Sciences et croyances

Prédictions pour la cométologie à la suite de la mission Rosetta



Stuart Talbott et Dave Talbott
Dimanche 11 Octobre 2015

 

La mission Rosetta vers la comète 67P n’en est encore qu’à ses premiers développements, mais des découvertes remarquables sont prévues pendant quelque temps. Voici un rapide bilan des principales conclusions à ce jour.
 

    Perpétuel dilemme pour la cométologie, comme tout autre surface de comète, 67P a une surface plus noire que du charbon de bois.
 

    Il n’y a pas d’eau gelée observable à la surface, malgré les photos sans précédent, prises de près et de haute résolution. Si les jets de la comète impliquaient que le noyau projette de l’eau, les sources devraient apparaître ; Rosetta n’a permis d’observer aucun échantillon d’eau glacée souterraine, un requis absolu pour la théorie cométaire en vogue.
 

    Comme on le voit ci-dessous, le noyau est constellé de nombreux cratères, y compris des cratères circulaires se chevauchant. Compte tenu des extraordinaires distances entre les comètes dans l'espace lointain, les astronomes écartent toute production de cratères conséquente par impact ; même une seule collision serait une coïncidence incroyable.
 


 

    Pour approfondir l'explication de la formation de ces cratères donnée par l'Univers électrique : l’usinage par électroérosion, considérez ci-dessous la photo de la formation de cratères anodiques grâce à cette méthode.
 


 

    Comme cela a été traité dans plusieurs rapports de l’Univers électrique sur Space News, la comète a une forme en double lobe, ou de « canard en caoutchouc », que les astronomes ont dans l’ensemble attribuée à un impact à faible vitesse qui aurait mystérieusement fusionné deux comètes ensemble. Nous rappelons aux lecteurs l'expérience du Dr CJ Ransom, qui a reproduit cette forme en laboratoire, à l’aide d’une décharge électrique sur un échantillon d'hématite (photo ci-dessous) :
 


 

    La comète est mystérieusement déformée, avec d’abruptes falaises, des sommets saillants, de profondes fosses et des roches de toutes tailles. Le spectaculaire aspect « sculpté » a choqué les scientifiques de la mission, bien qu’il corresponde à une prévision explicite de l'Univers électrique, stipulant que la plupart et probablement toutes les comètes ont été excavées électriquement de la surface de planètes, dans un nuage de débris rocheux.
 

    L'analyse spectroscopique a montré que 67P a commencé à produire un signal d'eau dans sa chevelure alors qu'elle était encore à une distance étonnamment grande du Soleil. Le mystère s’est épaissi le 23 octobre, quand des scientifiques de l'université de Berne ont déclaré : « L'idée était qu’à des distances maximums de 3 UA [3 Unités Astronomiques = ~450 millions de km, NdT], la comète sublimerait surtout des molécules très volatiles : dioxyde de carbone et monoxyde de carbone. Or, chose plutôt surprenante, à part tous ces composants odorants, ROSINA détecte déjà beaucoup plus de molécules à de grandes distances du Soleil. » (Le PDF de la déclaration est accessible ici).
 

    Parmi ces molécules, on trouve du formaldéhyde (CH2O), du sulfure d'hydrogène (H2S), du cyanure d'hydrogène (HCN), du dioxyde de soufre (SO2) et du disulfure de carbone (CS2).
 

    Dans notre dernier Space News sur Rosetta, nous avions noté que des processus électrochimiques – guère différent de ceux proposés dans les revues évaluées par des pairs pour les supposés dépôts de glace sur Mercure et d’eau et dans le sol lunaire – peuvent en fait être à l’origine du signal « eau » apparaissant dans la chevelure des comètes. Il s’agit là d’un changement de donne potentiel en cométologie. Comme l'explique Wal Thornhill, « Les jets cathodiques dépouillent et ionisent les atomes d'oxygène dans les minéraux de la comète, et précipitent les ions négatifs au loin dans de fines projections. Les ions d'oxygène se combinent ensuite avec les protons du vent solaire pour former le radical hydroxyle, OH, considéré à tort comme un produit de la dégradation des molécules d'eau de la comète par les ultraviolets. Oxygène et hydrogène ayant tous deux été détectés dans la chevelure de la comète, par le spectromètre à ultraviolet de Rosetta. »
 

    Il va sans dire que les scientifiques travaillent, comme tout le monde, dans le cadre de vieilles théories. Encore qu’il soit consternant qu’aucun n'ait encore demandé publiquement si l'activité cométaire en question est vraiment due à la chaleur solaire.
 

