RELIGIONS ET CROYANCES

Sociologie des prédic-acteurs de l’Islam de France


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Aïssam Aît-Yahya
Mercredi 22 Août 2012

Sociologie des prédic-acteurs de l’Islam de France

Depuis quelques années maintenant, la communauté musulmane en France (comme partout ailleurs), connaît une fulgurante inflation de prédicateurs à l’Islam en tout genre et à toutes les sauces, de l’américaine à la harissa.

Je ne parle pas ici de ceux qui sont adoubés par les média-manipulateurs officiels (télés et radios), ni de ceux qui passeraient même pour fonctionnaires tant ils sont assermentés par le Ministère de l’Intérieur. Je parle de ceux qui bien souvent se sont auto-proclamés prédicateurs (et je pourrais même dire e-procl@mé). Leurs buts : la da’wa ila Allah.

Alors où est le problème pour moi, musulman identitaire et décomplexé, sur-engagé et affilié à l’orthodoxie et orthopraxie sunnite ?

Et bien justement parallèlement à ça, avec ma petite expérience dans les études historiques, sociales et politiques, je suis toujours amené à réfléchir sur les origines d’un phénomène et à méditer sur son devenir en fonction des caractéristiques mêmes de ce phénomène.

Alors justement : quelles sont les caractéristiques de ces prédicateurs ?

Avant toute chose, une petite précision : veuillez à ne pas m’accuser de faire un procès d’intention en lisant ce que vous allez lire. L’intention étant dans le cœur, seuls les paroles, les actes, les prises de positions, les styles et les postures m’intéressent. En gros, je suis ici comme un botaniste devant une fleur ou un zoologiste devant un animal : j’observe et je prends des notes en essayant de comprendre tous ces mécanismes en tant que phénomène social.

Primauté du contexte :

Tout d’abord la première chose à rappeler, est que ce genre de prédicateurs ne né pas ex-nihilo, de rien, ils émergent d’un contexte, à partir d’un terreau très fertile, en l’occurrence celui de la France (Mais aussi de la Belgique : alors considérons pour simplifier que les belges francophones sont comme nos chti’s du nord…). Pour faire de la petite sociologie de première année, la société détermine souvent l’ « habitus » des individus et de leurs groupes sociaux, on ne peut donc pas étudier le fait « prédicateur » indépendamment de son environnement.

Or le musulman de France est certainement, dans le monde occidental , celui dont la conscience est la plus déstructurée : spécificité de la dés-intégration à la française, héritage coloniale, type d’immigration et origine sociale sont des amorces d’explications.

La ghettoïsation, l’acculturation, l’assimilation forcée, l’échec scolaire, la perte de repères stables et cohérents, les manipulations idéologiques et historiques, les mensonges conformistes qu’ils soient issus de la tradition sclérosée « blédarde » (car inapte à faire face de manière durable à la modernité occidentale) ou bien ceux véhiculés par l’État en quête de la soumission absolue de ces néo-citoyens potentiellement dangereux et donc à contrôler… Tout ceci est de nature à détruire la saine fitra, la saine raison des musulmans français et les transforme en individus malléables corvéables, manipulables, intégrables à n’importe quoi, n’importe comment et pour n’importe qui… Sans aucun sens critique, prêts à consommer (physiquement ou spirituellement) tout ce qu’on leur offre pourvu que les apparences soient sauves (ou presque). Ce processus entre dans ce que l’on nomme la socialisation. Et celle-ci leur fait intégrer une néo-culture (qui n’est même plus authentiquement française), celle de l’hypermodernité individualiste, qui prône avant toute chose la réussite égoïste et égo-centrée, celle de la consommation ultralibérale cherchant à satisfaire avant tout ses propres désirs de consommation de masse par un consumérisme le plus débridé, de celles qui cultive l’Ego, le « Moi », le « Je » primant sur la collectivité, sur l’esprit de corps, sur les liens de la fraternité, sur la « ’assabiya islamique » (chose honnie par le système).

D’ailleurs, on connaît à cet égard le but du Rap, de la musique, des modes, de la télévision et de certaines productions cinématographique qui visent tout particulièrement les français d’origine immigrée dans cette entreprise de manipulation idéologique visant à les conditionner selon les canons connus.

Les musulmans de manière générale et ceux d’origine africano-maghrébine particulièrement, ont tous intériorisé ces concepts, ils savent tous que pour « réussir », que cela soit par le sport, le cinéma, la musique, ou par le nouveau job de la « représentation communautaro-religieuse », la soumission totale au système est l’ascenseur social le plus rapide.

Quel est le rapport de cette description et analyse sociologique des musulmans francophones avec nos prédicateurs ?

Analyse psycho-sociologique de la vocation « prédicateur » :

Il est donc indéniable que le prédicateur et sa prédication se retrouvent conditionnés par cet environnement. Individualisme, consumérisme libéral, soumission au système dominant. Ces trois points nous permettent de comprendre la portée de ces prédicateurs et leurs finalités.

L’individualisme, dans une société ultralibérale ayant dépassé le stade même de la modernité, pousse les individus à utiliser toutes leurs capacités et potentialités dans un seul but personnel et égoïste : celui de s’accaparer les moyens de satisfaire leurs désirs de se sublimer par rapport à la masse des individus (par le pouvoir, la richesse qui satisfait les désirs de consommation et le prestige) : et ce désir de s’élever par rapport aux autres est d’autant plus fort dans une société démocratique prônant l’Égalitarisme.

Tout ces désirs sont humains, et sont encore plus forts quand ces derniers ne sont pas affichés de manière consciente et assumée.

Dés lors, sans s’en rendre compte (surtout au début de sa « carrière », avec le zèle de la sincérité de le faire pour l’Islam), le néo-prédicateur va user inconsciemment de l’Islam comme d’un simple tremplin social : et machinalement, c’est l’Islam qui va lui permette de monter dans la hiérarchie de la société et tout d’abord, dans la hiérarchie de son propre groupe d’appartenance, celui de sa communauté d’origine.

Se faire une place et un nom dans la communauté musulmane française en utilisant l’Islam, le prétexte de la prêche est facile et a toujours existé en France : depuis le début des années 80/90, tout imam d’une quelconque mosquée maîtrisant un tant soi peu les sciences islamiques sait quel pouvoir et prestige il pouvait en tirer devant une communauté où l’ignorance était si présente.

La nouveauté, qui marque une dégradation encore plus perverse de ce phénomène, est que ces prédicateurs optent pour ce but des stratégies de communication digne des plus grands spécialistes du Marketing publicitaire.

L’image est, on le voit très bien, au cœur du système, au cœur du « Star-système ». Maîtriser son image est un point de ce « dogme » car c’est la clé maîtresse de la réussite de cette carrière/vocation de prédicateur. Il faut donc la sublimer, la renforcer, la manipuler, et pouvoir jouer avec par les possibilités infinies qu’offrent les nouvelles technologies de l’information et de la communication : c’est un axe majeur de cette prédication, sans laquelle tout l’édifice ne peut se construire.

Le piège qu’ils se construisent à eux-mêmes est que la culture de l’image renforce le culte de l’image : dans un cercle vicieux, elles se nourrissent et se complètent, renforçant la dépendance à l’image, si bien qu’au delà d’un certain stade, on ne peut plus s’en passer et ne pas la cultiver.

D’où l’importance de s’afficher avec tel célèbre imam ou prédicateur star du Moyen-orient pour ces prédicateurs, de la même manière qu’une petite star du show-bizz français tiens à montrer qu’il fréquente ces grands homologues américains : tout cela pour valoriser sa propre image auprès de son propre public.

La « peopolisation » ou la « starification » de la da’wa autour de ces prédicateurs montre bien, en effet, que « Le changement c’est maintenant », et que nous vivons l’ère de l’individualisme consumériste habillé en réalité du vêtement et du langage islamique.

Le parallèle avec le « rappeur bling-bling» de nos cités est évident, frappant même.

