Proche et Moyen-Orient

Putsch depuis des hôtels de luxe : le "gouvernement d'union nationale" libyen intronisé


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Dimanche 21 Octobre 2018 - 03:20 Un nouveau Moyen-Orient à la sauce iranienne


Depuis plus d'un an, l'Union européenne et les USA font pression pour la formation d'un "gouvernement d'union nationale" en Libye. Sa première tâche serait de lancer un appel à l'aide à l'OTAN pour justifier l'intervention militaire de celle-ci. Mais la recherche de politiciens libyens prêts à jouer ce jeu a traîné en longueur.


Knut Mellenthin
Mercredi 16 Mars 2016

Martin Kobler et Khalifa Haftar le 16/12/2015
Martin Kobler et Khalifa Haftar le 16/12/2015
Avec une impatience croissante les méthodes de l'alliance occidentale se sont faites toujours plus frustes. Grâce à l'acquiescement russe sur ce thème, le Conseil de sécurité des Nations Unies a pu être instrumentalisé pour le projet : en décembre des personnes qui n'avaient reçu le mandat d'aucune institution libyenne ont signé un "mémorandum d'entente" que le diplomate espagnol mandaté par le Conseil de sécurité Bernardino León leur avait soumis.

À ce jour, les deux gouvernements rivaux de Tripoli et de Tobrouk, ainsi que les parlements derrière eux, ont refusé de signer le papier. Mais cela a conduit tout de même à la formation d'un Conseil présidentiel, composé de neuf membres également privés d'un quelconque mandat démocratique. Ce comité a soumis à la Chambre des représentants de Tobrouk - l'Assemblée nationale dominée par les partis islamistes dans la capitale Tripoli n'a même pas été consultée - pour la première fois en janvier une liste de membres de cabinet. Les députés l'ont rejetée. Une liste modifiée n'a pu être adoptée à ce jour, parce qu'à plusieurs reprises le nombre minimum de participants requis n'a pu être atteint.

Cela appelait à une résolution rapide du nœud gordien. Encouragé par le diplomate allemand Martin Kobler, qui officie comme successeur de León depuis le 17 novembre, 2015, le Conseil présidentiel a ordonné aux alentours de minuit entre samedi et dimanche, la prise de pouvoir par le "gouvernement d'union nationale" qu'il a désigné. Toutes les institutions libyennes ont été invitées à faire allégeance à la nouvelle direction. Dans le même temps, leur transfert à Tripoli a été annoncé. Le gouvernement dans la capitale a depuis longtemps annoncé sa forte résistance à cette manœuvre. Le transfert des organes établis par l'UE, les USA et le Conseil de sécurité semble impossible sans l'utilisation de la force militaire. Mais il n'est pas encore clair comment cela doit être exécuté : le Conseil présidentiel et le "gouvernement d'union nationale" résident dans des hôtels de luxe de la Tunisie voisine. Ils ne disposent pas de propres troupes ou milices.

Une deuxième guerre civile menace donc, où l'armée privée du seigneur de guerre soutenu par l'Égypte et les Émirats Arabes Unis, Khalifa Haftar, prendra en charge la protection militaire du "gouvernement d'union nationale", de concert avec certaines milices locales. L'OTAN espère maintenant que les frappes aériennes, l'utilisation de petites unités de forces spéciales au sol et de vastes livraisons d armes suffiront à assurer la victoire de ses alliés.


Traduit par Fausto Giudice
Merci à Tlaxcala
Source: http://www.jungewelt.de/2016/03-14/035.php
Date de parution de l'article original: 14/03/2016
URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=17468


Mercredi 16 Mars 2016


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