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Omar Mazri : Effet Pygmalion – partie 3 : Regards sur la Révolution en Tunisie


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Omar Mazri
Mardi 18 Janvier 2011

Omar Mazri : Effet Pygmalion – partie 3 : Regards sur la Révolution en Tunisie
Allah nous ordonne de changer notre regard sur la dictature si nous voulons changer notre monde et nous  y inscrire en homme libre et non en indigène fabriqué par le colonialisme international et  son vassal le despotisme local :

{Et ne penchez point vers ceux qui furent injustes, sinon le Feu vous atteindra : vous n’avez point de protecteurs à l’exclusion d’Allah, puis, vous ne triompherez point.} Hud 113

 

Nous avons vu dans la partie 1 le regard du « civilisé » catholique de droite ou protestant de gauche sur le musulman présenté comme repoussoir après fait de lui un objet de répulsion en le colonisant et en le ravalant au rang de bête à exploiter et à piller ou comme épouvantail dans le jeu électoral « démocratique ».

 

Nous avons vu dans la partie 2 l’inversion du regard du colonisé qui se libère du regard méprisant et humiliant pour montrer la genèse historique, sociale et politique qui fabrique l’indigène corvéable et l’indigène épouvantail qui finissent par fausser la vue du « civilisé » qui ne voit toujours pas qu’il n’est pas civilisateur mais un facteur réducteur, une malédiction dans la vie  des autres peuples.

 

Le destin nous a accompagnés pour que cette troisième partie soit le début de l’achèvement du cycle de fabrication de l’indigénat dans le monde arabe et musulman. Le peuple tunisien a brisé tous les tabous, touts les désespoirs et toutes les portes fermées contre la volonté des peuples démentant les prévisions et les espérances des pilleurs des richesses et des anesthésistes de la conscience musulmane.  Les élites musulmanes et occidentales sont maintenant averties : le musulman ne se soumettra jamais à la corruption et à l’injustice comme il ne s’est jamais soumis au colonialisme. Elles ont le choix de se soumettre au nouvel ordre  libérateur qui s’annonce ou payer le prix de leur entêtement

 

Dans cette troisième partie nous allons donc  souligner quelques aspects à valeur pédagogique  en nous situant exclusivement dans le cœur de l’actualité tunisienne qui aurait pu être algérienne, égyptienne, saoudienne, ou quelque part en  terres arabes et musulmanes.  Il faudrait rappeler la définition de l’effet pygmalion utilisé par Rosenthal en milieu scolaire : « l'influence du  regard admiratif sur le développement de l'enfant ». On peut imaginer l’effet pygmalion inverse. Le sociologue américain Jacobson définit cet effet comme l’auto effet de réalisation  prophétique que la psychologie cognitive et la psychologie sociale utilisent dans la guerre psychologique et la manipulation des foules comme effet placebo pour « booster » ou « abrutir » les populations stigmatisées en agissant sur le regard des acteurs qui manient ou qui  manipulent  ces populations dans une cascade d’effets de suggestion : « Tu es ce que je pense de toi ! »

 

1 – L’Islam refuse que l’humain honoré par le Souffle divin soit un instrument manipulé par un autre homme : L’homme est le produit de son regard sur lui-même et de son action sur son environnement qui transforme la pensée de l’homme qui a son tour transforme l’image que l’homme se fait sur lui-même, sur son être ontologique (croire, savoir, vouloir, devoir, pouvoir, imaginer…) et sur son action (contenue, nature, mode, efficience, performances, étendue et portée de l’acte humain…). Dans ce regard sur lui-même et sur l’autre la position humaine par rapport à la justice change son regard et change les dimensions de son action tant sur lui-même que sur son monde pour transformer ce qui doit être transformé. Le premier combat est de prendre de nouveau l’initiative historique en s’appropriant son propre regard sur soi libéré de l’aliénation et de la fascination qu’exercent l’idole et les totems des Taghuts.  Libérés de l’idolâtrie l’homme et le peuple peuvent voir la vérité en étant libérés de la peur, de l’intimidation et de la menace pour prendre en main leur propre destin sans interférences des pensées des autres ou de la suggestion de Satan et de ses figes :

