Néolibéralisme et conséquences

Oh, une perle de l'industrie européenne rachetée par la Chine


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Thomas Jadot
Dimanche 29 Mars 2015

Oh, une perle de l'industrie européenne rachetée par la Chine
Les investisseurs chinois ont un attrait important pour les compagnies européennes, et leurs cibles ont un profil de plus en plus haut de gamme. On avait déjà eu un intérêt pour une tour de bureau de 18 étages sur la Potsdamer Platz à Berlin, mais là, c'est le producteur de pneumatique Pirelli. Pour des raisons incompréhensibles, les Européens considèrent les investisseurs chinois, même les sociétés d'Etat, comme moins pires que les sociétés russes.

Jusqu'en 2011, la Chine recevait principalement des investissements européens, et puis arriva la crise de la dette qui fit diminuer le prix des actifs. Certains gouvernements se sont empressés de privatiser (aux bons conseils du FMI de Madame Lagarde, NdT), et certains groupes n'étaient plus aussi regardant sur qui les rachetaient.

Les Chinois ont repris Volvo en Suède, une grosse part de Peugeot-Citroen et la maison de mode, Sonya Rykiel en France, le port du Pirée en Grèce ainsi que les restaurants Pizza Express, et finalement, la marque de vêtement haut de gamme en Grande-Bretagne, Aquascutum.


 
 

L'année dernière, lors de la reprise de PSA Peugeot-Citroen et de Pizza Express, les investissements chinois ont atteint un nouveau record en Europe. Même si les investissements aux USA ont aussi augmenté, au point de dépasser le flux étasunien vers la Chine, l'Europe semble toutefois plus accueillante.




La Chine possède 1 % des actifs boursiers européens, pas assez pour devoir s'inquiéter. Mais cela n'inclut le boom des investissements privés chinois, comme ceux au Portugal ou en Lituanie dans le real-estate, ces pays offrant ce qu'on appelle des "golden visa" (un visa de résidents à l'achat d'un bien immobilier, NdT). L'Europe est peu chère, relativement accueillante et offre ce que les compagnies chinoises cherchent: de la technologie et des noms connus.

Pirelli c'est un peu le summum de tout cela



La China National Tire & Rubber Company, faisant partie de la compagnie d'état, ChemChina, vend 20 millions de pneus par an, mais personne n'a jamais entendu parler d'eux, ni des marques Rubber Six ou Aeolus. Il faut dire qu'ils n'ont pas le passé prestigieux de Pirelli en sport automobile et encore moins leur sulfureux calendrier. Pirelli est cotée à 23 fois ses revenus, plus que Michelin avec 16 fois ou le coréen, Kumho, 11 fois. Toutefois, c'est la 5eme marque de pneumatiques au monde la plus mise en valeur, et la seule à acquérir, les autres faisant partie de grands groupes.

Pour quelqu'un d'ambitieux et qui a assez d'argent, Pirelli c'est une affaire en or. Sa capitalisation est de 7,5 milliards de USD (ChemChina c'est 40 milliards de USD), mais ce nom peut propulser les affaires des chinois sur l'international. C'est comme quand Geely a acheté Volvo, pas que pour son savoir technologique, mais aussi pour sa notoriété.

Mais il y a un mais. (selon Bloomberg, NdT)

La plupart des investissements chinois portent sur des firmes établies, et aucun projet ne part de zéro. Non pas que ce soit mal d'acheter des firmes européennes. Ce genre de business transfrontaliers est devenu totalement commun, mais l'Europe lègue son héritage à la pieuvre (le "pauvre cow-boy" américain, Ndt) chinoise et son gouvernement, vers une plus grande influence globale de la Chine.

