International

Palestine : on corrompt à Paris, on tue à Gaza


Les médias libanais et arabes soulignent que le Parlement libanais a échoué lundi, pour la neuvième fois consécutive, à élire un président de la République. L’objectif qu’il s’était fixé de trouver une issue à l’amendement constitutionnel pour paver la voie à l’élection du commandant en chef de l’Armée, le général Michel Sleimane, n’a pu être atteint en raison de la persistance de profondes divergences politiques sur la période post-élection. La crise fait donc du surplace en attendant un forcing diplomatique étranger, qui a commencé avec la reprise des contacts entre la France et la Syrie.


Mercredi 19 Décembre 2007

Palestine : on corrompt à Paris, on tue à Gaza

Tendances et événements au Proche-Orient

Les regards des observateurs sont allés, lundi, de Paris à Gaza, où l’armée d’occupation israélienne a assassiné le chef des brigades d’al-Qods (la branche armée du Jihad islamique en Palestine- et son adjoint, au même moment ou 90 pays étaient réunis dans la capitale française pour apporter une aide économique et financière aux Palestiniens. Ce double assassinat, suivi quelques heures plus tard par le meurtre de plus d’une dizaine d’autres résistants, est le signal d’une intensification des agressions israéliennes contre ce territoire palestinien. La fonction politique de ces attaques est, selon de nombreux analystes, d’attiser la guerre civile entre les Palestiniens. Le message est clair : pendant que l’Autorité de Mahmoud Abbas siège aux côtés d’Israël, ce dernier assassine des militants palestiniens. C’est le prix que les Palestiniens sont invités à payer au nom de la vision de George Bush des « deux États vivant en paix et en sécurité ».
Le débat en cours au sein de la direction israélienne laisse deviner la suite des événements en Palestine. La presse se fait le reflet des divergences sur la pertinence d’une action militaire israélienne d’envergure contre la Bande de Gaza. Elle exprime l’angoisse de voir l’État hébreu contraint de vivre sous la menace des roquettes palestinienne que l’armée est incapable de mettre hors d’état de nuire. Et l’option militaire apparaît d’autant plus risquée qu’Ariel Sharon avait fini par y renoncer après 30 ans d’efforts, décidant de se retirer unilatéralement et de démanteler les colonies construites à Gaza.
Sous l’impulsion du ministre de la Défense et de l’état-major, le débat évolue et s‘articule désormais autour des points suivants révélés par la presse israélienne :
- Les préparatifs d’une invasion totale se poursuivent en Israël, parallèlement à un renforcement du blocus multiforme destiné à exténuer la population et le Hamas et à briser leur volonté de résistance. Ces efforts continuent malgré la présence d’un fort courant en Israël prônant l’abandon de « l’illusion » de la solution militaire qui ne fera que donner naissance à une résistance encore plus radicale avec qui il sera impossible de négocier.
- Intensification des assassinats. Les informations parlent d’une immense liste de cibles comportant des dirigeants, des cadres et des militants du Hamas et d’autres organisations. Le Premier ministre Ehud Olmert aurait donné lundi son accord à la liste qui lui a été remise par le chef d’état-major Gaby Ashkenazi.
- Israël refuse de faire la moindre concession politique à Mahmoud Abbas avant de s’assurer que l’Autorité palestinienne s’est résolument engagée dans la guerre contre les résistants. La ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, l’a clairement dit à Paris lorsqu’elle a déclaré que « la sécurité d’Israël passe avant tout », en réponse à des demandes européennes de lever les barrages qui découpent la Cisjordanie.
- Les États-uniens multiplient les démarches en vue de convaincre l’Égypte de prendre des mesures draconiennes pour empêcher la contrebande d’armes et de munitions vers Gaza. Washington souhaite que Le Caire établisse un nouveau plan de sécurité pour stopper l’approvisionnement des mouvements de résistance palestiniens en armes à partir du Sinaï.
De nombreux analystes estiment que les Palestiniens sont les victimes d’une agression permanente sanglante et que la conférence de Paris, comme celle qui a été organisée au lendemain d’Oslo, ne fera qu’injecter de l’argent dans une machinerie corrompue.

