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Pourquoi Égalité soutient les intifadas arabes et s’oppose à l’intervention occidentale.


Lors de la manifestation du 20 mars à Bruxelles, nous étions bien évidemment là aux cris de «USA /OTAN / Khadafi, casse-toi, la Libye n’est pas à toi», «Khadafi, assassin, Belgique complice», mais nous n’avons pu que constater la division dans les rangs face à ces revendications et à l’intervention militaire. Cette prise de position a suscité des réactions en sens contraire, même parmi les organisations signataires de la manifestation.


Nordine Saïdi
Mercredi 30 Mars 2011

Pourquoi Égalité soutient les intifadas arabes  et s’oppose à l’intervention occidentale.
Pourquoi Égalité soutient les intifadas arabes

et s’oppose à l’intervention occidentale.

Mohamed Bouazizi, un jeune chômeur diplômé de 26 ans, survivait en vendant
des fruits et des légumes à Sidi Bouzid. Il s’est immolé le 17 décembre
2010. La jeunesse tunisienne est choquée par le geste de Mohamed Bouazizi. Il
meurt le 4 janvier 2011, dix-huit jours après son acte désespéré. Environ
5.000 personnes assistent à ses funérailles le 5 janvier.



Mohamed Bouazizi voulait dénoncer une injustice, il a déclenché une
révolution.



Dix jours plus tard, le régime despotique de Zine El-Abidine Ben Ali, en
place depuis 23 ans, s’effondre.

Le 25 Janvier, des milliers d’Égyptiens descendent dans les rues du Caire
aux cris de «Moubarak dégage!». Le 11 février, Moubarak dégage.



Dès le 15 Janvier, Égalité affirme sa solidarité sans faille avec le
formidable mouvement de contestation tunisien ainsi qu’avec les mots d’ordre
de la révolte initiée à Sidi Bouzid. Égalité souscrit à l’appel lancé
depuis Dakar lors du Forum Social Mondial (du 6 au 12 février 2011).



Nous avons manifesté naturellement avec les peuples frères d’Afrique du
Nord et du Moyen Orient en lutte pour la liberté, la justice sociale et une
réelle indépendance de leurs nations. Devant les ambassades du Maroc, de
l’Algérie, d’Égypte, de Libye et d’Arabie saoudite, sur les marches de
la Bourse et dans les rues de Bruxelles partout, nous étions unis aux cris de
«DEGAGE».



Confiscation des révolutions par la guerre?



Le 17 mars, au nom de la «protection des civils», la résolution 1973 du
Conseil de Sécurité de l’ONU établissant une «zone d’exclusion
aérienne» sur la Libye est votée. Trois mois jour pour jour après
l’immolation du jeune Mohamed Bouazizi.



Le 20 mars est la date de la journée mondiale de mobilisation pour rappeler
la guerre d’Irak et ses conséquences dramatiques. Le lundi 21 mars 2011, le
Parlement belge, pas rassasié par ce million de morts, vote unanimement
l’entrée en guerre contre la Libye.



Le ministre belge de la Guerre, Pieter de Crem, annonce l’occupation:. « La
Belgique mettra à disposition six F16 et un chasseur de mine, le Narcis. Soit
220, 240 personnes mises à disposition dans l’opération. Nos F16 étaient
déjà stationnés sur le territoire grec à 120 km d’Athènes donc
aujourd’hui, ils sont armés… Deux C130 sont partis et sont opérationnels.
Dans le dossier de la Libye, on ne peut pas souffler le chaud et le froid, la
communauté internationale a décidé qu’il fallait faire quelque chose.
L’opinion publique en Belgique est favorable. L’opération durera longtemps.
Ce n’est pas une opération de deux ou trois semaines. Deuxièmement, on a dit
qu’il n’est pas question d’une force d’occupation. Troisièmement, cela
n’exclut pas qu’il y a des troupes au sol mais pour être très clair ni la
Belgique, ni les États-Unis par exemple ne vont envoyer des troupes au sol. Je
pense que les forces de la coalition vont avoir encore beaucoup de travail
vraiment à stabiliser la Libye qui joue un rôle très important dans la
stabilisation de la région toute entière. » 1



Nous rejetons par principe toute intervention étrangère de quelque nature
que ce soit. En particulier de la Belgique, qui a vendu pour plusieurs millions
d’euros d’armement à Kadhafi, utilisées dans la répression des
manifestants.

