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OUVRONS LES YEUX, CAMARADES !


Liquider les résistances et accentuer la guerre économico-capitaliste sur tous les fronts (1ère partie)Là-bas la guerre en Syrie, tout près de nous en Grèce la fonction du fascisme dans la crise capitaliste, ici en France sur le champ des solidarités familiales en générationnelles et des luttes anti-impérialistes…


Collectif Manouchian
Samedi 16 Novembre 2013

OUVRONS LES YEUX, CAMARADES !

Table des matières

Une rupture historique majeure à gauche : Où sont passées « les gauches » anti-militaristes, pacifistes, humanistes, démocrates, anti-autoritaires, tiers-mondistes, anti-impérialistes ?
Les retraites : pour mener la guerre économique, il faut détruire les solidarités familiales et générationnelles
Aboutissement logique d’une politique capitaliste en Grèce : la montée du fascisme comme épouvantail du capitalisme

1Dans le contexte politico-économique international, et dans celui spécifique à l’Europe et à la France, nous assistons actuellement à des offensives tous azimuts (au sein ou entre) les différents blocs impérialistes. Il s’agit ainsi de prendre l’initiative ou de poursuivre et amplifier la destruction des différentes résistances – globales ou locales – mises en place au cours des périodes historiques antérieures. Cette phase actuelle de développement du capitalisme mondialisé, en crise paroxysmique depuis 2007-2008, pousse vers une fuite en avant du système. Il s’agit de contenir, de détruire les résistances ou de se renforcer et se développer selon les situations et les contextes propres à chaque dimension : c’est vrai avec les velléités Françaises de faire la guerre en Syrie ; c’est vrai avec la destruction programmée, pan par pan, par l’Europe capitaliste, de la société et de l’économie grecque avec en point d’orgue la montée du fascisme ; c’est vrai également quand on observe l’état de mobilisation « des gauches » en France, face à la tentative du président Hollande de mettre le pays en état de guerre permanente ; c’est vrai aussi quand on observe le développement de l’islamophobie en France comme outil de diversion ou encore les petites et les grandes tentatives de récupération de l’anniversaire des marches pour l’égalité et contre le racisme, trente ans après ; c’est vrai aussi de la casse progressive et répétée des solidarités familiales et intergénérationnelles à partir de notre système de retraites.

Une rupture historique majeure à gauche : Où sont passées « les gauches » anti-militaristes, pacifistes, humanistes, démocrates, anti-autoritaires, tiers-mondistes, anti-impérialistes ?

2Dans le débat actuel, toute opposition aux guerres impérialistes se voit accusée de façon manichéenne de « soutien aux dictateurs ». Comment comprendre cette situation ? Une fois de plus, le « débat » sur une question politique d’une aussi grande importance que l’entrée en guerre mobilise toutes les passions et empêche de mesurer politiquement les enjeux. Nous ne nous interrogerons ici que sur un point : où est passé le mouvement anti-guerre en France ? Le quasi-consensus favorable à l’intervention militaire en Syrie à gauche comme à droite, les silences et l’absence de mobilisation de la plupart des organisations de gauches et d’extrême gauche sur la logique de guerre constituent une rupture historique pour celles-ci. Les gauches d’Amérique Latine ont d’ailleurs interpellé « les gauches européennes » qui brillent par leur absence de soutien aux luttes contre l’impérialisme.

3Après la Seconde Guerre mondiale, il a existé un « mouvement anti-guerre » dont la pluralité idéologique impliquée peut étonner, comparativement à la situation actuelle. Des pacifistes de tous bords, des mouvements marxistes (léninistes, maoïstes, trotskystes, ...), des courants anti-militaristes et anti-autoritaires (anarchistes, libertaires ou écologistes), les courants de solidarité avec le « tiers-monde » (humanistes, chrétiens, juifs et musulmans, et communistes), mais aussi des socio-démocrates libéraux, attachés au respect du droit international et à une « démocratie mondiale » (passant par l’ONU) – qui restaient à construire tant que l’OTAN et les États-Unis jouaient cavaliers seuls selon leur propres intérêts militaire et géostratégique – se sont mobilisées contre les guerres et « interventions » occidentales. De nombreux hommes et femmes se sont opposé-e-s régulièrement aux guerres, même si cela se faisait pour des raisons différentes. Bien évidemment, à chaque guerre (Algérie, Chili, Vietnam, etc.) le travail militant de politisation de celle-ci était a recommencé sans cesse, afin de faire tomber les « arômes idéologiques immédiats » – selon l’expression d’Antonio Gramsci1 – pour « vendre » leur guerre aux peuples. Les classes dominantes ont toujours besoin de trouver des justifications aux guerres pour convaincre qu’elles souhaitent, « à contrecœur » la faire pour de bonnes raisons. Ce n’est qu’après un travail d’analyse des véritables intérêts économiques et politiques derrière toute guerre impérialiste que la constitution d’un « mouvement pour la paix » et de fronts anti-guerre a pu émerger dans l’histoire.