Presse et agences internationales

• Treize résistants palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza par des raids aériens israéliens en moins de 24 heures. Il s’agit le bilan le plus lourd des attaques israéliennes en une seule journée depuis plusieurs mois.
Le Jihad islamique en Palestine a annoncé que quatre de ses hommes avaient été tués dans une attaque aérienne alors qu’ils sortaient d’une mosquée du camp de réfugiés de Jabalia, dans le Nord de la bande de Gaza. Quelques heures auparavant, sept autres militants de la branche armée du Jihad, les Brigades al-Qods, dont leur chef à Gaza Madjed al-Harazine, avaient été tués. Le mouvement a menacé de riposter par des attaques-suicides.
A Khan Younès, dans le sud du territoire, deux membres du Hamas ont été tués par une autre attaque aérienne contre une position de ce mouvement. Un autre militant du Jihad islamique a été tué durant la nuit par les forces israéliennes près de la ville de Jénine, en Cisjordanie.
Majed al-Harazine est le plus haut responsable du groupe tué dans une attaque israélienne dans la bande de Gaza depuis plus d’un an. La branche armée du Jihad islamique a annoncé que l’assassinat d’al-Harazine allait provoquer une vague d’« opérations martyres » en territoire israélien. Un porte-parole de l’armée israélienne a accusé al-Harazine d’avoir organisé des tirs de roquettes contre Israël.

AL-BAYAN (QUOTIDIEN QATARI)
La conférence de Paris des pays donateurs offre des opportunités prometteuses en injectant dans l’économie moribonde de Gaza et de Cisjordanie des doses salvatrices. Cette économie a grandement besoin de cette aide après que le blocus israélien ait gelé l’activité et provoqué un recul dramatique du niveau de vie dans une région où les Palestiniens vivaient déjà dans des conditions précaires.
Cette aide internationale est certes la bienvenue. Mais les pays donateurs devraient aussi déployer leurs efforts pour mettre un terme à l’agressivité israélienne qui, si elle se poursuit, torpillera tous les efforts de paix.

TECHRINE (QUOTIDIEN SYRIEN)
- Omar Jaftali
La Syrie a enregistré un succès diplomatique que les « fabricants » d’analyses et les cercles de la presse occidentale ne veulent pas reconnaître, dans le but de maintenir dans la confusion et le flou l’opinion publique arabe. Ceux qui observent les réalités ne peuvent que constater que l’action politique syrienne s’est imposée sur la scène internationale malgré les grincements de dent d’Israël et des États-Unis. Ces deux pays tentent de minimiser la compréhension affichée par l’Europe à l’égard des positions de Damas basées sur la logique du droit, de la loi et de l’objectivité dans son approche concernant les problèmes de la région du Moyen-Orient. Des problèmes que la Syrie n’a pas créés.

AL-CHARK AL-AWSAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
- Atallah Muhajarani
Le rapport des agences US sur l’Iran a constitué un choc pour tout le monde. Son contenu était inattendu et constitue un obstacle pour l’administration Bush. Mais ce serait faire preuve d’un optimisme déplacé que de croire que ce rapport va empêcher la guerre contre l’Iran. Un examen minutieux permet de constater que ce document est similaire à celui qui avait été préparé autour de l’Irak. Il s’agit d’un texte pour justifier une nouvelle guerre. Après sa publication, George Bush n’a pas cessé de répéter que toutes les options restaient ouvertes. Ce qui signifie qu’il envisage une nouvelle guerre. Et pas seulement contre l’Iran. Le président états-unien n’a-t-il pas mis en garde contre une Troisième Guerre mondiale si l’Iran, qui menace de détruire Israël, devient une puissance nucléaire ?