    Les scientifiques de la mission tenteront le 12 novembre de sécuriser l'atterrisseur Philae avec des harpons et des vis de glace à la surface de la comète plus noire que du charbon, dénuée de glace, complexe et rocheuse. Peu importe si les tarières de l'atterrisseur réussiront à pénétrer dans le noyau pour l’ancrer durablement (c’est loin d'être certain), les partisans de l'Univers électrique prédisent qu’après Rosetta, la cométologie ne sera plus jamais la même.
 

    Historiquement, des changements fondamentaux dans une théorie établie peuvent être douloureusement lents à venir. Considérez les retombées de la mission Stardust de la NASA vers la comète Wild 2 en 2004. Jamais les scientifiques n'auraient rêvé que les minuscules fragments de poussière cométaire ramenés sur Terre ne se sont pas formés dans l'espace interstellaire glacial. Le nom de la mission lui-même – Stardust – repose sur l'hypothèse que les comètes se sont formées dans un nuage interstellaire primordial. Néanmoins, il leur a fallu admettre que les structures cristallines complexes se sont formées sous des températures étonnamment élevées. Les inclusions minérales allaient de l'anorthite, constitué de calcium, sodium, aluminium et silicate, au diopside, fait de calcium, magnésium et silicate. La formation de ces minéraux nécessite des températures de l'ordre de milliers de degrés.
 

    Michael Zolensky, conservateur de la NASA, a déclaré, « C’est très surprenant. Les gens pensaient que les comètes étaient juste des formations glaciales sorties de là où tout est très froid ... Cela a été une sorte de choc de n’en trouver pas seulement un, mais plusieurs, ce qui implique qu'ils sont assez communs à l’intérieur de la comète. »
 

    Les chercheurs ont été forcés de conclure que les énigmatiques particules se sont formées dans une région surchauffée, soit à proximité de notre Soleil, soit près d'une autre étoile. « Dans la partie la plus froide du Système solaire, nous avons trouvé des échantillons qui se sont formés à des températures extrêmement élevées », a déclaré Donald Brownlee, chercheur principal de Stardust. » Lorsque ces minéraux se sont formés, c’était des grains chauffés au rouge ou à blanc, et pourtant ils se sont agglomérés dans une comète, dans la Sibérie du Système solaire. »
 

    Quelques scientifiques ont émis l'hypothèse que, dans sa phase de formation, très près du Soleil ou à l’intérieur, il s’est peut-être passé quelque chose qui a projeté d'immenses quantités de matière en périphérie du domaine solaire (bien au-delà de l'orbite de Pluton), jusqu’aux confins du nuage d'Oort. Les chercheurs se sont souvenus ensuite que ça créerait un mixage qui s’oppose à la répartition en zones qui est évidente dans la ceinture d'astéroïdes. « Si ce mixage s’est produit, comme le suggèrent ces résultats, comment conservez-vous ensuite tous les types de répartition en zones dans le Système solaire », a demandé Zolensky. « Ça rajoute du mystère. »
 

    Un rapport de 2007 signale que certaines parties de la comète Wild 2 se sont formées dans un endroit proche du Soleil. D’après le site spacedaily.com  : « La radiographie et l’analyse isotopique indiquent l'acquisition de gaz dans l’environnement d’une nébuleuse ardente, riche en flux d’ions, proche du jeune Soleil. »
 

    Fait intéressant, quelques chercheurs ont suggéré qu'un « événement calorifique transitoire », comme des chocs ou, croyez-le ou ne le croyez pas, la foudre dans les régions externes du disque protoplanétaire, peut avoir créé les minéraux inattendus dans les échantillons de poussière de Wild 2. Mais ce lien entre comètes et électricité, proposé pour la formation des planètes, suffira-t-il à inspirer des questions sur les fondements de la théorie cométaire ?
 