 

{Pharaon dit : « Je ne vous montre que ce que je vois, et je ne vous guide qu’au chemin de la droiture ». Et celui qui devint croyant dit : « O mon peuple, moi, je crains pour vous l’analogue du Jour des factions, comme ce qui en fut des gens de Noé, de ‘Ad, de Tamùd et de ceux qui vinrent après eux. Allah ne veut point d’injustice à l’égard des créatures ».} Ghafir 29

{Lorsqu’Allah te les Fit voir, peu nombreux dans ton songe, et s’Il te les Avait Montrés nombreux, vous auriez perdu courage et vous vous seriez disputés sur le sujet, mais Allah préserva du mal. Allah Est Omniscient de l’essence des pensées. Et lorsqu’Il vous les Montrait, lorsque vous vous êtes  rencontrés, peu nombreux à vos yeux et Réduisait votre nombre à leurs yeux, afin qu’Allah Réalise une chose qui devait être accomplie. C’est à Allah que les choses sont ramenées. O vous qui devîntes croyants, si vous rencontrez une troupe, restez ferme et psalmodiez beaucoup le Nom d’Allah, afin que vous cultiviez. Obéissez à Allah et à son Messager et ne soyez point en conflit entre vous, car vous perdriez courage et vous vous disperseriez. Persévérez. Allah Est sûrement avec les persévérants. Et ne soyez pas comme ceux qui sont sortis de leurs demeures par ingratitude (envers Allah), par ostentation devant les Hommes, et rebutent de la Cause d’Allah, mais Allah Domine ce qu’ils font. Et lorsque Satan leur a embelli leurs œuvres et dit :   «Aujourd’hui, aucun des Hommes ne pourra vous vaincre, Je vous protège ».  Mais lorsque les deux troupes se firent face, il s’est détourné en faisant volte-face et dit : « Je suis innocent de ce que vous faites, je vois ce que vous ne voyez point, je redoute Allah ». Et Allah Punit sévèrement.}  Al Anfal 43

 

La bataille du regard ou de l’image sur soi est une bataille stratégique qui a fait dire aux premiers Musulmans que l’humiliation ne tombe que sur celui qui vit acceptant d’être humilié par les autres. Jalal Eddine Rumi par sa culture islamique profonde et sincère a compris le drame de l’humain : son regard sur lui-même :

 

« Si tu te vois pain tu es crouton de pain,

Si tu vois fleur tu es parterre fleuri

Si tu te vois âme tu es immortel

Tu es ce que ton œil spirituel a contemplé »
 

En changeant son regard sur lui-même et sur la dictature  le peuple tunisien a suivi la stratégie de l’œil spirituel de Moïse qui en  faisant changer le regard de son peuple a fait précipiter Pharaon dans la mer pour qu’il finisse englouti. En orientant le regard du peuple opprimé sur lui-même Moise a brisé la fascination qu’exercent le pouvoir et les symboles de richesse et de puissance du tyran sur le regard et l’imagination des peuples. Moise s’est appuyé sur la jeunesse qui n’est pas encore corrompue par l’asservissement et la peur pour modifier le regard et faire du regard humain une vision salvatrice qui affronte le danger et brave la mort sans craindre les armées car elle s’est détournée de la corruption du régime despote et de ses oripeaux mondains qui fascinent les esprits faibles ou les corps séniles qui n’ont pas de regard lucide sur le cours de l’histoire et l’accomplissement du destin :
 

