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Panique de Boris Johnson à Moscou – L'Empire pourrissant agonise



André Vltchek
Jeudi 28 Décembre 2017

Panique de Boris Johnson à Moscou – L'Empire pourrissant agonise
 

    La façon dont le ministre britannique des Affaires étrangères s'est comporté avant et pendant sa visite officielle à Moscou, a été fort moche, agressive et souvent très grossière.
 

    Qualifiant la Russie de « fermée, déplaisante, militariste et antidémocratique », M. Johnson en a déduit qu’elle ne pouvait pas être « comme ça tout le temps ».
 

    Il n'a point précisé ce qu’est devenu le Royaume-Uni, et ses hôtes russes ont été trop polis pour le lui expliquer.
 

    Il n’a pas été « comme ça tout le temps ».
 

    Au cours des dernières semaines, les types comportementaux mal élevés du Royaume-Uni et des États-Unis ont commencé à ressembler de plus en plus à ceux de la mafia italienne : « Faites ce que nous vous disons, ou nous vous arracherons l’œil... ou nous vous briserons la jambe... ou peut-être kidnapperons-nous votre fille. »
 

    On dirait qu'il n'y ait absolument plus de retenue à Washington, Londres et dans plusieurs autres « capitales provinciales » de l'Empire. Les insultes s'empilent sur les grossièretés et les photos font ensuite le tour des quatre coins du globe. Les mensonges sont étalés de manière effrontée, et tromperies et affabulations bizarres sont pondues à un rythme impressionnant.
 

    Il est désormais clair que l'Empire manque de calme, de sang-froid ; qu'il a peur de perdre sa mainmise sur le monde ainsi que le monopole de décider de ce qui doit être universellement pris pour vérité.
 

    Plus le monde se rend compte qu'il est contrôlé et malmené par des gangsters néocolonialistes sans vergogne, plus l'Empire enjoint indirectement, mais parfois aussi directement, devant la communauté internationale : « Seuls nos intérêts comptent ! Vous obéirez et vous conduirez bien ou nous vous briserons en mille morceaux, nous vous ferons crever de faim, nous vous envahirons et vos terres seront trempées de votre sang. »
 

    Bien entendu, il n’y a là rien de nouveau, l'Occident se comporte ainsi depuis des siècles. Dans cette affaire, des centaines de millions de gens, Asiatiques, Africains, Américains du Sud, Moyen-orientaux et Russes ont perdu la vie. Tous les continents non blancs ont été occupés, pillés et asservis, tous, sans exception. Mais cela a toujours été fait « pour le bien des victimes » ou « pour les protéger » (très probablement d'elles-mêmes).
 

    Les Britanniques sont au sommet de l'art de la manipulation du mental de leurs « sujets ». Leur propagande était d’habitude raffinée, efficace, certains diraient même « remarquable ». Pendant les décennies après la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils ont appris à leurs rejetons d’Amérique du Nord et d’Australie la manière de mentir avec élégance, et même de convaincre les pays qu’ils ont détruit de façon barbare, qu'ils ont été sauvés, choyés, et qu’ils l'ont fait avec plaisir, gentiment et respectueusement.
 

    Les masques étant à présent tombés, la face hideuse et gangrenée de l'impérialisme apparaît en plein jour. La Grande-Bretagne n'est tout simplement pas disposée au raffinement. Elle est barbare. Elle a toujours été barbare. À présent, en dernier ressort, elle est enfin honnête.
 

    Tout cela est très alarmant, mais il est aussi très heureux, vraiment important, que l'Occident se comporte soudainement avec pareille franchise.
 

***

 

    De quoi M. Johnson accuse-t-il la Russie ? D’avoir libéré la Syrie des groupes terroristes sponsorisés par l'Occident, l'Arabie saoudite et le Qatar ? Qu'attendre d’autre du ministre des affaires étrangères du pays qui a été pendant de longs siècles l'empire colonial le plus puissant, le plus impitoyable et le plus fourbe de l'histoire de l'humanité ? M. Johnson ne va certes pas remercier le libérateur des opprimés, n'est-ce pas ?
 

    Dans sa lettre ouverte à Boris Johnson, l'écrivain et journaliste britannique Neil Clark écrit :

    En avril, en prétendant que Vladimir Poutine « renforçait son image », vous avez annulé la visite que vous aviez prévue à Moscou et vous êtes allés aux pourparlers du G7, où vous avez exhorté les autres pays d’envisager de nouvelles sanctions contre la Russie et la Syrie.