Dès le 18 mars, Égalité a signé la pétition s’opposant à cette
intervention. Celle-ci dit: «Chaque peuple a le droit absolu de choisir
lui-même ses dirigeants, son régime politique et social et de s’exprimer
librement. C’est au seul peuple libyen de décider de son avenir, non aux
puissances occidentales ou aux sociétés pétrolières multinationales. Toutes
les interventions armées, notamment le contrôle de l’espace aérien libyen
par l’OTAN, les États-Unis ou les pays européens, a fortiori tout
bombardement ou déploiement au sol, seraient des actes de guerre et
d’occupation inacceptables.»2



Dans un édito du 23 février, The Wall Street Journal écrivait : « Les
États-Unis et l’Europe devraient aider les Libyens à renverser le régime de
Kadhafi. »3



Lors de la manifestation du 20 mars à Bruxelles, nous étions bien
évidemment là aux cris de «USA /OTAN / Khadafi, casse-toi, la Libye n’est
pas à toi», «Khadafi, assassin, Belgique complice», mais nous n’avons pu
que constater la division dans les rangs face à ces revendications et à
l’intervention militaire. Cette prise de position a suscité des réactions en
sens contraire, même parmi les organisations signataires de la manifestation.

Nous tenons à expliquer plus longuement notre position face aux événements
extrêmement graves qui se déroulent actuellement dans le monde arabe et sur
l’entrée en guerre de notre pays, décidée par un gouvernement en affaires
courantes et soutenue unanimement par une classe politique incapable de mettre
sur pied un gouvernement issu des élections, neuf mois après que nous ayons
voté.



La solution pacifique a été boycottée, y compris par la gauche européenne.




Les pays qui ont envoyé leurs armées, ont refusé d’envoyer des
ambassadeurs et des médiateurs pour mettre fin à l’effusion de sang et faire
respecter les droits des peuples opprimés. Il existait pourtant une proposition
de médiation internationale, présidée par l’ancien président des
États-Unis, Jimmy Carter, qu’on ne peut soupçonner de sympathie pour Chavez
ou Kadhafi.



Le Président Chavez a proposé officiellement, le lundi 28 février, la
création d’une commission internationale dans laquelle plusieurs pays
(Europe, Afrique, Moyen Orient et Amérique latine) travailleraient de manière
pacifique à la solution du conflit libyen “sans besoin de recourir aux armes
ni d’envahir” le pays. Le gouvernement vénézuélien a tenté de suivre «
la ligne de la prudence » et son président a lancé un appel à la communauté
internationale pour que « nous agissions politiquement, pour une solution
pacifique, pour la paix dans l’ensemble du monde arabe et du Moyen Orient, en
tout respect et pour que nous ne nous laissions pas entraîner par les tambours
de guerre ».4

La Ligue Arabe, les pays latino-américains de l’ALBA, certains pays
d’Afrique, la Turquie et Kadhafi lui-même ont donné leur accord pour cette
approche pacifique du conflit.



Aucun délégué de la rébellion libyenne ne s’est présenté à la
réunion au siège de l’Union africaine à Addis Abeba pour tenter de trouver
une solution négociée à la crise en Libye. Une délégation gouvernementale
libyenne y était, elle, présente. Des représentants de l’Union européenne
et de la Ligue arabe participent à la réunion ainsi que les ministres des
Affaires étrangères des pays membres du comité de l’Union africaine
spécialement mis en place pour suivre la situation en Libye (Afrique du Sud,
Congo, Mauritanie, Mali et Ouganda). Cette rencontre a pour but de «favoriser
un échange de vues orienté vers l’action sur la situation en Libye et de
rechercher les voies et moyens d’une sortie de crise rapide (…)», explique
le président de la Commission de l’UA, Jean Ping.5

« Nous sommes prêts à mettre en œuvre la feuille de route envisagée »
par le Comité de l’Union africaine sur la Libye (…) », ont affirmé les
membres de la délégation officielle libyenne.6



Mais les États-Unis et la France ont écarté cette offre de médiation
internationale.