{Et Allah Établit la vérité, par Ses Paroles, même contre le gré des malfaiteurs. Mais ne crurent en Moïse que quelques jeunes, de ses gens, quoiqu’en ayant peur de Pharaon - qu’il ne les fourvoie - et de leurs élites. Pharaon est sûrement despote sur le pays, et il est sûrement du nombre des dissipateurs. Et Moïse dit : « O mon peuple ! Si vous avez vraiment eu foi en Allah, fiez-vous donc à Lui, si vous êtes musulmans. » Alors ils dirent : « Nous nous fions à Allah. Notre Seigneur, ne Fais pas de nous un fourvoiement pour les gens injustes, et Sauve-nous, par Ta Miséricorde, des gens mécréants. » Et Nous Inspirâmes à Moise et à son frère: « Prenez, vous deux, pour vos gens, des demeures à l’avant en Égypte. Et faites de vos demeures une Qibla, accomplissez la prière, et annonce la Bonne Nouvelle aux croyants ». Et Moïse dit : « Notre Seigneur, Tu As Accordé à Pharaon et son élite aisance et biens dans la vie terrestre, notre Seigneur, afin qu’ils se fourvoient de Ta voie ! Notre Seigneur, Supprime leurs biens et Endurcis leurs cœurs, de sorte qu’ils ne deviennent pas croyants jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux ». Il Dit : « Votre invocation, à vous deux, est exaucée. Suivez alors, tous deux, la rectitude et ne suivez surtout pas la voie de ceux qui ne savent point. » Et Nous Fîmes traverser la mer aux fils d’Israël, alors Pharaon et ses soldats les suivirent, par tyrannie et agressivité, jusqu’à ce qu’il fût atteint par la noyade}  Younes 82

 

2 – C’est ce changement de regard qui a consacré  la malédiction et la fin du régime tunisien car il est irrécupérable, irréformable. Ce changement de regard a eu lieu dans l’anonymat de Mohamed Bouazizi qui en se transformant en torche humaine a inscrit au peuple tunisien son nouveau destin : l’immoralité dans le regard miséricordieux de Dieu que le néant dans le regard méprisant des parvenus et des oppresseurs.

 

De cette image faisant don de soi est né le regard choqué du tunisien qui ne veut plus voir ces sacrifices vains et ses souffrances inutiles dans une terre musulmane

 



 

Dans cette image les regards du personnel médical et paramédical ont perdu le sens de la vision apocalyptique en se focalisant sur celle du  dictateur  attendant un mot. Ce dernier et son équipe sont perdus cherchant  le regard  de sa victime tout en le fuyant en gardant une distance pour être pris par le regard du photographe on assiste à la tragédie du peuple tunisien et au voyeurisme de la mise en scène autour de l’agonie d’un peuple qui va entrainer dans sa mort la chute du régime qui a brulé sa vie si le peuple fier et lucide saura regarder la réalité sans baisser les yeux pour ne pas être dupé de nouveau par les vampires. Le martyr a les yeux masqués comme le signe du destin qui annonce que son boureau va être effacé des regards des hommes qui ont perdu pour lui toute compassion et tout pardon et du Regard d'Allah qui a déja prononcé son décrét :

 

{prenez-le et à la Gehenne jetez-le!}

 

Cette image prémonition d’un peuple mature ou vision d’un martyr doit interpeller longtemps la conscience des peuples musulmans pour que les bandages  ne voilent plus  le système colonial et son vassal le régime dictatorial qui ont perdu toute justification morale, politique, sociale ou géostratégique. Allah a fait du « méprisable » vendeur de légume à la sauvette la momie vivante qui va  réveiller la conscience et le débordement de la colère qui a fait fuir le général représentant le cœur du dispositif sécuritaire du sionisme et de l’impérialisme contre les peuples musulmans. Les peuples musulmans  sauront-ils en faire un symbole moderne du sacrifice immortalisé dans la Surah al Burudj ou vont-ils se plier à la volonté des arrangements d’appareils,  à la compromission des élites inféodées à l’Occident et aux compromis des partisans du partage de la rente politique que leur lègue le martyr de centaines de jeunes anonymes ?
 
3 - Allah est le regard infaillible et inoubliable de toutes les tragédies. Sa parole est serment sur les constellations visibles  ou invisibles au regard humain que la vérité s’imposera au détriment des imposteurs dans ce monde s’il y a des hommes prêt à témoigner contre les injustes ou le Jour du Jugement dernier s’il n’y a personne pour témoigner aujourd’hui et alors viendra l’imposture incarnée pour témoigner de ses crimes et  de ses complicités  qui ont porté tort et souffrances aux croyants, aux faibles et aux innocents vaincus par la ruse et la trahison impitoyable :
 

