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Trump publie la carte de l' « Etat palestinien » selon son plan


Le président américain, Donald Trump, a publié ce mardi soir sur sa page Tweeter une carte qui trace les nouvelles frontières de l’ « Etat palestinien » selon le projet du deal du siècle.


french.palinfo.com
Mercredi 29 Janvier 2020

Trump a tweeté en arabe « c’est ce que serait le futur Etat de la Palestine avec une capitale dans des parties du nord de la ville d’al-Quds ». Le président américain a écrit sur la carte que tous les musulmans qui veulent prier dans la mosquée d’al-Aqsa « seront les bienvenus ».

Le carte indique le traçage d’un tunnel reliant la bande de Gaza à la Cisjordanie et une zone industrielle sur les frontières égyptiennes. Jared Kushner, le concepteur du deal du siècle, a déclaré à la chaine al-Jazeera que la carte est conçue d’après la résolution onusienne 242, et que le projet de paix offre la liberté de prière dans la mosquée al-Aqsa à tout le monde et garantit un Etat palestinien avec des zones terrestres reliées par des tunnels et des ponts.

Kushner a ajouté que le projet américain offre à Israël l’occasion de vivre avec plus de paix dans la région et que toute solution qui repose sur les deux Etats doit se fonder sur la carte tracée par son pays.

Abbas sur le deal du siècle : nous changerons immédiatement le rôle de l'AP

"Toutes les mesures nécessitant un changement du rôle fonctionnel de l'Autorité nationale seront immédiatement mises en œuvre, en application des décisions des Conseils central et national", a déclaré le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas lors d'une réunion, aujourd'hui, mardi soir, en présence de toutes les factions et forces palestiniennes, y compris le Hamas et le Jihad islamique, en réponse à la divulgation du prétendu "accord du siècle" israélo-américain, en expliquant: : "Il n'y a rien de nouveau dans l'annonce de l'accord du siècle."

Dans son discours lors de la réunion d'urgence des dirigeants au siège présidentiel à Ramallah mardi soir, Abbas, en réponse à l'annonce par Trump de "l'accord du siècle", a souligné que "Jérusalem n'est pas à vendre, et tous nos droits ne sont pas à vendre ni à négocier".

Abbas a qualifié l'accord de Trump de "gifle du siècle". Il a expliqué que "la stratégie palestinienne est basée sur la fin de l'occupation, et les dirigeants commenceront à prendre des mesures. Dans ces moments cruciaux, je m'adresse à tous les Palestiniens pour resserrer les rangs et approfondir l'unité nationale", a-t-il assuré.

"L'accord de complot ne passera pas et notre peuple va le jeter dans la poubelle de l'histoire, comme ils l'ont fait pour tous les projets de liquidation et de complot sur cette question", a-t-il poursuivi.

Abbas a rejeté cet accord malveillant en disant:"l'accord de Trump est basé sur la Déclaration Balfour, qui a été établie par l'Amérique avec la Grande-Bretagne, et son objectif est de liquider la cause palestinienne".

"Nous adhérons à la légitimité internationale et aux principes nationaux émis par l'Assemblée nationale en 1988 qui garantissent le droit des réfugiés, et nous nous engageons à négocier sur la base de la légitimité internationale et en présence du Quartette", a-t-il ajouté.

Abbas a salué les positions de l'UE, des institutions, des hommes libres au monde entier, notamment des militants et des dirigeants américains, y compris des juifs; qui ont rejeté le prétendu "accord du siècle", tout en insistant: "Le monde doit comprendre que le peuple palestinien mérite la vie et est engagé dans des négociations sur la base de la légitimité internationale, et nous lutterons avec toutes nos énergies et nos moyens disponibles, dont le mouvement populaire pacifique".

Khalil al-Haya : le désarmement de la résistance à Gaza est une rêverie

Khalil al-Haya, membre du bureau politique du Hamas, a assuré que le peuple palestinien luttera par tous les moyens contre le « deal du siècle » américain que l’histoire évoquera celui qui l’a annoncé parmi les plus abominables criminels à travers l'histoire.

Tout en défiant Trump et Netanyahu de toucher aux armes de la résistance, al-Haya a indiqué que l’annonce du projet du deal du siècle, ne sauvera pas Trump des procédures de sa destitution ni Netanyahu de gagner les élections israéliennes prochaines.

Le responsable du Hamas a tenu à rappeler que le rêve d’annexer al-Quds et de finir avec le problème des réfugiés avait accompagné tous les feux présidents de l’entité israélienne, et que Netanyahu et Trump et ceux qui leur succèderont vivront sur cet espoir irréalisable.

