Reflexion

PARTENARIAT UNIVERSITÉ-INDUSTRIE : Passage obligé pour la maîtrise de l’énergie


Dans la même rubrique:
< >

Mercredi 29 Août 2018 - 11:56 De la grandeur d'un athéisme pensant

Mercredi 23 Mai 2018 - 22:18 L'Europe s'initie au jeu de Go



Le temps presse, notre retard technologique n’est pas linéaire, il est exponentiel


Professeur Chems Eddine Chitour
Samedi 2 Avril 2011

PARTENARIAT UNIVERSITÉ-INDUSTRIE : Passage obligé pour la maîtrise de l’énergie
L’économie mondiale a besoin d’une quantité grandissante d’énergie
pour soutenir la croissance économique, accroître le niveau de vie et réduire
la pauvreté. Or, aujourd’hui les tendances en matière d’utilisation
d’énergie ne sont pas durables. Au fur et à mesure que la population
mondiale prendra de l’expansion et que les économies deviendront plus
industrialisées, les sources d’énergie non renouvelables se feront plus
rares et leurs prix augmenteront.

Quelques chiffres pour fixer les idées. La planète consomme 18.000TWh, les
Etats-Unis consomment 4000TWh, le Monde consomme en moyenne 2500TWh,
l’Algérie 35TWh. D’une façon générale s’agissant de l’énergie 84%
de l’énergie est encore d’origine fossile. Les 16% restants sont : le
nucléaire, 6%, l’hydraulique 8% et les énergies renouvelables 2%.

Le nucléaire ne pourra jamais remplacer les économies d’énergie. Dans une
contribution récente, j’avais pointé du doigt la fuite en avant du
nucléaire en général et j’avais milité - et je milite toujours- pour un
développement durable de la nature. Justement, le nucléaire oeuvre-t-il dans
le sens de la construction d’un développement durable?

La question, pertinente hier, peut s’avérer provocante aujourd’hui, au
regard des terribles événements survenus à Fukushima. le débat sur son
bien-fondé, et notamment son efficience environnementale, bat aujourd’hui son
plein. Comment considèrent-ils cette énergie? Est-elle positive ou négative
pour le développement durable? Par quels biais? Il est curieux de constater que
l’AIE, la Banque mondiale ou l’Ocde ne cataloguent pas l’énergie
nucléaire dans les indicateurs du développement durable. Il est fort à parier
qu’après la catastrophe de Fukushima, le nucléaire ne sera plus exempt de
critiques fondées voire, beaucoup de pays freinent la construction ou se
désengagent comme l’Allemagne. Vouloir miser sur le nucléaire pour fournir
de l’énergie électrique devra nous inciter à être extrêmement prudents.
Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas maintenir une veille technologique.

Qu’on le sache : nous avons dépassé le «overshoot day», le jour du
dépassement pour l’année 2010 le 21 août, c’est-à-dire notre boulimie
énergétique a fait que nous avons consommé en moins de huit mois ce que la
nature a pu mettre à notre disposition en une année. Nous vivons à crédit et
la nature nous le fait payer cher par les différentes manifestations tels que
les changements climatiques.
En Algérie, les énergies fossiles couvrent plus de 99%, le 1%restant est
constitué par l’hydraulique et quelques applications solaires moins de 0,1%.
L’ambition est d’arriver à 40% en énergie renouvelable dans moins de 20
ans. Serions-nous capables de le faire? La question est posée C’est un fait
que la demande d’électricité, dans notre pays, en nette progression,
pourrait tripler d’ici à 2030 en Algérie qui doit s’orienter davantage
vers les énergies renouvelables pour varier ses ressources énergétiques, «Il
est prévu que nous allons passer d’une consommation de 40 TWH actuellement à
150 TWH en 2030», a déclaré le ministre de l’Energie et des Mines, Youcef
Yousfi. Ces projections incitent l’Algérie à intégrer dès aujourd’hui
les énergies renouvelables dans sa stratégie d’offre énergétique à long
terme, tout en accordant un rôle important aux économies d’énergie.

La mise en oeuvre d’un partenariat dans le domaine des énergies nouvelles
et renouvelables a été jeudi au menu d’une rencontre entre chercheurs et
représentants du gouvernement. Il s’agit «de mettre en place un véritable
partenariat entre les centres de recherche du secteur de l’enseignement
supérieur et de la recherche scientifique et ceux du secteur de l’énergie»,
ce partenariat permettra «une meilleure circulation de l’information
scientifique et technique» pour améliorer la qualité de l’expertise dans
les énergies renouvelables. La réunion, qui a regroupé- sous l’égide de la
Présidence- les deux secteurs de l’enseignement supérieur et celui de
l’énergie et des mines pour définir les voies et moyens d’une
coopération, est une bonne chose mais il me semble que l’on met la charrue
avant les boeufs.

Au risque de me répéter, nous ne savons pas où nous allons. A titre
d’exemple, si on demande aux citoyens de faire des économies d’énergie, il
faut leur expliquer les enjeux et par exemple qu’une calorie épargnée est
une calorie disponible pour l’exportation ou encore mieux disponible pour les
générations futures si on la laisse dans notre sous-sol qui, faut-il le
marteler, est notre meilleure banque.
Pour ma part, je pense qu’il faut une étude fine pour définir un modèle
énergétique adossé à une vision de l’Algérie de 2030 du point de vue
industriel, économique, de ses ressources, de sa démographie, des changements
climatiques et naturellement de l’évolution de l’environnement
international qui sera de plus en plus dangereux. Le plan ambitieux des
énergies renouvelables devrait faire partie d’une vision d’ensemble. Le
moment est venu de mettre tout à plat et prendre le temps de consulter tous les
départements ministériels au lieu des deux seuls ministères (Energie et
Enseignement supérieur). En clair, on parle de 2030 ; qui peut dire ce que sera
l’Algérie de 2030 (dans une génération)? Les calculs montrent que la
population avoisinerait les 45 millions d’habitants. En continuant sur la
lancée actuelle (fil de l’eau), il nous faut 45 TWh.

