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The Purge VIII: Quand le mythe Poutine devient vérité rhétorique en Europe…


Rappel : The Purge est conçu par l’auteur du Blog, de son vrai nom, Chahid Slimani, universitaire arabe et musulman, comme un puzzle qui mène vers une image claire sur une Europe piégée dans un labyrinthe de miroirs. Des miroirs forgés par les mythes fondateurs d’une civilisation égocentrique aux origines gréco-romaine et judéo-chrétienne. Dans le monde musulman, nous avons, plus que jamais, besoin de cette image, afin de comprendre et d’anticiper.


Chahid Slimani
Dimanche 25 Octobre 2015

Sommaire :

Bientôt, l'effort de guerre, fera faire à M. Poutine le chemin de l’évolution de Darwin à reculons. Il s’agenouillera, rampera et disparaitra.

I. Les Européens ont besoin d’un mythe, sanguinaire soit-il…

II. Le cas symptomatique de Nadine Morano…

III. D’Hitler à Poutine, une tentative de reconstruction d’une identité bafouée…

IV. Poutine le blanc contre Hussein Obama le noir…

V. Retour sur terre, Google et Kepler plus puissants que M. Poutine et M. Khamenei…

VI. Pourquoi M. Poutine n’est qu’un simple tigre en papier…

VII. Le déclin fatal du mythe Poutine…




Dans son livre Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Essai sur l’imagination constituante, Paul Veyne cite Dan Sperber sur la foi des Dorzé d’Ethiopie qui considèrent le léopard comme un animal chrétien, qui respecte les jeûnes de l’Eglise copte, mais le même Dorzé « n’en est pas pour autant moins soucieux de protéger son bétail le mercredi et le vendredi, jours de jeûne, que les autres jours de la semaine ; il tient pour vrai, et que les léopards jeûnent, et qu’ils mangent tous les jours ; les léopards sont dangereux tous les jours : il le sait d’expérience ; ils sont chrétiens : la tradition le lui garantit ».

Afin de comprendre Dan Sperber, la thèse de Paul Veyne, et donc l’idée conductrice de ce texte, l’auteur évoque le Discours sur l’histoire universelle de Bossuet l’évêque de Meaux. Un livre d’histoire où les vérités de la religion chrétienne et les réalités du passé s’appuient les unes les autres. Bossuet qui reprend à son compte la chronologie mythique, accordée avec la chronologie sacrée depuis la création du monde, place ainsi à leur date, « peu après Abimélech », les « fameux combats d’Hercule, fils d’Amphitryon », et la mort de « Sarpédon, fils de Jupiter ». Si les critiques et les historiens œuvrent à empêcher le mythe de devenir vérité, la foule européenne a la ruse de transformer le mythe en vérité rhétorique.

Faire de M. Vladimir Poutine, jadis créature insignifiante du KGB, l’Homme Providentiel d’une Europe asservie au rêve américain, relève d’un inconscient collectif dont l’auteur de ces lignes ne cesse de décortiquer la chair et les os, des vivants comme des morts. Les Européens ont tué leur Grand Dieu pour inventer de Petits Dieux.

I. Les Européens ont besoin d’un mythe, sanguinaire soit-il…

L’hégémonie américaine, militaire, économique, culturelle et virtuelle (internet etc.), pousse les Européens, bercés par la mythologie gréco-romaine et judéo-chrétienne[1] de supériorité divine, au délire. Ils se sentent humiliés, dépassés, oubliés ; ils réagissent comme le ferait un bon Grec.

L’impact sur la foule est monumental : le retour au mythe originel, aux mythes fondateurs. L’Europe a besoin d’idoles européennes, de demi-dieux européens[2]. C’est ainsi que les Européens ont inventé le mythe Poutine. Au début, une créature insignifiante du KGB, l’homme est très tôt embaumé vivant. Il devient ainsi immuable. L’institution propre aux Grecs, la rhétorique, s’empare des esprits européens et se charge de propulser un homme ordinaire au plus haut sommet de l’inconscient européen.

