Proche et Moyen-Orient

Pour comprendre le véritable visage de l'Iran


L’annonce a été faite aujourd’hui (28.01.2016) : la France et l’Iran viennent de signer un contrat mirobolant de 118 Airbus pour un montant de 15 milliards de dollars. A l’Elysée, on se frotte les mains de cette aubaine commerciale qui permet d’éclaircir l’horizon économique du gouvernement.

Quand Airbus fait le plein de commandes, c’est une activité industrielle qui est pérennisée avec des emplois à la clé. Ce n’est pas négligeable à l’heure où les derniers chiffres de l’INSEE pour le mois de décembre ont indiqué une nouvelle hausse dramatique du chômage.


observatoire-qatar.com
Mardi 28 Novembre 2017

Pour comprendre le véritable visage de l'Iran
Cette signature tout comme la visite du président iranien en France et en Europe nous offrent l’occasion de revenir sur la géopolitique d’un pays qui a longtemps été considéré comme le parrain de « l’axe de la résistance » au Moyen-Orient. Soutien du Hamas, bailleur de fonds du Hezbollah et coutumier des diatribes anti-occidentales, le pays s’est taillé l’image du rebelle régional à "l’axe américano-sioniste". La vocifération des dirigeants israéliens ne faisait d'ailleurs qu’accréditer la thèse que le pays de Khomeyni était l’incarnation de la bravoure. Last but not least, la mise en avant du caractère « islamique » du régime lui assurait une sympathie naturelle de nombreux musulmans à travers le monde qui voyaient en lui l’archétype de la République islamique qui tranchait avec la compromission des autres Etats de la région qui, pour la plupart, restaient soumis à l’ordre américain.

Il y a un peu de vrai dans cette présentation. Le problème est qu’elle est partielle et partiale mais surtout grandement superficielle. En effet, il ne suffit pas pour l’Iran de soutenir la cause palestinienne pour le rendre intouchable. L’actualité en Irak et en Syrie nous démontre qu’une puissance « pro-palestinienne » peut se rendre coupable des pires crimes commis à l’encontre de civils. Surtout, elle met en sourdine les alliances sournoises tissées par ce pays et qui sont bizarrement passées sous silence dans les rangs de ceux qui, paradoxalement, "combattent l'impérialisme américain". Un rapide retour sur les quinze dernières années suffit en effet à faire tomber les masques. En octobre 2001, lorsque les Etats-Unis lancent l’offensive contre les Talibans en Afghanistan, l’Iran est d’un soutien discret mais efficace pour le Pentagone. En mars 2003, lorsque Washington envahit l’Irak, c’est encore l’Iran qui voit d’un bon oeil cette agression qui lui permet de se débarrasser du rival Saddam Hussein qui avait vingt ans plus tôt jeté son armée contre « la forteresse perse ». L’occupation de l’Irak puis le départ des Américains en 2011 ont littéralement servi ce pays sur un plateau à Téhéran qui fait aujourd’hui la pluie et le beau temps à Bagdad.

Mais le pire a été illustré avec le drame syrien. Dès le début du soulèvement populaire, l’Iran a appliqué une grille éminemment confessionnelle ; soutenant son vassal alaouite installé à Damas, le régime iranien a décidé d'un envoi massif d’hommes, de munitions et de finances. Téhéran a donc été un acteur direct de l’entreprise de destruction du peuple syrien que Bashar al-Assad menait avec une brutalité inouïe. En plus d’envoyer ses corps d’élites, il a mobilisé ses supplétifs (dont le Hezbollah libanais) pour mater la contestation qui au départ était pacifique et qui s'est radicalisée du fait précisément de la mécanique mortifère que Téhéran a considérablement contribué à alimenter. Le fait de dire que l’Iran a été un régime de « résistance » à Israël et aux Américains apparaît donc comme une relative supercherie. Depuis dix ans, l’Iran a tué un nombre incommensurablement plus élevé de musulmans sunnites dans la région que de soldats israéliens. C’est pareil pour le Hezbollah. Cette vérité est encore corroborée avec l’accord d’aujourd’hui et la réintégration de cette puissance dans le concert des nations. En politique, il faut savoir dépasser les discours grandiloquents des uns pour s’en contenter aux faits qui, eux, ne mentent pas.