Vidéoclip, postures, style du langage… Ces rappeurs étaient pourtant beaucoup moins schizophréniques que ce genre de prédic-acteurs: ils assument leurs individualismes, et son « MOI JE » (suis le plus beau/fort/riche etc…) qui ne fait que reproduire la culture ultralibérale du ghetto américain. Ce rappeur hédoniste est donc un homme de son temps et issu de la culture occidentale (anglo-saxonne), profitant de sa notoriété, de sa « gloire », de sa renommée pour montrer son image de la réussite, ses belles voitures, ses bimbos, ses vêtements griffés, ses vacances dans les lieux les plus « branchés » de la planète, ses sorties en boite ultra-select et tendance…

Nous comprenons bien que le néo prédicateur islamique ne peut pas reproduire tout ceci sous la forme d’un absolu copié-collé, il serait bien entendu en contradiction flagrante avec les valeurs auxquelles il appelle, mais inconsciemment, il reproduit les mêmes « codes » sociaux, le même « ethos » (sociologiquement parlant).

Montrant que maghrébins de France/Belgique quand ils sont prédicateurs, rappeurs, footballeurs ou star du ciné ou de la télé-réalité, tous viennent du même quartier, tous ont le même « habitus », car fondamentalement les mêmes origines sociales, et tous ont quasiment les mêmes rêves, mais chacun choisit une stratégie différente.

Encore une fois, comprenons bien que tous cela est très souvent inconscient, il ne s’agit pas d’affaire de sincérité et d’accuser telle ou telle personne d’être foncièrement un malhonnête, un hypocrite ou un menteur opportuniste. Nous sommes ici en face d’un système : et quand les individus ne se sont pas « dé-socialiser » de ce système et de ces processus coercitifs, notamment par une auto-critique « radicale », il ne fera que reproduire de manière intériorisée le comportement global et général toléré par ce système et que le système lui a inculqué.

C’est pourquoi, et malgré lui, le néo-prédicateur islamise les codes d’une culture qui n’est absolument pas islamique (grosso-modo ce qu’on pourrait appeler pour simplifier le culte de soi…), aspect d’une culture symptomatique du monde occidental en dérive qui a épuisé et vidé toutes ses prétendues valeurs. Ce prédicateur ne fait que filtrer et épurer de ces codes étrangers ce qui est en opposition flagrante avec le rôle et l’image que lui et son auditoire se font de son statut : tout le reste est assimilé sans aucun recul (ce qui est normal puisqu’intériorisé).

Pourtant, lorsque l’ego sans mêle, on remarque très bien que ces prédicateurs ressentent au fond d’eux mêmes, les effets de cette « personnalité » contradictoire. En effet, à la simple remarque, critique ou conseil (notamment sur le style : le fond est affaire de spécialiste) le mot JALOUX en mode défense fuse de leur part, tel un pré-adolescent essuyant une critique en commentaire sur son skyblog. Ce mot est un véritable symbole à lui seul : car, au fond, jaloux de quoi ?

Jaloux de tout ce que nous venons d’expliquer ci dessus : et paradoxalement, c’est la preuve qu’ils perçoivent le bien fondé des critiques de leurs coreligionnaires. Mais le problème est qu’ils les intègrent de la manière la plus « animale » possible. Leurs cortex reptiliens veulent leur faire croire que ces individus qui « osent » les critiquer, ne les critiquent que pour de mauvaises raisons, la vrai raison de leurs critiques est, qu’au fond, ils ne veulent en fait qu’une seule chose, prendre une place : la leur, d’où le terme de « Jaloux ».

De la même manière que les stars du show-bizz, rappeurs ou autres, lorsqu’ils sont  parfois attaqués ou dénigrés par leurs ex-fans ou des détracteurs issus de leurs communautés d’origines (quartiers ou autres), se défendent à l’identique : « De toute façon c’est qu’des jaloux ces pauv’ nazes, ils ont la rage de mon fric, de moi, de ma tchatche et de mes meufs... ».

Là encore le langage n’est pas le même avec nos néo-prédicateurs, mais il est simplement « islamisé » et plus modéré. Cette posture de défense « jaloux » montre bien qu’on est dans le principe du « Star-system ». Le mot « jaloux » est donc le symbole clair de cette dérive égocentrique inconsciente.

Je dit très souvent inconscient mais en réalité je pense, que si au début le zèle de la prédication inhibe les effets pervers de l’ego, la culture de l’image prend consciemment le dessus petit à petit. A tel point (le comble de tout ceci), qu’ils montrent  même à ce sujet, leurs capacités à rebondir sur ces critiques en rajoutant une couche de da’wa médiatique authentiquement désintéressé et témoignant leurs consciences du problème: « Hey ! Les frères et sœurs qu’on aime tous vraiment beaucoup, nous sommes pas des STARS attention, être fan c’est po bien !!! » car au fond et finalement, tout le monde a compris tout ces enjeux, et eux les premiers…

Autres éléments particulièrement notables et révélateur : l’ardent désir de ces prédicateurs d’être aimés et appréciés par le plus grand nombre.

Nous savons qu’une star du Show-bizz, de la musique ou du cinéma ne peut pas survivre sans l’existence d’un public, de son public. C’est le public qui assure leurs positions, leurs statuts (d’où le fait que l’Image ait une importance capitale dans cette relation).

De la même manière, ce prédicateur et sa prédication, sous prétexte affiché de da’wa fi sabilillah, cherche à convertir, à sensibiliser, à capter, musulmans et musulmanes. Toute la stratégie de communication tend à séduire la masse de la jeunesse musulmane désireuse d’authenticité islamique, mais la séduire sur un contenu, sur une image, sur la forme, sur un style, sur une ambiance dont le critérium suprême est le prédicateur lui-même, sa voix, son visage et ses gestes.

Si bien que, quand les critiques commencent à se faire entendre, on ne cherche pas à vérifier le fond ou le texte (preuves théologiques), mais on cherche à tout prix à s’assurer du soutien indéfectible de ses fans et autres admirateurs(trices). On les consulte pour se rassurer, on demande leurs avis, on censure les critiques (et pire quand elles sont sur le champs de la critique scientifique), on met en évidence les compliments et on laisse les attaques hystériques parfois injurieuses des fans hypnotisés contre leurs détracteurs. Et si on s’aperçoit que le public est toujours là, on ne changera évidemment rien (ce qui est le cas pour l’instant), mais si la critique gagne les fans, ce sera automatiquement la panique, la reculade forcée et le mea culpa faussement modeste. C’est encore une fois la preuve que la da’wa est détournée de son but initialement affiché et qu’elle est le moyen pour la personne jouant le rôle d’imam-prédicateur de satisfaire en réalité les seules passions de son Ego et de se donner un rôle social au sein de la communauté via internet (rôle que la société réelle via le plus grand des médias, la télé, leurs refusent encore pour l’instant…)

Dernier élément : la soumission au système de domination et à son rapport de force.

Ces prédicateurs ont tous théoriquement le but de propager l’Islam selon le dogme sunnite orthodoxe basé sur le Coran et la Sunna authentique et la compréhension et méthodologie des compagnons et de leurs successeurs. Loin d’être en cohérence avec les implications de ce dogme, c’est plutôt la fuite en avant.

De la même manière -encore une fois- que l’ancien adepte du gangsta-rap antiflic et antisystème qui prônaient l’état d’émeute insurrectionnel dans les cités de France, s’est assagi au fil du temps et entre dans le décor du show-bizz parisien (en appelant même à voter Sarkozy!), c’est toutes les prétentions islamiques issues du dogme auquel ces prédicateurs prétendent appartenir qui sont entrain d’être revu à la baisse, petit à petit.

Ce n’est pas plus un retournement du prédicateur ici qui est pointé du doigt (comme celui de certains rappeurs) que le retournement d’un type de prédication dont les contradictions était évidentes dés le départ. Dés lors, les prédicateurs de 2012 n’ont fait que prendre ce train en marche, ils n’en sont pas directement responsables même s’ils y participent activement : c’est l’irrésistible fuite en avant vers la totale soumission à l’ordre politique, jusqu’à même intérioriser cette soumission (touchant donc le cœur, l’ultime refuge de la Foi et de la croyance !).