« Poutine chasse les terroristes ». « Poutine ridiculise Obama ». « Poutine marche sur l’eau, respire sous l’eau». « La foudre de Poutine s’abat ». « Poutine vaincra ». « Poutine me reconnaitra »… Un délire collectif.

Ironique sur sa société, Socrate disait « Quand j’entends célébrer, ceux qui viennent de mourir à la guerre et, avec eux, nos ancêtres, notre cité et nous-mêmes, je me sens plus noble, plus grand, chacun des autres auditeurs éprouve le même sentiment de son côté, si bien que le corps civique tout entier en sort grandi et que je mets bien trois jours à me remettre de cette émotion. »[3].

II. Le cas symptomatique de Nadine Morano…

Symbole de l’Européen moyen, parfois moins, cette « politicienne » française est le symptôme même de cette dérive mythologique. L’élue au Parlement européen et ancienne ministre, vient de rappeler au monde que la France est un «pays judéo-chrétien (...) de race blanche qui accueille des personnes étrangères.». Accueillie en fanfare à Moscou, elle ajoute que la France est « un pays de race blanche avec des noirs, comme le Congo est un pays de race noire avec des blancs », de quoi satisfaire M. Vladimir Poutine, parrain de l’extrême droite en Europe. La même Nadine Morano a créé un groupe de travail pour établir «un nouveau dialogue avec la Russie». Depuis, sa côte de popularité a grimpé chez les Français.

M. Vladimir Poutine est devenu un mythe malgré lui, il découvre qu’il peut compter désormais sur la mythomanie collective des Français et des Européens. Entre l’empirique et le noble, les Français qui s’acharnent à altérer l’Histoire, n’hésitent pas, ils choisissent le noble, la race, le culte etc.

Adorer et vénérer l’Homme Providentiel est une obsession française. Des efforts impuissants pour reprendre le dessus sur la soumission. En d’autres termes, les Français idolâtres de M. Poutine cachent leur soumission par la soumission, comme ces juifs allemands qui ont un jour voté pour Hitler.

III. D’Hitler à Poutine, une tentative de reconstruction d’une identité bafouée…

Les Européens se replient sur leurs racines. Un délire collectif. Une psychose aiguë. Une tentative de reconstruction d’une identité bafouée depuis 1945. Contrairement à ce qu’on peut vous raconter, les Européens ont soutenu Hitler de la même manière qu’ils soutiennent Poutine aujourd’hui, et toujours pour les mêmes raisons.

Pourquoi un tel revirement, alors que les Français étaient enclins à vénérer les dirigeants américains? La réponse est simple, les Américains ont commis un péché impardonnable, ils ont élu un président noir et d’origine musulmane, ce qui constitue dans l’inconscient européen et français, un blasphème.

IV. Poutine le blanc contre Hussein Obama le noir…

Imaginer Philippe de Villiers[4], Marine le Pen ou Nadine Morano se soumettre à M. Barack Hussein Obama est impensable. Dès l’investiture de M. Obama, un lynchage de mauvaise foi a commencé bien avant de connaitre ses vraies intentions. Le mythe Poutine fut rapidement inventé comme réponse à cette arrogance américaine qui ne respecte plus ni race, ni couleur de peau, ni religion ; les trois fondements de l’esprit européen et français. Poutine est blanc comme neige, Dieu soit loué. Il est d’origine chrétienne, alléluia mes frères. Et Merkel, pourquoi pas? Non, Merkel est une femme, les Français et les Européens ont appris que l’Homme Providentiel est un homme tout simplement.

V. Retour sur terre, Google et Kepler plus puissants que M. Poutine et M. Khamenei

Dans un monde devenu plus complexe que les berceuses de l’Europe ; un monde dominé par une Amérique toujours aussi « avant-gardiste » sur tous les niveaux, de Google (outil indispensable des pro-Poutine) à la conquête de Mars, M. Vladimir Poutine aura besoin de beaucoup plus qu’une simple rhétorique ou vœux pieux. Avec Google et les images de Mars, Obama et les Américains ont déjà des mythes à vendre en milliards de dollars, alors que M. Poutine n’a que les armes et la guerre à marchander.