    Mais si la Russie n'avait pas aidé le gouvernement syrien, les affiliés d'ISIS/Al-Qaïda auraient probablement pris le contrôle de tout le pays. Vouliez-vous cela ?

 

    Bien sûr que c’est ce qu’il voulait ! Plus il y a de chaos, mieux c'est !
 

    Le Royaume-Uni joue dans tout le Moyen-Orient un jeu abominable, bel et bien machiavéliques, et il le fait depuis des siècles – en Palestine, dans ce qui est maintenant l'Irak et le Koweït, et en bien d’autres lieux. Dans son langage fleuri, le Premier ministre Lloyd George se réservait le droit de « bombarder ces nègres », de les canonner et de les faire frire vivants, de les dépouiller de tout, même de leur terre. Avec ses proches amis et alliés, comme Mohammed ben Abdel al-Wahhab, le Royaume-Uni a réussi à inventer la branche la plus conservatrice de l'Islam, simplement pour maintenir la population locale dans la peur et la soumission à ses intérêts commerciaux et colonialistes.
 

    Responsable de centaines de millions de morts, d’avoir traqué comme des animaux des dizaines de millions d'êtres humains, de les avoir expédiés comme esclaves en Amérique, ce pays s'arroge le droit de juger le monde, de décider ce qui est « libre » et ne l’est pas, ce qui est « démocratique » et ce qui est dictatorial, ce qui est vrai et ce qui est faux ou même contrefait [fake].
 

    La « nouvelle contrefaite » est la dernière invention du régime occidental paranoïaque qui s’effiloche !
 

    De nos jours, l'Empire traque quasiment tous les organes d’information « alternatifs », dont la chaîne de télévision internationale très instructive et qui a beaucoup de succès, RT (Russia Today). Il est important de ne pas oublier et de savoir que seules les chaînes de télévision et les agences de presse officielles occidentales sont autorisées à propager leur endoctrinement dans le monde entier. Diffuser ou imprimer de la « contre-propagande » (de la « désintoxication mentale ») est considéré comme un grand crime et puni en tant que tel. RT est à présent décrite comme une fourmilière d'« agents secrets », du moins à Washington et Londres.
 

***

 

    Au moment où la ville syrienne d'Alep a fêté le premier anniversaire de sa libération, des citoyens reconnaissants ont porté respectueusement et en silence, les portraits des soldats russes qui ont versé leur sang pour libérer la Syrie.
 

    Le peuple syrien est au courant, il sait parfaitement qui a déclenché la guerre et qui est venu à son secours.
 

    Boris Johnson peut insulter la Russie autant que ça lui chante, mais il ne peut nier qu’aucun homme, femme ou enfant n’exhibe des portraits de soldats britanniques, que ce soit en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye ou au Yémen.
 

    Au Yémen, le Royaume-Uni parle de paix mais fabrique les bombes qui enrichissent l'arsenal d’armes saoudien déjà destructeur, qui sert à terroriser et assassiner des milliers de civils yéménites sans défense.
 

    Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, n'a rien dit des crimes contre l'humanité commis par les troupes britanniques dans plusieurs parties du monde. Je pense qu'il aurait dû en parler, qu'il avait beaucoup de choses à dire à ce propos, mais M. Lavrov est un diplomate chevronné qui sait parfaitement ce qui est approprié, ce qui est efficace et ce qui est contre-productif.
 

***

 

    Oui, manifestement l'Empire panique.
 

    Il a peur de tout : de l'opinion publique partout dans le monde ; de la grande initiative chinoise Route de la Soie, qui gagne en popularité sur tout le continent asiatique ; de l'alliance sino-russe ; de la rébellion silencieuse dans les rangs de ses alliés, notamment en Asie ; de la puissance économique notoirement grandissante de ses adversaires ; des nouveaux « médias alternatifs » ; et même de sa propre queue qui se perd quelque part dans les ténèbres.
 

    Pendant de nombreuses années, pour contrôler le monde, l'Empire se servait du moyen efficace consistant à répandre le cynisme noir et le nihilisme, afin de « pacifier », de calmer ses colonies et même ses propres habitants vivant en Europe et en Amérique du Nord. Cette stratégie provoquant désormais des retours de flamme, les citoyens britanniques et nord-américains non seulement sont fatalistes et peu disposés à se battre pour les idéaux internationalistes et de gauche, mais ils ne sont pas non plus impressionnés, et sont même plutôt dégoûtés, par leurs propres dirigeants et gouvernement. Oui, la plupart d'entre eux sont cyniques à l'égard de pays comme la Russie, la Chine ou le Venezuela, mais ils sont aussi cyniques envers le corporatisme, le capitalisme, ainsi qu’envers la politique nationale et étrangère occidentale. Ils ne veulent plus s'engager dans rien. Ils n’ont confiance en rien. Ils croient en très peu de choses.
 

