nouveau conflit n’a pas de motif sérieux. Il reste encore près d’un an jusqu’à la présidence chypriote de l’UE, et en outre les fonctionnaires européens vont-ils à peine revoir les plans de rotation pour faire plaisir à l’un des pays candidats. Dans le règlement chypriote il ne s’est produit non plus ces semaines rien de tel qui pourrait expliquer l’ultimatum turc.

C’est dans le domaine géopolitique qu’il faut aller chercher les causes de récents développements. Chypre, dont le gouvernement n’est pas reconnu par Ankara, comme la Turquie, montre un regain d’activités en matière de mise en valeur des gisements d’hydrocarbures du plateau continental. Ainsi le président de Chypre Dimitris Christofias a annoncé la décision du gouvernement du pays d’effectuer à titre d’essai un forage sur le plateau continental « dans les limites de sa zone économique exclusive » déjà dans la première quinzaine d’octobre. Ankara a réagi en déclarant l’intention de procéder à une démarcation du plateau continental conjointement avec la « République turque de Chypre du Nord », qui n’est reconnue que par la Turquie, et au forage dans les territoires litigieux avec l’engagement du navire norvégien « Bergen Surveyor ». De cette façon, le conflit peut parfaitement passer au niveau de l’OTAN.

Mais il n’y a pas que ce plateau continental. Ces temps-ci on enregistre un regain d’activité sans précédent d’Ankara sur toute une série de directions.

On peut donc s’attendre prochainement à un durcissement de la position d’Ankara également aux pourparlers sur le règlement chypriote, a noté lors de l’entretien avec notre correspondant l’expert pour les problèmes de la Méditerranée orientale à l’Institut de l’histoire universelle auprès de l’Académie russe des sciences Artiom Oulounian :

Une collision sérieuse apparaît. Et beaucoup va  à présent dépendre de la position, avant tout, de la Turquie même. Puisque l’UE a accepté en 2004 l’adhésion de Chypre, comme d’un Etat uni, sans qu’il y ait un accord entre les communautés grecque et turque de l’île. On pensait qu’il sera plus facile de résoudre le problème de Chypre partagé depuis 1974 déjà au sein de l’UE. Or ce calcul ne s’est pas justifié, tout comme les espoirs de la diplomatie européenne de voir réglés d’autres problèmes dans le Sud-est d’Europe, y compris dans les Balkans.

Pour ce qui est des rapports UE-Turquie, aussi paradoxal que cela ne puisse paraître ce conflit qui s’aggrave profite aux deux. Dans la situation présente cette nouvelle aggravation permettra à Bruxelles et à Ankara de sauver la face. Le perdant sera toujours Chypre et son peuple martyr, restant l’otage des démêlés géopolitiques.