{Par le ciel aux constellations, et par le Jour promis, et par un témoin et ce dont on témoigne, les gens du Fossé ont été tués: c’est le Feu au combustible. Lorsqu’ils y étaient assis, et eux sont témoins de ce qu’ils faisaient des croyants, et ils n’ont tiré vengeance d’eux que parce qu’ils croient en Allah, l’Invincible, le Tout-Louable. Celui auquel appartient le Royaume des Cieux et de la terre. Et Allah Est Témoin sur toute chose. Certes, ceux qui ont éprouvé les croyants et les croyantes, ensuite ne se sont pas repentis, ils auront le châtiment de la Géhenne, et ils auront le châtiment du Feu ardent.} Al Burudj 1 à 10
 

Toutes les mères et tous les opprimés viendront intercéder en faveurs des immolés, des harragas, des électrocutés, des drogués et des extrémistes poussés aux extrêmes du désespoir et aux limites de l’entendement humain à comprendre et à supporter la violence faite contre eux et contre des peuples pacifiques livrés à la prédation, au viol, à l’éradication et au mépris assassin. La mère et les sœurs de Mohamed Bouazizi doivent  trouver apaisement et patience  en s’inspirant de notre Prophète (saws) commentant la Suraw al Burudj comme le rapporte l’imam Muslim :
 

« D'après Chou'ayb (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui) a dit : "Jadis vivait un roi qui avait un sorcier. Quand le sorcier se sentit vieillir, il dit au roi : "Me voilà maintenant âgé. Envoie-moi donc un jeune homme pour que je lui enseigne la magie". Il lui envoya un jeune homme. Sur son chemin vers le sorcier, le jeune homme rencontra un moine. Il s'assit auprès de lui et écouta ses paroles qui lui plurent. Il faisait ainsi chaque fois qu'il se rendait chez le sorcier. Quand il arrivait auprès du sorcier, ce dernier le frappait pour son retard. Il s'en plaignit au moine qui lui dit : "Quand tu as peur de la colère du sorcier, dis lui : "J'ai été retenu par ma famille" et quand tu crains la colère de la famille, dis lui : "J'ai été retenu par le sorcier". Entre-temps, voilà qu'une bête énorme interdit le passage aux gens. Le jeune homme dit : "Aujourd'hui je vais savoir qui du sorcier ou du moine à la plus grande valeur". Il prit une pierre et dit : "Seigneur Dieu! Si l'œuvre du moine T'est préférable à celle du sorcier, tue cette bête afin de permettre aux gens de passer".

Il la frappa alors avec la pierre et la tua sur le coup. Les gens eurent ainsi la voie libre. Il vint en informer le moine qui lui dit : "Mon petit, tu es devenu maintenant plus fort que moi puisque tu es arrivé à ce miracle. C'est pourquoi tu vas certainement être mis à l'épreuve. S'il en est ainsi, ne dis à personne où je suis".

Ainsi donc le jeune homme en arriva à guérir l'aveugle de naissance et le lépreux. Il guérissait les gens de la plupart de leurs maladies. L'un des courtisans du roi qui était aveugle en entendit parler et se rendit auprès de lui avec de nombreux cadeaux. Il lui dit : Tout ce que tu vois là est à toi si tu arrives à me guérir".

Le jeune homme lui dit : "Je ne guéris personne moi-même mais c'est uniquement Dieu (le Très-Haut) qui guérit. Si tu crois en Dieu (le Très-Haut), je Le prierai et Il te guérira". Le courtisan crut en Dieu et Dieu le guérit. Il se rendit chez le roi et s'assit près de lui comme il en avait coutume.

Le roi lui demanda : "Qui donc t'a rendu la vue?".

Il dit : "Mon Seigneur et Maître".

Il lui dit : "Est-ce que tu as un Seigneur autre que moi?".

Il dit : "Mon Seigneur et le tien est Dieu".

Le roi le jeta en prison et ne cessa pas de le torturer jusqu'à ce qu'il dénonçât le jeune homme. On fit alors venir le jeune homme et le roi lui dit : "Mon petit, te voilà arrivé à guérir avec ta magie l'aveugle-né et le lépreux et à faire telle et telle chose".