Revenant sur le sujet de désarmement de la résistance, al-Haya a défié le président américain et son allié israélien de s’approcher de ces armes, indiquant que la résistance contre l’oppression et l’occupation est un droit légitime.

Le mouvement de la résistance islamique Hamas a déterminé trois conditions pour lutter avec succès contre le projet américain connu sous le nom de « deal du siècle ».

Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, a appelé le président de l’Autorité Palestinienne à prendre officiellement trois décisions, à savoir d’abord le gel de toute coordination sécuritaire avec l’occupant israélien, ensuite la levée des restrictions sécuritaires imposées aux forces de la résistance, aux jeunes et aux unités sécuritaires pour défendre le peuple palestinien et enfin à lever les punitions sur la bande de Gaza.

Barhoum a qualifié le deal du siècle d’une nouvelle Naqba (défaite catastrophique) et d'agression américano-sioniste contre la Palestine, ce qui exige de tous les palestiniens dans toute la Palestine d’assumer leur responsabilité pour contrer ces projets et les mettre en échec.

Cela demande, selon le responsable du Hamas, des décisions courageuses qui émanent des rencontres entre les dirigeants palestiniens parallèlement avec des décisions officielles du président de l’Autorité Palestinienne.

Rappelons que le président américain Donald Trump avait déclaré qu’il dévoilera demain soir son projet de deal du siècle. Le projet accorde à Israël, selon des indiscrétions, d’annexer 30% de la Cisjordanie occupée et de regrouper toutes les colonies implantées en Cisjordanie, en contre partie, Israël démantèlera certaines petites colonies au profit des palestiniens qui auront le droit de proclamer la création d’un Etat désarmé sur environ 70% de la superficie de la Cisjordanie.

La ville d’al-Quds et la mosquée d’al-Aqsa resteront sous le contrôle d’Israel tout en permettant à l’armée d’occupation israélienne et à ses forces sécuritaires d’intervenir dans les territoires palestiniens.

Les palestiniens doivent reconnaitre l’Etat juif d’Israel et désarmer la résistance, le Hamas en premier lieu.

Al-Qassam : l'accord du siècle ne passera pas

Les Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hamas, ont publié mardi une photo portant un message au président américain Donald Trump sur son accord du siècle.

Le message disait que «l'accord du siècle ne passera pas».

Le Mouvement Hamas, pour sa part, a publié une déclaration dénonçant fermement Trump pour avoir annoncé son plan, qui, selon lui, «a été fait par l'axe zio-américain du mal dans le but de liquider la cause palestinienne, perpétuant les piliers de l'État juif et vendre des illusions au peuple palestinien. »

Le Hamas a averti que l'annonce de Trump de son plan conduirait à une explosion de la situation face à l'occupation israélienne et déstabiliserait davantage la région, tenant l'administration américaine et son allié Israël pleinement responsables des répercussions de leurs actions.

Le Mouvement a également critiqué certains ministres arabes et européens des Affaires étrangères pour avoir assisté à la cérémonie que Trump a organisée pour annoncer son plan de liquider la cause palestinienne, qualifiant leur participation à une telle annonce de honteuse.

"Il est dommage que certains ministres des Affaires étrangères arabes et européens aient assisté à une telle annonce qui vise à liquider la cause palestinienne, à couvrir l’agression israélo-américaine contre la Palestine, à criminaliser la lutte palestinienne et à légitimer le terrorisme israélien", a déclaré le Hamas.

Il a souligné la nécessité d’un plan national urgent pour faire face au plan américain en intensifiant toutes les formes de lutte et de résistance contre l’occupation et en mobilisant la nation musulmane et les amis du peuple palestinien pour soutenir fermement la cause palestinienne.

Trump a annoncé mardi ce qu'il a appelé un plan de paix de 80 pages en présence du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de diplomates d'Israël et de certains pays européens et arabes.

Il s'est donné le droit de donner Jérusalem aux Israéliens et de décider du sort du peuple palestinien occupé et de son futur État.

«Jérusalem restera la capitale indivise d’Israël. Mais ce n'est pas grave, parce que je l'ai déjà fait pour vous, n'est-ce pas? », A déclaré ouvertement Trump, s'adressant aux personnes qui ont assisté à son annonce.

Pourquoi le plan de paix au Proche-Orient préparé par Donald Trump a-t-il peu de chances d'aboutir ?

