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PROTEGER LA GAUCHE RADICALE DE L’ANTIFASCISME CONFUSIONNISTE


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Mercredi 6 Mai 2015

PROTEGER LA GAUCHE RADICALE  DE L’ANTIFASCISME CONFUSIONNISTE

 

PROTEGER LA GAUCHE RADICALE

DE L’ANTIFASCISME CONFUSIONNISTE

 

   Sommaire 

- Le confusionnisme peut être volontaire, involontaire ou par amalgame

- Il faut distinguer trois types d’antifascisme : l’antifascisme utile, confusionniste et néo-conservateur (de droite).

- Comment différencier fascisme, théorie du complot et anti-oligarchie ?

- Les tendances du mouvement anti-oligarchie et du mouvement de la théorie du complot.

- Le confusionnisme par amalgame mêle les relations formelles et le fond.

- Le confusionnisme amalgame des idées secondaires avec l’ensemble d’une idéologie.

- Le confusionnisme relève de la communication et non de la raison.

- Une analyse différenciée permet d’éviter la pensée binaire.

 

Ces dernières années, les personnalités les plus connues de la gauche radicale ont presque toutes été l’objet d’attaque, en particulier par les « antifascistes confusionnistes », sous prétexte qu’elles seraient elles mêmes confusionnistes. A l’inverse l’antifascisme utile évite cette dérive, il combat le confusionnisme volontaire, qui existe bel et bien notamment aux FN ou chez Alain Soral… C’est pourquoi,  il faut savoir le différencier du confusionnisme involontaire et surtout se prémunir de l’antifascisme confusionniste, fondé sur une communication par amalgame, visant à attaquer ses opposants politiques, comme le font certains sites d’extrême gauche anti-fascistes. Il faut savoir raisonner de manière différenciée sans procéder à un amalgame entre gauche radicale, anti-oligarchie, théorie du complot, antisémitisme, fascisme, etc…

Grâce au procédé du confusionnisme par amalgame, un grand nombre de personnalité de la gauche radicale est accusé d’être des taupes du fascisme montant... Voici les principales personnalités et courants politiques de la gauche radicale qui ont fait l’objet de ces attaques par l’antifascisme confusionniste : il y a le courant de l’altermondialisme solidaire, de l’anti-impérialisme socialiste, de la souveraineté solidaire (Lordon, Todd, Sapir, Ruffin (le magazine Fakir), le Mpep…), mais aussi la lutte pour la défense de la Palestine (l’AFPS…), l’économie solidaire (les Amap, les mutuelles bancaires, les monnaies locales, tels Derruder et Holbecq…), l’écologie sociale (Hervé Kempf), la décroissance solidaire (Latouche, Ariès, Rabhi, les Colibris…), Mélenchon (Front de Gauche), l’historienne communiste Annie Lacroix Riz, Pierre Carles (le cinéaste militant de gauche), le politologue Michel Chossudovsky (ex-collaborateur du Monde diplomatique), Alain Gresh (du Monde diplomatique). Mais sont aussi touchés certains militants de ces associations, de même que ceux des associations pro-palestiniennes…

 

Le confusionnisme peut être volontaire, involontaire ou par amalgame :

-       Le confusionnisme par amalgame vise à attaquer un adversaire en procédant à des amalgames, afin de le discréditer. C’est le cas de certains groupes et sites dénonçant les leaders de la gauche radical qui pratiqueraient un confusionnisme volontaire, pour faire avancer les idées de l’extrême droite. Parfois il est aussi volontaire, parfois non, selon la capacité de discernement de son auteur.