Alors que la NASA pense aux futures maisons sur Mars, M. Poutine pense installer une autre base en Syrie. Alors que le télescope spatial Kepler a regardé une partie de l'espace comprenant plus de 150 000 étoiles, à la recherche de toute variation de luminosité pouvant signaler le passage d'exoplanètes passant devant un astre, M. Poutine regarde sur sa carte quelle partie de l’Europe et de la Syrie grignoter encore. Une stratégie de rats et non d’ours. L’ours qui est devenu objet de fantasmes des caricaturistes, des sites, des blogs et des réseaux sociaux ces derniers mois. Une mascotte pour une classe bavarde. Pour Freud, c’est l’inconscient zoophilique qui parle.

VI. Pourquoi M. Poutine n’est qu’un simple tigre en papier…

« Il y aurait moins de fabulateurs, s’il y avait moins de naïfs » écrit Cicéron[5]. Ceux qui érigent M. Poutine en sauveur, ne disent pas tout aux naïfs. M. Poutine n’est qu’un tigre en papier. Son pays, la Russie, est classé dixième au classement des puissances économiques mondiales derrière un « petit » pays, l’Italie.

Sur les 25 plus grandes entreprises mondiales (world's largest companies) par le chiffre d'affaires en 2014, ne figure aucune entreprise russe, et la 25ème entreprise est justement italienne, la Ente Nazionale Idrocarburi. La première étant américaine, Wal-Mart, et la deuxième chinoise, Sinopec. Dans le classement par nombre d'entreprises, la Russie ne figure pas parmi les 15 premiers pays. Les seules entreprises qui existent en Russie appartiennent à M. Poutine et à son entourage.

Dans le Classement Académique des Universités Mondiales 2015 (ARWU)[6], la première université russe, la Moscow State University, est classée 84ème, alors que les huit premières sont bien entendu américaines. Sur les 100 premières universités figurent 52 universités américaines.

VII. Le déclin fatal du mythe Poutine…

Nos chers fabulateurs veulent ainsi nous convaincre que M. Poutine peut diriger le monde avec une économie qu’il n’a pas, des entreprises qu’il n’a pas et une élite qu’il n’a pas et qu’il ne pourra pas avoir dans les 25 prochaines années.

Dans son célèbre ouvrage The Rise and Fall of the Great Powers[7], l’historien britannique Paul Kennedy qui a étudié l’histoire des grandes puissances durant les cinq derniers siècles, nous explique la relation d’équilibre et de déséquilibre entre l’économie d’un empire et le budget de ses engagements militaires à l’étranger. Si une économie n’arrive plus à financer ses croisades militaires dans des pays et colonies lointains, c'est-à-dire un déséquilibre entre ses fins hégémoniques et ses moyens de plus en plus précaires, c’est le début du déclin. Les dépenses militaires excessives étant le trou noir et le piège de toute puissance prétentieuse.

Bientôt, l'effort de guerre, fera faire à M. Poutine le chemin de l’évolution de Darwin à reculons. Il s’agenouillera, rampera et disparaitra.



[1] Lire The purge (II) : l’ascension de la mondialisation messianique de la pieuvre aux trois cœurs… http://chahidslimani.over-blog.com/the-purge-ii-l%E2%80%99ascension-de-la-mondialisation-messianique-de-la-pieuvre-aux-trois-c%C5%93urs%E2%80%A6

[2] Lire The purge (VI): Demi-dieux contre « singes tueurs »... http://chahidslimani.over-blog.com/2015/01/the-purge-vi-demi-dieux-contre-singes-tueurs-0.html

[3] Platon, Ménexène, 235 AB.

