Selon les experts, les autorités islandaises ont adressé à Bruxelles la demande d’adhésion à l’UE après le début de la crise bancaire en 2008 : en juillet 2009 et l’Islande a bénéficié une année après du statut du candidat. Les pourparlers ont commencé.

Selon les observateurs, la demande a été présentée simultanément aux menaces de la part de l’UE d’exiger le remboursement des dettes locales et d’arrêter la construction de plusieurs grandes entreprises par les compagnies transnationales. Bruxelles a laissé entendre qu’il serait prêt aux concessions si les Islandais soutiendront l’adhésion à l’UE au référendum. Les Islandais ont convoqué le référendum ayant, cependant, déclaré que les dettes des banques n’étaient pas les leurs et refusé de les payer. Ils n’en aspirent pas moins à adhérer à l’UE.

La situation a changé après la victoire en avril dernier des eurosceptiques au parlement. Selon les médias, le gouvernement se demande maintenant s’il faut révoquer officiellement la demande d’adhésion à l’UE et engager un référendum à ce sujet. A en croire le premier ministre, il sera fixé prochainement.

La « guerre du maquereau » entre Bruxelles et Reykjavik verse dans ce contexte de l’huile sur le feu. Le poisson se déplace, vu le réchauffement de climat, vers le Nord, vers le littoral islandais et les îles Féroé. Bruxelles a introduit contre les îles les sanctions leur ayant interdit d’exporter le hareng sur le territoire de l’UE et menacé d’en faire de même concernant le maquereau. La part de la pêche atteint 90% dans l’économie islandaise. La promesse du chef de la Commission européenne Jose Manuel Barroso de rechercher un compromis est dans l’air et le résultat est prévisible.

Le chef du département de l’intégration européenne de l’Institut des relations internationales de Moscou Nikolaï Kavechnikov rappelle que la « guerre du poisson » continue depuis longtemps. Or, il ne se montre pas du tout disposé à dramatiser la situation autour de la décision de Reykjavik.

La décision de l’Islande de suspendre l’adhésion à l’UE est plutôt un symptôme d’instabilité au sein de l’Union. J’insiste : rien qu’un symptôme, le conflit ayant des origines intérieures. L’Islande ne s’est jamais prononcée pour l’intégration européenne. Les problèmes aux pourparlers avec l’UE liés, en premier lieu, à la zone de pêche, subsistent. Je ne pense pas que les eurosceptiques profitent de l’arrêt des pourparlers avec l’Islande. C’est un événement isolé qui n’influe pas sensiblement sur le rapport des forces politiques au sein de l’UE.

Quoi qu’il en soit, la queue à l’UE est moins longue. Une question s’impose : « Est-ce pour le mieux ou pour le pire ? »