-       Puis, il y a le confusionnisme volontaire, consistant à créer volontairement de la confusion (au plan idéologique), afin de faire émerger des idées cachées. C’est le cas  par exemple, d’Alain Soral avec ses idées d’extrême droite, lorsqu’il se revendique du national socialisme. Ce dernier est pourtant le nom de l’ancien parti nazi, il ne fut jamais une idéologie socialiste, mais une dictature capitaliste

-       Enfin, il y a le confusionnisme involontaire, lorsqu’un individu ou un groupe, manque de clarté dans son positionnement idéologique et court alors le risque d’être plus facilement récupéré par un de ses adversaires politiques ou idéologiques. C’est peut être le cas de certains leaders ou groupes de la gauche radicale, tel Pierre Rabhi, qui se centre sur l’écologie radicale, s’en s’occuper trop du clivage gauche-droite. Les leaders de la gauche radicale, afin de limiter les récupérations et surtout les attaques des confusionnistes volontaires ou par amalgame, doivent donc veiller à régulièrement montre leur différence avec la droite et l’extrême droite. Par exemple, lorsque l’on défend, la démocratie ou l’écologie, il faut rappeler et montrer en quoi, ses idées s’inscrivent dans un cadre plus large anti-libérale, voir anti-capitaliste.

 

Il faut distinguer trois types d’antifascisme : l’antifascisme utile, confusionniste et néo-conservateur (de droite). Afin, de faire preuve d’objectivité, il s’agit d’analyser de manière non confusionnistes, donc par une analyse idéologique différenciée, le positionnement politique des différentes personnalités et groupes politiques (associations citoyennes, collectif, partis politiques…), de la gauche radicale en particulier. Latouche et Ariès par exemple, ont été nettement moins attaqués que d’autres personnalités, car ils ont exprimé systématiquement, leur anti-capitalisme, mais aussi parce qu’ils sont moins connus. Plus les personnalités disposent d’une forte notoriété, plus elles sont l’objet de ce type de critiques par amalgame.

Il y a donc trois types d’antifascisme :

L’antifascisme utile attaque les véritables partisans de l’extrême droite et du fascisme. Elle n’attaque pas la gauche radicale, mais se fait preuve de critique constructive, lorsqu’elle montre de clarté vis-à-vis du capitalisme ou même de l’extrême droite.

A l’inverse, l’antifascisme confusionniste mêle les relations de fond et de forme, prend la partie pour le tout, dans le cadre d’un raisonnement par amalgame. Ce n’est plus un débat d’idée, mais de communication, alors qu’il affirme le contraire. Ces derniers considèrent parfois à juste titre que la gauche radicale n’a pas un discours suffisamment anti-capitaliste. L’extrême gauche antifasciste se compose le plus souvent de certains anarchistes aux méthodes violentes et de communistes autoritaires…. Ce qui fait, qu’à la fin cela renforce la confusion contre laquelle il affirme se battre. Pourtant, l’anarchisme, c’est l’ordre moins le pouvoir. Or, la violence exerce un pouvoir sur autrui. Donc l’anarchisme cohérent, lui est non-violent, donc pacifiste.

En effet, certains antifascistes d’extrême gauche utilisent des techniques de manipulation font office de nouvelle police politique (qui rappellent les pratiques de la Stasi ou des Bolcheviks) et usent de méthodes qu’ils dénoncent eux-mêmes : traque d’informations personnelles et privées des personnes (pas seulement des personnalités connues), infiltrations sur des sites personnels privés, fichages d’individus, adresses et photos des personnes attaquées publiés sur Internet, dans le but qu’elles soient harcelées ou agressées, accusations fondées sur des manipulations, menaces, délations, diffamations publiques sur Internet et en dehors…

Enfin, il y a l’antifascisme néo-conservateur. La gauche radicale est attaquée  par la droite, en particulier par les néo-conservateurs (c'est-à-dire la droite radicale, ultralibérale, dont certains sont en réalité souvent proche des idées de l’extrême droite), mais elle subit aussi les assauts de l’extrême gauche antifasciste.

Ainsi, lorsque les attaques contre la gauche alternative, sont de nature confusionniste par amalgame et non le fait de critiques utiles, cela devient de fait une collusion d’intérêt entre ces attaques d’extrême gauche antifasciste et les néo-conservateurs ultralibéraux. En effet, ces derniers sont impérialiste et l’ultralibéraux et estiment que la gauche radicale s’y opposent généralement. Lorsque l’extrême gauche antifasciste fait preuve de confusionnisme par amalgame contre la gauche radicale, ce peut être qu’elle est manipulatrice (afin d’élargir son territoire politique), ou bien qu’elle est manipulée grâce à son ignorance, par les néoconservateurs (rarement déclaré comme tel), qui agitent des chiffons rouges sur lesquels les antifascistes confusionnistes, foncent.