Le jeune homme lui dit : "Je ne guérit personne mais c'est Dieu (le Très-Haut) seul qui guérit".

Il le jeta donc en prison et ne cessa de le torturer jusqu'à ce qu'il dénonçât le moine. On fit venir le moine et on lui dit : "Renie ta foi!" et il refusa de le faire. On ordonna d'apporter une scie qu'on lui plaça sur la raie de ses cheveux. On lui coupa ensuite la tête qui tomba en deux morceaux.

On fit alors venir le courtisan et on lui dit : "Renie ta foi!" mais il refusa. On lui plaça la scie sur la raie de ses cheveux et on lui coupa la tête qui tomba en deux morceaux.

On fit enfin venir le jeune homme et on lui dit : "Renie ta foi!" Mais il refusa. Le roi le jeta à quelques-uns de sa suite et leur dit : "Amenez-le à telle montagne et escaladez-la avec lui. Une fois parvenue à son sommet, demandez-lui de renier sa foi, sinon jetez-le du haut de la montagne. Ils le prirent donc avec eux et escaladèrent la montagne. Il dit : "Seigneur Dieu! Sauve-moi d'eux par ce que Tu veux!".

La montagne se mit alors à branler. Ils tombèrent dans le vide et il vint dire au roi : "Dieu m'a sauvé d'eux".

Le roi le jeta à des gens de sa suite et leur dit : "Allez avec lui et mettez-le dans une grande barque. Une fois arrivés au large, demandez-lui de renier sa foi, sinon jetez-le à la mer".

Ils partirent avec lui et, une fois en pleine mer, il dit : "Seigneur Dieu! Sauve-moi d'eux avec ce que Tu veux!".

La barque se retourna et ils se noyèrent. Il vint en marchant (sur l'eau) jusqu'au roi qui lui dit : "qu'ont fait tes compagnons?".

Il lui dit : "Dieu m'a sauvé d'eux".

Il dit alors au roi : "Jamais tu ne pourras me tuer si tu ne fais pas ce que je vais t'ordonner de faire.

"M'ordonner quoi?" demanda le roi.

"Tu rassembles ton peuple sur un même plateau puis tu me crucifie sur le tronc d'un palmier. Tu prends alors une flèche de mon carquois, tu places la flèche au milieu de la corde de l'arc et tu dis : "Au nom de Dieu, Seigneur et Maître de ce jeune homme", tu me tires alors la flèche et si, tu fais tout cela, tu me tueras sûrement".

Il rassembla donc les gens sur un même plateau, crucifia le jeune homme sur le tronc d'un palmier, prit une flèche de son carquois et la plaça au milieu de la corde de l'arc. Puis il dit : "Au nom de Dieu, Seigneur et Maître du jeune homme!".

Il tira alors la flèche qui alla se planter dans sa tempe. Le jeune homme porta la main à sa tempe et mourut sur le coup. Les gens dirent alors : "Nous croyons au Seigneur et Maître du jeune homme".

On vint dire au roi : "Que dis-tu de ce que tu craignais? Par Dieu, te voilà donc atteint de l'objet de la crainte et voilà que ton peuple à cru en Dieu".

Il ordonna de creuser des fossés à l'entrée de chaque route. On les creusa et on y alluma le feu.

Le roi dit : "Jetez-y tous ceux qui ne veulent pas renier leur foi".

C'est ce qu'ils firent jusqu'à ce que vint une femme avec son petit. Elle eut peur et refusa de se jeter dans le feu. Son enfant lui dit : "Mère! Patiente car tu es sur la juste voie ».
 


