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Résistance politique: Lutter contre le colonialisme des mots, la sémantique de la soumission



Samedi 13 Décembre 2014

Résistance politique: Lutter contre le colonialisme des mots, la sémantique de la soumission
Leadership et la libération de nos nations originelles
Steven Newcomb
article original: http://indiancountrytodaymedianetwork.com/2014/11/27/leadership-and-liberation-our-original-nations ~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~
 
Les quelques uns d’entre nous qui se sont embarqués sur la voie du travail intellectuel ont aussi travaillé au long de leur vie avec des leaders spirituels de façon à ce que nos efforts intellectuels et notre travail demeurent ancrés dans les cérémonies et la tradition. Certains d’entre nous ont travaillé des décennies avec des leaders traditionnels des nations originelles telles la nation Oglala Lakota et ont gagné le respect de ceux-ci.
Certains d’entre nous ont passé tout leur âge adulte en tant que personne native dans un effort de rechercher et de réfléchir sur nos trouvailles avec pour but la localisation de l’information la plus adéquate et le développement des meilleurs arguments qui résulteraient en la libération de nos nations et de nos peuples du système de domination des Etats-Unis. Ce faisant, nous avons gagné en techniques de lecture, d’écriture et d’interprétation ainsi qu’avons collecté une somme énorme d’information que nous avons désiré donner en assistance des nations originellement libres des peuples de l’Île de la Grande Tortue.
Nous ne sommes pas élus du système, mais nous avons la capacité et avons depuis des décennies, donné des conseils aux leaders élus et traditionnels, conseils basés sur la collecte des informations et des arguments que nous avons développés pour la libération de nos nations et de nos peuples. En regard des positions d’élus, la légitimité d’un leader élu est une affaire qui doit être décidée au sein d’un groupe donné de personnes. Le problème de la légitimité du leadership élu a à voir avec le fait de savoir si un leader a été élu ou s’il a été choisi par son peuple.
Que la position ou le langage utilisé par un leader élu particulier fonctionne pour ou contre la liberation de nos nations et peuples est un sujet différent. Comme les lecteurs de cette colonne le savent parfaitement bien, je n’ai jamais été hésitant à attirer l’attention du leadership du National Congress of American Indians (NCAI), par exemple, qui se réfère à nous comme si nous étions tous maintenant des “Américains”, juste des “natifs”. Je n’ai jamais été hésitant à critiquer ce genre de terminologie parce qu’une telle rhétorique ne reconnaît pas le fait qu’il y a bien des nations indiennes qui refusent de cautionner une telle pensée politique assimilatrice.
Les politiciens américains du XIXème siècle ont peaufiné le plan pour la destruction future et la domestication de nos nations et notre éventuelle assimilation au sein des Etats-Unis. Nous vivons maintenant dans le futur de ce que ces politiciens avaient envisagé. Les leaders Indiens élus ne devraient-ils pas toujours résister à ce plan des Etats-Unis, plutôt que de maintenant utiliser la terminologie qui sert, au nom de “l’accommodation”, a mener à terme la politique d’assimilation de nos nations ?
Désolé, mais il est aussi juste de dire que pas tous les leaders indiens élus fonctionnent de cette manière et tous probablement nieraient qu’ils en ont un quelconque intérêt. Mais si cela est le cas, alors les leaders indiens se doivent de réfléchir sur cette façon d’utiliser les mots qu’ils utilisent et leur façon de cadrer les sujets. C’est le plus souvent par mauvaise habitude établie au fil des générations que quelques uns des leaders élus utilisent typiquement maintenant, une terminologie politiquement assimilatrice comme par exemple l’expression: “tribus états-uniennes” ; ainsi une fois qu’ils en ont été avertis, il est impératif qu’ils arrêtent d’utiliser cette terminologie spécifiquement dans le contexte des Nations-Unies.
Le fait que certains leaders indiens utillisent l’expression “tribus états-uniennes” et le fait que des avocats et autres experts travaillant avec ces leaders ne les ont pas conseillé de ne pas utiliser une telle terminologie nous en dit beaucoup sur le projet sous-jacent. Ce que cela nous dit est que ces leaders indiens élus et leurs experts n’ont pas entièrement compris les subtilités de langage et leur nature de construction de la réalité. L’expression “tribus états-uniennes”, qui en fait correspond exactement à la terminologie employée par le gouvernement, est politiquement destructrice pour nos nations et nos peuples. L’utilisation de cette terminologie construit, maintient et renforce cette forme de réalité.
Il semble y avoir une mauvaise compréhension fondamentale de la nature du langage lorsque celui-ci touche nos problèmes en tant que nations libres. Ceci est spécialement vrai dans l’arène internationale des Nations-Unies. Le langage crée la réalité. Ce que nous pensons, parlons et écrivons en combinaison de ce que nous faisons, crée la réalité.
La réalité est construite en permanence par l’interaction de nos esprits et de notre monde physique et social. La signification n’est pas dans le texte d’un document donné, comme par exemple la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU. Le sens est le résultat d’une interaction, un aller-retour, entre nos esprits et ce que nous interprétons. Le sens est ce qui se passe, par exemple, lorsque nos esprits interagissent avec le texte d’un document physique donné (ou ces jours-ci, document numérique). Mais des esprits différents vont interprêter différemment ce texte et ainsi provoquer un résultat d’interprétation différent.
Les pensées des officiels du gouvernement des Etats-Unis interagissant avec le texte de l’ONU de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes par exemple, résultent dans une interprétation qui est faite pour servir les meilleurs intérêts des Etats-Unis. Les officiels américains utilisent l’expression “tribus états-uniennes” pour une seule raison. Celle d’interpréter ce texte de façon à reconstruire et à maintenir la loi fédérale des Etats-Unis sur les Indiens exactement comme elle est aujourd’hui et ce, sur les bases du soi-disant droit de la découverte chrétienne et de la domination en résultant. En 1996, Seth Waxman, soliciteur général pour le gouvernement fédéral a dit aux leaders Indiens au sujet de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes en 1996: “Ceci doit rester consistant avec la loi des Etats-Unis”…
Tout leader élu indien qui utilise l’expression “tribus états-uniennes” dans le contexte de la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes de l’ONU endommage la libération de nos nations et de nos peuples. Pourquoi ? Parce que cette terminologie américano-centrique travaille pour soutenir les efforts du gouvernement américain pour construire, maintenir et renforcer le cadre de domination-submission de la loi fédérale sur les Indiens et la politique dominante qui en découle. Tout leader élu indien qui a utilisé cette terminologie en relation avec l’arène internationale doit immédiatement cesser de le faire et exliquer sa logique pour utiliser un tel langage auto-submissif et auto-colonisateur en première instance.


Samedi 13 Décembre 2014


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