 

Comment différencier fascisme, théorie du complot et anti-oligarchie ? Pour le définir succinctement  le mieux consiste à examiner les pratiques des fascismes ayant existés historiquement. En effet, il ne faut pas s’appuyer seulement sur leurs discours, tels ceux du Front National, ou d’Alain Soral, qui défend le « national socialisme », ou des nazis, qui affirmaient défendre aussi le socialisme ! Le fascisme se définit par ce qu’il a été, soit par au moins deux conditions : l’autoritarisme d’Etat (voire de la dictature) et le capitaliste. Une troisième caractéristique relève de la xénophobie (anti-étrangers) ou du raciste (dont l’antisémitisme). Le fascisme est un capitalisme autoritaire, généralement xénophobe.

Par conséquent, accuser un xénophobe, ou un antisémite, d’être fasciste est un confusionnisme, couramment pratiqué. Parallèlement, certains rares communistes ont le grand tord d’être antisémite et sont alors accusés d’être rouges bruns (communiste et fascistes en même temps). Ce qui n’a aucun sens, car le fascisme suppose le capitalisme autoritaire, l’inverse du communisme anti-capitaliste. De plus, parce qu’elle condamne la répression meurtrière, contre la Palestine, une majorité de personnalité de gauche, dont des communistes, sont anti-sionistes, donc facilement d’être accusées d’être antisémites, donc fasciste. Or, une large partie de la gauche est antisioniste, sans être antisémite, ni rouge-brun. 

De même parmi les théoriciens du complot, il existe des opposants aux lobbies catholiques, musulmans, juifs. Au sein de ces derniers, certains sont antisémites de gauche, d’autres de droite, mais d’autres simplement anti-lobbies et d’autres seulement antisionistes. Il existe même des fascistes non antisémites (à la différence des nazis), car ils sont uniquement xénophobes. Sans un minimum de discernement intellectuel, il est difficile de comprendre le monde et facile de se laisser manipuler. Le confusionnisme volontaire de certaines franges de l’extrême droite, tel Soral consiste actuellement (comme dans les années 30), à affirmer que le problème central est la finance juive ou le lobby juif, alors qu’il s’agit du capitalisme financier. Le problème n’est pas de nier qu’il existe des lobbys financiers, ou des lobbies religieux (chrétien, musulman, juif…), mais de croire que c’est la clé qui résoudra la crise mondiale actuelle. En faisant croire cela, l’extrême droite détourne l’attention du problème centrale, qu’est la domination par le système capitaliste.

 

 

 

 

 

Il faut savoir analyser les anti-oligarchistes et les théories du complot de manière différenciée et non par amalgame. La lutte contre l’oligarchie relève de la démocratie politique et économique, donc elle porte principalement sur lutte contre l’oligarchie non démocratique, voire illégale (corruption, coup d’Etat, chantage, meurtre…), mais elle peut prendre. Elle se situe du côté du pole de l’objectivité, tandis que la théorie du complot se situe du côté plus créatif, voir délirant et propose souvent tellement de versions différentes d’un fait, d’un événement, qu’elle montre de fait leur relativité. Il faudrait d’ailleurs être sot pour adhérer intellectuellement à une seule version sans songer qu’elle ne serait pas une hypothèse. Ce serait faire preuve de confusionnisme et non d’une analyse différenciée, que d’affirmer que les anti-oligarchistes et les théoriciens du complot seraient tous des antisémites d’extrême droite. En effet, certains sont bien sûr présents en leur sein. Cependant, ils n’en représentent qu’une partie minoritaire seulement. Le mouvement anti-oligarchie et celui de la théorie du complot se composent de plusieurs mouvements et courants. Une analyse objective suppose de différencier en leur sein, les 5 principaux mouvements politiques (pas forcement des partis politiques de l’extrême gauche, la gauche radicale (gauche de gauche), la gauche, la droite et l’extrême droite). Au sein de ces mouvements, il y a un quinzaine de différents courants qui luttent contre l’illégalité, la corruption, la françafrique, le racisme, l’antisémitisme, les luttes pour la démocratie, l’écologie…

Le tableau suivant montre un aperçu de la réalité complexe du mouvement anti-oligarchie et pro-démocratie radicale ou réelle.