INTERNATIONAL HERALD TRIBUNE (QUOTIDIEN ÉTATS-UNIEN)
L’attentat à la voiture piégée contre le général François al-Hajj a été attribué à une série de suspects. Les ministres du gouvernement Siniora, soutenu par l’Arabie saoudite, la France et les États-Unis, blâment la Syrie. La Syrie, tout en condamnant le meurtre, accuse Israël. D’autres pointent les jihadistes écrasés par l’armée libanaise l’été dernier dans le camp de Nahr al-Bared, au Liban-Nord, à l’issue de trois mois de combats farouches sous la direction du général al-Hage.
L’assassinat de l’officier, le neuvième depuis 2005, met en relief la fragilité de l’État libanais. Les Libanais ont la conviction que des forces extérieures ont le pouvoir et qu’elles sont prêtes, soit à déchirer le pays, soit à préserver son unité. Dernièrement, il y a eu des signes que les initiatives impliquant la Syrie, les États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, l’Iran et d’autres pourraient déboucher sur un pacte tacite entre les pays de la région pour permettre au Liban de résoudre pacifiquement ses problèmes. L’invitation délivrée par l’administration Bush de la Syrie pour participer à Annapolis était l’un de ces signes. Les discussions de paix israélo-syriennes sont une autre voie. Il existe de nombreuses raisons pour tempérer les conflits du Moyen-Orient au moyen de la diplomatie. Sauver la société multiculturelle libanaise unique dans la région n’est pas la moindre de celles-ci. L’assassinat est survenu au moment où Bernard Kouchner a fait la navette entre le gouvernement Siniora et l’opposition qui boycotte le Parlement. Ce meurtre révèle un basculement du Liban au bord d’un gouffre. Kouchner a essayé d’éviter une impasse politique, de préserver l’unité du Liban, et d’éviter la reprise de la catastrophe de la guerre civile de 1975-1990. Il s’agit d’un effort qui mérite le soutien de Washington, et la saine façon de l’aider est que l’administration apporte son soutien à des négociations pour un accord de paix israélo-syrien. Le Moyen-Orient tout entier en bénéficierait, et personne plus que les Libanais.

AL-HAYAT (QUOTIDIEN SAOUDIEN)
- Raghida Dargham
Le président George Bush est politiquement et moralement responsable envers un petit pays appelé le Liban parce qu’il a pris l’initiative de faire des déclarations dans lesquelles il a plaidé en faveur de ce pays pour le chemin de l’indépendance et de la démocratie et sa lutte contre l’extrémisme et a dénoncé les plans pour le transformer en une base syro-iranienne. Bush a laissé ce pays dans un effrayant silence, affirment ceux qui ont soutenu son engagement. Selon eux, le président états-unien est maintenant incapable de faire quoi que ce soit. Il en va de même pour le président Nicolas Sarkozy, qui a témoigné de son amour et de sa loyauté envers les États-Unis et qui a reçu l’autorisation de Bush pour gérer le dossier libanais. Il a maintenant le devoir d’expliquer pourquoi lui et son équipe ont décidé de renflouer l’influence syrienne au Liban, dans une partie d’acrobatie française qui étonne par sa naïveté et son arrogance.
Bien sûr, l’administration Bush et le gouvernement français ne sont pas directement responsables des assassinats. Toutefois, ils ne sont pas exemptés de la responsabilité du fait que certains pensent qu’il est désormais possible d’échapper au châtiment pour les assassinats politiques et que toutes les possibilités sont ouvertes pour traiter et pour négocier avec eux. Il est vrai que le Liban paie le prix direct de la décision politique des États-Unis de l’abandonner, pour des raisons qui semblent impliquer l’Iran et son rôle en Irak, et la Syrie dans ses relations avec Israël. Cependant, le Liban ne paie pas le prix seul. Les USA paieront également un prix exorbitant en permettant au régime iranien de dominer l’Irak et le Liban et en donnant aux forces de la terreur, les moyens pour l’intimidation, les assassinats politiques et le sabotage.

La presse française n’accorde que peu de place à la Conférence pour un État palestinien, bien qu’elle se soit tenue à Paris et puisse être revendiquée comme un succès : 7,4 milliards de dollars de dons alors que seuls 5,6 étaient demandés. Tous les quotidiens livrent la même analyse de l’événement : ces engagements financiers ne sont que des promesses soumises à des conditions irréalisables. Surtout : dans le contexte de l’occupation, cet argent ne peut servir qu’à assurer la survie des populations, pas à la construction d’un État.

LE FIGARO (QUOTIDIEN FRANÇAIS, MAJORITE PRESIDENTIELLE)
La Russie a annoncé hier qu’elle avait commencé à livrer du combustible nucléaire pour la centrale atomique iranienne de Bouchehr. Moscou a estimé qu’après la situation du dernier rapport des services secrets états-uniens minimisant la menace nucléaire iranienne, la donne géopolitique avait changé. Selon Rajab Safarov, directeur du centre pour l’étude de l’Iran contemporain à Moscou, « les Américains mènent en cachette des négociations avec l’Iran, via l’Arabie saoudite. Si la Russie avait continué de reporter la livraison, cela aurait nui à ses intérêts. L’Iran est maintenant prêt à donner à la Russie un accès plus large à son marché ».