4Or le dernier grand mouvement anti-guerre que nous ayons connu en France date de 2003, lors de l’opposition mondiale à la guerre impérialiste en Irak2. Où est passée cette constellation idéologique plurielle opposée aux guerres impérialistes ? Où sont passées « les gauches » anti-militaristes, pacifistes, humanistes, démocrates, anti-autoritaires, tiers-mondistes, anti-impérialistes ?

5Le dernier cycle des guerres impérialistes pour le contrôle du monde ne s’est ré-ouvert qu’après la chute de l’URSS et la fin de la guerre froide en 1989. En effet la 1ère guerre en Irak avait sonné l’émergence d’un monde unipolaire capitaliste sous domination états-unienne. Dès lors les guerres ouvertes ou les guerres de basse intensité3 se sont multipliées.

6Le mouvement anti-guerre a, à chaque guerre et à chaque « intervention militaire occidentale », connu des défections dues à un profond bouillage idéologique et à une dépolitisation de la guerre, pour une approche émotive et humanitaire : « il faut aider les [xx], nous n’avons pas le droit de rester passif devant le sort de [xx], ne rien faire, c’est être complices ». À chaque guerre, des franges croissantes des gauches passent « l’arme à droite » aux côtés des néoconservateurs états-uniens ou européens, qui ont peu à voir avec les luttes contre les dictatures (qu’ils ne combattent que lorsque celles-ci remettent en cause leur lien de subordination avec les politiques occidentales).

7Aujourd’hui, nombre d’anciennes organisations de gauche, qui s’opposaient historiquement aux guerres, sont soit interventionnistes, soit perdues dans une position « Ni soutiens aux occidentaux, ni soutiens aux dictateurs, soutien aux révolutionnaires syrien-nes », soit simplement silencieuses devant une situation géopolitique perçue comme trop complexe.

8Il faut pourtant réaffirmer que la « paix », la « démocratie », le « droit des femmes » et « l’égalité » ne pourront jamais s’imposer par l’extérieur et par les bombes. Il faut réaffirmer que, quels que soient les prétextes, les bonnes excuses, les faux-semblants, les blocs impérialistes, que ce soit les États-Unis, l’Europe, la France ou tout autre pays, n’ont jamais conduit les guerres, petites et grandes, de ces 50 dernières années (pour ne prendre que cette période en référence), que pour défendre, maintenir ou développer leurs intérêts économiques, politiques dans les contextes géostratégiques où ils sont intervenus. En témoignent les révélations faites à demi-mot par le président Obama, lors de sa dernière allocution devant les Nations-Unis le 29 octobre 2013, si on la replace dans le contexte de la dernière guerre en Irak contre les « armes de destructions massives » et pour « la liberté » du peuple irakien.

Les retraites : pour mener la guerre économique, il faut détruire les solidarités familiales et générationnelles

9La nouvelle « réforme »4 du gouvernement du PS et d’EELV ne fait que prolonger l’orientation néolibérale, austéritaire et capitaliste, prise par le gouvernement Sarkozy-Fillon. Il va même plus loin, puisqu’il entérine le recul de l’âge légal de départ à la retraite : finie la retraite à 60 ans. 43,5 années de cotisation, c’est tout. Si un-e travailleur-se commence sa carrière (sans aléas entre études et chômage…) à 25 ans, il/elle risque de travailler jusqu’à 68,5 ans (si il/elle ne connaît pas également de période de chômage…). Le pragmatisme antisocial est à l’œuvre. Est-il étonnant que ce soit Marisol Tourraine, ministre payant l’Impôt sur les Grandes Fortunes, qui en soit cette fois, l’instigatrice ? Faut-il dire qu’elle a été à bonne école avec son père, le sociologue Alain Tourraine, artisan de la « nouvelle gauche » socialiste et surtout de sa conversion néolibérale, qui, déjà en 1995, était favorable au plan d’Alain Juppé pour privatiser la sécurité sociale ? Qu’on ne s’y trompe pas : ce gouvernement met en place une politique de droite, c’est-à-dire une politique qui défend les intérêts des classes privilégiées.