Malheureusement, au lieu de soutenir les propositions concrètes venant des
pays du Sud, la gauche européenne les a méprisées. Elle n’a pas fait mieux
que la droite en se contentant de condamner le «dictateur». La gauche qui
soutient habituellement Chavez s’est démarquée de sa proposition en n’en
retenant que « Je ne vais pas condamner [Kadhafi], je serais un lâche de
condamner celui qui a été mon ami pendant longtemps »4. Chavez mettait ainsi
en relief l’hypocrisie de nos gouvernements qui, il y a peu encore,
considéraient Kadhafi comme un ami à qui on pouvait vendre des armes. En homme
d’État, Chavez a proposé une solution pour stopper la guerre civile.



La tâche de la gauche européenne est de se libérer elle-même de ses
gouvernements qui sèment la guerre partout avant de vouloir donner des leçons
aux peuples en lutte.



L’engagement de l’ONU, contre ses propres principes, ouvre la porte à
l’ingérence.



Présenté par la France, avec l’appui de la Grande-Bretagne, le texte de la
résolution 1973 du Conseil de Sécurité de l’ONU, voté ce 17 mars, est
terriblement confus. Les discussions préalables au vote de cette résolution
ont suscité d’abord l’opposition de la Russie et de la Chine qui
s’abstiennent finalement lors du vote, avec l’Allemagne, le Brésil et
l’Inde.



Professeur d’histoire et de sciences politiques, Pierre PICCININ, analyse la
résolution 1973 «Cette résolution, en effet, présente un caractère aberrant
et constitue un lourd précédent : d’une part, elle transgresse les principes
de non-ingérence et de souveraineté des États et, d’autre part, elle
normalise un peu plus encore la politique des deux poids et deux mesures, qui
caractérise de plus en plus radicalement l’action onusienne. Basée sur le
postulat rhétorique que le gouvernement de Mouammar Kadhafi exercerait une
répression criminelle « contre le peuple libyen et les populations civiles
éprises de liberté », la résolution appelle la communauté internationale à
interdire tout vol dans l’espace aérien libyen et à tout mettre en œuvre
pour « protéger la population civile et faire cesser les hostilités ». Or,
le postulat de base est biaisé : le gouvernement libyen, au moyen de l’armée
régulière, pour dictatorial qu’il soit, ne vise en aucun cas à massacrer
des civils, mais à réprimer une rébellion, armée, qui tente de renverser par
la force l’ordre établi (…). Il ne s’agit donc pas d’un « dictateur
massacrant son peuple désarmé » : le chef de l’État, commandant des forces
armées, combat des troupes rebelles, minoritaires, qui sèment le trouble dans
le pays, et ce en parfait accord avec le droit international, qui fonde la
légitimé de tout gouvernement à exercer souverainement l’autorité sur son
territoire, à l’intérieur de ses frontières. Une intervention militaire à
l’encontre de l’armée gouvernementale libyenne reviendrait ainsi à
soutenir une rébellion armée qui tente de renverser un gouvernement
légalement établi. »7



Cette intervention occidentale constitue un précédent majeur, qui pourra
être employé demain en Iran par exemple (il n’est pas difficile pour les USA
de recruter quelques insurgés en Iran et puis d’aller les « défendre » ),
au Venezuela ou en Syrie, ou encore en Chine (Tibet) ou en Russie
(Tchétchénie). Rappelons qu’une partie des insurgés a d’ailleurs rejeté
catégoriquement toute présence de troupes étrangères.



Sauver des civils des « massacres » ? Que l’ONU les sauve des principaux
massacres dont les États-Unis et l’Europe sont responsables en Irak, en
Afghanistan et en Afrique.



Les «No Fly Zone» préparent des occupations.



Ces attaques aériennes ne permettront pas d’éviter la répression et les
tueries. Au contraire, celles-ci vont provoquer une intensification de la guerre
civile et de lourds dommages que l’on appellera «collatéraux» ou
«bavures», car nul doute que les bombes de la coalition vont aussi provoquer
des pertes civiles.

En 1992, l’ONU a imposé deux zones d’exclusion aérienne en Irak, pour «
protéger les civils kurdes ». Dans les faits, ces mesures, comme l’embargo,
préparaient à une intervention et une occupation terrestres. Saddam Hussein ne
fut renversé qu’après ces longs embargos et cette invasion terrestre,
toujours en cours, qui ont fait au bas mot un million de morts! Sauver des vies
à coup de bombes et d’embargo est un non-sens. Qui condamne les États-Unis
et leurs alliés, dont la Belgique, pour le million de morts en Afghanistan et
en Irak ?



