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Propositions russes sur l'ABM: un refus américain pourrait arranger la Russie (Gazeta)


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Ria-Novosti
Vendredi 3 Août 2007

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rappelé jeudi que la Russie attendait la réponse des Etats-Unis aux propositions formulées les 30 et 31 juillet à Washington, au cours de la réunion des groupes d'experts sur les questions relatives au bouclier antimissile en Europe. Plusieurs sources militaires se disent certaines que la réponse de Washington sera négative et estiment que cela assurera les coudées franches à la Russie.

Pour l'instant, l'essence de ces propositions n'a pas été officiellement exposée, mais, comme l'a appris le quotidien Gazeta, elles se résument à trois points. Premièrement: la proposition de Vladimir Poutine d'utiliser en commun la station radar de Gabala, de type Darial, au lieu du radar en République tchèque. Deuxièmement: la proposition analogue d'exploiter en commun un nouveau radar de type Voronej en voie de construction dans les environs d'Armavir. Troisièmement: la Russie accepte de créer un centre d'échange d'informations à Bruxelles, et non pas deux centres équivalents dans les capitales de la Belgique et de la Russie, comme l'avait proposé Vladimir Poutine au cours de sa récente rencontre avec George W. Bush. L'interlocuteur du quotidien a souligné que la Russie était prête à accepter de jouer un rôle secondaire dans ce centre en y disposant d'un groupe d'opérateurs.

La création d'un centre d'information commune avait été envisagée pour la première fois par Mikhaïl Gorbatchev et George Bush senior en 1991. En 2000, Vladimir Poutine et Bill Clinton avaient même signé un mémorandum sur la création d'un tel centre à Moscou dans le cadre du traité en voie de préparation sur la réduction des potentiels stratégiques offensifs. Cependant, ce projet est resté sur le papier. "Le fait est que les Américains ne veulent pas être liés par des engagements dans le domaine des armements stratégiques, pour pouvoir agir à leur guise dans n'importe quelle situation", a déclaré Viktor Essine, ancien chef d'état-major général des troupes des missiles stratégiques.

Selon les experts militaires, les initiatives actuelles de la Russie connaîtront le même sort. "La réponse se réduira à ceci: la proposition est intéressante et demande une étude minutieuse, mais les stations radars de Gabala et d'Armavir ne remettront pas en cause le radar en République tchèque. Puisque les radars ne sont pas capables d'abattre les missiles, la création du site en Pologne reste à l'ordre du jour", estime Alexeï Arbatov, directeur du Centre de la sécurité internationale de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales de l'Académie des sciences de Russie.

Cependant, une source au ministère de la Défense affirme que cette réponse n'affligera personne. Au contraire, cela fournira à la Russie un nouvel argument attestant que la défense antimissile américaine n'est pas dirigée contre les pays voyous, mais destinée à surveiller les rampes de lancement de missiles en Russie. Le refus des Etats-Unis, estime la source, assurera les coudées franches pour se retirer du Traité FCE, après quoi la Russie déploiera les systèmes de missiles Iskander dans la région de Kaliningrad et, peut-être, en Biélorussie: bref, ce sera la réponse asymétrique si souvent mentionnée par le président russe.

Cet article est tiré de la presse et n'a rien à voir avec la rédaction de RIA Novosti.


Vendredi 3 Août 2007

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