french.ruvr.ru



Mardi 20 Septembre 2011


Commentaires

1.Posté par quelque.un-quelquepart le 20/09/2011 16:47 | Alerter
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Si on arrive à comprendre comment Erdogan et son parti le Parti pour la Justice et le Développement ont réussi à prendre le pouvoir en Turquie on peut avoir une certaine idée des "contentieux" qui opposent la Turquie à l'entité juive en Palestine Occupée.
On sait que la République Turque fondée par Mustapha Kemal Ataturk le 1er novembre 1922 est toujours restée fidèle à la franc-maçonnerie et au sionisme, et après la 2ème guerre mondiale aux Etats Unis. Il ne faut pas oublier d'autre part que la Turquie est membre de l'OTAN depuis 1952.
Etant donné sa position géopolitique, la Turquie à toujours voulu être considérée comme un pays européen, d'ou son acharnement à devenir membre de la Communauté Européenne. En effet, l’Europe et l'occident en général représentent, pour la Turquie, la modernité et l'industrialisation, alors qu'elle a encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre ce sade de développement. Ainsi, par ce biais, la Turquie veut s'identifier à quelque chose qu'elle n'est pas car elle estime qu'il est plus "prestigieux" d'être considéré comme européen que d`être confondu avec les pays archaïques avoisinants comme la plus part des pays du Golfe persique (l'Arabie Saoudite, Bahrein, le Quatar, les Emirats Arabes Unis) ou avec d'autres pays arabes également à la solde de l'impérialisme et du sionisme comme la Jordanie, le Yemen ou l'Egypte d'avant la chutte de Moubarak. Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la Turquie reste malgré tout nostalgique de l'ère Ottomane. De plus la Turquie étant un pays majoritairement musulman, à besoin de jouer un rôle important auprès des nations arabo-musulmanes.
Dans ce contexte, il ne faut pas oublier que 30 ans plus tôt, avec la Révolution iranienne, l'impérialisme américain a perdu son allié indéfectible qu'était l'iran de Mahamed Réza Schah. Cette Révolution a donné espoir à toutes les nations pillées, humiliées et dominées par l'impérialisme mondial, le sionisme international et leurs valets locaux. Aprés avoir essayé d'enrayer cette révolution en provocant et soutenant la guerre d'invasion de Sadam Hussein contre l'iran au cours de laquelle l'Irak a obtenu l'appui et le soutien matériel et logistique de plus de 33 pays (tant européens, américains que des pays du Golfe Persique), il a bien fallu se rendre à l'évidence que l'exemple de la résistance iranienne et de sa révolution commençaient à porter fruit et que les nations anti-impérialistes et anti-sionistes commençaient à soutenir la révolution iranienne.
Ainsi, la perte de l'Iran en tant que pays valet au service de l'impérialisme et du sionisme amenèrent les grands pilleurs des nations que sont les Etats-Unis, l'occident et l'entité juive à changer de stratégie.
L'arrivée au pouvoir de Erdogan et de son parti résulte de cette nouvelle stratégie. La Turquie de par sa position géopolitique et de par la majorité musulmane de sa population pouvait devenir la carte maîtresse des impérialistes américano-juifs. Il fallait donc favoriser un régime à couleur "islamique" bien que laïc et qui se voulait "modéré". De plus, ce régime doit paraître crédible aux yeux des nations de la région et présenter une certaine image d'indépendance vis à vis des pays de l'occident et de leur maîtres juifs.
Il y a donc eu un consensus autour du statut de la Turquie d'Erdogan pour qu'elle soit acceptée par les alliés des américains (l'Arabie Saoudite par exemple...). La Turquie doit donc se donner l'image d'un pays "intransigeant" vis à vis des américains. Ainsi leur attitude face à la volonté des américains d'utiliser le territoire Turque comme base lors de l'invasion de l'Irak. Il faut lire de la même façon l'initiative turque dans le dossier nucléaire iranien, son soutien à la révolution égyptienne ou les menaces prodiguées par la Turquie à l'égard de l'entité sioniste comme la condamnation du blocus de Gaza à quelques reprises ou quelques autres gestes trompeur du même genre.
La nature des traîtres est ce qu'elle est , et Erdogan n'échappe pas à la règle. Erdogan voulant magnifier son image de "justicier" veut aller plus loin dans sa soi disant quête de justice et de liberté pour les peuples de la régions. Ainsi il reconnait les rebelles libyens armés et soutenus par l'occident et leurs alliés (on ne peut sans contexte soutenir le régime de Kadafi, mais est-ce mieux de soutenir des rebelles armés et dirigés de l'extérieur par l'occident ?). De la même façon Erdogan s’ingère régulièrement dans les affaires internes de la Syrie au nom de la démocratie.
Ce pourfendeur de justice se fait passer pour un pro-palestinien, un héros de la lutte contre l'entité juive, mais il apporte régulièrement de l'eau au moulin de cette dernière en déstabilisant la Syrie et par le fait même en affaiblissant la résistance palestinienne et la résistance libanaise. Pour la même raison, Erdogan permet aux Etats Unis d'installer son bouclier anti-missile contre l'Iran. Les masques tombent d'autant plus que les services de renseignement turques ont plusieurs fois facilité la tâche au Mossad juif dans le rapt de plusieurs hauts gradés des Gardiens de la Révolution iranienne sur le sol turque.

2.Posté par tekbir le 20/09/2011 17:47 | Alerter
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L invasion de chypre est totallement justifie et cest ERBAKAN rahimallah qui a ordonne l invasion. Il allait conquerir toute l ile mais c est a cause de ecevit le traitre que l operation a ete arretee.

3.Posté par ali le 20/09/2011 20:50 | Alerter
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Heureusement que la Turquie est intervenue, sinon la communauté chypriote turque aurait été massacrée entièrement et surtout il ne faut pas compter sur l'Europe pour soutenir les musulmans ( massacre en Bosnie)
je fait confiance à Erdogan pour défendre farouchement les intérêts turcs contrairement aux dépravés du Golfe

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