 
 

LES TENDANCES DU MOUVEMENT ANTI-OLIGARCHIE,                                   et  du mouvement de la théorie du complot

COURANTS

MOUVEMENTS ET PARTIS POLITIQUES

EXT DROITE

DROITE

GAUCHE

GAUCHE RADICALE

EXT GAUCHE

 Des théoriciens du complot (délirant)

Anti-oligarchie 

(objective)

Délirant

Objective

Dél.

Obj.

Dél.

Obj.

Dél.

Obj.

Dél.

Obj.

ANTI-CORUPTION











ANTI-CAPITALISTE











ANTI-IMPERIALISTE











ANTI-FRANCAFRIQUE











ALTERNATIVES ECONOMIQUES











ECOLOGISTE











DECROISSANT











ANTI-SIONNISTE











ANTI-LOBBY JUIF











ANTI-JUIF (Anti-sémite)











RACISTE











AUTORITARISTE











DEMOCRATIE RELLE











PRO-ISLAM











PRO-CHRETIEN











PRO-JUIF











                       

 

 

Le mouvement anti-oligarchistes se compose d’au moins 5 mouvements politiques aux orientations complètement opposées et de plus d’un quinzaine au moins de courants dans chacun de ces mouvements, soit près de 75 sous-groupes au minimum. Bien, qu’il soit minoritaire en réalité. Un seul de ces 75 sous-groupes défend le nazisme (le fascisme antisémite). C’est pourquoi, qualifier de fasciste ou de nazi, l’ensemble des anti-oligarchistes (ou théoriciens du complot) s’avère complètement erroné et en réalité une manipulation par amalgame. Ainsi, une personnalité de la gauche radicale, tel Lordon, Ruffin, Mélenchon, voir Chomsky (mais qui est libertaire), dont les discours sont anti-oligarchistes et pro-démocratie, n’est donc pas un fasciste, contrairement au discours dominant des médias et de l’antifascisme confusionniste. Les qualifier de fasciste, c’est faire comme-ci tous les courants qui composent le mouvement anti-oligarchiste ne formaient qu’un seul bloc, alors qu’il y a aussi des anti-oligarchistes qui sont anti-capitalistes, ou anti-impérialistes, ou écologistes etc., mais aussi anti-sionistes de gauche et de droite, et mêmes antisémites de gauche et de droite. C’est pourquoi, affirmer que tous les anti-oligarchistes sont des fascistes, relève d’une manipulation qui sert finalement les fascistes et l’extrême droite, qui défendent eux, une oligarchie capitaliste, mais sans le dire trop fort. C’est une manipulation utilisée aussi contre la gauche radicale. Pour accuser une personne et la discréditer, une méthode parmi les plus efficaces consiste à l’accuser de fasciste, comme l’explique Godwin.

Le terme complotiste est complètement erroné, puisqu’ils attaquent les complotistes réels ou supposés. Il faut donc les nommer les théoriciens du complot. Ainsi, les anti-conspis, se dénomment par le nom de ceux qu’ils attaquent ! Les théories de la conspiration sont une galaxie d’idéologies diverses. Ce qui différencie les théoriciens du complot, des anti-oligarchistes est le fait que les premiers ont tendance à délirer et les seconds sont objectifs dans leur analyse. Cependant, chacun d’eux représente chacun un pôle « idéal typique » (délirant versus objectif), entre lesquelles on doit situer chaque texte, auteur, site et mouvement, selon qu’il est plus ou moins proche du pôle délirant ou objectif. Cependant, souvenons-nous, que les analyses dites scientifiques des politistes, des courants politiques, tels le communisme, le capitalisme, le libéralisme, le fascisme… ont depuis longtemps prouvée, qu’elles pouvaient aussi être parfois délirantes et parfois objectives.

