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Tsipras et Le Pen : beaucoup de bruit pour pas grand-chose


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Vendredi 22 Juin 2012

Tsipras et Le Pen : beaucoup de bruit pour pas grand-chose
Dimanche 17 juin a vu se baisser le rideau sur les rendez-vous électoraux en Grèce et en France. En Grèce, on a voté deux fois en un peu plus d’un mois. En France, les élections législatives ont succédé aux élections présidentielles.

Aujourd’hui, résultats en main, il est tout à fait possible de soutenir que les deux stars médiatiques des deux pays, Alexis Tsipras (pour le parti de gauche grec Syriza) et Marine Le Pen (pour le Front national), ont bénéficié d’une attention qui s’est révélée, à l’épreuve des faits, largement supérieure à l’impact qu’ils ont eu tous les deux dans le choix du parlement de leur pays respectif.

Marine Le Pen, candidate-présidente d’un parti fondé par son père, a obtenu un éclatant résultat au premier tour des présidentielles avec 17,9 % des votants. Un pourcentage important mais insuffisant pour espérer participer au second tour. Le choix de Le Pen de ne soutenir ni Hollande, ni Sarkozy au second tour l’a cantonnée à un rôle de relative marginalité. Nicolas Sarkozy, en tentant de récupérer l’électorat su Front national, a perdu contre François Hollande, dont la politique ne s’inspirera probablement pas du programme du parti d’extrême-droite.

Son « ni-ni » lors du duel Sarkozy-Hollande pourrait avoir des conséquences :

• sur le long terme : si l’UMP, le parti au gouvernement de 2007 à 2012, ne s’est pas trouvé un véritable leader après le départ précipité de Sarkozy, le champ laissé libre dans l’opposition pourra être occupé par Marine Le Pen, laquelle pourrait avoir à en découdre avec Hollande dans cinq ans.

• sur le court terme, la stratégie déployée par le Front national ne lui a apporté aucun avantage en termes de représentation parlementaire. Seuls deux députés du parti d’extrême-droite ont été élus à l’assemblée. Un résultat à comparer avec celui de l’UMP, qui a envoyé 194 députés au Palais Bourbon (alors que ce parti n’a obtenu que 27 % des votes au premier tour de la présidentielle… huit points à peine de plus que le Front national). Un paradoxe incroyable pour Le Pen, capable de convaincre quasiment un Français sur cinq de l’élire présidente de la République et contrainte de constater un mois et demi plus tard que sa nièce Marion, devenue plus jeune députée de France, lui a volé la vedette.

En Grèce, la bonne santé électorale de Syriza est indéniable. Tsipras est passé d’un très bon résultat en mai (16,8 %) à un score encore plus significatif en juin (26,9 %). Mais là aussi, le compte n’y est pas au Parlement. Le premier parti de Grèce est Nouvelle-démocratie qui, avec 29,8 % soit à peine 200.000 voix de plus que Syriza, a obtenu 58 députés de plus que le parti de Tsipras, ce qui lui permet de gouverner avec le Pasok, pourtant en chute libre avec 12,2 % mais capable malgré tout d’élire des députés pour composer une majorité avec Nouvelle démocratie.

Point particulier du mode d’élection au Parlement hellénique : 50 sièges sont attribués au parti ayant obtenu le plus de voix, et les 250 sièges restants sont répartis à la représentation proportionnelle entre tous les partis ayant obtenu au moins 3 % des suffrages exprimés.

Ces analyses n’entendent d’aucune façon redimensionner les résultats obtenus par les uns et les autres. Mais elles mettent en avant une impitoyable réalité : les quelque 20 % obtenus par Marine Le Pen ne lui ont pas permis de s’asseoir sur les bancs de l’assemblée nationale. Quant à Alexis Tsipras, les 27 % obtenus dimanche dernier ne lui ont pas suffi pour faire élire un nombre de députés suffisant pour le rendre incontournable et influer sur l’agenda économique de son pays.

Ces deux exemples nous enseignent qu’on ne peut interpréter la politique et les élections sans un élément d’analyse souvent sous-évalué par la majeure partie des électeurs : la loi électorale, la règle « démocratique ».