L’un des exemples académiques de cette soumission au système est justement l’appel à la participation à la mascarade électorale.

Il ne s’agit même pas ici de critiquer les postures et les pseudo-preuves théologiques permissives qui ne sont en réalité que des arguments d’autorité (du style : tu connais mieux que le cheikh foulan toi ?) quand bien même le non musulman, lui-même sait qu’il n’existe pas de clergé en Islam sunnite et que seul Allah et son prophète (le Coran et la Sunna) tranchent en finalité.

Il ne s’agit pas non plus de dénoncer les fausses postures de juste milieu, du genre : « toi respecte la divergence et nos preuves, mais nous en faites on respectera pas la tienne…», en cherchant à humilier sur un ton sarcastique « debouzzien » ceux qui se plongent dans l’argumentation purement scientifique…

Mais le but est ici d’expliquer encore une fois et tout simplement ce que révèle « socialement et psychologiquement » ce choix en faveur du vote.

Il y a encore quinze ans, la peur du grand méchant Jean Marie Le Pen, quand on se revendiquait du minhaj des salafs salihs, en aurait fait rire plus d’un ! Or aujourd’hui c’est la toute petite Marine qui fait peur à certains !

Mais Peur de quoi en réalité? D’être expulsé quand on est né citoyen du pays !!?? C’est la preuve  qu’on reproduit un modèle de soumission « blédard » : celui de l’immigré africano-maghrébin soumis à l’ex-puissance coloniale, lui témoignant une crainte démesurée et un amour servile pour l’avoir autorisé à entrer sur le territoire national et toléré qu’il soit un gentil petit esclave moderne.

Ou bien alors, peur de ne pas pouvoir pratiquer sa religion ? Mais que faire alors de la Hijra, l’un des points fondamentaux de la da’wa dite salafiyya !!?? D’ailleurs, l’un des buts de toute prédication islamique orthodoxe n’était pas de rappeler qu’un musulman en Occident (dar al koufr) était comme un saumon de l’Atlantique nord dans un aquarium ?

De plus, dans un mal, à savoir Le Pen au pouvoir en France (en imaginant bien que cela soit un mal ce qui n’est pas prouvé du tout…) n’y a t-il pas un bien comme il est écrit dans un livre qu’ils sont censé connaître? Le bien de pouvoir enfin se poser les bonnes questions sur notre présence ici ?

Contradiction qui n’en est pas une en réalité si on réfléchit au fait que l’existence de ces prédicateurs est liée justement à leurs présence en Europe. Leurs statuts sociaux,  leurs renommées, leurs vies de prédicateurs n’ont de sens qu’ici, n’ont de poids que devant les musulmans francophones relativement ignorants. C’est à la base de leurs prétentions et de leurs professions mêmes et c’est le cœur de leurs propres réussites. Leur succès n’est conditionné que par cet environnement dans lequel ils peuvent nager comme bon leur semble (au sens propre et figuré!). Ces prédicateurs n’auraient aucune chance de percer dans les pays dont les sociétés sont historiquement musulmanes. Or, avec un public inexistant, aucun profit à en tirer.. Des centaines de prédicateurs infiniment plus talentueux, plus versés en sciences (le rappeler est même insultant!), plus pertinents dans leur prédication existent, sauf que leurs postures islamiques « traditionnelles » font que ces derniers n’utilisent pas encore la technologie et les stratégies de com’ « free style, I’m the Best » qui est le leurs, et surtout qu’ils ont encore beaucoup de scrupule…

Même en France, quantité de frères ayant l’attitude modeste et pleine d’humilité, des vrais tullâb al’ilm, s’étant profondément investit dans les études théologiques, ayant un droit à la parole infiniment plus légitime en terme de science devant celle virtuelle de ces néo prédicateurs adoubés par une séance de photo-vidéo à la Mecque ou Médine.

Alors dans ce cas pourquoi faire la Hijra et risquer d’hypothéquer un avenir encore plus incertain que celui qui se profile à l’horizon européen ? Elle a décidément bon dos la da’wa !

Dés lors, préférons l’appel au vote tranquille, pépère et sans prise de risque inutile, appelons à voter pour le parti socialo-sioniste laïcard (ou pour un autre qu’importe…) et préférons quelques contorsions idéologiques pour rester ici et ne pas provoquer de vagues. De toute façon, les excuses sont légion, il suffit de piocher dans les livres de science (sans en maîtriser les outils pour le faire correctement) des propos hors sujet et/ou choisir les paroles d’un tel ou d’un tel (dont les avis  reposent sur une conception des réalités erronée, voire falsifiée, acquise de questions déjà orientées afin d’obtenir la réponse souhaitée…) : les francophones, c’est bien connu sont capable d’avaler des grenouilles et de gober n’importe quoi d’autre..

De plus, c’est gagnant-gagnant, car le système pervers de domination n’oublie jamais ce genre de prises de position hautement symboliques : je lui donne la preuve de soumission absolue et concrète, (la soumission à l’ordre politique par le vote, malgré tout mon blabla) contre une pseudo-liberté. Une liberté, de toute façon, de ne promouvoir qu’une da’wa handicapée car amputée de toute une partie de son dogme, et incapable de changer quoi que ce soit à la situation des musulmans en France, sans parler de celle de la oumma toute entière.

Chose extraordinaire, tout est preuve, chez ces prédicateurs, d’une soumission insupportable à l’Ordre Politico-social : insupportable tant elle est éclatante. En témoigne, le traitement des différentes affaires islamo-médiatiques qui ont secoué dernièrement la France ou la Belgique, d’une bassesse inouïe et d’une lâcheté sans nom !

Le simple jeune faiblement islamisé et de culture moyenne comprend très rapidement que toutes leurs interprétations vont absolument dans le sens du conformisme puant et ignoble imposé par le rapport de force dominé/dominant. Bien entendu, on n’osait même plus leurs demander d’appliquer le principe d’Al wala wal bara (il faut songer sérieusement d’arrêter de rêver 2 secondes…).

Mais juste la simple neutralité aussi intelligente que bienveillante, et le bon soupçon à l’égard des membres de la oumma qu’ils soit agresseurs ou agressés, ou mieux encore et plus salvateur : le silence… Or chose incroyable qui montre bien la logique de soumission : c’est que le principe de se taire (justement !)  est le plus souvent utilisé lorsque ce sont l’Islam et les musulmans qui sont pris à parti !!! Et inversement, le prédicateur se sent obligé de monter sur le minbar lorsque les médias officiels s’emparent d’un fait divers pour stigmatiser la communauté, et pas en faveur de l’Islam, mais pour en rajouter sa propre couche nauséabonde avec une véhémence que n’égale que son mutisme face aux afflictions de la oumma !

Pour ces prédicateurs, il est clair et évident que derrière cette posture, il y a la volonté sur-dimensionnée de survivre médiatiquement et le plus longtemps possible. Or pour survivre dans un environnement foncièrement hostile à l’Islam ( surtout quand le prédicateur a une prétention d’orthodoxie et de puritanisme qui est traditionnellement vue comme suspecte et comme un danger potentiel pour la « cohésion sociale ») et pour continuer son « job » sans avoir de soucis qui pourraient entraver le chemin de la renommée, rien de plus facile que de collaborer d’une manière ou d’une autre (que cela soit par une traîtrise consciente comme le clown du Crif Chalghoumi avec sa caricature d’islam laïc ou des inepties inconscientes avec les prédicateurs d’un Islam prétendument orthodoxe). Dés lors, malgré toutes leurs apparences et discours, au fond et comme toujours : il n’y a aucune indépendance morale et idéologique réelle face au système ni même volonté d’obtenir cette indépendance…

Résultat et perspective d’évolution :

Le résultat final de la da’wa de ce genre de prédicateur est la construction d’un nouvel idéal-type de musulman totalement sécularisé : le système de domination en place sait qu’irrémédiablement, les musulmans sont poussés à se ré-islamiser à cause des contradictions de son propre système, il lui faut donc au moins contrôler cette ré-islamisation.

