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RÉSISTANCE ÉTUDIANTE À LA HAUSSE


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Le gouvernement Charest au pouvoir depuis dix ans à l’Assemblée nationale du Québec a décrété une série de hausses des droits de scolarité pour les étudiants inscrits à l’université....


Robert Bibeau
Vendredi 23 Mars 2012

RÉSISTANCE ÉTUDIANTE À LA HAUSSE
PARLONS CHIFFRES

Le gouvernement Charest au pouvoir depuis dix ans à l’Assemblée nationale du Québec a décrété une série de hausses des droits de scolarité pour les étudiants inscrits à l’université.

La Ministre de l’Éducation Line Beauchamp justifie ainsi sa décision soi-disant irrévocable : « Nous persévérons dans notre décision, parce que nous savons qu'elle est nécessaire, qu'elle est juste et qu'elle est raisonnable. C'est pour un meilleur financement des universités, pour que le diplôme qu'on va chercher dans une université québécoise garde sa valeur, qu'on ait les meilleurs enseignants, les meilleurs équipements de recherche » (1).

À compter de l’automne 2011, les droits de formation universitaire ont été haussés de 325 $ par année. Ils passeront ainsi de 2168 $ en 2011 à 3793 $ en 2016. En additionnant les frais afférents, la facture pour un étudiant sera d’environ 4 500 $ pour l’année académique 2016-2017, soit une hausse – tous droits confondus – de 2332 $, soit une croissance en cinq ans de 20 % du total des frais de la formation universitaire pour l’étudiant et l’étudiante (60 % de l’effectif).

Considérant que l’on dénombre 264 000 étudiants universitaires (temps plein et temps partiel – 46 % de l’effectif), la bataille engagée entre le gouvernement de Jean Charest et les communautés étudiante, professorale et parentale porte sur un différentiel de beaucoup moins que 620 millions de dollars par année et cela à compter de l’année 2016 comme nous allons le démontrer (2).

Compte tenu d’un budget provincial d’environ 90 milliards de dollars par année (comprenant les organismes para-publics), le différend entre le gouvernement des riches et des recteurs d’universités surpayés contre les étudiants endettés, porte sur moins de un pour cent (0.6 %) du budget du gouvernement du Québec. Un tel affrontement gréviste en vaut-il la peine pour le gouvernement ? Pour répondre à cette question, poursuivons notre examen des statistiques.

PRÊTS ET BOURSES + IMMOBILISATIONS

La Ministre Beauchamp clame quelle assurera la mise à niveau du programme des prêts et bourses destinés aux étudiant(e)s (32 M$ d’investissements supplémentaires) ce qui porte ce poste budgétaire à plus de 475 millions de dollars par année. De plus, de nouveaux investissements gouvernementaux ont été annoncés pour les universités l’an dernier – 850 millions de dollars ont été promis en cinq ans – ce qui réduit d’autant le bénéfice de l’affrontement pour le gouvernement ? Arracher 620 M $ aux étudiants pauvres ou à leurs parents travailleurs d’une main, et dépenser 475 M $ + 170 M $ par année de l’autre main, ce n’est pas une bonne façon d’assurer l’équilibre budgétaire tant décrié (3) ?

La Ministre Beauchamp évalue elle-même que c’est une hausse de 5 000 $ de frais de scolarité que les parents de la classe ouvrière devront assumer au cours des années, ou alors ce seront les étudiants – futurs chômeurs – qui devront emprunter auprès des banquiers sous garantie gouvernementale (4). Comme les finissants universitaires ont de plus en plus de difficulté à se placer une fois leurs études terminées, ces dettes pèseront lourdement sur le dos des diplômés et en décourageront plusieurs d’amorcer ou encore de terminer leurs études universitaires.

Tout le drame des étudiants universitaires, fils de prolétaires, est entièrement résumé dans cette équation : « L'étudiant universitaire type en arrache. Il vit avec de maigres revenus annuels, ses parents ne l'aident que très peu et il doit travailler pour payer ses études. Et règle générale, l'étudiant à temps plein est plus susceptible de recevoir de l'aide financière, peu importe sa provenance, que l'étudiant à temps partiel, qui a tendance à en être privé parce qu'il tire de plus importants revenus d'emploi. » (5).

« En milieu universitaire, souligne l’étude de Bonin (2007) en 1996, 58 % des étudiants du premier cycle avaient un emploi comparativement à 71 % dix ans plus tard, soit en 2006. (…) (En 2012 ce taux serait de 80 % NDLR). Afin de réussir à payer cette hausse des droits de scolarité, les étudiants devront travailler encore plus d’heures. Autour de 160 heures par année scolaire pour la grande majorité d’entre eux dont la rémunération au travail équivaut au salaire minimum. » (6).