Capitaine Martin
http://www.resistance-politique.fr/article-tsipras-et-le-pen-beaucoup-de-bruit-pour-pas-grand-chose-107272541.html


Vendredi 22 Juin 2012


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 22/06/2012 11:55 | Alerter
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La conclusion de l'article est pour le mois bizarre. Comment peut-on parler de "règle démocratique" dans les deux cas de figure de la France et de la Grèce ?
Pour que les choses soient claires dès le départ, je ne prends absolument pas parti pour le Front National que je considère, malgré son cosmétisme de façade, comme un parti faciste.

Ceci étant, il tout de même surprenant qu'avec des scores proches, deux partis se trouvent avec une représentativité au parlement, dans le cas de l'UMP et du FN, l'un avec 194 Députés et l'autre 2 !
Cette histoire de démocratie n'est, en fait, qu'une farce grotesque que l'on veut faire avaler aux peuples.

En France, mais aussi dans presque tous les pays européens, et au delà de l'Europe, les partis politiques disposant le plus de moyens financiers sont assurés d'arriver au pouvoir. Pour garantir ce fait, une fois arrivés au pouvoir, ils s'arrangent pour faire en sorte à partir d'un découpage sur mesure des circonscriptions, que lors des élections législatives les votes se feront en leur faveur.

Si ce n'est pas une farce électorale, j'aimerais bien que l'on me dise de quoi il s'agit !
Par ailleurs, on notera deux points :
Premièrement, c'est le parti qui aura su mobiliser le plus de de finances qui aura le plus de chances d'arriver au pouvoir. Ce qui revient à dire, que ce n'est pas de la démocratie, ce à quoi nous avons affaire, mais de la ploutocratie ! (Le pouvoir par la richesse)
Deuxièmement, il faudrait une fois pour toute rétablir la vérité tellement elle a été galvaudée depuis des décénies ! La pluralité de partis politiques, (d'ailleurs maintenant cantonnés dans un clivage gauche /droite, avec un soit disant centre qui navigue tantôt à gauche, tantôt à droite, selon les opportunités), n'est absolument pas un signe de vitalité démocratique comme on voudrait nous le faire croire.

C'est exactement le contraire, puisque chaque parti prétend avoir raison sur les autres ou détenir la vérité. Ce qui a pour effet de diviser le pays, plustôt que de l'unir. Et une fois qu'une majorité de tel ou tel parti ou tendance, (gauche ou droite), s'est dégagée et se trouve au pouvoir, l'opposition, (quel mot horrible), n'a de cesse que d'essayer d'affaiblir ce même parti ou coalition du pouvoir, afin de prendre sa place.
C'est clair, il n'y a en aucune façon la volonté de diriger un pays et d'être serviteurs de l'Etat et du peuple, mais uniquement une avidité maladive d'être au pouvoir pour l'exercer et profiter de ses avantages, entre autres, pécuniers ! Si vraiment les partis politiques étaient si avides du bien être de la population, nous devrions être dans une prospérité extraordinaire ! Comment se fait-il que ce soit exactement le contraire ? Et que dire de voir la classe dirigeante se vautrer dans le luxe et l'arrogance, et se soucier fort peu des intérêts de ceux-là mêmes qui l'ont mise au pouvoir ?
Devrions-nous encore rajouter le fait qu'au sein même des partis, la contestation de l'idéologie de ce même parti par certains de ses membres et vigoureusement contestée et sanctionnée parfois par l'exclusion. Alors si au sein même d'un parti politique la démocratie n'est même pas respectée, comment voulez-vous qu'à l'exterieur elle le soit ? Et quelle référence peut-il bien représenter ?
En fait la notion même de politicien professionnel est une aberration. Comment voulez-vous qu'un individu qui profite très largement du système puisse accepter de le remettre en question ? Au contraire, il va faire en sorte de le perpétuer aussi lonngtemps que possible ! C'est son intérêt. Et peu importe sa compétence, peu importe les désirs et besoins du peuple, ce qui compte c'est que lui, il continue à vivre selon cette manière. Ce que les financeurs ont très bien compris, et pour continuer leur exploitation et donc maintenir leur mode de vie très luxueux, vont "arroser" financièrement très copieusement ces politiciens et leurs partis. Et après on nous parle de démocratie ? Quelle farce !

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