Si on se développe autrement que dans le tertiaire (80% de la consommation
d’énergie actuelle) nous serons peut-être à 2500kWh/hab./an, soit environ
120 TWh annoncé. Cela suppose une refonte totale de notre tissu industriel, de
notre agriculture, de notre environnement, de notre bâti, de nos modes de
transports. On l’aura compris, ces départements ministériels sont parties
prenantes de la stratégie à définir. De plus, le ministre du Commerce est à
bien des égards le premier responsable capable d’influer sur le gisement
d’économie d’énergie (soit au moins 20%) que l’on peut économiser par
l’achat raisonné de véhicules qui consomment moins de 120g de CO2 par km au
lieu des 150g et plus des véhicules importés, le problème du sirghaz
trouverait une solution dans la double carburation.

La consommation d’énergie électrique serait moindre si une directive du
commerce interdit touts les appareils énergivores et institue une norme avec un
label A ou A+ comme en Europe. Bref, j’en appelle encore une fois à une prise
de conscience des décideurs et de la société pour partir du bon pied, éviter
comme le dit un proverbe du terroir «Arrakba maïïla» «La montée à cheval
est mal faite», dès le départ. Le temps presse, notre retard n’est pas
linéaire, il nous faut aller vers le futur à marche forçée, avec la
contribution de chacun, de l’écolier qui doit devenir le futur écocitoyen à
l’imam avec ses prêches contre le gaspillage, au citoyen lambda en général,
la clé de réussite est de donner au citoyen, par le parler vrai, qu’il est
acteur de son destin.

Pr Chems Eddine CHITOUR

Ecole Polytechnique enp-edu.dz


Samedi 2 Avril 2011


Commentaires

1.Posté par Vladimir le 02/04/2011 23:56 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

L'économie ne peut pas réduire la pauvreté car ce qu'on n'a pas réussit à (ou voulu) faire avec un baril à 10, 20 ou 30$ on ne ne réussira jamais à le faire avec un baril à 100$ et plus.
L'économie ne crée pas de richesse, elle détruit de la richesse et la transfère temporairement aux individus et le pétrole et les ressources transformés ne peuvent pas être en réutilisés sans adjonctions d'énergies, on détruit en fait encore plus de richesses fossiles quand on récupére.
Le capitalisme lui ne peut fonctionner que s'il reçoit quasi gratuitement les ressources, pour accéder aux ressources les grandes industries payent des sommes absolument ridicule aux états, puis les exploitent et enfin laisse une montagne d'ordures et de pollutions quand elle ont vidées le sous-sol.
Les ordures sont le vrai visage du capitalisme, ce visage n'est pas celui que vous voyez sur les étagères comme consommateur, les beaux objets sont de l'appât à poisson, vous êtes le poisson et vos choix n'existent pas, vos choix ne sont que désirs, désirs créent par les élites point final, la misère laissé ensuite par ces compagnies en plus de leurs poubelles et pire que ce qu'il y avait avant leurs arrivés, alors dire que le capitalisme gomme la misère c'est tout un poème.
Voici 20 ans on dépensait une unité de travail pour tirer du pétrole de la terre et celui-ci nous en redonnait 100 unités, la croissance de ses 100 unités aucune industrie ne les a jamais payés, actuellement on dépense 1 unité pour 20, une jour on en sera à 1 pour 2 et les ressources seront alors presque épuisées, alors si l'esclavage n'est pas rétabli le capitalisme s'effondrera.
Pour que l'économie croissent il faudra trouver de l'énergie déjà en boite, comme le fossile qui à mis des milliers d'années à accumuler de l'énergie, actuellement où est cette énergie ? elle n'existe pas mais on voudrait nous le faire croire, s'il faut créer cette énergie elle sera sans doute très cher donc elle sera accessible seulement aux gens qui auront les moyens.
Cette civilisation qui avait bien débuter et où tout était possible commence doucement à tourner au cauchemar, bienvenue en enfer car comme vous le savez l'enfer est pavé de bonne intention.

2.Posté par nebuleuse le 03/04/2011 10:33 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

Vladimir. Ce que vous dites m'interpelle. Je ne comprends pas pourquoi nous serions condamnés au proges capitaliste. Tout est toujours une question de packaging ; même le idèes. A l'interieur il n'y a souvent rien de très interressant. Tout ce que je sais avec certitude c'est que nous devons combattre la mondialisation et cela signifie combattre le capitalisme. Je ne parle pas de la petite et moyenne industrie mais purement et simplement des grands groupes. Ils doivent mourir si nous devons survivre.

3.Posté par nebuleuse le 03/04/2011 10:34 | Alerter
Utilisez le formulaire ci-dessous pour envoyer une alerte au responsable du site concernant ce commentaire :
Annuler

"progres" capitaliste

Nouveau commentaire :

Coup de gueule | Croyances et société | Reflexion | insolite, humour, conspiration...


Publicité

Brèves



Commentaires