10La bourgeoisie a encore gagné une bataille dans sa volonté d’instaurer une société de « la concurrence libre et non faussée » et de la guerre de tous contre tous aux profits des puissants. La stratégie de gouvernement des peuples basés sur le fait de « diviser pour mieux régner » s’appuie cette fois sur le clivage générationnel et les rapports sociaux entre classes d’âge. Peut-être que cela est une nouveauté. Au moment où les uns et les autres tombent dans le panneau homophobe consistant à nous faire croire que le « mariage gay et lesbien » (qui n’aurait dû être qu’une formalité permettant l’égalité des droits) était en train de détruire la « famille » comme institution anthropologique, c’est en réalité la destruction du système des retraites qui vient briser le fondement social même du principe de la famille. Une politique de dés-alliance entre les générations et les familles se fabrique en effet sous nos yeux. Une sorte « d’égoïsme générationnel » est mis en scène par les médias et par les politiques. Les générations se parlent peu (ce qui n’est pas de leur fait, mais parce que la société est organisée pour empêcher les solidarités entre générations) et ne se perçoivent qu’au travers de filtres médiatiques faussés.

11D’un côté, avec cet abandon du système de retraite, les jeunes générations voient un droit fondamental disparaitre alors que leurs aîné-es en ont bénéficié. Cela avait été possible, parce que leurs propres parents se sont battus tous au long du XXème siècle pour que le système de retraites puisse être généralisé. Les jeunes générations à travers les « nos ancien-nes ne se mobilisent pas pour nous», auraient ainsi le sentiment que leurs propres parents et grands-parents – les générations du baby-boom, qui ont connus les bénéfices des Trente Glorieuses – ne se mobilisent pas plus que cela pour défendre cet acquis collectif. Cette impression est mise en scène médiatiquement pour alimenter la division. Car, si la majorité des classes âgées ne s’est peut-être pas mobilisée activement, nombreuses ont été les personnes âgées à manifester, à protester, pour maintenir le système des retraites. Est-ce cela qui a été montré ? Non. Ce qui est vrai c’est que la lutte qui avait été intensive en 2010, comme en 2003-2004, l’a peu ou pas été sous le gouvernement de « drôche »5. La pédagogie du renoncement fait son effet, et plus encore lorsque le PS et EELV, cette fois, se chargent d’organiser la résignation et faire intérioriser l’abandon de la lutte.

12De l’autre, les ancien-nes générations perçoivent parfois (ou souvent) les jeunes comme désintéressés et ne se battant même pas pour leurs propres droits. Dans combien de débats sur les retraites entend-on dire que les jeunes ne sont pas impliqués dans le débat sur les retraites ? Il s’agit pourtant d’un mythe entretenant la coupure entre les générations. La participation active des jeunes (travailleur-euses, chômeur-euses, étudiant-es, lycéennes) lors des mobilisations, grèves, occupations des luttes contre le démantèlement du système des retraites des années 1993-1995-2003-2008-2010 semble s’effacer des discours dominants6. Tout se passe comme s’il fallait entretenir pour les uns le mythe de l’égoïsme des jeunes et de leur désintérêt pour le sort des « personnes âgées » (qui sont en réalité leurs propres parents et grands-parents), et entretenir, pour les autres, le mythe de l’égoïsme des vieux/vielles et de leurs désintérêts pour le sort de la jeunesse. Il est bien utile de fabriquer une illusoire guerre des générations, pour éviter de poser la question de la lutte des classes, qui, elle, montre une communauté de destin dans les processus de précarisation et d’appauvrissement, non seulement de la jeunesse, de la vieillesse, mais de toute la société. Soulignons enfin que si pour une fois les inégalités sexistes en matière de sous-retraites pour les femmes, gravement pénalisées par leur position de sexe dans l’échelle des métiers, des salaires, et des carrières précaires et/ou discontinues, ont été un peu abordées, les inégalités racistes en matière de retraites pour les femmes et les hommes immigrées ou issu-es de l’immigration ont encore une fois été absentes des débats.

