Proche et Moyen-Orient

Terrorisme à Beyrouth : Tout est relatif ?



Gilles Devers
Vendredi 13 Novembre 2015

Jeudi soir, le bilan était de 43 morts et plus de 242 blessés, des habitants de Beyrouth atteints alors qu’ils menaient tranquillement leur vie. Des faits qui nous parlent doublement, parce que c’est le terrorisme de Daech – le vrai, terrifiant – et parce que c’est Beyrouth, une capitale arabe qui nous est si proche.

Ce carnage est un traumatisme majeur dans le Liban sous pression de la guerre, en piètre état institutionnel, ce qui a amené tous les dirigeants à appeler à l’unité du pays. Le Premier ministre Tammam Salam a demandé « la vigilance et l'unité pour faire face à la discorde », décrétant ce vendredi jour de deuil national. Pour Nabih Berry, le président du Parlement, « Ils veulent paralyser le Liban, mais nous les en empêcherons ». De très nombreuses déclarations, toutes affichant cette volonté.

Le bilan va s’alourdir, vu la gravité des blessures. Et pourtant, c’était hier dans la médias le service minimum. L’annonce des faits, quelques images, trois commentaires convenus et basta ! 

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La brutalité des méthodes de Daech… Selon l’armée, « un terroriste a fait détoner sa ceinture explosive avant qu'un autre ne se fasse exploser près du lieu du premier attentat, ce qui a fait de nombreuses victimes ». Le corps d'un troisième kamikaze qui n'a pu activer sa ceinture explosive a été retrouvé sur les lieux des attaques. Crime terroriste parfait : des anonymes glissés dans la foule, avec pour but de faire le plus grand nombre de victimes dans la population civile.

Le Liban, la guerre, et les réfugiés… Le choc que représente une telle attaque pour cette société et cette ville de toutes les religions… Qui aura la force d’éviter le cercle des représailles ? Faut-il craindre une escalade, l’exacerbation des divisions, et un basculement dans le conflit ? Quelles garanties contre d’autres attaques ? Où sont les réseaux, et jusqu’où vont-ils ? Qui finance ? Depuis deux ans, il y a plusieurs actes terroristes, mais là, c’est au cœur de Beyrouth, en choisissant le quartier Bourj el-Barajneh, dans le très chiite sud de Beyrouth… L’attaque de Daech, qui n’a fait que des victimes civiles, défie le Hezbollah au cœur de Beyrouth. Faut-il redouter que le recul de Daech en Syrie conduise par réaction à de tels actes au Liban  ? Avec l’appui russe et iranien, le maintien du régime d’Al-Assad devient l’hypothèse la plus solide, avec un poids renforcé du Hezbollah. Le Liban entre-t-il dans une logique de guerre ? D’où viennent les coups ? Qui commande ? Il faut que le Liban tienne, trouve des solutions politiques. Il y a sincèrement de quoi être inquiet pour tous nos amis libanais.

Ici, je ne sais que poser les questions, mais j’essaie au moins de le faire. A Paris, c’était hier le raisonnement des abrutis : c’est le quartier chiite du sud de Beyrouth, avec ce Hezbollah qui combat à côté d’Assad, et qui avait mis l’armée israélienne en échec en 2006. Ce n’est pas notre monde…  Pas de breaking news, ni d’émissions spéciales, ni de témoignages des victimes, ni de plateaux d’experts. Quand on est victime, il faut être dans le bon camp, c’est ainsi. Chez les gens sans principe, tout est relatif.

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Terrorisme à Beyrouth : Tout est relatif ?


Vendredi 13 Novembre 2015


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