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Que font les porte-avions américains au large de la Chine?


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Dmitri Kossyrev
Vendredi 14 Janvier 2011

Que font les porte-avions américains au large de la Chine?
Mardi, la rencontre avec le président chinois Hu Jintao a marqué la fin de la visite de trois jours en Chine du ministre américain de la Défense Robert Gates. A première vue, cet événement était purement protocolaire, peu productif, mais nécessaire pour la préparation de la visite aux Etats-Unis de Hu Jintao la semaine prochaine, du 18 au 21 janvier.
En y regardant de plus près, on distingue beaucoup de choses intéressantes. En un mot, il s’agit du réexamen du caractère des relations américano-chinoises, qui survient après la prise en main de la Chine et des affaires asiatiques par Barack Obama. Aujourd’hui, on assiste à une sorte de seconde et nouvelle politique chinoise de Barack Obama. La première fut un échec. Et c’est certainement pas par hasard si ce n’est pas le ministre du Commerce américain mais bien Robert Gates qui s'est rendu à Pékin. Il s’agit du fait que les Etats-Unis et la Chine se trouvent dans la même situation que les Etats-Unis et l’URSS dans les années 70: d’une part, la course aux armements est évidente entre eux, d’autre part, il serait trop dangereux de la poursuivre en l'absence de règles du jeu.

Taïwan n'est pas le problème essentiel

Il y a un an, la Chine a gelé ses liens militaires avec les Etats-Unis, car Washington avait finalement décidé de remplir le contrat signé en 2008 pour l’approvisionnement de Taïwan en armes pour la somme de 6,4 milliards de dollars. Et on estime qu’aujourd’hui Robert Gates est venu pour ranimer les liens, car il était de toute façon clair que les protestations de Pékin étaient purement formelles. Et que, par ailleurs, la visite de Hu Jintao approchait.
Mais, premièrement, ces mêmes liens militaires entre la Chine et les Etats-Unis, sous leur ancienne forme, d’une manière ou d’une autre ne valaient pas un dialogue sérieux. Les liens entre les services spéciaux, notamment en matière de terrorisme, sont une autre chose. Ils étaient tout à fait adéquats. D’autant plus que sous l’administration de George W. Bush, ils étaient chapeautés par Robert Gates lui-même.
Deuxièmement, Taïwan, en dépit des affirmations de Pékin, est loin d’être le principal problème pour la Chine. Le rapprochement de Taïwan avec la Chine, avant tout dans le domaine économique, sous le président taïwanais actuel Ma Ying-jeou progresse doucement mais sûrement. Les missiles tactiques américains MGM140 (rayon d’action: 300 kilomètres) qui seront fournis à Taïwan pourrait atteindre l’autre rive du détroit de Taïwan (170 kilomètres), mais avant tout c’est une arme défensive.
Le problème concerne donc l’équilibre stratégique entre la première et la seconde puissances mondiales. Et il s’est avéré que Washington et Pékin sont seulement en train d’apprendre à discuter le sujet.