 4 – Dans ce cheminement du regard du musulman - face et dans le regard des autres -  à travers l’effet pygmalion et son effet inverse il faudrait signaler la désignation de la révolution tunisienne de révolution des jasmins. Celui qui a la compétence de nommer et d’imposer ses symboles a gagné la bataille non seulement de la communication mais celle de l’initiative historique et des références conceptuelles et idéologiques  pour comprendre le phénomène social, politique, économique ou idéologique.  Le verset suivant n’est pas une cause de style mais une démarche idéique, cognitive et existentielle pour  manifester son expression, sa présence et son témoignage actantielle dans le monde :

{Il Dit : « O Adam, informe-les de leurs noms ».} Al Baqara 33
 

Nommer la révolution allumée par Mohamed Bouazizi et entretenue par le peuple tunisien depuis des décades de révolution des jasmins est une insulte aux martyrs. La révolution des jasmins est une manière de présenter la révolution populaire  comme solution romantique qui tire son essence des arrangements d’appareils et du regard occidental qui voit le peuple tunisien comme un indigène qui se comporte en masse exotique sans consistance, en valet parfumeur des ses maitres, en stupide qui peut être leurré par les éradicateurs  laïcistes qui acceptent les arrangements d’appareils pour partager la rente ou fermer la porte à l’expression islamique qui a la compétence de mener le peuple tunisien d’hôte sympathique et naïf commerçant de jasmins à acteur stratégique dans le devenir de son destin et dans celui de la région du Maghreb et du monde arabe. Le désir des appareils et des arrivistes ne peut aller contre la volonté du peuple tunisien qui est un peuple musulman que ni Bourguiba ni Ben Ali n’ont pu changer comme les éradicateurs algériens et turcs n’ont pu changer les peuples algériens et turcs. Le peuple tunisien ne peut,  ne doit  et ne va être leurré par  les microcosmes qui veulent changer la réalité de la nature du peuple musulman tunisien qui exige la participation de toutes les forces vives de la nation tunisienne acceptant la coexistence pacifique et la participation  de toutes les composantes idéologiques et politiques saines  et honnêtes :
 

{Nous Fîmes à chaque Prophète un ennemi : les démons des humains et des djinns, les uns inspirant aux autres, par orgueil, des enjolivures de paroles. Si ton Seigneur l’Avait Voulu, ils ne l’auraient pas fait. Délaisse-les donc et ce qu’ils controuvent. Et pour que les cœurs de ceux qui ne croient pas en la vie Future les entendent, et qu’ils les acceptent, et qu’ils commettent ce qu’ils sont en train de commettre.} Al An’àm 111

 

{Certes, les démons incitent leurs liges à vous controverser. Si vous leur obéissez, vous serez sûrement polythéistes. Celui qui était mort et Nous le Vivifiâmes et lui Donnâmes une lumière, par laquelle il marche dans la voie des Hommes, est-il semblable à celui qui est dans les ténèbres et qui n’en sortira point ? De même on a embelli aux mécréants ce qu’ils faisaient. Et aussi, Nous Mîmes dans chaque Cité les grands de ses malfaiteurs pour y ruser. Mais ils ne rusent que contre eux-mêmes et ils ne se rendent pas compte.} Al An’àm 121
 

{Certes, la promesse d’Allah est Vraie. Que la vie terrestre ne vous trompe donc pas, et que le Trompeur ne vous trompe pas au sujet d’Allah. Certes, Satan est un ennemi pour vous, tenez-le donc comme ennemi.} Fatir 5

 

Ni Jasmin, ni rose, ni cèdre, ni tulipes, ni orchidée ni rameau d’olivier  mais le salut pour un peuple musulman comme Noé embarquant sur son arche et attendant le retour de la colombe lui annonçant la terre ferme et la fin du déluge pour commencer enfin un nouveau départ, une nouvelle civilisation en rupture avec les criminels et les injustes :

 

{Et raconte-leur l’histoire de Noé, lorsqu’il dit à ses gens :     « O mon peuple, si ma présence et mon rappel des Versets d’Allah vous pèse, alors je me fie à Allah ! Mettez-vous donc d’accord avec vos associés et que votre affaire ne soit pas un obscurcissement pour vous. Ensuite, décidez de moi et ne m’épargnez point. Si vous vous écartez, je ne vous ai demandé nul profit. Certes, ma rétribution n’incombe qu’à Allah, et j’ai reçu l’ordre d’être du nombre des musulmans. » Mais ils le démentirent. Alors Nous le Sauvâmes et ceux qui étaient avec lui dans l’Arche. Nous Fîmes d’eux des remplaçants, et Nous Noyâmes ceux qui démentirent nos Signes. Regarde alors quel ne fut le sort de ceux qui ont été avertis.}  Younes 73 
 

