International

Paris menace, Damas réagit



Mercredi 2 Janvier 2008

Sarkozy boude la Syrie. Le président français a tenu à donner au dernier jour de ses vacances au pays du Nil, un ton plus fort à son peopolitique. Il a donc fait du Liban le point d'orgue de ses entretiens avec son homologue égyptien, Hosni Moubarak et durcit le ton contre la Syrie ; l'accusant d'ingérence dans les affaires libanaises, il a affirmé, dixit, « Je ne prendrai plus de contacts avec les Syriens et mes collaborateurs non plus. » Il va de soi que Damas ne reste pas les bras croisés devant un tel discours et c'est par la voix de son ministre de l'Information, Mohsen Bilal qu'elle en a réagi. Le ministre syrien s'interroge notamment sur les visites continues du patron du Quai d'Orsay, Bernard Kouchner à Beyrouth à Beyrouth. Ne serait-ce pas en effet Paris et d'autres capitales européennes, qui s'ingèrent directement ou indirectement dans les affaires libanaises, y torpillant sournoisement le processus de l'élection de la magistrature suprême. A travers de tels propos, Nicolas Sarkozy vise à mettre sous pression Damas pour qu'il fasse à son tour pression sur l'opposition libanaise, cette même opposition dont la seule faute aux yeux de l'Occident est de refuser catégoriquement toute intervention de ces mêmes chancelleries occidentales qui agissent en maître du monde croyant que leur exigence ferait la loi partout où elles le souhaitent. Or, fidèle à sa politique indépendantiste, Damas n'a pas sourcillé devant les propos menaçants de Nicolas Sarkozy. Pour Damas, il est tout simplement hors de question de mettre sous pression le peuple libanais pour le forcer à admettre le maximalisme des puissances hégémoniques. Les derniers propos de Sarkozy ne seraient-ce pas une autre machination de l'Elysée, un écran de fumée devant les yeux de l'opinion publique pour lui faire oublier l'échec de tandem Paris-Washington au pays du Cèdre. De tels propos ne seraient-ce pas dans le sens des pressions occidentales sur la Syrie pour l'amener à se plier devant les diktats des puissances maximalistes que sont les Etats-Unis, la France. Peine perdue ! De tels scénarii ne feront que jeter le discrédit sur les autorités parisiennes, qui ont eu la maladresse de s'engager sur un terrain glissant.


Mercredi 2 Janvier 2008

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