Un projet mort-né. L'"accord du siècle", maintes fois reporté pour des raisons politiques, est dévoilé en grande pompe à la Maison Banche par Donald Trump, mardi 28 janvier. Le président accueille pour l'occasion son "grand ami", le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. Cette présence tend à exacerber l'absence, lourde de sens, de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. Ce dernier a en effet refusé de discuter avec ses homologues israélien et américain. La ratification du plan par les deux parties en conflit s'annonce donc compliquée, voire impossible.
Parce que la démarche est biaisée

Ce plan est une solution voulue pour plaire aux deux camps, mais a été "conçu seulement avec les autorités israéliennes", déplore Agnès Levallois, consultante spécialiste du Moyen-Orient. "Pour moi, on ne peut pas attendre grand-chose de ce plan car il a été élaboré par les Américains, et il répond à toutes les exigences israéliennes", détaille-t-elle.

Si Donald Trump annonçait en novembre 2016 vouloir "être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens", les mesures décidées par le gouvernement américain par la suite n'ont pas laissé de doute sur la partie favorisée. En décembre 2017, les Etats-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, y ont transféré leur ambassade en mai 2018, ont reconnu un an plus tard la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan puis ont cessé de considérer les colonies israéliennes comme illégales en novembre 2019.

On est dans une logique unilatérale.Agnès Levallois, spécialiste du Moyen-Orientà franceinfo

Le plan, comme les précédentes décisions relatives à la situation israélo-palestinienne, a été pensé par Jared Kushner, le gendre et conseiller de Donald Trump. Le trentenaire avait annoncé, dès mai 2019, que cette proposition ne devrait pas faire référence à deux Etats. Ainsi, le plan "enterre complètement l'idée d'un Etat palestinien", observe la spécialiste, qui constate : "Les Etats-Unis ne sont plus les honnêtes courtiers qu'ils avaient été lors des accords d'Oslo" en 1993. En 1995, un accord intérimaire dit d'Oslo II avait été conclu entre l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et Israël, et avait été facilité par la médiation du président américain Bill Clinton.
Parce que c'est avant tout une opération de communication

Le projet est annoncé alors que se déroule le procès en destitution de Donald Trump et que le Premier ministre israélien est inculpé pour corruption. Célébré comme "historique" du côté israélien, le plan devrait permettre à Benyamin Nétanyahou de redorer son image dans son pays avant les élections législatives de mars 2020, les troisièmes en moins d'un an. Côté américain, l'annonce cherche à éclipser les reproches intentés à Donald Trump. Le président américain souhaite en effet réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué, en délivrant "l'accord ultime" entre Israéliens et Palestiniens.

Mais la réussite du projet est plus que compromise. Les Palestiniens étant absents, les discussions sont menées par les seuls protagonistes américain et israélien, tous deux fragilisés par des affaires judiciaires. Le Premier ministre palestinien, Mohammad Shtayyeh, a appelé lundi 27 janvier la communauté internationale à boycotter le projet d'accord : "Ce n'est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient, a-t-il martelé, jugeant que l'initiative visait avant tout à protéger "Trump de la destitution" et "Nétanyahou de la prison".
Parce que les soutiens risquent de faire défaut

Si l'opposition des Palestiniens ne fait nul doute, Donald Trump compte sur un soutien des pays arabes pour faire accepter son plan. Pour cela, les Etats-Unis ont présenté en juin le volet économique du projet, qui prévoyait 50 milliards de dollars d'investissements dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans. Un financement qui reste à éclaircir et qui pourrait s'avérer problématique, selon Agnès Levallois. "Trump considère que ce sont aux pays du Golfe de payer", précise-t-elle.

Difficile toutefois d'imaginer que les pays arabes puissent accepter de "brader la revendication palestinienne", analyse la chercheuse, qui prévient : "Ce qu'il va falloir observer, c'est la réaction des pays arabes et des Européens."

En effet, les premiers éléments du plan américain comprennent, selon les Palestiniens, l'annexion par Israël de la vallée fertile du Jourdain, ainsi que la reconnaissance officielle de Jérusalem comme seule capitale d'Israël. "Est-ce que les Européens peuvent accepter qu'on nie de la sorte le droit international, est-ce que l'ONU peut accepter qu'on balaie ainsi son action ?" s'interroge Agnès Levallois. De son côté, l'OLP a prévenu dimanche qu'elle pourrait se retirer des accords d'Oslo, et le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a mis en garde contre une "nouvelle phase" de la lutte palestinienne contre l'occupation israélienne.


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Mercredi 29 Janvier 2020


Commentaires

1.Posté par Bledmiki-99 le 29/01/2020 17:05 | Alerter
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Une seule réponse à la force : la force..!!!

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