    Pour l'Empire, les gens comme Boris Johnson sont de très utiles bouffons. Ils divertissent les masses pour pas cher, et ils le font avec l’impeccable accent anglais de l’aristocratie (style BBC). Jouant les choses salement, ils tentent d’avilir, d'humilier leurs adversaires. En humiliant les victimes, qui se tiennent enfin debout et prêtes à se battre pour le droit d'être différent, ils essaient de rendre sa fierté à leur régime impérialiste de suprémacistes blancs.
 

    Les gens du genre de M. Johnson inversent la réalité, et tout se passe « avec spontanéité », avec un large sourire d’enfant presque innocent. Sauf qu'il n'y a absolument rien d'innocent dans toute cette mascarade. Tout étant parfaitement orchestré, tout est très professionnel.
 

***

 

    En train de pourrir, l'Empire agonise. Ça panique. Ça se débat pour survivre.
 

    La paix est dangereuse. Si la paix régnait sur le monde, il est indiscutable que l'Empire occidental perdrait en un rien de temps. Il serait vaincu sur le front social, moral, créatif et même économique.
 

    C'est pourquoi l'Empire répand le chaos, la peur, la guerre, les conflits perpétuels et l'antagonisme partout dans le monde, en Syrie et en Afghanistan, en Libye, dans tous les coins de l'Afrique et en Asie du Sud-Est, en Iran, en Amérique centrale et du Sud, même dans les minuscules nations océaniennes.
 

    C'est un défi permanent. Il provoque la Corée du Nord, insulte des pays qui ont déjà plus qu’assez souffert de la terreur et de la barbarie occidentale ; des pays comme la Russie, la Chine et l'Iran.
 

    Il menace ces nations (et même certaines organisations internationales comme l'UNESCO) qui soutiennent la Palestine.
 

    Il intimide essentiellement tous ceux qui veulent vivre leur propre vie, leur propre culture et leurs propres principes économiques et sociaux. Il punit les pays qui refusent de piller leur propre peuple et leurs ressources pour mener le grand train de vie des nations occidentales. Il renverse les gouvernements et assassine des gens.
 

***

 

    À Moscou, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson, s'est couvert de ridicule. Il a fait ça ! Avec son style reconnaissable entre mille de mollusque invertébré, il a tenté sans y parvenir d’humilier la nation qui, depuis plusieurs siècles, se bat avec détermination contre l'impérialisme occidental et son colonialisme, et qui a déjà réussi plusieurs fois à sauver le monde.
 

    M. Johnson a appliqué une vieille méthode plutôt répugnante : avec sa rancune et son complexe de supériorité, il est venu en Russie pour prêcher, insulter, gronder ces gens ressemblant à des blancs, mais essentiellement asiatiques, afin de les « remettre à leur place ».
 

    Sauf que nous sommes en 2017, pas en 1990. Londres n'est plus le centre de l'univers, mais seulement la capitale d'une nation désorientée, plutôt agressive et se comportant de plus en plus mal.
 

    Un bouledogue britannique est allé à Moscou. Franchement, ça ne ressemblait même plus à un bouledogue, ça avait l'air carrément… inquiétant, bourré et déséquilibré mentalement. Comme l'ours russe était calme, gardait son sang-froid, ça aboyait et aboyait. Qui des deux avait le dessus, qui provoquait et qui refusait de se battre était évident. Qui des deux était vraiment effrayé était aussi manifeste.
 

    Et à qui appartient le passé et à qui appartient le futur, était aussi évident !
 

    André Vltchek est philosophe, romancier, cinéaste et journaliste d'investigation. Il a créé le Monde de Vltchek en mots et en images, écrit le roman révolutionnaire Aurora et plusieurs autres livres, le dernier étant La Grande Révolution Socialiste d'Octobre. Il écrit spécialement pour le magazine en ligne New Eastern Outlook.
 

NEO, André Vltchek, 26 décembre 2017

Original : journal-neo.org/2017/12/26/panic-of-boris-johnson-in-moscow-agony-of-rotting-empire/
Traduction Petrus Lombard



Jeudi 28 Décembre 2017


Commentaires

1.Posté par bob le 28/12/2017 12:51 | Alerter
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Les mecs ont envoyé Boris histoire de les duper !

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