Puisque l’objectif plus ou moins clairement avoué est le renversement du
régime de Kadhafi, une opération au sol sera nécessaire selon notre ministre
de la guerre De Crem ( CD&V ), membre d’un gouvernement en « affaires
courantes ». La guerre et l’occupation, aériennes ou terrestres, deviennent
ainsi une « affaire courante » au royaume de Tintin. Après l’Afghanistan,
Libye nous voilà !



Le souci pour les civils se mesure en Palestine.



Il n’a jamais été question d’intervention pour aider le peuple
palestinien pendant Septembre Noir en Jordanie, le massacre de Sabra et Chatilla
ou le siège de Beyrouth au Liban, à Jénine en avril 2002, à Fallujah en
2004, ni à Gaza, quand plus de 1400 personnes ont été assassinées, à
l’aide de bombes au phosphore, entre décembre 2008 et Janvier 2009, sans
parler des milliers de vie perdues suite au blocus inhumain de la bande de Gaza.


Comparés aux forces d’occupation israéliennes, l’armée la plus
infernale au monde, les mercenaires de Kadhafi sont des petits gamins.



Au lieu de venir en aide au peuple palestinien, les États-Unis ont encore
exercé le 18 février 2011 leur droit de veto contre une résolution du Conseil
de sécurité des Nations Unies qui déclarait «illégales» les colonies
israéliennes et exigeait la fin immédiate des travaux, et cela en pleine
révolution arabe. Dès lors, toute déclaration simulant une volonté de
défense des peuples en Égypte, Tunisie ou dans d’autres pays de la région
n’est qu’hypocrisie.

Et les Palestiniens continuent à résister depuis plus de soixante ans, sans
faire appel à l’intervention de nos valeureux protecteurs des droits de
l’homme. Ils savent que ceux qui se soucient aujourd’hui de la souffrance du
peuple libyen ont aidé au massacre des Palestiniens.





Les jours de ceux qui collaborent avec l’occupant et ses protecteurs
occidentaux, en Palestine comme dans l’ensemble du monde arabe et musulman
sont comptés. Silvan Shalom, vice-premier ministre israélien a déclaré avec
inquiétude :«Ce qui s’est passé en Tunisie (…) pourrait constituer une
menace à la sécurité d’Israël. Il se pourrait que des régimes élus
démocratiquement et qui détestent Israël, aient un impact important sur la
sécurité d’Israël ». En clair, les sionistes disent tout haut ce qu’on
n’ose pas dire ici tout haut : il ne faut pas laisser les peuples arabes
choisir librement leurs dirigeants. Le Hamas – pourtant élu de manière
démocratique – n’a jamais bénéficié de ce soutien international. Pire,
il a été placé sur la liste européenne des organisations terroristes et la
population de Gaza en paie chaque jour les conséquences.



Incapables de décider ne serait-ce que des sanctions économiques contre
Israël, les interventionnistes viennent aujourd’hui nous donner des leçons
sur les droits de l’homme !

Cette politique « deux poids, deux mesures », a aussi été appliquée en
août 2006 au Liban. Elle se poursuit aujourd’hui dans le traitement sélectif
des victimes civiles.



Les régimes de la Ligue Arabe de Washington sont tous profondément
corrompus. Ils sont tous au service des institutions internationales comme la
Banque Mondiale, le Fond Monétaire International ou l’Organisation Mondiale
du Commerce. Tous collaborent d’une manière ou d’une autre avec le régime
sioniste.



Au Bahreïn, l’Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis ont envoyé leurs
armées pour défendre non pas les manifestants pacifiques mais le Roi qui fait
tirer à balles réelles sur les manifestants, allant jusqu’à prendre
d’assaut les hôpitaux ! Et tout cela, sous les yeux de la 5ème flotte
américaine qui y dispose d’une base navale. Il aurait juste suffi de tourner
les canons de 180 degrés, de l’Iran vers les armées saoudiennes et les
Émirats.



Une guerre de reconquête de la région.



Bien que la Libye possède approximativement 3,5 % des réserves mondiales de
pétrole (ce qui représente plus du double de celle des États-Unis), la guerre
n’est pas uniquement une guerre pour le pétrole. Il s’agit avant tout
d’établir une domination politique dans la région.