 
"Si en ce moment, cela ressemble à de l'argent tombé du ciel, cela pourrait se transformer en cheval de Troie pour appliquer les décisions politiques de Pékin et introduire ces valeurs en plein coeur de l'Europe", a écrit de la Princeton University's, Sophie Meunier en 2014.
Les Européens pour investir en Chine, doivent passer par une joint-venture et des restrictions s'appliquent. L'UE tente de négocier une ouverture plus grande, mais l'UE reste désavantagée, il n'y a pas de réciprocité. L'ouverture aux capitaux chinois ne signifie pas que le Régime devient l'ami des Européens et il n'en partage sûrement pas les valeurs. Ce n'est pas mieux que de se jeter dans les bras des russes, en ce qui concerne les groupes énergétiques européens, et Rosneft ou Gazprom, qui aimeraient bien acheter tout ce qui est possible dans l’énergie  pour augmenter la pression lors des négociations. (le fameux oeil de Moscou, NdT)

Ces derniers jours, les gouvernements européens s'inquiètent des investissements russes, même privés. Rien ne dit que de forcer le milliardaire Mikhail Fridman à vendre tous ses actifs dans le pétrole en Mer du Nord, acquis avec le groupe énergétique allemand DEA, est mieux que d'aller tout revendre à société chinoise Dongfeng Motor ou ChemChina. (lire: vendez tout à... la très américaine Exxon Mobil, NdT)

L'Europe a besoin d'une ligne claire au sujet des investissements étrangers, ce qui est permis, quel investisseur est bienvenu ou pas. Pourquoi ne pas demander aux investisseurs étrangers de ne mettre de l'argent que dans des projet?
Il serait aussi logique de demander à ne prendre que des fournisseurs locaux et que la part des investisseurs ne soit jamais majoritaire.

traduit et publié par TJ, le 24 mars 2015, cet article peut être reproduit à condition d'en donner l'URL
http://vodkaetpelmini.blogspot.de/2015/03/oh-une-perle-de-lindustrie-europeenne.html



article source: http://russia-insider.com/en/2015/03/24/4895

Commentaire: L'article de Bloomberg nous dit, laissez-nous, américains, occuper toute la place. Comme disait Mercouris dans son article traduit sur ce site, Les États-Unis ne peuvent pas permettre à la Russie (la Chine aussi, NdT) de récolter les bénéfices de ses vastes ressources. Oh, non. Elle doit être châtiée, elle se doit d'être victime d'intimidations, elle doit être sanctionnée, isolée, menacée et intimidée. C'est la façon dont le système fonctionne. Le truc du marché libre, c'est juste des bobards pour le petit peuple. Apparemment, c'est pareil pour les chinois. 

Oubliez la liberté (des gens, d'investir, d'entreprendre), sauf si cela plait aux USA. Laissez tous les domaines de votre économie aux mains expertes des nord-américains. Comme cela, vous finirait comme Saab, en faillite, comme Volvo, en quasi-faillite, comme Continental, à fermer les usines en France... pour les ouvrir en Chine. Et le port du Pirée en Grèce, n'est-il pas vendu sur les bons conseils du FMI, pour vite désendetter la Grèce? Apparemment, certains capitalistes occidentaux semblent déborder par les capitalistes chinois, alors vite, critiquons.


Dimanche 29 Mars 2015


Commentaires

1.Posté par Arthru Gohin le 30/03/2015 09:23 | Alerter
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Les décisions économiques majeures doivent être celle des gouvernement démocratiquement élus. Il est communément admis que c'est là "le moins pire des systèmes".
La direction de l'Europe n'est pas élue, elle n'est que l'expression des lobbys. D'où il vient que l'Europe est livrée aux banques et aux grandes sociétés internationales.
La Chine investi en Europe, cela est sans danger s'il y a une direction qui pilote l'Europe. Mais comme il n'y en a pas, on ne sait pas ce qui va s'en suivre.
Les seuls gouvernements élus étant nationaux, il faut se contenter de directions nationales des économies nationales, avec des accords internationaux non pas d'ouverture sans limite, mais d'ouverture controllée et dirigée vers un but national.

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