Et voici le commentaire de Vladimir Zorine, directeur adjoint de l’Institut d’ethnologie et d’anthropologie :

On sait que les Roms pratiquent un mode de vie nomade. Ils se déplacent beaucoup et se laissent rarement sédentariser. Dès lors, étant donné ces particularités de la vie nationale et de l’évolution enthno-culturelle, ils ont des problèmes d’insertion socio-économique, d’emplois, de salaires et de régularisation.

On s’interroge pourquoi Bruxelles, Strasbourg et Budapest ont choisi le moment présent pour faire valoir la nécessité de résoudre le problème des Roms selon le modèle d’intégration sociale et économique. Nicolas Sarkozy, ce partisan de l’extradition des Roms n’est plus au pouvoir en France bien que le ministre de l’intérieur Manuel Valls ait déclaré un de ses jours que l’espoir de régler le problème des Roms par leur « intégration civilisée » à la société française était une illusion. Il est vrai cependant qu’il s’est heurté à une opposition au sein de son propre gouvernement. Pour revenir aux pays d’Europe Centrale, de l’Est et à l’Italie, leurs gouvernements semblent avoir enfin pris conscience que l’intégration des Roms aux structures sociales existantes était l’unique moyen permettant de prévenir les désordres et la montée du nationalisme et de xénophobie dans cette question. Mais le problème des Roms a également une importante dimension purement économique . La situation qui s’est créée est indissociablement liée au marché du travail et au chômage dont le niveau est particulièrement élevé dans les couches de population mal protégées socialement, a confirmé dan son entretien avec notre radio Vladislav Belov, expert de l’Institut de l’Europe :

La situation sur le marché du travail à l’échelle de l’UE varie fortement suivant les groupes de pays et au niveau des pays isolés. Par conséquent, on aurait tort de généraliser. Néanmoins, la plupart des pays de l’UE sont réellement aux prises avec des difficultés majeures.

Le projet présenté à Budapest est une tentative de passer des paroles aux actes dans le règlement d’un problème délicat et douloureux pour l’Europe. Elle se fonde sur la prise de conscience du fait que les Roms sont les Européens au même titre que les Français, les Allemands, les Grecs ou les Slovaques.