Aboutissement logique d’une politique capitaliste en Grèce : la montée du fascisme comme épouvantail du capitalisme

13Le meurtre politique revendiqué comme tel, de Pavlos Fyssas, militant anti-fasciste et rappeur, le 18 septembre dernier, par un sympathisant de l’Aube Dorée a suscité l’interpellation et une éphémère indignation en Europe. Si les grands médias ont fait part de leurs sentiments compatissants, ou de leur tristesse, en France comme en Grèce, les gouvernements comme ces mêmes médias – qui hier relativisaient le danger que pesait la menace fasciste – ont bien dû admettre que « ça devait arriver » ! Pourtant des voix scandaient depuis quelques années déjà l’imminence du danger fasciste ; les militants anti-fascistes en Grèce avaient interpellé sur la multiplication des violences politiques à l’encontre des immigrés, les crimes dont nous n’avions pas entendu parler avant le « crime ultime », celui d’une figure grecque connue du mouvement anti-fasciste.

14Toutefois après quelques mesures prises à l’encontre de l’Aube Dorée, quelle analyse a pu être faite des causes réelles de la montée fasciste en Grèce ? Sans un regard lucide sur la situation que connaît la Grèce aujourd’hui, comment la France pourrait-elle comprendre que la Grèce n’est que le miroir grossissant de ce qui est en train de se jouer ici même ?

15Le fascisme n’arrive pas soudainement. Aube Dorée est une des conséquences du « mal », mais pas sa cause. Sa montée doit être abordée et comprise de deux manières : d’abord comme une « solution » proposée pour focaliser et détourner les mécontentements radicalisés et légitimes vers des boucs-émissaires construits comme les causes des réalités dénoncées ; puis comme la solution ultime du capital quand celui-ci arrive en bout de cycle à des crises endo-systémiques7. Comme celle que nous pouvons connaître aujourd’hui : en Grèce d’abord, parce que l’intensité de la crise est égale à celle de l’austérité dictée par les colonialistes capitalistes de la Troïka. Le qualificatif est juste. Il suffit de comparer le contenu des politiques exigées en contrepartie de l’aide financière (qui s’élève aujourd’hui à 250 milliards d’euros) de l’association Union européenne-Banque Centrale Européenne-Fonds Monétaire International avec les Plans d’Ajustement Structurel imposés aux anciennes colonies. Depuis trois ans, la Troïka ne s’est pas contentée de dicter aux gouvernements grecs les mêmes solutions qu’en Afrique, qu’en Amérique Latine mais, à l’image des puissances coloniales, elle a installé ses propres représentants à tous les niveaux de l’État et du gouvernement, même dans les banques privées. Les Grec-que-s l’ont bien compris lorsqu’ils/elles scandent en manifestation « nous ne sommes pas une colonie allemande » ! La forme change, le fond reste le même, tout comme les conséquences de telles réponses au ravage de la crise capitaliste mondiale sur les classes populaires grecques jetées dans la pauvreté, la misère et l’incertitude, c’est-à-dire l’insécurité sociale8. Les puissances impérialistes centrales ont fait de la Grèce et des autres pays du Sud de l’Europe de véritables laboratoires d’expérimentation pour mesurer jusqu’où ils peuvent aller dans les attaques contre les acquis du mouvement ouvrier et populaire.