Selon les experts consultés, toute hausse des droits de scolarité, même minime, entraîne invariablement la hausse du décrochage des étudiants collégiaux et universitaires (7).

MOINS D’ÉTUDIANTS-ÉTUDIANTES UNIVERSITAIRES

C’est que la politique passée – des frais de scolarité peu élevés – a livré les dividendes escomptés : « Ils doivent savoir, explique M. Trudelle, que 22 pour cent plus d'étudiants provenant de milieux défavorisés ou de régions éloignées fréquentent les campus québécois qu'ailleurs au Canada. » (8).

Voilà la réponse à l’énigme que nous posions précédemment. La hausse des droits de scolarité vise spécifiquement à réduire l’accessibilité aux études supérieures particulièrement pour les étudiant(e)s issus des classes ouvrières et populaires.

Chaque étudiant qui abandonne les études supérieures fait économiser des dizaines de milliers de dollars par année au gouvernement, ce qui entraîne également qu’il y a moins de professeurs à engager, moins de prêts et bourses à accorder et moins d’infrastructures et de laboratoires à édifier, ce qui laisse plus de services disponibles pour les heureux gagnants de la loterie universitaire.

Pourquoi orienter de nombreux jeunes vers les études universitaires alors que les perspectives d’emplois des diplômés supérieurs chutent chaque année et alors que les gradués d’hier encombrent déjà les fichiers des bureaux de placement pour désœuvrés, sermonne Charest ?

Les pays arabes ont ainsi laissé propager ces illusions à propos d’emplois bien payés alors que se multiplie le nombre de diplômés-chômeurs, si bien qu’un jour ces «indignés instruits» en ont eu assez de vivre sur la chaussée : ils ont occupé la Place Tahrir au Caire et Sidi Bouzid en Tunisie. Charest ne veut pas attendre que les révoltés de Montréal occupent le quartier boursier et ils les dirigent vers les mines glacées que le Plan Nord laisse miroiter au-delà du 49e parallèle, sur les terres autochtones expropriées, si les impérialistes chinois veulent bien lui avancer le capital désiré (9).

Enfin, il ne faut pas oublier que chaque grand affrontement entre l’appareil d’État et la masse de ses employés (600 000 travailleurs) commence toujours par quelques échauffourées entre les étudiants militants et l’État réactionnaire, histoire de prendre le pouls de la résistance populaire.

ILS VAINCRONT

La guerre de classe est engagée et jusqu’à présent nos représentants étudiants dirigent la partie de main de maître. Les enseignants, les ouvriers, les parents ne s’y sont pas trompés, ils sont sur les rangs au milieu de la mêlée et le gouvernement ne réussira pas à les isoler de leurs alliés – Félicitations aux jeunes – aux jeunes ouvriers – aux étudiant(e)s, leur lutte de résistance sera victorieuse – ils peuvent compter sur notre soutien indéfectible.

LES ÉTUDIANTS ONT DROIT À UNE ÉDUCATION SUPÉRIEURE

FIN _____________________________________


(1) http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/education/201203/16/01-4506231-hausse-des-droits-de-scolarite-line-beauchamp-maintient-le-cap.php
(2) http://www.mels.gouv.qc.ca/stat/stat_det/univ_eff.htm et http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/1997/04.10/profiletud.html
(3) http://www.cyberpresse.ca/opinions/201006/23/01-4292806-equilibre-budgetaire-du-quebec-urgent-a-100.php
(4) http://www.ameriquebec.net/actualites/2012/03/14/frais-de-scolarite-classe-moyenne-a-payer-line-beauchamp-8372.qc
(5) http://www.ledevoir.com/societe/education/311274/les-etudiants-universitaires-en-arrachent
(6) http://www.lavantage.qc.ca/libre-opinion/18-03-2012-libre-opinion-une-des-consequences-negligees-de-la-hausse-des-frais-de-scolarite
(7) http://www.lavantage.qc.ca/libre-opinion/18-03-2012-libre-opinion-une-des-consequences-negligees-de-la-hausse-des-frais-de-scolarite
(8) http://www.985fm.ca/national/nouvelles/hausse-des-droits-de-scolarite-une-coalition-veut-131752.html
(9) http://www.plannord.gouv.qc.ca/ et http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=24778



Vendredi 23 Mars 2012


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