Finalement, les théories du complot, si elles ne disent pas toujours la vérité, poussent au moins vers l’esprit critique et évitent une vision unilatérale de la réalité, la pensée unique. Chomsky rappelle à juste titre qu’il est tout aussi faux de dire que tout est explicable par les théories du complot, que de dire qu’il n’y en a aucun. D'ailleurs, une analyse objective anti-oligarchiste ou anti-corruption d’une action illégale commise d’une élite, avant qu’elle passe à la télévision est généralement considérée comme une théorie du complot (un délire fasciste) et ensuite un fait journalistique. Les journalistes de Médiapart étaient accusés de complotisme, jusqu’à ce que les élites incriminées fassent l’objet d’un procès et soient inculpées.

 

Le confusionnisme par amalgame mêle les relations formelles et le fond. Cela conduit donc à un raisonnement par amalgame, par l’association erronée (du secondaire et de l’essentiel, de la forme et du fond, de l’espace et du fond…). Le confusionnisme par amalgame manipule les liens formels, telle la proximité spatiale. Si une personne de réputation correcte est mise en relation plus ou moins distante avec une autre de mauvaise réputation avec qui elle ne partage pas du tout les mêmes opinions politiques.

Ce mode d’analyse consiste à se centrer surtout sur les relations formelles au lieu des relations de fond (d’idée). Le raisonnement par association conduira à accuser une personne de bonne réputation si elle : si elle été vu au côté de cet autre de mauvaise réputation, si elle a parlé à cet autre.=, si elle a participé à un groupe, un repas, un colloque, un journal, un livre, un site, auquel à participer un jour, même dans une temps très lointain, si un de ses écrits à été repris sur un autre site, ou texte malgré lui et sans son accord.

Ce confusionnisme cherche à établir des points communs formels entre deux personnes ou deux groupes à l’idéologie différente, qui se retrouvent même par hasard, par exemple à un moment donné, sur un même lieu, conférence, média, émission, site Internet, tels deux articles publiés sur un même site (même malgré leurs auteurs) ou encore un débat commun, même contradictoire entre eux, ou encore en liant deux auteurs citant le même écrivain...

Ce raisonnement confusionniste se nomme aussi un syllogisme. Le plus connu est celui-ci : Socrate est mortel, une étoile est mortel, donc Socrate est une étoile ! Le syllogisme principal des confusionnistes est le suivant : théorie du complot=révisionnisme=antisémitisme=fascisme… Pour fermer la boucle de l’absurdité, il suffit d’ajouter une petite chaîne de syllogismes :

=fascisme=totalitarisme=communisme=anarcho-communisme=antifasciste !  

Ainsi, avec beaucoup de mauvaise foi, d’imagination et un peu de bêtise, avec le confusionnisme par amalgame, toute personne peut être qualifiée de fasciste, même les anti-fascistes. C’est ce qui arrive d’ailleurs à la communiste anti-fasciste Annie Lacroix-Riz, de même qu’à la très grande majorité de la gauche alternative et ceux qui sont accusées d’être des théoriciens du complot, alors qu’ils ne sont généralement que des anti-oligarchistes. En s’appuyant sur les relations formelles, la communication par amalgame saisi les émotions et non la rationalité intellectuelle, c’est donc redoutablement efficace.

 

Le confusionnisme amalgame des idées secondaires avec l’ensemble d’une idéologie. Les valeurs de gauche sont principalement la volonté de développer l’égalité, la redistribution des richesses, la solidarité, l’anti-capitalisme. Par exemple, certaines associations et partis de gauche luttent contre le traité transatlantique (TAFTA), contre le pouvoir de la finance internationale, contre l’indépendance de la banque centrale européenne ou défendent la relocalisation de la production, défendent l’autonomie économique et politique. Compte tenu que le front national défend les mêmes types d’idées, le manipulateur en conclu que ces associations de gauche sont pro-FN. Alors qu'en en réalité, il n'existe aucun lien essentiel, mais seulement secondaire, avec les idées de fond de la gauche radicale. Bien au contraire, l’idéologie du FN (de l’extrême droite) et de la gauche radicale s'opposent profondément, puisque le cadre principal et non secondaire des idées pro-FN relève du capitalisme autoritaire, xénophobe et de la non-redistribution des richesses. Ce confusionnisme par amalgame prend donc la partie pour le tout, le secondaire pour l’essentiel, à l’inverse, l’analyse différenciée.