{… ne me parle plus de ceux qui furent injustes : ils seront forcément noyés ». Quand tu seras installé, toi et ceux qui sont avec toi, sur l’Arche, alors dis : « Louanges à Allah qui nous A Sauvés des gens injustes ». Et dis : « Mon Seigneur, Fais-moi débarquer un débarquement béni, et Toi Tu Es le Meilleur à donner hospitalité ».} al Muminun 27 

 

 

5 – Dans le prolongement du regard et des effets positifs et pervers de l’effet pygmalion il y a lieu de signaler l’importance exagéré donnée aux réseaux sociaux du net dans le but de  suggérer que la révolution menée en Tunisie est le produit d’une jeunesse ouverte à la technologie et ouverte à l’Occident car elle utilise ses mêmes instruments de la post modernité. Ce regard est pervers car il veut déposséder la révolution tunisienne de son caractère populaire et la rattacher à la petite et moyenne bourgeoisie tunisienne en donnant à ses enfants un rôle plus grand que la réalité sociale dans leur représentation de la révolution tunisienne qui reste populaire.
 

Ce regard pervers de suggestion ne parvient pas à cacher  sa panique devant  la tournure brutale et dramatique des événements qui ont conduit à la chute du pion sécuritaire et idéologique de l’Occident  en Tunisie considéré comme le maillon faible du monde arabe et musulman annonçant des secousses  politiques et sociales plus fortes au Maghreb et en Égypte. La technologie n’a pas fabriqué la révolution tunisienne elle n’a fait qu’amplifier son message car la technologie est un moyen de communication que la révolution algérienne, tunisienne, libyenne et marocaine a utilisé à son  époque et avec ses moyens rudimentaires que le pied noir et le gendarme des colonies surnommaient avec étonnement et émerveillement : « radio burnous » et « téléphone arabe » qui ont  fait face avec succès à  la redoutable machine technique et scientifique de la guerre psychologique et subversive de la propagande militaire et idéologique  pour maintenir l’indigène dans l’ignorance, l’inconscience et le maraboutisme.
 

{Et vous avez habité dans les habitations de ceux qui furent injustes envers eux-mêmes, et il vous a été montré en toute évidence, ce que Nous Fîmes d’eux, et Nous vous Avons Fourni les paraboles.

Et ils rusèrent leur ruse, mais leur ruse leur est gardée auprès d’Allah, même si leur ruse pouvait faire disparaître les montagnes ! Ne pensez point qu’Allah Manquera à Sa promesse envers Ses Messagers.} Ibrahim  45

 

{… quand un avertisseur est venu à eux, il ne les accrut qu’en répulsion : orgueil de par la terre, et ruse de nuisance. Mais la ruse de la nuisance ne retombe que sur ceux qui la fomentent.  S’attendent-ils alors à autre chose qu’à la Loi des Anciens ? Tu ne trouveras point d’altération à la Loi d’Allah, et tu ne trouveras point de déviation à la Loi d’Allah. N’ont-ils donc pas été de par la terre afin qu’ils voient quel ne fut le sort de ceux qui étaient avant eux, et ils étaient plus forts qu’eux en puissance ?!} Fatir 42
 

6 – Toujours dans le prolongement du regard et des effets positifs et pervers de l’effet pygmalion on ne peut empêcher le regard prometteur qui construit l’espoir en tissant des liens de sens et des liens de contigüité historique et de proximité spatiale : La révolution tunisienne de 2011 qui veut se libérer de l’Indigénat légué par le colonialisme français et géré par ses vassaux fait suite à une succession de révolutions en Tunisie dont la plus célèbre est celle de 1864 qui s’est déclenché du même lieu Sidi Bouzid  pour  contrer le beylicat despotique qui allait par son incompétence ouvrir la voie au colonialisme français et lui permettre  de s’implanter en Tunisie et de fonder son système colonial ainsi que les indigènes qui vont avec ce système. Cette révolution a été conduite par Ali Ben Ghdahoum de la tribu des Majer de Kasserine.  Arrêté et incarcéré au Bardo il fut  lâchement assassiné en 1867.

