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The purge (V) : l’autopsie de Beethoven, autopsie d’un Occident originellement rapace…


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Chahid Slimani
Dimanche 23 Février 2014

The purge (V) : l’autopsie de Beethoven, autopsie d’un Occident originellement rapace…
Dans son livre On ne meurt qu'une fois mais c'est pour si longtemps [1], le médecin urgentiste Patrick Pelloux raconte une macabre histoire autour de l’autopsie de Beethoven : « Pendant l'autopsie, les médecins se sont cachés derrière des bâches. Ils brisent alors le crâne et en volent des morceaux, comme une bande de voyous pillant un lieu historique ». Une collection de fragments du crâne de Beethoven, a été dévoilée récemment chez un homme d’affaires américain, me rappelant aussi que des fragments des organes de la Venus Hottentote déclarés disparus du Musée de l’Homme depuis 1980, circulent toujours entre les capitales occidentales, alors que la France a officiellement restitué son corps à l’Afrique du Sud en 2002, nous révélant à quel point le profit a toujours été avant l’homme, avant la mémoire et avant l’œuvre en Occident. Une valeur qui, semble-t-il, a rendu l’Occident aussi riche, aussi prospère et aussi puissant qu’aucune autre civilisation. Une valeur mercantile que l’Eglise chrétienne[2] appelait autrefois « croisades », « évangélisation de l'Amérique Latine » etc. [3], et que les Américains appellent aujourd’hui « le rêve américain ».

Du narcissisme occidental légendaire, deux Narcisse, André Gide et Oscar Wilde, vont se distinguer particulièrement, en menant à leur manière, une razzia de la chair en Algérie, un pays martyrisé qui résume à lui seul tout le drame de la bêtise française, occidentale et humaine.

I. Babylone sera occidentale ou ne sera pas…

II. Le trésor d’Alger ou le hold-up français du siècle …

III. La razzia sexuelle des pédophiles André Gide et Oscar Wilde en Algérie…

IV. Ô pays du sud, préparez vos offrandes !

I. Babylone sera occidentale ou ne sera pas…

Afin d’inventer un Occident de messianisme lucratif, les livres sacrés des Hébreux et des Chrétiens ont crucifié Babylone. Ville, société et civilisation de la tentation, de la perversion et de la décadence, selon les nouveaux bâtisseurs des colonnes de la puissance et de l’hégémonie occidentales, Rome, Londres, Paris, Berlin et New York. Babylone sera occidentale ou ne sera pas.

Les Occidentaux s’insurgent ainsi, chacun à sa manière, les militaires militairement, les philosophes philosophiquement, les médias médiatiquement et la foule hargneusement, contre toute nouvelle Babylone qui n’est pas occidentale. Les Babylone de la civilisation islamique seront foudroyées au nom de Jésus l’Athénien[4] et les Babylone de la Chine sapées au nom des valeurs et du mode de vie occidentaux.

Mais l’Occident n’a rien appris de Babylone, qui n’était qu’un beau nom vague et éphémère, comme les autres, Elam, Ninive… Et demain, Londres, Paris et New York ne seront aussi que de beaux noms, car comme l’a vu Paul Valéry dans sa boule de civilisations, une civilisation a la même fragilité qu’une vie[5]. Souvenez-vous.

II. Le trésor d’Alger ou le hold-up français du siècle …

On s’attarde souvent sur les hold-up économiques et militaires de l’Amérique guerrière en Amérique latine, au Moyen Orient et ailleurs. On parle aussi de butins et de commandos américains et israéliens pilleurs en Iraq, en Libye etc., mais on oublie que la France a organisé bien avant, des pillages aussi dévastateurs, en Afrique surtout. L’exemple de la France de Charles X, puis Louis-Philippe, est aussi révélateur.

En provoquant le Dey d'Alger et son coup d'éventail à la manière contemporaine de Zidane l’Algérien, le consul Pierre Deval balisait en réalité le chemin de la France vers les trésors de l’Algérie, et plus précisément à cette époque, le butin du Trésor public chiffré à plus de 500 millions de francs de l'époque (l'équivalent de 4 milliards d'euros) [6].

Du maréchal de Bourmont, authentique maître d'œuvre du hold-up du siècle, qui débarqua sur le sol algérien le 14 juin 1830, aux prestigieux nobles français, Louis-Philippe, la duchesse de Berry, des militaires, des banquiers, des industriels, les Seillière, les Schneider etc., le butin algérien a stimulé les veines de la France des Lumières. Une pierre, deux coups. Profitant du chaos qui régnait à Alger[7], comme à Bagdad après l’invasion de Bush fils, de Bourmont occupe Blida, Bône et Oran avant la fin d’août. Le sort de l’Algérie était scellé. L’économie française pouvait souffler.