Couler un porte-avion
Il est toujours intéressant de comparer les positions des deux parties. Selon les médias américains, c’est la Chine que les Etats-Unis visent depuis longtemps en premier lieu en formulant leurs programmes militaires. Bien sûr, il ne faut pas se fier à la propagande qui fustige le rythme d’augmentation des dépenses militaires de Pékin. De par les sommes totales, personne au monde n’arrive à la cheville des Etats-Unis, même après les premières réductions depuis 10 ans récemment annoncées par Barack Obama. Non, il s’agit de choses plus concrètes.
A bord de l'avion qui l'emmenait à Pékin, Robert Gates a déclaré aux journalistes qui l’accompagnaient: les Etats-Unis sont étonnés par le rythme de développement des programmes militaires de la Chine. Et très souvent, le renseignement sous-estime ces programmes.
Le missile chinois antinavire, appelé "tueur de porte-avions", est l'un des problèmes préoccupant les USA. Il a été la cause, selon M.Gates de l’abandon en 2008 du programme de construction des corvettes DDG-1000 par les Etats-Unis, car elles ne possédaient pas de système de défense antimissile. Les Etats-Unis ont également été contraints à procéder à la mise à jour de radars pour les systèmes d’aviation et autres, en tenant précisément compte des capacités chinoises.
De plus, à quelques jours de la visite du ministre américain de la Défense, Pékin a mis en scène une fuite officieuse des informations au sujet du succès d’un nouvel essai du modèle chinois du chasseur de cinquième génération. Comme par hasard, on les appelle également "tueurs de porte-avions."
La Chine rétorque à son tour qu'elle ne possède pas de porte-avions, alors que les Etats-Unis en ont. Et que dans tous les cas, selon les estimations chinoises, les systèmes d’armement chinois ont une génération de retard sur les américains.
Mais il ne s’agit pas des technologies, mais du déploiement des forces offensives. Au cours des derniers mois, dans son dialogue avec les Etats-Unis la Chine ajoute systématiquement à tout propos et hors de propos: en fait, que font les porte-avions américains ici? Trois porte-avions, à proximité des côtes chinoises? La réponse de Robert Gates que cette action est dirigée contre la Corée du Nord est loin de satisfaire Pékin.

Apprendre à compter et à parler
La visite de Robert Gates à Pékin, selon les estimations américaines, était une initiative de l’administration de Barack Obama. Tandis que la partie chinoise répondait à cette initiative à contrecœur. C’est important. Les Etats-Unis ont décidé qu’il était nécessaire d’apprendre à parler avec la Chine. Au cours des derniers mois, lorsque les porte-avions se sont approchés des côtes chinoises, le dialogue échouait. D’autant plus que toutes les prémisses étaient réunies: la "crise coréenne" n’a pas été provoquée par Pyongyang, mais bien par Séoul. Et les Etats-Unis ont soutenu leur allié avec enthousiasme et, dans l’ensemble, ils renouvellent la structure triangulaire des relations militaires avec le Japon et la Corée du Sud. Et ce n’est pas une broutille ou la lutte pour la liberté de l’internet chinois promise par la Secrétaire d’Etat US Hillary Clinton (c’était avant Julian Assange et ses fuites, aujourd’hui H.Clinton ne parle plus de la liberté sur le web). Il n'est plus question d'internet mais des porte-avions avec des armes nucléaires croisant au large des côtes chinoises.
Les paroles prononcées lundi à l’issue de l’entretien de Robert Gates avec son homologue chinois Liang Guanglie disant que les deux puissances devaient savoir éviter les "malentendus" et les "erreurs" pourraient être considérées comme la conclusion de la visite. (Comme le font remarquer les médias américains, c’est particulièrement important en cas "d'effondrement" du régime de Pyongyang si, par exemple, les troupes américaines progressaient dans la péninsule coréenne vers le Nord, et les troupes chinoises dans le sens inverse.)
C’est sur ce point que les relations américano-chinoises devraient s’arrêter après la future visite de Hu Jintao aux Etats-Unis: il faut apprendre à dialoguer et évaluer correctement le potentiel stratégique de chacun. A défaut de quoi, rien ne sera possible.


Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti


Vendredi 14 Janvier 2011


Commentaires

1.Posté par Abelkader DEHBI le 14/01/2011 10:27 | Alerter
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""Ce texte n’engage pas la responsabilité de RIA Novosti""


Il est où le texte ?
Même notre pauvre El-Moudjahid pourrait écrire ce genre de papier mâché.

2.Posté par hezbollah le 14/01/2011 10:59 | Alerter
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en 2020 maximum la chine sera la première puissance mondiale, et tout ça sans tirer une seule cartouche comme dit jacques chirac , et les anglos-saxons sioniste évangéliste terminerons dans les poubelles de l' histoire !

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