LA CROIX (QUOTIDIEN FRANçAIS, CATHOLIQUE)
Les relations entre le Saint-Siège et l’État d’Israël traversent une passe difficile. Le Vatican ne cache plus son exaspération devant la lenteur des discussions pour parvenir à un accord qui devrait stabiliser la situation juridique et financière des institutions catholiques du pays. Lors d’une conférence de presse à Rome, le P. Pierbattista Pizzaballa, custode de Terre sainte (c’est-à-dire supérieur des franciscains qui ont en charge les Lieux saints) a souligné les difficiles conditions de vie des 170000 chrétiens vivant en Israël.

L’HUMANITE (QUOTIDIEN FRANÇAIS, COMMUNISTE)
Le Quartet finance le logement et la sécurité du médiateur en Palestine, Tony Blair, à hauteur de 700000 euros par an. Mais l’ancien Premier ministre britannique vit essentiellement des quelques conférences qu’il donne dans le monde, pour un revenu moyen de 1,4 million d’euros par an.

LE TEMPS (QUOTIDIEN SUISSE)
- Nasser Suleiman-Gabryel, doctorant en sciences politiques et en philosophie à l’Université de Genève et à Aix-en-Provence
Les États autoritaires utilisent l’islamisme plus qu’ils ne le combattent comme le montre deux exemples récents : les déclarations antisémites du ministre algérien des Anciens combattants et la condamnation au Soudan d’une institutrice britannique pour insulte à l’islam alors qu’elle avait nommé un ours en peluche « Mahomet ». La diabolisation de l’autre, qu’il soit occidental ou israélien, est organisée au nom d’une prétendue identité arabo-islamique : c’est le paravent d’une lutte systématique contre les démocrates, les femmes et les minorités non arabes, non musulmanes. L’idéologie du ressentiment est un modèle politique paranoïaque.

LE SOIR (QUOTIDIEN BELGE)
En marge de la Conférence de Paris sur la Palestine, l’association Peace Lines a publié un appel de 69 Prix Nobel et 97 députés européens en faveur de la poursuite du processus de paix.

INTELLIGENCE ONLINE (BIMESTRIEL SPECIALISE FRANÇAIS)
Le général iranien Ali Reza Asghari, qui a fait défection et rejoint Washington, a livré de nombreuses informations à la CIA sur le Hezbollah qu’il a contribué à créer. C’est ce qui a permis l’arrestation de Nada Nadim Prouty, une taupe du mouvement islamiste à la CIA. Dans le même temps, la crise au sein de l’équipe dirigeante à Téhéran a contribué à politiser les différents canaux reliant le Hezbollah à son bailleur de fonds. Enfermé dans son bunker, Hassan Nasrallah n’a plus la possibilité de diriger son mouvement, ce qui a fait apparaître un clivage entre Wafic Safa et Hachem Safieddine, et entraîne le Hezbollah à renforcer encore et toujours son appareil sécuritaire.

Audiovisuel international

AL-JAZEERA (CHAINE QATARI)
Couverture exhaustive de la conférence des bailleurs de fonds de Paris
- Nicolas Sarkozy, président de la République française
Soyez généreux ! Nous n’en pouvons plus de la guerre ! Offrez aux peuples d’Israël et de Palestine le plus beau des cadeaux : la paix !.
- Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères
Le vrai vainqueur, c’est l’État palestinien. Nous visions 5,6 milliards de dollars, nous avons obtenu 7,4 milliards. Ce qui est pas mal, ce qui est même beaucoup.
- Salam Fayyad, Prmier ministre palestinien
Le montant de l’aide promise est un vote de confiance à l’égard de l’Autorité palestinienne.