Créer un musulman pratiquant l’Islam, même de manière la plus orthodoxe (qualifier de rigoriste ou intégriste par le système avec qamis/barbe/jilbab mais sans en avoir peur tant il est sous contrôle et aseptisé) mais sans faire de lui un agent du changement radical, tel est le but final. Tant que sa pratique reste individualiste et individualisée et que les implications de sa pratique ne bouleversent pas l’ordre établi en France (certes!) mais aussi et surtout dans le monde arabo-musulman dans la continuation de la logique impérialiste.

Le consumérisme libéral transforme l’Islam en produit marketing, c’est un marché du sens qui est offert, chaque prédicateur est le golden boy de sa da’wa-entreprise, possédant des clients, des parts de marché, et veillant à fidéliser ses consommateurs et à en conquérir de nouveaux.

Mais comme toutes les plus perfides multinationales (créant « holding et réseaux de distribution » avec d’autres prédicateurs associés), il ne réussit avec ses méthodes qu’à abrutir le consommateur pour le faire consommer encore plus et n’importe quoi, il veille à ne pas élever son degré de conscience islamique, son véritable sens critique, son niveau de réflexion, à ne pas se poser les véritables questions et à ne pas voir les véritables problèmes avant même d’oser trouver des solutions.

L’emballage est attrayant, le slogan publicitaire est attirant, mais au fond le goût de la da’wa de ces prédicateurs est en dessous de ce qu’elle prétend : elle n’a pas pour but de créer le musulman et la musulmane capable de relever et d’affronter tous les défis qui sont imposés à l’Islam.

Ce musulman pour le système de domination ne doit être qu’une simple mule qui a le droit de se souvenir que ses ancêtres étaient des étalons pur-sang et même de le revendiquer en braillant haut et fort : car comme dit le dicton, les chiens peuvent aboyer tant que la caravane passe…

Et finalement quelle est la valeur ajoutée de ces prédicateurs ?

Lorsqu’on se penche concrètement sur le niveau de science et les prétentions affichées, les conclusions sont sans appel : nous sommes en face d’un mirage qui s’étiole (quand ce n’est pas carrément le vrai sauve-qui-peut devant celui qui ose venir chercher la vérité en face et en discuter ouvertement)…Et les petites vérités qu’ils exposent sont de vraies banalités avec ceci en moins : la forme qu’ils utilisent nuit même au fond…Les rappels qu’ils ne sont pas infaillibles (quel fou pourrait le croire????) ne sont que de slogan creux, pour preuve, aucune remise en cause de leurs paroles n’est tolérés et tolérables. La mesquinerie est encore pire quant ils invitent leurs seuls auditoires à corriger leurs fautes ! Car toute intrusion extérieure au couple médiatique Prédicateur/Publics est orgueilleusement vilipendée quand c’est un étranger qui tente la correction (toi t’es qui pour me corriger ?), tel une Star du cinéma qui accepte les remarques inutiles de ses fans (cela fait partie du jeu de séduction) mais rejette avec mépris les critiques fondées des professionnels…

C’est à se demander en quoi leur prédication virtuelle survivra à l’inévitable dépréciation de leurs images ? Qu’apportent-ils de plus à la da’wa? Qu’est ce qu’il y aurait en moins s’ils n’existaient pas ?

En réalité, c’est à eux de tenter d’y répondre si leurs egos et leurs passions n’ont pas entièrement obscurci la lumière de la lucidité qui reste en eux.

Il est évident que dans cette inflation à la prédication, d’autres vont arriver, ils ont attisé les feux de la concurrence. Inévitablement, d’autres plus éloquents, plus savants (ce qui ne sera pas très difficile ici) et surtout avec une image beaucoup plus attrayante que la leur, vont finir par se montrer (leur véritable crainte en réalité…) et après ?

Quel sera le résultat pour l’Islam et les musulmans si ces futurs derniers arrivés ne tentent pas de relever réellement et durablement le niveau de conscience islamique des musulmans francophones et par ricochet celui de la Oumma ?

A cela, on peut tous déjà y répondre….

Mot de fin :

Je sais que ce texte sera sûrement très mal accueilli et encore plus mal compris par le plus grand nombre. En y voyant que critiques infondées et injustifiées sur des « prêcheurs à l’Islam »: ils hypothéqueront leurs capacités à réfléchir sur le problème capital soulevé et les répercussions de ce type de prédication sur le long terme pour les musulmans d’Occident… Pourtant, il est indéniable que la description des prédicateurs ci-dessus correspond bien à un « phénomène-type »; phénomène déjà mis en évidence par les néo-orientalistes de l’Empire (et se félicitant de cette évolution...). On peut toujours croire et prétendre que les traits sont forcés, voire caricaturaux : mais il est évident qu’ils reposent sur des faits et postures aisément identifiables par tous. Et en réalité, les évolutions qui ont été décrites précédemment, sont profondément ressenties par tous les musulmans (souvent malgré eux, ce qui est un bon signe), et même par ceux qui sont ici « disséqués » : tout ceci n’est qu’une simple observation détaillée. Le but étant que cette petite étude permette l’introspection et l’autocritique de tout les acteurs concernés, et en priorité, nous-mêmes. D’où l’importance fondamentale, pour tous, de comprendre notre contexte social et politique, et que ceux-ci possèdent des forces invisibles qui essaient constamment de nous modeler de manière inconsciente et d’imprimer sa marque sur nos attitudes, croyances et idées. Et s’en rendre est déjà une victoire contre le système.

Finalement il incombe donc aux prédicateurs (sincères…) de comprendre la nature du cercle vicieux dans lequel ils risquent d’être enfermés (et cela s’il n’est pas trop tard : seul eux seront en mesure d’en juger) et de se réformer urgemment puisqu’ils ont choisit de se mettre sur le devant de la scène. Car il est très rare que l’auditoire-public réforme le prédicateur, comme il est très rare que le peuple réforme son autorité politique (sans violence), ou que les enfants éduquent leurs parents, puisque la règle est que la guidée vient toujours d’en haut et de l’élite : pour le meilleur ou pour le pire…

Aïssam Aît-Yahya – pour Anâ Muslim



Mercredi 22 Août 2012


Commentaires

1.Posté par mol le 23/08/2012 00:16 | Alerter
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Un texte d'une lucidité et d'une profondeur d'analyse qui m'a redonné espoir. Puisse--t-il ouvrir les yeux de ceux qui ont choisi camp de la quantité.Il est urgent d'apporter la Vérité au peuple chez qui nous vivons afin que leur devenir eschatologique ne soit pas celui des gens de la "Gauche".

2.Posté par vendetta le 23/08/2012 05:48 (depuis mobile) | Alerter
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La solution est le libre arbitre la remise en question et l'obtention de L'information . Et cet article resume a lui seul tout ce dont nous avons carence .
il ne faut plus raisonner en terme identitaire ( eux contre nous ) .

3.Posté par Depositaire le 23/08/2012 10:57 | Alerter
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Dans l'ensemble, cet article est assez pertinent. Toutefois, il y a deux ou trois points qui méritent d'être relevés.

Tout d'abord, le fait de voir les prédicateurs de l'Islam en France, et en Occident en général, se précipiter vers une ascension sociale très opportuniste afin d'en recevoir les dividendes de notoriété politico médiatiques et les finances correspondantes, est, malheureusement, de notoriété publique. Les exemples en France avec Dalil Boubakeur de la Mosquée de Paris et Chalghoumi à Drancy, sont emblématiques au point d'en être caricaturaux !

Mais ce que l'auteur de l'article souligne, non sans raison, le problème est l'état d'ignorance abyssal des musulmans dans le pays occidentaux. Mais si on peut à la rigueur admettre que ceux qui sont nés dans ces pays, issus depuis une ou plusieurs générations de parents immigrés venus des pays musulmans, et qui de ce fait n'auraient pas reçu une éducation digne de ce nom sur leur religion, cela ne fait que déplacer le problème et non déterminer la cause et le remède.

