Proche et Moyen-Orient

Record d'exploitation pétrolière en Irak



Mercredi 23 Avril 2014

Record d'exploitation pétrolière en Irak
La production pétrolière en Irak a atteint 3,6 millions de barils par jour en février 2014, soit plus que pendant le pic de développement de l'industrie pétrolière sous Saddam Hussein, écrit mercredi le quotidien Novye Izvestia.
Les problèmes dans le secteur pétrolier restent malgré tout plus nombreux que les exploits, notamment à cause des difficultés croissantes pour exporter le pétrole irakien avec le moins de pertes possible, dues à l'infrastructure obsolète et l'instabilité politique du pays.
En 1979, l'Irak extrayait 3,5 millions de barils par jour. En février 2014, ce record de plus de trente ans a été dépassé de 100 000 barils. En matière d'exploitation pétrolière l'Irak se place juste derrière l'Arabie saoudite au sein de l'OPEP, mais reste en tête en matière de croissance de la production pétrolière dans le monde.
Le monde entier suit l'évolution du secteur pétrolier dans ce pays car le pétrole irakien, couplé à l'augmentation de la production de pétrole de schiste aux USA et au Canada, a permis de stabiliser les cours malgré la hausse de la demande et les pertes importantes dues à l'arrêt ou à la diminution considérable de la production pétrolière en Syrie et en Libye. Les analystes de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prédisent que la production pétrolière en Irak ne cessera pas d'augmenter pour atteindre 8 millions de barils par jour d'ici 2035. L'économie mondiale est fortement dépendante du pétrole irakien : si dans 20 ans, l'Irak produisait 5 millions de barils au lieu de 8, son tarif serait supérieur de 10%.
Les revenus de la vente du pétrole représentent 90% du budget du pays. L'exploitation est localisée principalement dans les champs pétroliers du sud. La production est prise en charge par les plus grandes compagnies pétrolières qui ont signé en 2010 des contrats avec le gouvernement irakien : BP à Rumaila, Exxon à West Qurna 1 et Lukoil à West Qurna 2, où la production à l'étape initiale s'élevait à 120 000 barils par jour ; ENI à Zubair, Shell à Majnoun et PetroChina à Halfaya.
Une importante quantité de pétrole est produite aujourd'hui en Irak. A première vue, tout cela devrait créer les conditions nécessaires pour l'amélioration du niveau de vie des Irakiens et enclencher un boum économique. Mais personne, que ce soit en Irak ou à l'étranger, n'attend de manne céleste grâce à la croissance de la production pétrolière.
Il est nécessaire d'extraire le pétrole, puis de l'acheminer jusqu'au port, de remplir les pétroliers avant de l'envoyer aux acheteurs. Or aujourd’hui, cette logistique est bien plus difficile à mettre en place que d'extraire simplement le pétrole : 90% des exportations pétrolières passent par le port de Bassora, dans le sud, mais les réserves de stockage manquent cruellement.
Le gouvernement a bien annoncé la construction de 16 nouvelles installations de stockage mais seulement quatre ont été construites jusqu'à présent.
Aux gazoducs obsolètes, au manque de réservoirs de stockage et aux complications logistiques s'ajoutent l'instabilité politique qui a dégénéré en guerre civile en prévision des législatives prévues le 30 avril. Des explosions retentissent même en dehors de villes. Les attentats sur les oléoducs, les attaques terroristes contre des champs pétroliers et le personnel ont fait reculer cette production record de 9%, soit 340 000 barils par jour.
De nombreuses autres causes freinent le développement de l'industrie pétrolière de l'Irak, comme la corruption qui prospère dans le plus grand secteur industriel du pays. Selon Transparency International, l’indice de corruption de l’Irak le positionne à la 171ème place du classement mondial, sur un total de 177 pays.

RIA Novosti


Mercredi 23 Avril 2014


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