Les enjeux sont immenses. Cette région stratégique est indispensable pour
contrôler toute la région et protéger Israël. L’Arabie Saoudite constitue
le véritable porte-avion de la domination US au niveau des ressources
énergétiques de la région et à Bahreïn se trouve déjà la Ve flotte
américaine.



Il s’agit d’une recolonisation des territoires. Les dictateurs n’étant
plus une garantie fiable face aux peuples en colère, la reconquête est
nécessaire pour maintenir l’hégémonie sur la région.

La Libye aux mains des impérialistes serait une grande dissuasion pour la
continuité de la révolution sur le continent africain.



Khadafi, rempart contre l’impérialisme ?



Le fait que le système Khadafi a redistribué une partie des richesses ne
change rien au fait qu’il soit un despote. Les puissances impérialistes ont
su jouer avec Kadhafi une fois en l’instrumentalisant, une fois en
l’intimidant.

Quand les États-Unis ont envahi l’Irak en 2003, sous le prétexte
fallacieux des « armes de destruction de masse », Kadhafi, menacé d’être
le prochain, a accompli un soudain et surprenant volte-face en politique
étrangère, passant d’État voyou à proche collaborateur des États
occidentaux à qui il a prêté main-forte dans la prétendue guerre contre la
terreur, et aussi en particulier de l’Europe, pour laquelle il sous-traite la
chasse aux immigrants venant d’Afrique.



Kadhafi est le seul dirigeant arabe à avoir condamné publiquement le peuple
tunisien pour avoir chassé son dictateur Ben Ali, décrit par lui comme le
meilleur dirigeant que la Tunisie pouvait trouver.



Le rejet des pouvoirs tyranniques est naturel chez chaque peuple, mais c’est
à chaque peuple d’en faire un projet politique.



Soutenir toute opposition libyenne anti-impérialiste et antisioniste



L’objectif de l’intervention occidentale n’est pas de sauver les civils
mais bien de remplacer Khadafi par l’opposition que l’impérialisme a
désignée comme seule et unique représentante du peuple libyen.



Les peuples arabes ont brisé le mur de la peur et se sont mis debout. Même
les gouvernements « transitoires » de type Ghannouchi en Tunisie ou Souleiman
en Égypte n’ont pas tenu longtemps. Il est impensable pour les impérialistes
de voir naître des gouvernements anti-impérialistes et antisionistes.



La révolte du peuple libyen est légitime et le courage de ceux qui ont
défié le régime est énorme. Mais



le soutien immédiat accordé au Conseil National de Transition en Libye
tranche avec l’attitude adoptée à l’égard de l’Égypte et de la
Tunisie. Le soutien culmine avec la résolution 1973 du Conseil de sécurité de
l’Organisation des Nations Unies du 17 mars autorisant « à prendre toutes
les mesures nécessaires pour protéger les civils et les zones peuplées
menacés par une attaque » du pouvoir libyen.



D’après Massimo Introvigne, représentant de l’Osce pour la lutte contre
le racisme, la xénophobie et la discrimination : « On connaît certains noms
de chefs d’origine tribale qui semblent être en position de force dans ce qui
est appelé gouvernement provisoire de Bengazi, le Conseil national libyen. Son
secrétaire est Mustapha Mohammed Abud al Jeleil, qui jusqu’au 21 février
était le ministre de la justice de Kadhafi et avait été placé en décembre
2010 par Amnesty International sur la liste des plus effroyables responsables de
violations de droits humains d’Afrique du nord ». L’autre homme fort des
rebelles « civils » de Bengazi est « le général Abdul Fatah Younis,
ex-ministre de l’intérieur de Kadhafi et auparavant chef de la terrible
police politique du régime»… Des personnages, conclut Introvigne, qui « ne
sont pas les « démocrates sincères » des discours d’Obama, mais parmi les
pires instruments du régime de Kadhafi, qui aspirent à chasser le colonel pour
prendre sa place ».8



Il existe certainement des Libyens opposants au régime de Khadafi, de
diverses tendances, qu’elles soient islamistes, anti-impérialistes,
gauchistes révolutionnaires, nasséristes, communistes ou égalitaires, dont
l’objectif central est la lutte contre l’impérialisme et le sionisme,
capables de développer une politique étrangère non alignée, pour la
répartition des richesses. Ceux-là refusent toute intervention militaire,
qu’elle soit aérienne ou terrestre, parce qu’ils connaissent les intentions
réelles de Washington, Paris ou Londres.