En effet, ces générations d'origine, immigrées étaient toutes aussi ignorantes et de ce fait ne pouvaient pas instruire leurs enfants ou petits enfants sur une chose dont ils étaient en majeure partie ignorantes. Il est au moins notoire de constater l'action de tous ces prédicateurs de touts poils profiter de cette ignorance généralisée pour distiller une forme de savoir habilement formulée pour maintenir une certaine domination moralo/religieuse sur leurs communautés dans les mosquées, voire en profiter pour enseigner l'hérésie wahhabite en la présentant comme l'islam véritable.

Nous sommes là, de toute évidence, devant un phénomène généralisé d'acculturation de l'Islam et des musulmans. S'il y a un travail à faire c'est bien celui-là : Redonner sa place à un enseignement authentique des principes fondamentaux de la religions aux fidèles, tout en expurgeant toutes les influences de l'hérésie wahhabite, et consuméristes qui ont pu s'insérer dans les consciences.

Autre point qui mérite d'être repris, c'est la question du vote "musulman". A première vue, effectivement, on peut dire que vouloir voter pour tel ou tel parti pour changer le type de direction des affaires du pays ne sert à rien, tellement c'est "blanc bonnet, bonnet blanc". Mais à y regarder de plus près, il y a un autre aspect auquel l'auteur de l'article n'a de toute évidence pas pensé.

Si les citoyens d'origine musulmane, et tout particulièrement la jeunesse, se décide à voter, ce faisant, surtout si elle le fait en masse, elle devient visible. Elle n'est plus anonyme. Elle prend ses responsabilités en tant que communanté citoyenne du pays où elle vit, et manifeste sa présence attentive face à la direction politique que prendra le pays. De sorte que les politiciens, qui n'agissent qu'en conformité à la possibilité d'être "aux affaires", vont finir par prendre en considération les desideratas de cette communauté, sinon ils courrent le risque de voir leurs "concurents" prendre leur place et de ce fait être évincés de la direction politique du pays.

Par ailleurs, si la communauté musulmane devient de plus en plus agissante, se responsabilise en tant que membre à part entière de la société et non en tant qu'individus isolés seulement tolérés en tant qu'immigrants ou descendants d'immigrants, cela aura un impact beaucoup plus grand sur la société et pourra mettre des garde-fous sur toutes les pratiques et lois à caractère discriminatoire sur eux et sur la religion musulmane.

Pour bien comprende ce fait, il importe de dire qu'il ne s'agit nullement d'établir un lobby, genre Crif, en vue d'instaurer à plus ou moins long terme une sorte de khalifa islamique qui gouvernera le pays. Mais juste une force citoyenne, soucieuse d'être agissante dans la société pour un mieux vivre ensemble. Et si cette communauté musulmane développe ses connaissances sur sa religion en extirpant comme nous l'avons dit plus haut, toutes les influences contraires, elle en sera d'autant mieux equipée pour faire entendre sa voix pour obtenir de la part des gouvernants des actes plus en conformité avec les réels besoins de la pouplation, toutes tendances confondues, et non un alignement aux désirs des mutltinationales et d'un autre pays, genre USA ou israël.

La conclusion de tout cela, est qu'il faut réellement un sursaut courageux et lucide de la communauté musulmane en Occident, (et même en Orient, d'ailleurs), pour reconnaître son ignorance abyssale en ce qui concerne sa religion, même au niveau le plus élémentaire, et d'aller chercher cette connaissance là où elle existe encore. Quand on sait que le monde musulman, au moyen âge était à la pointe de la recherche scientifique et que l'Occident a une dette considérable sur ce plan vis à vis de l'islam, tellement les apports scientifiques ont été nombreux, on ne peut que rester stupéfait de voir l'incroyable degré de régression intellectuelle, aussi bien que spirituelle, d'ailleurs, de nos jours !

Il ne sert à rien de lancer des "fatwas" contre les caricaturistes du Prophète, ou de lancer cris véhéments devant la profanation de mosquées ou/et de cimetierres musulmans, et à côté de cela se complaire dans cette ignorance.

Le Prophète (SSP) disait "Allez chercher la science, la connaissance, jusqu'en Chine !", ou encore "La recherche de la science, de la connaissance, est une obligation pour le,la, musulman(e) !" Et enfin, " Cherchez la science, la connaissance du berceau au tombeau !"

Qu'en est-il de ces recommandations aujourd'hui, dans le monde musulman ? Y répondre, est déjà une amorce de solution.

4.Posté par hadj le 23/08/2012 19:31 | Alerter
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salam , bonjour a tous cette article me fait beaucoup pensais a un predicateur qui poste sur youtube , sont compte c est alwassat , il est arrogant , fiers de lui et ne vient jamais titiller qui vous savez .

5.Posté par TARIQ le 25/08/2012 09:20 | Alerter
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Salam aleykoum wa rahmatullah sa barakatuhu,

Malheureusement cet article ne trie pas le bon grain de l'ivraie et en lisant nous avons l'impression qu'il n'y a personne de bon dans la communauté en France (j'espère que c'est une lecture erronée et non la réalité de votre pensée ). Tous le monde est mis dans le même panier alors que bon nombre de jeune prédicateur ont d'une part des intentions très louable et d'autre part des résultats très appréciable.
Que dire de la mention "qu'amis/barbe/jilbab" qui n'apporte rien si ce n'est encore une fois jetter l'opprobre sur un type de personne qui font les efforts dans leur religion.
De plus, il aurait fallu rajouter et mettre en relief votre article avec le nombre grandissant des musulmans étant revenus à leur religion, de manière intense ou plus "light", mais les résultats de certains prédicateurs sont indéniables. Si je suis en accord avec une bonne partie de l'article je regrette cette critique systématique et ce rejet de ce que les gens essaye de faire de bien, même si bien sur tout le monde peux faire des erreurs et se tromper sur des choix et des prises de positions, même les plus grands.
Enfin, et pour jouer un peu la provoc', je me permets de poser une question qui n'appelle d'autre réponse que votre réflexion intérieure : que pensez d'un point de vue s'exprimant sur des personnes "manipuler" à la solde de politique et tout autre qualificatif employé dans l'article ci-dessus, celui-ci venant de quelqu'un même qui a grandi et eu absolument le même parcours ?
Avez vous vous même effectuer la "hijra" que vous les encouragez à faire pour être en accord avec leurs paroles, et vous?
Cet article long de plusieurs milliers de mots ne s'inscrit il pas dans la même démarche de recherche de son public? De notoriété ?
Encore une fois, je n'attends pas de réponse, juste une remise en question et si par hasard vous arriviez à la conclusion que vous n'avez pas fait tout ça pour ça... Alors je vous enjoins à vous mettre à la place de ceux que vous critiquez qui peux être on les mêmes intentions que mais qui au moins rassemble et appel à la guidée et non a la dissension ni à la suspicion envers nos frères.
Allah est plus savant, je loue Allah (swt) et je demande les bénédictions sur le prophète (sws), ses compagnons, sa famille ainsi que tous les gens qui le suivent dans le bien jusqu'à la fin des temps.
Salam aleykoum

6.Posté par zak le 02/09/2012 22:07 | Alerter
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On ne peut comprendre la profondeur de la pensée d'un auteur en se contentant d'un article,qui bien évidemment ne fait que survoler certaines thèses qu'il a déjà amplement argumenté(notamment sur la démocratie et le vote).
Aissam Ait Yahya est un jeune penseur,se présentant lui même comme,un "musulman identitaire décomplexé" qui fit sensation l'an dernier avec une livre qui marqua pour longtemps ces milliers de lecteurs.Ce livre s'intitule "De l'idéologie islamique française" publié aux éditions Nawa(en vente presque partout ainsi que sur le site officiel de l'éditeur).N'ayant pas le courage de vous faire un résumé du livre je vous propose de lire une fiche de lecture résumant assez bien le livre,qui circule sur le net,fait par un des lecteurs de Marc-Edouard Nabe qui l'a posté sur un forum de "fans"(aujourd'hui fermé).
{Oyez, oyez ! O nabiens et nabiennes !

