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Rendre à Marx ce qui est à Marx ; et à Allah ce qui est à Allah.


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En Syrie là où la guerre civile a pris toutes les qualifications communautaires ou confessionnelles possibles, l'on se rend compte que, toutes communautés confondues, les diverses classes bourgeoises sont restées solidement liées les unes aux autres et fidèles au régime, leur client protecteur et premier associé. Car les facteurs socio-économiques relèguent toujours le fait religieux ou philosophique au second plan. Ainsi l'alliance d’intérêt transcende grandement les consciences religieuses ou communautaires par une fraternité sociale plus solide que celle de la confession ou l'ethnie. Autant dire en somme qu'il est grand temps de rendre à Marx ce qui est à Marx ; et à Allah ce qui est à Allah.


Cide
Jeudi 20 Août 2015

D'ancien temps, la profondeur intellectuelle de certains occidentaux, De Gaulle notamment, a toujours exigé de traiter l'Orient et tout ce qui en dépendait avec beaucoup de minutie, bien qu'il fut simple et accessible.

Hélas à ces hommes ont succédé d'autres de qualité moindre. Et entre temps, Sarkozy a pris la place de De Gaulle, BHL celle de Malraux et Finkielkraut succède à Gustave Le Bon. Un médiocre remplacement donc qui, surtout, se caractérise par son nocif nivellement du haut vers le bas.

Aujourd’hui, devant un Orient devenu pour une fois assez énigmatique et imprévisible, la providence a voulu elle que les intellectuels occidentaux deviennent assez simples, pour ne pas dire simplets. Allant même jusqu'à expliquer, les fêlés, tout ce qui s'y passe par seul le fait religieux.

Certes ce dernier est un dénominateur commun important entre les peuples et les civilisations de cet espace géographique, il n'en demeure pas moins cependant que les troubles de cet Orient répondent exactement aux mêmes lois naturelles comme avec les autres sociétés qui, toutes religions et géographies confondues, subissent des conditions socio-économiques ou politiques analogues.

En fait, comme l'a si bien rappelé Karl Marx, les facteurs socio-économiques relèguent toujours le fait religieux ou philosophique au second plan. Et derrière le très superficiel voile religieux ou communautaire se dressent souvent les solides frontières sociales et économiques.

En Syrie, par exemple, là où la guerre civile a pris toutes les qualifications communautaires ou confessionnelles possibles, l'on se rend compte en effet que, toutes communautés confondues, les diverses classes bourgeoises sont restées solidement liées les unes aux autres et, bien sur, fidèles au régime, leur client protecteur et premier associé.

On rapporte même que, sans l'appui total et sincère de la bourgeoisie sunnite d'Alep et de Homs, Assad n'aurait pas tenu une semaine de plus beaucoup moins toutes ses années.

Preuve donc qu'il y a une alliance d’intérêt qui transcende grandement les consciences religieuses ou communautaires par une fraternité sociale naturelle plus solide que celle de la confession ou l'ethnie.

Autre surprise encore plus éloquente : le Printemps arabe s'est ébranlé dans une période où étrangement les reprissions politiques furent les moins brutales. Du moins en apparence, car en réalité une répression a chassé une autre.
En effet le brutal tournant libéral entrepris ces deux dernières décennies pour cacher les faillites des États arabes a balayé sur son passage une grande majorité de la population de ces pays créant de facto une classe de déshérités obligés de venir s'entasser misérablement dans les banlieues des grandes métropoles.
Cette embellie économique de façade, tout pour certains et rien pour les autres, a permis en effet a une nouvelle classe de nouveaux riches gravitant autour de ces régimes de s'enrichir outrancièrement au détriment de la majorité de la population qui a tenu les régimes politiques pour responsable de cet état de flagrante injustice.
Pas étonnant donc de trouver un marchand ambulant chassé de son lieu de vente, Mohamed Bouazizi, à la fois symbole et détonateur de la révolte tunisienne et, par ricochet, de tout le Printemps arabe. Plus globalement, la roue de l'histoire moyen-orientale est parait-il d'un demi-siècle.
Et pour cause cette lutte des classes fut à l'origine de bon nombre des régimes de ces États, il y a à peine de cela une cinquantaine d’années. Cependant, bien que parasitée aujourd’hui de toute part par d'autres facteurs qui lui sont complètement étrangers, elle rentre tout de même dans un nouveaux cycle régulateur indispensable pour réparer le tort d'origine.

Et pour cause, de Nasser jusqu'à Kadhafi en passant par Assad et Qassem en Irak tous ces officiers libres, venaient du même milieu socio-économique : la petite bourgeoisie campagnarde qui constitua le gros lot des officiers des armées des pays arabes de l’époque, leurs hommes de troupes eux sont majoritairement des pauvres paysans, issus notamment des minorités méprisées, comme les Allaouites en Syrie.

Et tout ce monde vécut bien que mal dans les grandes métropoles près de ses casernes, tenu cependant d’obéir à doigt et à l’œil à une insolente bourgeoisie citadine propriétaire des terres sur lesquelles travaillaient souvent leur parent au village, et qui les méprise et moque leurs frustes mœurs paysannes .

Autant dire que ces jeunes gens fiers et vaillants, qui se sont dépaysés volontairement pour fuir les brimades et les humiliations que leur font subir au village les représentants de cette intouchables bourgeoisie aux manettes du pays, ont vite compris à leur dépens que, hors de la lutte, point d’échappatoire ni de salut. C'est donc armes à la main qu'ils s’emparèrent du pouvoir et leur vengeance fut terrible. Exécution sommaire et violente, comme en Irak et en Syrie, ou exile, comme en Égypte et en Libye.

Cela dit quelle qu'elle fut l’idéologie politique qui regroupait ces officiers, communisme d'abord et nationalisme en suite en Irak, nationalisme arabe en Libye et en Syrie ou islamo-nationalisme en Égypte ( derrière Nasser avait déjà les Frères musulmans), leur arme fatale fut la spoliation pure et simple de tous les propriétaires terriens sous un fumeux concept de « reforme agraire » dont le but fut tout simplement de mettre sur la paille leur adversaire d'hier.

En vérité cette reforme-spoliation montra indéniablement que tout s'inscrivait dans une lutte des classes orientale et ce, parce qu'elle a frappé massivement et sans distinction aucune tous les féodaux, toutes communautés et toutes confessions confondues. Ce serait simplifier que de dire que l'on assiste aujourd’hui au même mouvement mais dans un sens réciproque.
Autant dire en somme qu'il est grand temps de rendre à Marx ce qui est à Marx ; et à Allah ce qui est à Allah.





 


Jeudi 20 Août 2015


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