[4] Lire « Le parc des fous adorateurs de Saint Poutine en France… » http://chahidslimani.over-blog.com/2014/09/le-parc-des-fous-adorateurs-de-saint-poutine-en-france.html

[5] Cicéron, De republica, II, 10, 18 : minus eruditis hominum saeculis, ut fingendi proclivis esset ratio, cum imperiti facile ad credendum impellerentur.

[6] Publié par le Centre de Recherche des Universités au premier rang Mondial dans l’Université Jiao Tong de Shanghai.

[7] Paul Kennedy, The Rise and Fall of the Great Powers. Vintage, 1 Edition. January 15, 1989.


Dimanche 25 Octobre 2015


Commentaires

1.Posté par Opĥtalmus le 25/10/2015 06:46 | Alerter
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Citation : "Dans son célèbre ouvrage The Rise and Fall of the Great Powers[7], l’historien britannique Paul Kennedy qui a étudié l’histoire des grandes puissances durant les cinq derniers siècles, nous explique la relation d’équilibre et de déséquilibre entre l’économie d’un empire et le budget de ses engagements militaires à l’étranger. Si une économie n’arrive plus à financer ses croisades militaires dans des pays et colonies lointains, c'est-à-dire un déséquilibre entre ses fins hégémoniques et ses moyens de plus en plus précaires, c’est le début du déclin. Les dépenses militaires excessives étant le trou noir et le piège de toute puissance prétentieuse.

Bientôt, l'effort de guerre, fera faire à M. Poutine le chemin de l’évolution de Darwin à reculons. Il s’agenouillera, rampera et disparaitra. "

Désolé mais là on parle de l'Amérique. Il faut regarder la bête droit dans les yeux si on veut la combattre.
L'Amérique a massacré des centaines de milliers d'Irakiens et de Syriens (sans compter les autres pays comme le Vietnam) pour laisser le désert derrière elle chaque fois, uniquement pour changer les dirigeants de pays qui leur résistent.
En ce qui concerne Poutine, ce n'est pas le fric qui l'intéresse c'est plutôt cela
http://www.dailymotion.com/video/x1t2035_le-systeme-poutine-version-integrale-1-2_webcam
autour de la 29e minute
avec ce drapeau on n'égorge pas, on éduque et on soigne et il n'y a pas besoin de fric pour cela, juste la volonté de le faire.

2.Posté par serge le 25/10/2015 07:25 | Alerter
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Un article à charge contre Poutine et toux ceux qui le soutiennent ou croient qu'il représente une limite voire une alternative à la politique dont Obama est le représentant médiatique principal.
Juger un homme ou un pays sur la base des valeurs de son "ennemi" me semble une erreur.
L'Empire états-Uniens semble à l'agonie, on peut donc douter de l'interet des valeurs qu'il défend et veut imposer au reste du monde.
Que Poutine ou la Russie soient mal classés dans ces valeurs de l'Empire me semble plutôt intéressant.

A mon sens, cet article s'inscrit dans la propagande du choc des civilisations. Une grosse arnaque pour orienter les révoltes et résistances dans une voie favorable aux pouvoirs en place.
Le salut de l'humanité passe par notre capacité à changer les règles du jeu.
Résister à ce qui nous détruit et nous condamne, et mettre en place les règles de notre bien-être commun.

3.Posté par Mirko le 25/10/2015 10:03 | Alerter
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Cher Monsieur,

Vous vous êtes trompé de pays, au lieu de parler de la Russie et de Poutine, vous ferez mieux de parler des Etats-Unis qui sont à l'agonie et d'Obama qui terminera son mandat dans les poubelles de l'histoire comme le pire Président Américain et Prix Nobel de la Guerre en prime.

Sans les Russes, les Fusées américaines ne peuvent pas s'envoler dans l'espace donc votre classement ne signifie rien. Les Etats-Unis bidonnent tout leurs chiffres, ce n'est que du vent et nous allons bien voir dans ses prochains mois passionnant quel pays va s'agenouiller et partir méchamment en c........

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