Dans l’optique d’approfondir la réflexion sur le sujet « Islam », sujet ô combien symptomatique de notre temps, j’ai voulu poursuivre personnellement celle-ci dans la droite ligne de la perspective initiée par Marc-Edouard Nabe sur les religions, l’Islam et le christianisme dans le monde moderne.
C’est pourquoi je vous propose un résumé d’une de mes trés récente lectures qui s’inscrit absolument dans cette optique.

Vous connaissez tous sans doute, le fameux et très sérieux « De l’idéologie allemande » rédigé par Marx et Engels, les pères fondateurs du communisme. On avait entendu parler de l’exécrable « De l’idéologie française » du médiatique philosophe-milliardaire des salons parisiens Bernard Henry Levi…Or, le tout dernier né de la galaxie des essais idéologiques se prénomme quant à lui « De l’idéologie islamique française ».
D’emblée : le titre peut être trompeur et ambiguë, surtout dans le contexte exacerbé autour de la question Islam que nous connaissons tous. Voire même vaniteux, tant il paraîtrait vouloir flirter avec les ouvrages précédents pour un auteur encore inconnu ( ?), mais -toute chose égale par ailleurs- il faut avoir l’honnêteté intellectuelle d’avouer que le contenu se révèle vraiment être à la hauteur de ce que nous laisse entrevoir ce titre tapageur.
L’auteur, un « musulman identitaire et décomplexé » comme il se présente, nous livre ici un véritable travail d’érudition au service d’une thèse très anticonformiste, voire complètement « radicale dans la subversivité », et c’est le moins qu’on puisse dire…
Quel est le sujet ? A vrai dire, on pourrait se poser une toute autre question : quel est le sujet non traité par l’auteur ?
Car tout commence par une subtile mise en place du contexte : la situation des musulmans français se dégrade à vue d’œil à cause d’une islamophobie sournoise et de plus en plus débridée investissant tout le champs politique et social.
Selon l’auteur, cette islamophobie ne vient pas du bas de la société en réalité (là ou réside le bon peuple de France !) mais tout d’abord du haut, de son élite médiatico-politique, et elle s’est installé là où réside le pouvoir de contrôler les masses et fabriquer l’opinion publique.

Dés lors, rejetant le misérabilisme et le larbinisme de ce qu’il nomme le « complexe du blédard », il nous propose une véritable offensive idéologique, une vaste charge de cavalerie intellectuelle, en mettant sur pieds un plan destiné à construire une A. R. M (arme de réflexion massive) capable de tenir à distance tout islamophobe ethnocentrique imbue de la soi disante supériorité des valeurs occidentales et/ou françaises.
En claire : une entreprise de démontage systématique de la Modernité issue de l’Occident chrétien.
Que dit-il ?
Tout d’abord, il commence logiquement par la naissance historique de cet Occident tant décrié (Partie I), il nous révèle que le christianisme n’a pas été le fondateur ex nihilo d’une civilisation au sens propre du terme. Le Christianisme « n’a réussit qu’a convertir l’Empire Romain », qui lui, avait déjà des assises civilisationnelles (gréco-romaines).
Reprenant les thèses de nombreux philosophes et théologiens, il montre que la dénaturation du message christique par Paul de Tarse, sera la véritable cause, à la fois du succès du christianisme (conversion des romains et des païens), mais aussi de sa future fin (par la sécularisation laiïque).
Paul dévaluant la place des œuvres dans la foi, favorise donc l’antinomisme (le rejet de la loi divine) en donnant déjà à l’Homme chrétien le pouvoir d’affirmer le pouvoir de sa seule Raison. Finalement, après l’apogée du christianisme en tant que système politique culturel et philosophique « cohérent » dont l’apothéose est la réforme grégorienne au milieu du Moyen-Âge, c’est la Raison humaine débridée qui commencera sa propre ascension.
La libération de cette Raison va donner naissance à l’Humanisme, au rationalisme, ce qui, avec la Réforme protestante, accélère la fin du monopole de la religion chrétienne en Occident, au profit d’un matérialisme résolument humain.
L’auteur reprend à son compte ce que bon nombre d’historiens des idées avaient déjà mis en évidence : L’Occident est le créateur des bases idéo-philosophiques qui ont contribué à la naissance de la Modernité.
Une telle affirmation peut déjà surprendre de la bouche d’un musulman ayant adopté « une vision authentique et civilisationnel de l’Islam » mais le raisonnement poursuivit est très cohérent et il poursuit avec cela un but bien précis…
Dés lors, l’auteur s’acharne à montrer que toutes les idéologies séculières (issus de la sécularisation) sont donc issues du christianisme occidental, c’est pourquoi d’ailleurs elles sont nées en Occident. Il montre de manière très pertinente que toutes ont des liens explicites ou implicites avec le substrat doctrinal et philosophique chrétien, que cela soit le socialisme, le communisme, le rationalisme, le matérialisme, l’humanisme, la laïcité, la démocratie, toutes de prés ou de loin sont héritées du christianisme, même l’athéisme en est issue (le christianisme professant que dieu est mort sur la croix c’est donc pouvoir penser que ce dieu mort sur terre peut mourir aussi au ciel, c’est donc une porte chrétienne ouverte vers sa propre négation : interprétation é-pa-tante…).
Il poursuit en expliquant que ces idéologies fonctionnent comme des nouvelles religions, elles sont issues du christianisme et cherchent toutes à le remplacer dans les consciences des nouveaux hommes. Elles fonctionnent comme des religions inversées : le christianisme promettait le salut céleste et le paradis ? A cela ne tiennent, démocratie ou communisme promettent désormais le paradis sur terre, le pire est qu’elles n’avoueront jamais (par honte ou stratégie) qu’elles sont des véritables et nouvelles religions…(et là je dois dire que la démonstration est percutante).

Dés lors, il s’intéresse ensuite (Partie III) à la démocratie libérale puisqu’elle est l’idéologie (euh..pardon : la religion !) qui a désormais triomphé, après sa victoire finale contre sa sœur jumelle ennemie (le communisme).
Ici il prend un malin plaisir à détruire touts les fondements philosophiques sur lesquelles est construit le « moins pire » des systèmes politiques : l’égalité, la souveraineté du peuple, les élections. L’ironie et le culot est qu’il utilise parfois les propres paroles des « pères fondateurs » de la démocratie en démontrant, qu’il n’était pas aussi fou de croire comme des mystiques illuminés en sa sacro-sainteté.
Egalitarisme, tyrannie de la majorité, conformisme bien pensant, vulgarisation, déchéance de l’homme, manipulation oligarchique, hédonisme, consumérisme, contrôle de l’opinion, tout les travers de la démocratie sont passés aux cribles…Et on y ressort soit horrifié par notre propre apathie de pouvoir rester encore vivre sous un tel joug soit définitivement fataliste.
Qu’il insiste tellement sur les tares de la démocratie et la dictature bien pensante du conformisme et la tyrannie de la majorité sur la minorité, n’est compréhensible qu’à la lecture de la suite : en France cette minorité (ou une partie d’entre elles) est représenté par les jeunes musulmans pratiquants (française et non immigrée).
L’auteur affirme que démocratie, en tant qu’héritière du christianisme, commence à connaître la même maladie que sa mère chrétienne qui la conduira aussi à sa propre fin : car ces rites se sont plus pratiqué, de plus en plus d’individus n’y croient plus… Et l’un de ces rites de la démocratie chez l’auteur, ce sont les élections touchées massivement par l’abstention…
Pour l’auteur, plus les couteaux sont nombreux plus la mise à mort sera rapide, il professe donc la poursuite absolue de l’abstention, et notamment il vise ici, ces propres congénères musulmans en leurs posant les questions-qui-tuent :
Comment pouvez-vous continuer de jouer à un jeu démocratique (héritier-en plus- du christianisme vous O musulmans !) qui vous déclarera toujours perdant à la fin quoique vous fassiez ?
Et là, il met en évidence le rôle postcolonial des « imams de la ripoublik » contrôlés par le ministère de l’intérieur qui font des prêches politiciennes en appelant les fidèles aux votes sur les chaires des Mosquée d’Allah ! (Et on arrivait encore à nous faire croire qu’ils appelaient au jihad !!!???Pauvres imbéciles heureux que nous sommes…) Egratignant au passage le Tarik Ramadan, qui après ça, passera pour un petit mouton bien civilisé (comprenez : gentil et docile). Le niveau de subversion ici commence à se faire sentir et pour notre plus grand plaisir.