    Des astronomes ont récemment reconnu que la théorie standard de la formation des planètes ne marche pas, et qu’une nouvelle théorie est nécessaire. Tel que l’exprime l’article Planets in Chaos de la revue Nature du 2 juillet 2014 : « La découverte de milliers de systèmes stellaires très différents du nôtre ont discrédité les idées sur la façon dont se forment les planètes. Les astronomes sont à la recherche d'une toute nouvelle théorie. » Le problème des astronomes, c’est que les systèmes exoplanétaires semblent obéir à leurs propres règles. On observe régulièrement des planètes et des étoiles qui « ne devraient pas exister » d’après la théorie standard, qui les imagine formées par l’effondrement gravitationnel d'un nuage de gaz et de poussière tournoyant. Tel que l’a cité un astronome dans l’article de Nature, la théorie du centre d’accrétion de la formation planétaire « n’aboutit à aucun résultat si l’on extrapole ce qui est là-bas. »
 

    La mission spatiale Dawn a récemment écorné un peu plus la théorie de la formation planétaire. Des scientifiques avaient émis l'hypothèse que l'astéroïde Vesta est un « embryon de planète », apparu en même temps que le Système solaire. Selon cette théorie, l'astéroïde aurait subi l’énorme « impact de deux météorites » qui se sont enfoncées à des dizaines de kilomètres de profondeur, et auraient projeté des matériaux sur la surface de l'astéroïde. Puisque l’olivine est un composant principal des manteaux planétaires, les chercheurs devraient en trouver abondamment à proximité des soi-disant « cratères d'impact ». Or aucune olivine n’a été détectée. Comme le rapporte le site Science Daily, ces résultats « réfutent un élément fondamental des modèles de la formation des planètes, à savoir la composition du nuage originel de matériaux qui se sont agrégées ensemble, ont chauffé, fondu, et se sont ensuite cristallisés pour former des planètes. »
 

    Malheureusement, aucune considération n'a été accordée à la possibilité que l'astéroïde n’est pas un élément originel. Les théoriciens ne se sont pas demandé non plus si les cratères omniprésents ont pu être produits par un autre processus que l'impact au cours des éternités de l'histoire du Système solaire. En fait, la formation des cratères par impact paraît fortement improbable. Comme dans le cas du grand cratère sur la lune martienne Phobos, la force d’un impact ayant crée le plus grand cratère de Vesta aurait sûrement suffit pour briser l'astéroïde.
 

    La vérité renversante c’est qu’il ne reste aucune théorie cohérente et fiable sur la naissance et l'évolution de notre Système solaire. Et la théorie cométaire est en état de bouleversement total. Comme des théoriciens commencent à envisager des possibilités au-delà de la « boule de neige cométaire » primordiale, il n’est point déraisonnable de s'attendre à ce que des scientifiques novateurs arrivent à l'Univers électrique en passant par la porte de derrière. L'idée d'un matériau cométaire généré par la foudre n’étant qu’un exemple, de nombreuses ouvertures similaires sont désormais probables. Les phénomènes électriques continueront à créer de nouvelles démarcations dans l'exploration des comètes, et nous avons dorénavant de nombreuses raisons de penser que Rosetta restera un tournant crucial sur le chemin de la découverte.
 

Thunderblogs, Stuart Talbott et Dave Talbott, 30 août 2015

Original : www.thunderbolts.info/wp/2015/08/30/predictions-for-comet-science-after-rosetta/
Traduction Petrus Lombard

 

Dernier article apparenté traduit

Géologie électrique de Pluton et comète 67P  : Le « mystère » des dunes de sable sur Pluton et les comètes.



Dimanche 11 Octobre 2015


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