III. La razzia sexuelle des pédophiles André Gide et Oscar Wilde en Algérie…

Alger et Blida occupées par le maréchal de Bourmont, il ne restait qu’à faire venir le modèle dit « civilisateur » de la société française. Après les militaires, débarquent les fonctionnaires, les colons, les hommes d’affaires, les intellectuels etc. L’Europe apportée en Afrique « parmi les sauvages » comme écrivait Victor Hugo. En 1895, André Gide, Oscar Wilde et son amant lord Alfred Douglas, vont mener à Alger et à Blida une vraie razzia sexuelle contre ce qu’ils appellent les « jeunes Arabes »[8]. Commence alors l’époque de « l’initiation algérienne » pour le jeune Gide découvrant la chair de la terre arabe occupée.

De Blida à Alger, Gide et Wilde prenaient soin des enfants algériens, comme les pays du nord prennent soin des pays du sud. « Les deux adolescents suivaient, chacun enveloppé d'un burnous qui lui cachait le visage. Le guide nous laissa. Wilde me fit passer dans la chambre du fond avec le petit Mohammed et s'enferma avec le joueur de darbouka dans la première. Depuis, chaque fois que j'ai cherché le plaisir, ce fut courir après le souvenir de cette nuit.» raconte Gide[9].

André Gide et Oscar Wilde, avant sa mort imminente, estimaient qu’ils rendaient ainsi « le plus grand service pour le progrès de l'humanité ». En violant et éjaculant sur des enfants algériens, ces deux « grands » auteurs occidentaux pensaient en réalité honorer, civiliser, initier et émanciper une terre dite « désertique ». La fameuse « vocation civilisatrice ». Dans son autobiographie Si le grain ne meurt, Gide fier de sa notoriété, nous initie à la pénétration et à la volupté. La pénétration du « petit Mohamed », tout en s’inspirant de la parole de Jésus en choisissant son titre « «Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul. Mais s'il meurt, il donne beaucoup de fruits».

IV. Ô pays du sud, préparez vos offrandes !

Se considérant comme demi-dieu[10], l’Occidental a toujours besoin d’une offrande, le corps des autres. André Gide a trahi l’Occident en le révélant et en l’assumant. « On ne voyage jamais que pour des raisons érotiques. » disait-il. Même Ulysse alors ? Profit, sexe et religion, telle est la seule vraie trinité qui domine l’esprit, l’inconscient et l’action d’un Occident dit « libre » et « libérateur » et qui refuse de mourir.

La question demeure : Si les Gide et les Wilde, aussi distingués et éclairés, n’ont pas hésité à piétiner l’innocence de l’Algérie, que doit-on imaginer et penser des autres soldats et affairistes français et occidentaux moins forgés par et pour la Raison ?

[1] Patrick Pelloux, On ne meurt qu'une fois mais c'est pour si longtemps, Robert Laffont, 2013.

[2] Lire « The purge (I) : du meurtre rituel planétaire… » http://chahidslimani.over-blog.com/the-purge-i-du-meurtre-rituel-plan%C3%A9taire%E2%80%A6

[3] Lire « The purge (II) : l’ascension de la mondialisation messianique de la pieuvre aux trois cœurs… » http://chahidslimani.over-blog.com/the-purge-ii-l%E2%80%99ascension-de-la-mondialisation-messianique-de-la-pieuvre-aux-trois-c%C5%93urs%E2%80%A6

[4] Lire « Lire « The purge (IV) : Jésus l’Athénien et le rouet de Gandhi… » http://chahidslimani.over-blog.com/2013/12/the-purge-iv-j%C3%A9sus-l%E2%80%99ath%C3%A9nien-et-le-rouet-de-gandhi%E2%80%A6.html

[5] Paul Valéry, « L a crise de l’esprit », Essais quasi politiques, Variété, Tome I.

[6] Lire Pierre Péan, Main basse sur Alger : Enquête sur un pillage (juillet 1830), Plon 2004

[7] Après sa capitulation le 5 juillet 1830.

[8] Voir Régis Revenin, Homosexualité et prostitution masculines à Paris: 1870-1918, L'Harmattan, 2005.

[9] André Gide, Si le grain ne meurt..., N.R.F. Gallimard, 1928.

[10] « The purge (IV) : Jésus l’Athénien et le rouet de Gandhi… », op.cit.

© Photo Giovanni Mari


Dimanche 23 Février 2014


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