Et c’est donc à partir d’ici qu’on jette les pieds dans le plat « Islam ». L’auteur balaie d’un revers de main et d’une facilité surprenante toute idée de laïcité dans l’islam. Impossible démontre t-il, innombrables preuves, explications aussi claires que cinglantes et raisonnement d’une profondeur à s’arracher les cheveux à l’appui : non la laïcité est d’origine chrétienne (Rendez à César…) et l’Islam ne peut pas faire émerger ce principe, mais surtout, explique t-il, la laïcité est en réalité bien plus française qu’occidentale.
Et, ce qui est valable pour la laïcité, est valable pour la démocratie, le communisme ou n’importe quelle idéologie séculière issue du christianisme, n’en déplaise à ce qu’il nomme les agents de l’Empire….

Sa maîtrise de l’histoire de notre pays (son pays natale, rappelons-le) est totale et absolue, que dire après ça, à part acquiescer comme un enfant devant son instituteur ?
Il montre qu’en réalité tout le but stratégique et historique de la France envers l’islam, si on revoit la genèse de leurs relations depuis l’époque Moderne (Le 19éme siècle justement…), a toujours été de contrôler et soumettre l’islam en le transformant de l’intérieur pour pouvoir manipuler les musulmans à sa guise, en les soumettant à son pouvoir, et cela depuis la colonisation de l’Algérie en 1830. Et aujourd’hui la France de 2011 ne fait que reproduire ces politiques coloniales destructrices de l’identité islamique pour ces propres indigènes musulmans français.
L’auteur nous explique que la laïcité (philosophique et maçonnique) est une doctrine trompeuse et hypocrite, derrière sa prétendue neutralité, elle n’est qu’une religion séculière (n’oubliez pas), la religion officielle de l’état français. Elle a détruit le catholicisme français qui faisait barrière à sa domination dans la société française au 19éme siècle, elle n’a toujours recherché qu’à créer des athées irréligieux sans foi ni valeurs transcendantes autres que celles du matérialisme positiviste, celles qui veulent faire de l’homme un dieu sur terre.
Or avec l’Islam le morceau est beaucoup trop gros à avaler : c’est pourquoi elle est obligé d’être tyrannique, totalitaire et liberticide envers les musulmans, elle sort de sa position de neutralité pour exiger la neutralité des espaces publiques et même des consciences privées (pourtant protéger par la liberté de conscience et d’opinion !). Car sans cela, sans cette dérive, elle ne peut pas soumettre l’islam et les musulmans français comme elle a réussit à le faire pour l’extrême majorité des catholiques (à part 3000 « intégristes » solitaires…). Si elle se tenait qu’à sa position de 1905, elle ne réussira jamais son projet messianique de faire triompher l’humanisme prométhéen athée et progressiste en France mais aussi dans le monde entier (d’où le fait pour l’auteur que « l’Islam authentique » est la cible number one du NWO).
La France est donc une sorte petit laboratoire à l’échelle du monde pour essayer de transformer l’Islam: telle est la thèse magistrale de l’auteur, et avouons (encore une foi) qu’il n’a pas forcément tords.

Et si je dit « islam authentique » c’est que l’auteur (Partie 4) en passe à la critique explosive de trois courant de l’islam, qui selon lui, d’une manière ou d’une autre favorise les projets de la mondialisation occidentale et de son impérialisme politique et culturel, et qui bizarrement sont toujours mit au devant de la scène : le « soufisme maraboutique », le prétendu « réformisme musulman » et ce qu’il appel le « salafisme séculier ».
Là il faut s’accrocher, car l’attaque est fulgurante, pas besoin d’être un islamologue pour comprendre, l’auteur est toujours très clair.
Le soufisme est une sorte de mysticisme bouddhisant qui a toujours suscité l’intérêt des orientalistes au temps des colonies tant ils avaient compris qu’il était une forme abâtardie d’un Islam auquel on avait retiré ses dents et sa volonté de défendre son intégrité…Des énergumènes pseudo philosophes comme Abdennour Bidar, pseudo-écrivain comme Abdelweheb Medeb, pseudo-rappeur comme Abd el Malik et pseudo-responsable communautaire comme Dalil Boubakeur, sont littéralement exposés et explosés, l’auteur a l’impression parfois d’avoir écrit avec ses tripes et à l’acide sulfurique !
Les « collabeurs » que Nabe nous dénonçait déjà, sont littéralement tondus et marquer de l’ignominie de la traîtrise.
La cible du courant réformiste « moderne » est la mouvance symbolisée par Tarik Ramadan. L’auteur lui reproche d’user des termes de la modernité occidentale pour vouloir moderniser l’islam, ce qui revient à moderniser l’islam dans une vision « occidentalo-centré » et donc finalement cela rejoint les buts ultimes de la « mondialisation impériale » : créer un islam compatible aux canons occidentaux.
Il en profite au passage, pour nous donner un cours magistral de droit constitutionnel musulman, en détruisant encore les ragots des pseudo islamologues de service. Non, le véritable état islamique ou musulman (au choix…) n’est pas une théocratie (qui est un concept chrétien comme il l’explique), son chef d’état est tout sauf un autocrate qui pourrait faire ce que bon lui semble (vous avez dit ou entendu tyrannie et despotisme ? Revoyez votre copie…)
Ensuite, il finit avec le salafisme ou plutôt ce qu’il appel le « salafisme séculier », l’auteur croise souvent certains principes défendus par les autorités religieuses de ce salafisme avec ce que disaient déjà certains théologiens chrétiens : de Paul de Tarse à Bossuet en passant par Luther, l’analogie est très instructive. En gros, ces salafistes sont des sortes de « pharisiens » leurs attachements scrupuleux aux rites de l’Islam est trompeur, car au contraire, ils se détachent inexorablement de la loi islamique à appliquer puisque ils défendent leurs chefs d’etat.
Ce salafisme pro Saoud énonce par exemple que les musulmans doivent obligatoirement obéir à leurs chefs d’état (comme des moutons bien dociles : et quand on sait que ces chefs d’état arabes sont déjà tous à la botte de l’occident, ce salafisme ne nous apparaît déjà plus comme bien dangereux pour les intérêts occidentaux, dire que TF1 nous faisait peur pour rien …). De même ils énoncent que les musulmans ne doivent pas s’occuper de politique (forme de laïcité intériorisée?) et que les savants doivent être soumit à leurs dirigeants (en gros : ils perdent ainsi toutes leurs indépendances et deviennent de simples petits fonctionnaires complices des régimes arabes).
L’auteur explique que c’est exactement là, en germe, le processus de sécularisation que le christianisme a déjà connut.
Dés lors que l’Arabie Saoudite soit l’allié historique des USA est clairement compréhensible (malgré des petits accrocs causés par d’autres types de salafisme beaucoup plus révolutionnaire et beaucoup plus cohérent dans leurs volontés de défendre l’héritage civilisationnel de l’Islam…) puisque l’Islam officiel de l’état saoudien est une sorte de fondamentalisme musulman tout comme l’est l’évangélisme protestant. C’est-à-dire que ce salafisme diffuse une vision de l’islam largement intégrable à l’empire mondialiste. Les USA protestants et sécularisés l’ont compris, la France laïque et anticléricale pas encore…