C’est ce camp qu’Égalité soutient. Tout comme dans les autres
révolutions arabes.

Nous avons soutenu la lutte des peuples tunisien et égyptien contre la
dictature, nous continuons à les soutenir dans leurs luttes présentes et à
venir contre les gouvernements de transition made in Europe/ USA.



Les dernières paroles d’Omar al Moukhtar (1862-1931), héros de la lutte de
libération nationale libyenne, avant d’être pendu par les Italiens, sont
plus que jamais d’actualité : « Notre peuple ne se rend pas, il triomphe ou
il meurt ».

Au niveau International, nous en appelons à :

  * Un cessez-le-feu immédiat entre toutes les parties concernées (le
gouvernement Libyen, les insurgés et les puissances étrangères), des
initiatives diplomatiques de pays comme le Vénézuela et d’organisations
comme l’Union africaine, visant à une résolution pacifique du conflit
interne en Libye.
  * Un accord négocié qui préserve la souveraineté nationale libyenne et
le contrôle sur ses ressources naturelles, en particulier ses réserves et sa
production de pétrole et de gaz, tout en répondant aux revendications du
peuple libyen de transformation démocratique de leur société et de leur
système politique, et la fin de la répression contre les contestataires.
  * Une protection pour la sécurité des couches vulnérables de la
population de Libye, dont les travailleurs immigrés étrangers piégés dans
une situation dans laquelle ils ne sont pour rien.
  * Le respect de la Déclaration des Nations unies sur le développement
(1986), qui inclut dans le droit au développement « l’exercice du droit
inaliénable [des peuples] à la pleine souveraineté sur toutes leurs richesses
et leurs ressources naturelles ».

En Belgique, nous en appelons à :

  * L’arrêt des bombardements et le retour immédiat des F16 et des
militaires belges d’Afghanistan et de Libye.
  * L’OTAN hors de Belgique, la Belgique hors de l’OTAN ! Si le
gouvernement en affaire courante est capable de déclarer la guerre, alors il
est capable de sortir le pays de l’OTAN.



EGALITE réaffirme son opposition à la participation de la Belgique à
l’agression de la Libye, que ce soit à travers l’engagement direct de
forces ou de moyens militaires, ou par l’engagement indirect ou le soutien
logistique à de quelconques opérations militaires liées à l’agression.

En Europe, nous en appelons à :

  * prévoir l’accueil, sur le territoire européen, des réfugiés qui ne
peuvent rentrer dans leurs pays ;
  * mettre en œuvre sans plus attendre le dispositif permettant d’accorder
la protection temporaire à tous ceux qui, dans la situation d’urgence où
nous sommes, peuvent légitimement s’en prévaloir ;
  * mettre un terme aux patrouilles de Frontex qui empêchent l’arrivée des
réfugiés par mer.

Il faut cesser de nourrir la peur des populations européennes en brandissant
systématiquement le spectre de l’« invasion ». Il faut cesser de
considérer comme une priorité d’empêcher l’émigration en provenance de
territoires troublés. Nous refusons cet égoïsme criminel. Nous voulons une
Europe de la solidarité et de l’accueil.



Notes

1 :
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_libye-six-f-16-belges-et-le-narcis-sont-sur-le-pied-de-guerre?id=5809653


2 : http://www.petitions24.net/non_a_lintervention_etrangere_en_libye

3 : http://www.iacenter.org/nafricamideast/lybia-imperialism022511/

4 :
http://www.dailymotion.com/video/xhhp2c_chavez-defend-sa-verite-sur-la-libye_news#from=embed



http://www.dailymotion.com/video/xhce2y_chavez-la-situation-en-libye-et-l-empire_news#from=embed


5 :
http://www.leparisien.fr/intervention-libye/libye-les-evenements-de-vendredi-25-03-2011-1376611.php


6 :
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeche/top-news/20110325.AFP6951/l-ua-pousse-pour-une-solution-negociee-tripoli-s-y-dit-pret.html


7 : http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com/1-index.html

8
:http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=MAT20110324&articleId=23924





Saïdi Nordine
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GSM : 0476/84.19.69
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Mercredi 30 Mars 2011


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