Aveuglés par le conflit israélo-palestinien, certaines personnes lisent le monde qu’à travers ce prisme. De ce fait, elles sont souvent tombées dans la propagande de Téhéran. Cette lecture est d’une grande superficialité car elle passe sous silence des réalités géopolitiques évidentes. Comme n'importe quel pays du monde, l'Iran défend des intérêts stratégiques qui peut le rendre responsable des pires turpitudes. Le problème est que le régime a longtemps instrumentalisé la fibre palestinienne pour se dédouaner de ses déboires à l'intérieur et de ses forfaits à l'extérieur. L'une des conséquences de la crise syrienne a été de dévoiler les agendas de tous les acteurs de la région. Loin de justifier le jeu trouble, malsain et éminemment critiquable des émirats du Golfe, il est quand même un fait qui a rarement été mis en avant. Depuis le départ, le pouvoir iranien a envoyé des milliers de "jihadistes" se battre aux cotés d'Assad. Bizarrement ces milices sectaires ont suscité très peu d'échos dans la presse occidentale qui s'est arrêtée la plupart du temps sur les contingents de combattants sunnites venus rejoindre les rangs de l'opposition. De plus, on a rarement fait état de de la duplicité de Téhéran avec Israël. Depuis plusieurs années, les deux pays font du commerce et tout se passe comme si cette connivence n'existait pas. Enfin, il est utile de rappeler un fait historique : lors de la guerre Iran-Irak, Téhéran s’était approvisionné en armes auprès de « l’entité sioniste » pour croiser le fer contre l'armée de Saddam Hussein. Gageons que ces éléments historiques ouvriront les yeux à ceux qui, obnubilés par la propagande iranienne, restent persuadés que ce pays défend une posture de "résistance face aux Etats-Unis et Israël".




Mardi 28 Novembre 2017


Commentaires

1.Posté par khaled b le 28/11/2017 17:21 | Alerter
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Iran donc ...et l'afghanistan ? oui mais les talibans ont excommunier les chiites perses ...sans compter les attaques a la frontier, et la prise en otage de diplomate iranien avant le 11 septembre. Pas etonnant donc que l'iran ne soit pas solidaire d'un pays menacant et takfirie.
Iran aussi, et l'irak ? la ca releve carement de l'hypocrisie, qui a attaque qui ? n'est pas Saddam qui a declenche cette guerre qui a la mere de toute la fitna ? et sous l'impulsion et les fiances de qui ? les saouds, et leur grand amis israeliens ?
l'iran et la syrie ...donc, la encore ...l'iran ne pouvait rester les bras croises alors que l'on tentait de briser l'axe de la resistance ..en coupant le Hezbollah de sa base arriere, en allumant le feu en syrie ...encore les saouds.

2.Posté par yukof le 29/11/2017 11:45 | Alerter
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@ khaled b
c'est Khomeiny en premier qui a affirmer vouloir expendre la révolution chiite jusqu'en Irak, provoquant la riposte de Saddam ... révolution qui en sous main a été soutenu par les Américains pour rappel :)

ensuite, l'alliance de l'Armée Iranienne et les marines Américains à Hérat en 2001, mais aussi en Irak en 2003, c'est aussi au nom de la lutte contre l'impérialisme :) ? Pourquoi ton axe de la résistance recois des chars Abrams et du soutiens aériens Américains contre les sunnites :) ?

explique moi sans te ridiculiser à quel moment Maliki mis au pouvoir en Irak par Bush, constitue un engrenage de la l'axe de la résistance contre les Américains :) ...

Pourquoi vous assumez pas que sans les Américains, les chiites se seraient fait détruire littéralement en Syrie et en Irak ? Et donc vous ne dépendez que de la lutte des Américains contre les sunnites pour votre survie ? vous etes juste les harkis du moyen-orient ...

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