 

7 – Les éradicateurs qui viennent de réaliser l’exploit  fictif de confisquer  la révolution populaire en s’impliquant dans  un gouvernement qui tire sa légitimité et son idéologie du régime despotique de Ben Ali s’attendent sans doute à recevoir l’aide et la reconnaissance de la France et des États-Unis. Leur regard aveuglé par la haine idéologique ne voit pas  la mauvaise posture de l’impérialisme qui se démène en Irak, en Afghanistan, en Iran,  au Liban et en Somalie perdant de plus en plus la face et la compétence devant les peuples de l’Occident et de l’Orient.  Ils se voient en position de force mais en réalité ils sont  faibles  sans stratagème :
 

{Certes, ceux qui devinrent mécréants dépensent leurs biens pour rebuter de la Cause d’Allah. Ils les dépenseront, puis ce sera pour eux une angoisse, puis ils seront vaincus. Et ceux qui devinrent mécréants seront conduits à la Géhenne : afin qu’Allah Discerne le méchant du bon, qu’Il Mette les méchants les uns sur les autres, qu’Il les Entasse en totalité et les Mette dans la Géhenne. Ceux-là sont les perdus. Dis à ceux qui devinrent mécréants : « S’ils cessent », on  leur Absoudra ce qui est passé, et s’ils recommencent, l’exemple des Anciens a déjà eu lieu !} Al An’àme 36
 

Conclusion : Pour des raisons idéologiques et stratégiques la France et les USA n’accepteraient jamais l’arrivée au pouvoir de la coalition conduite par les islamistes et les communistes tunisiens mais les tunisiens doivent imposer leur choix car il est viable : entre ces deux choix le dénominateur commun est fort : la même privation, la même exclusion mais aussi la même volonté de libérer le peuple tunisien et  de le protéger du colonialisme ainsi que la même volonté de justice sociale et de répartition équitable des richesses. 

Tous les hommes de bonne volonté, en dehors des clivages idéologiques, religieux et politiques, doivent apporter leur soutien inconditionnel au peuple tunisien qui doit décider librement de son destin et choisir démocratiquement celles et ceux qui servent ses intérêts tant stratégiques que quotidiens.

 

La question cruciale est dans le changement du regard, de la posture et de la politique en Tunisie : il ne s’agit pas d’assurer une continuité à un système moribond mais toujours dangereux mais de mettre en place Al  Badil, l’alternative crédible et nouvelle,  à laquelle aspire le peuple tunisien depuis longtemps avant la parenthèse coloniale et despotique qui nié son identité musulmane, ses droits au progrès et à la dignité et l’a plongé dans les ténèbres de la condition indigène alors qu’il est destiné à vivre libre, civilisé et civilisateur :  
 

{Ils veulent éteindre avec leurs bouches la lumière d'Allah, alors qu'Allah ne veut que parachever sa lumière, quelque répulsion qu'en aient les mécréants.} Al Baqarah 32
 

 Pour conserver son regard lucide il faut voir le processus mis en jeu pour fabriquer l'indigène et l'empecher de voir la lumière à laquelle Allah l'appelle pour défendre son droit au sens et son devoir à la dignité et à l'usage de ses sens :

 



Mardi 18 Janvier 2011


Commentaires

1.Posté par le journal des tueursnet le 19/01/2011 11:43 | Alerter
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Vox Populi

Et puis pourquoi voulait-il me rencontrer ?
Peut-être pour me révéler le secret le mieux gardé ?
Celui qui lui a permis de régner sans partage sur des oiseaux qu’il a enfermé dans une cage et traité pendant 23 ans comme des otages…
Non… ne me dite pas que l’homme de Carthage savait ce qu’il faisait et faisait ce qu’il voulait… peut-être ?
Mais il ne pouvait pas aller au-delà… parce qu’il a feint d’ignorer en les privant de pain de seigle, que ses prisonniers étaient des aigles
qui pouvaient supporter le regarde du soleil sans jamais baisser les yeux…
http://www.tueursnet.com/2011/01/vox-populi/
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