Tendances et événements au Liban

Est-il possible de conclure un accord politique entre les différentes parties libanaises avant samedi prochain, date de la prochaine séance de l’élection présidentielle ? Les observations suivantes permettent de fournir des éléments de réponse à cette question qui taraude les Libanais :
- 1. Contrairement à ce qu’avaient laissé entendre des milieux proches de la coalition du 14-mars au pouvoir, le mandat accordé par les États-uniens à la France pour la gestion du dossier libanais court toujours. C’est ce qui transparaît clairement du ton du communiqué conjoint franco-US publié en marge des travaux de la conférence des bailleurs de fonds de Paris. Le texte appelle à la coopération avec la Syrie et ne contient aucune menace adressée à Damas. Il semble que certains loyalistes libanais commencent à prendre leurs souhaits pour des réalités. Cela montre qu’ils sont de plus en plus déconnectés et méconnaissant des changements intervenus dans les rapports de force au Liban et dans la région du Moyen-Orient. Le communiqué du Conseil de sécurité publié il y a quelques jours, dont le ton était modéré, avait aussi déçu les habitués de l’intervention de la communauté internationale en leur faveur.
- 2. Les informations en provenance de Paris font état de l’intensification des contacts entre Paris et Damas, ce qui laisse espérer un accord politique au Liban avant samedi.
- 3. Les positions des ténors du 14-mars, lundi, allaient dans trois directions différentes :
• Walid Joumblatt a plaidé pour un compromis autour de l’accord politique global exigé par l’opposition avant l’élection présidentielle, concernant la déclaration ministérielle et la répartition des portefeuilles au sein du prochain gouvernement. Il a définitivement écarté le choix de la confrontation à travers l’élection d’un président à la majorité simple.
• Saad Hariri a fait marche arrière au sujet du gouvernement d’union nationale, ramenant le débat sur cette question à ce qu’il était il y a un an. Il a catégoriquement refusé d’accorder le tiers des portefeuilles à l’opposition, alors qu’il s’était engagé, devant le ministre Bernard Kouchner, à accepter une telle répartition.
• Samir Geagea et Fouad Siniora ont opté pour l’escalade au niveau du gouvernement, sans aller jusqu’à proposer de nommer des ministres à la place de ceux de l’opposition qui ont démissionné. Car une telle mesure provoquerait une riposte décisive de la part de l’opposition et un refus de l’Église maronite qui considère cela comme une mainmise sur les prérogatives de la présidence, vacante depuis le 24 novembre. Samir Geagea s’est contenté de proposer le vote au gouvernement d’un projet d’amendement de la Constitution. Une mesure qui n’a aucune valeur, car le président de la Chambre, Nabih Berry, refusera sans aucun doute de réceptionner un projet émanant d’un gouvernement illégitime et anticonstitutionnel.
- 4. L’opposition a réaffirmé que toute solution doit obligatoirement passer par un dialogue avec son chef chrétien Michel Aoun, désigné négociateur unique de l’opposition. Celle-ci exige des garanties écrites, car elle estime que le 14-mars n’a pas de scrupule à démentir le soir des engagements pris le matin.

Presse libanaise

AN-NAHAR (QUOTIDIEN PROCHE DU 14-MARS)
Le chef de la majorité parlementaire, Saad Hariri, a affirmé que dans le prochain gouvernement, le 14-mars ne devrait pas avoir les deux tiers des portefeuilles ni l’opposition le tiers. C’est le président de la République, à travers les ministres qu’il nommera, qui jouera le rôle d’arbitre.
Michel Aoun a de son côté lié le sort de l’élection présidentielle aux négociations que le 14-mars doit entamer avec lui.

AD-DIYAR (QUOTIDIEN PROCHE DE L’OPPOSITION)
La séance de l’élection a été reportée en raison de l’échec des négociations entre le 14-mars et l’opposition au Parlement. Lors des entretiens entre Nabih Berry et Saad Hariri, en présence d’un député du bloc de Michel Aoun, les deux parties sont tombées d’accord sur quatre points : Michel Sleimane est élu pour six ans ; Saad Hariri est désigné Premier ministre ; réactivation du Conseil constitutionnel paralysé par le 14-mars ; élaboration d’une loi électorale basée sur la petite circonscription.
Mais Saad Hariri a refusé d’accorder le tiers des portefeuilles à l’opposition.



Mercredi 19 Décembre 2007

Actualité en ligne | International | Analyse et décryptage | Opinion | Politique | Economie | Histoire et repères | Sciences et croyances


Publicité

Brèves



Commentaires