 

Le confusionnisme relève de la communication et non de la raison. Cette dernière relève de la rationalité. Elle s’appuie sur la vérité des idées, être précis et logique dans son raisonnement, afin de ne laisser aucune ambiguïté sur les idées (être d’extrême gauche ou d’extrême droite). Dans cette culture politique fondée sur la rationalité, sur le fond,  un texte peut être diffusé, sans crainte, tout azimut sur les différents sites de « la toile », car il ne sera attaqué que sur le fond, pas sur le médium.

Dans la méthode ou culture de la communication, de la propagande s’est l’inverse. Cette méthode consiste à verrouiller la communication en limitant ses propres écrits à son propre site, voire même uniquement à du papier afin d’éviter d’être copié sur d’autres sites. Ce qui compte n’est pas le fond, pas la vérité des idées, mais l’effet émotionnel, puis mental que cela engendre. C’est la communication politique qui s’oppose à la politique des idées.

 

Une analyse différenciée permet d’éviter la pensée binaire. Cette dernière nuit à la réflexion véritable et sert l’ignorance et le séparatisme entre communauté, groupe, militants… Pour la pensée binaire, le monde est manichéen, blanc ou noir, bien ou mal, ami ou ennemi, comme l’affirmait Georges Bush pour mener sa guerre en Irak et Afghanistan… Il faut ainsi être pro-américain ou pro-russe, pro-cuba ou anti-cuba. Il s’agit au contraire de savoir discerner, chez un même auteur les idées proches de la droite et celles proches de la gauche (par exemple chez Nietzsche), ou encore savoir séparer les idées de l’analyse scientifique du capitalisme par Marx et ses propositions politiques pour une société communiste, ou savoir aussi différencier Marx de Staline…

La pensée binaire s’oppose à une pensée nuancée par la différenciation et par le discernement fondé sur la rationalité. Cela sert les dominants, les élites capitalistes, qui attisent ce morcellement et les conflits entre les organisations politiques, syndicales et citoyennes de gauche. Pour les dominants elles, la frontière doit être tranchée entre deux blocs clairement distincts : amis ou ennemis. Par exemple, un socialiste ou un communiste qui propose la relocalisation (local, ou national) pour des raisons écologiques risquera d’être considéré comme un nationaliste, donc d’extrême droite ! Ainsi, celui qui par ouverture d’esprit accepte d’articuler les idées essentielles de son propre camp idéologique avec une idée commune, mais secondaire du camp opposé pourra alors être considéré comme un félon, par les partisans de son propre camp ayant un esprit ferme et étroit. Alors qu’il prouve au contraire son ouverture d’esprit, sans perdre le cap idéologique, c'est-à-dire les valeurs essentielles. À gauche, cela consiste à défendre l’égalité et en particulier la redistribution des richesses.

 

Conclusion

Ainsi, les trois critères qui accroissent la quantité des attaques contre une personnalité (de la gauche radicale) consistent dans le fait d’être connu, de manquer de différenciation sur le fond avec ses opposants (le capitalisme ou l’extrême droite sur le fond) et de ne pas se différencier suffisamment sur la forme (la communication). Cependant, lorsque que la critique n’est pas constructive, mais qu’elle relève d’une attaque usant du confusionnisme par amalgame et non de l’analyse différenciée et objective, elle devient fausse, manipulatoire et diffamatoire. Déjà, dans les années 1930, durant la montée du fascisme, les gauches se traitaient déjà entre elles de fascistes, devant les yeux amusés ou ravis des véritables fascistes.

 

Ulysse Aquarès

 

Pour aller plus loin voici plusieurs textes. Si vous raisonnez à la manière de l’antifascisme confusionniste (par amalgame), vous estimerez que je défends toute l’idéologie de tous les auteurs de ces sites, si vous raisonnez avec discernement, vous jugerez uniquement leurs idées, sans me les attribuez.

 

http://www.fakirpresse.info/L-air-du-soupcon.html

 

http://www.silviacattori.net/article5466.html

 

http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/06/19/linstrumentalisation-de-lantifascisme/



Mercredi 6 Mai 2015


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