Il y a dix ans, des enregistrements qui ont choqué toute la communauté mondiale sont parus sur Internet. On y voyait des soldats américains infliger des tortures cruelles à des détenus. Les autorités américaines ont déployé beaucoup d’efforts pour étouffer ce scandale. Toutefois, de nouvelles révélations ont vu le jour. Il est apparu que, lors des interrogatoires de terroristes présumés dans les prisons de la CIA et du Pentagone, des médecins militaires américains employaient des méthodes cruelles. Ce sont justement eux qui ont inventé de nouveaux types de tortures.

Dix-neuf experts de diverses institutions américaines, dont des médecins, des militaires, des juristes et des spécialistes de l’éthique ont, pendant deux ans, étudié des enregistrements et des protocoles librement accessibles qui témoignaient des mauvais traitements que subissaient les détenus dans les bases militaires américaines en Afghanistan, en Iraq et à Guantanamo. L’étude composée de 156 pages a été intitulée l’éthique abandonnée : le professionnalisme médical et les abus sur les détenus dans la guerre contre le terrorisme.Les membres de la commission sur le professionnalisme médical demandent que les médecins complices des abus ne puissent plus exercer.

« Les Américains ont décidé de mettre en pratique dans les tortures le progrès réalisé dans le domaine de la médecine et de la psychiatrie », estime Sergueï Mikhaïlov, chercheur à l’Institut russe de recherches stratégiques.

Selon Alexeï Martynov, directeur de l’Institut international des pays émergents, les actes des médecins militaires américains dans les prisons spéciales trahissent tous les principes moraux et éthiques de la médecine.

 

« Même si nous dénonçons le terrorisme, nous ne pouvons pas accepter la participation d’un médecin à des tortures et des châtiments corporels infligées aux hommes. Cela rappelle vraiment le docteur Mengele du temps de la Seconde Guerre mondiale. Quel que soit l’homme, il est inconcevable de lui faire subir des peines corporelles et d’autres tortures. C’est un crime contre l’humanité, une crise de la morale médicale et donc la trahison du serment d’Hippocrate. Quel que soit l’homme, vous devez le sauver et le guérir »,déclare-t-il.

Si, lors des précédents scandales, les autorités américaines expliquaient la violation de la Constitution et les tortures infligées comme « une protection de la vie des Américains », aujourd’hui le gouvernement des États-Unis préfère tout nier. Lors de sa rencontre avec les journalistes américains, Todd Breasseale, lieutenant-colonel et représentant du Pentagone, a qualifié ces accusations d’absurdes et partiales. Selon lui, les membres de la commission n’avaient pas d’accès aux détenus et à leurs cartes médicales et toutes les données leur ont été fournies par les avocats des accusés. Il a également ajouté que, en liberté, ces détenus ne peuvent que rêver de l’assistance médicale qu’ils reçoivent dans les prisons spéciales.

Toutefois, il ressort du rapport de la commission que, très souvent, les détenus perdaient la vie à la suite des violences qui leur ont été infligées. Et leur culpabilité n’était jamais prouvée. T

 http://french.ruvr.ru/2013_11_05/Les-medecins-americains-participaient-a-des-tortures-1918/