Finalement la dernière partie (Partie V) semble faire figure de conclusion. L’auteur revient sur la notion de modernité, il montre comment la majorité des musulmans du monde entier sont abusés, car ils ne comprennent pas ce que recouvre réellement cette notion de Modernité et ne savent pas la définir.
Pour la plupart d’entre eux la modernité, c’est un processus d’avancement technologique et technique (en gros l’iphone et internet) alors que la Modernité est une conception philosophique progressiste dans un sens social et politique : c’est la sécularisation, c’est le triomphe de la raison humaine, c’est le matérialisme nihiliste, c’est la perte de pertinence de la religion, c’est l’humanisme prométhéen, c’est la dislocation des formes traditionnels de la famille, c’est la libéralisation des mœurs (pour ne pas la bestialisation) etc etc etc…
Or l’Occident ne l’avoue jamais clairement, et surtout il énonce toujours de manière trompeuse que cette modernité est universelle alors qu’elle n’est qu’un rejeton de sa propre et seule histoire, en un mot : sa seule création. (Je rappelle ici que le sous titre de l’ouvrage est : éloge d’une insoumission à la modernité)
De la même manière, l’auteur nous dit que c’est exactement le cas aussi pour la Mondialisation qui est en réalité un processus d’occidentalisation de la planète. Et si pour lui, les musulmans français vivent la situation la plus difficile en Occident par rapport à d’autre communauté musulmane (en Angleterre, dans les pays scandinaves, et même au USA) c’est que la France est le cœur véritable de cette Modernité : Les Lumières, le Cartésianisme, la Révolution Française, la déclaration des droits de l’homme, la déchristianisation, l’athéisme moderne etc…Tous né en France, et tous ont gardé un messianisme mystique quasi-religieux ainsi que leurs intolérances cachées qui réapparaît aujourd’hui, et dont l’Islam et les musulmans, dans notre société, ont le mérite de faire tomber les masques selon l’auteur.
Dés lors, pour lui, seul le rétablissement du califat est le gage du retour de la vraie et véritable civilisation islamique qui sera (enfin) la seule maîtresse de son Histoire en créant sa propre Modernité ( et non d’islamiser la modernité occidentale comme il le dénonce) et créera un vrai monde multipolaire, dans lequel il y a l’idée d’un « chacun chez soi les vaches seront bien gardés ».
Donc pas questions de faire des copier-coller généralisé de modèles occidentaux dans les pays arabes auquel on assiste tous depuis la colonisation européenne mais aussi même avec leurs prétendues indépendances.
Ce que l’auteur semble nous dire, c’est que les musulmans sont pour l’instant des sortes d’orphelins : ni ici (France) ni là-bas (pays musulmans), ils se sentent chez eux, car ici ou là-bas c’est toujours les mêmes qui règnent et qui poursuivent toujours les mêmes buts concernant l’Islam avec des politiques quasi similaires…
Dans les dernières lignes, de manière eschatologique, l’auteur cherche à montrer que tous ceci peut faire parti, peut-être, du plan divin que Dieu a assigné à l’Humanité et à l’Islam. La falsification du christianisme qui a joué un rôle moteur voire primordiale dans la création de ce monde moderne, explique peut être pourquoi selon certains hadiths (parole du prophète Mohamed) c’est Jésus lui-même qui doit revenir en achevant de faire triompher l’Islam, en faisant abattre une croix et tuant un porc : symbole de la déritualisation, de l’antinomisme et de la « déviation paulienne de la tradition monothéiste abrahamique », nous explique l’auteur…

L’auteur nous invite finalement dans sa plus honnête subjectivité, à nous pencher sur cette lecture de notre monde, mais à travers les yeux d’un musulman qui a longuement médité cette situation.
Quelles impressions me laisse cette fascinante lecture ?
Après ces 5 parties, 13 chapitres et plus de 550 pages ont en sort abasourdi, penseur, étonné, voire retourné…C’est évident.
Vous l’aurez compris, je suis sous le charme et de l’écriture et du sujet, et du fond et de la forme.
Rarement une lecture si érudite (on a l’impression d’avaler une bibliothèque) m’aura donner autant soif de savoir. Mais paradoxalement, la somme des connaissances produites quoique très importante ne donne aucune indigestion, tant la fluidité parait naturelle.
Dans ma propre identité de français de souche (non convertis mais islamophile je l’avoue…), il y a tellement de chose qui m’interpelle directement, qui me parle au plus profond de mon identité d’occidentale et de « postchrétien » comme dirait l’auteur. Et je dois le dire, le confesser même : il y a une force quasi gravitationnelle qui me pousse à adopter la majeure partie de ces analyses.
Si je devais en faire une interprétation très « académique » et opérer des rapprochements avec mes autres lectures, je dirais qu’il y a du Nietzsche, il y a du Proudhon, il y a du Thoreau, il y a de l’Ellul, du Chomsky et il y a même du Nabe : surtout dans l’écriture polémiste quand l’auteur attaque directement certaines personnalités ou catégorie de personne.
D’ailleurs source d’inspiration ou non, à la page 516, l’auteur cite textuellement un petit passage d’Une Lueur d’Espoir de MEN : « Si les occidentaux du vingtième siècle n’avaient pas été aussi iniques, peut-être les musulmans se seraient-ils contenter aujourd’hui d’un Islam pépère… » En effet, si on comprend bien, tout le livre tourne autour de cet aporisme nabien: le mépris, l’injustice et le cynisme de l’Occident justife et justifera en retour l’apparition d’un Islam qui ne fera plus aucune concéssion et bien au contraire…

En résumé c’est un véritable pamphlet incendiaire dans la plus pure tradition française, et pour certains ce sera un sorte de paradoxe puisque l’auteur (issus de l’immigration maghrébine ?) est un musulman à la chevalier Bayard « sans peur ni reproche » défendant la bannière noire de l’Islam…
Mais surtout, il y a dans l’esprit de l’auteur une espèce d’anticonformisme subversif radicalisé, un véritable esprit révolutionnaire « anarchisant » (au sens positif du terme dans une société telle que la notre…) en lutte constante contre l’empire occidental et toutes ses formes d’impérialismes, un véritable esprit combattant du « jihad idéologique ».
J’avais d’ailleurs lu récemment le « Comprendre l’Empire » du cher Alain Soral (qui ne fait plus que vomir sur tout le monde : Dieudonné le prochain ?), et j’en étais sortis avec une petite moue au visage et un « autant de bruit pour rien ».
Désormais, comprendre l’empire selon l’idéologie islamique française, c’est non seulement le comprendre mais c’est surtout le détruire et tout d’abord au fond de soi-même.
Et le véritable exploit c’est de le détruire sans détourner d’avions, sans « Nine eleven », sans coup de feu, ni AK47, en allumant non pas une lueur mais un incendie d’espoir à l’horizon…
Reste que l’auteur musulman est fondamentalement musulman, terriblement musulman, profondément musulman, sa vision, ses déductions, ses interprétations le sont elles aussi, malgré sa volonté de dépasser le langage théologique pour se faire objectivement comprendre de tous (dans une subjectivité consciente, avouée et assumée), et même si ces analyses sonnent souvent vertigineusement juste, elles seront toujours opaques pour la masse, pour la majorité des individus écrasée par le poids multiséculaire de ce système aliénant qui nous a inlassablement travaillé jusque dans nos neurones. Et il y aura une toujours une barrière d’incompréhension insurmontable.
Mais l’auteur le sait pertinemment, c’est pourquoi il ne vise par ce livre que ceux d’entre nous qui sont sorti de la matrice et qui ont choisit la pilule bleue pour suivre le lapin blanc jusqu’au fond de son trou.
J’avais lu un article americano-israélien parlant de ces français musulmans “radicaux” gravitant autour de Soral and co, c’est dans ce sens que je qualifierai l’auteur d’un french radical muslim of Nabe, et Dieu sait que ce type de “musulman radical” là est beaucoup plus intéréssant que le petit beur de la cité omnibulé par les élucubrations soraliennes…}

(David Leroy Fiche de lecture pour les nabiens, http://marc-edouard-nabe.forumactif.com/ )

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