16La gestion néolibérale et impériale de la crise capitaliste a créé les conditions de la progression des idées d’extrême droite et la montée d’une défiance envers les partis qui ont participé aux derniers gouvernements (et ont voté les mesures d’austérité). Dans ce cadre, une large frange de la population grecque s’est dirigée vers l’Aube Dorée, qui a fait son entrée au parlement lors des dernières élections de mai 2012. Discours anti-système raciste et xénophobe, nationalisme révolutionnaire, appel à l’unité nationale entre patrons et prolétaires sont des thèmes historiques du fascisme réactualisés. Mais si l’austérité a profité au fascisme elle n’est encore une fois pas l’unique cause ! Arrestations d’immigré-e-s, expulsions, propos stigmatisant à l’encontre des populations étrangères et/ou celles perçues comme telles, ont permis la banalisation des idées extrêmes et leurs diffusions par le biais des grands médias bourgeois. Dans le même temps, ces derniers montraient les prétendues actions sociales d’Aube dorée et leur soi-disant soutien aux côtés des travailleur-euse-s. – tout en attaquant les luttes populaires au nom de l’intérêt national – qui est alors apparu comme le seul parti d’opposition. Enfin un dernier élément a permis la prise de pouvoir : le soutien d’une fraction de la bourgeoisie grecque et d’une partie de l’appareil d’État, la police9. Parce qu’il divise les travailleur-euse-s grec-que-s et immigré-e-s, le fascisme devient le meilleur outil des capitalistes et de la bourgeoisie en Grèce aujourd’hui, comme en Italie en 22, en Allemagne en 33… et après ? Des similitudes sont plus que repérables. Il ne faudra pas se réveiller dans 5 ans pour dire qu’il y a un réel danger fasciste en France ! Camarade, l’exemple est sous vos yeux !

17Face au fascisme qui s’affirme ouvertement en Grèce, les milices s’organisent. De larges mobilisations populaires manifestent pour délégitimer l’idée selon laquelle les fascistes seraient du côté des classes populaires. Parce qu’ils utilisent la violence, la riposte doit être à la hauteur, quasi militaire. C’est ainsi que dans le quartier historique immigré d’Athènes, le mouvement anti-fa (parti communiste, extrême gauche, anarchistes et communautés immigrées), et malgré les divergences, a fait front et patrouille pour protéger les foyers de travailleurs immigrés, en proie aux attaques. La résistance a compris qu’elle ne pouvait se construire que dans l’unité la plus large et que s’opposer seulement à l’austérité n’endiguerait en rien les fascistes ! Le mouvement a compris qu’il fallait également s’attaquer au racisme. C’est de cette manière que les communautés immigrées ont repris leur place au sein de la résistance sociale la plus générale !

18Camarades, le sort de la Grèce est un avant-goût de ce que nous réservent « nos » gouvernements européens. À l’image également de la Norvège dirigée depuis septembre 2013 par une coalition entre le Parti conservateur et le Parti du progrès, d’extrême droite (dont le meurtrier fasciste Anders Behring Breivik fut membre) le danger fasciste avance pas à pas, juste sous nos yeux. Pour éviter de connaître le même sort qu’en Grèce, il faut construire la résistance collective et politique nécessaire. Face à la violence, nous devons nous attendre à des excès de rage massifs, à des réponses d’auto-défense et des actes violents spontanés. Nous ne voulons aucun martyr. Nous refusons d’attendre que les principales victimes du racisme et du fascisme commencent à se défendre individuellement ! Camarades, « c’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé qui détermine les formes de la lutte ; si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’aura pas d’autre choix que de répondre par la violence », comme le dit Nelson Mandela. Comme en Grèce nous devons d’ores et déjà organiser la résistance collective contre les gangs violents qui, ici, aussi commencent à sévir.

Notes

1  Voir Article « Arôme idéologique immédiat », in Dictionnaire des dominations de sexe, de classe, de race, Saïd Bouamama, Jessy Cormont, Yvon Fotia, Édition Syllespe, 2012.

2  Le 15 février 2003, bénéficiant de la dynamique organisationnelle des rencontres internationales des différents Forums Sociaux Anti-mondialisations de Porto Alegre, une manifestation mondiale contre la guerre s’est tenue le même jour sur tous les continents du monde. Cette manifestation mobilisant selon les sources entre 10 millions et 50 millions de personnes.

3  C'est-à-dire sans conflits militaires déclarés et officiels, mais pouvant prendre la forme sinon d’attentat, de conflit armé ponctuel, de stratégies de déstabilisations économiques et politiques intensifs.

4  Terme trompeur qui signifie aujourd’hui souvent décision politique de régression sociale et de casse des conquêtes sociales issues du programme du Conseil National de la Résistance de 1945.

5  La confusion et la convergence idéologique de la droite et de la gauche.

6  Le rappel de ces quelques dates récurrentes doit d’ailleurs nous rappeler que nous sommes bien plus combatifs que nous ne le pensons trop souvent. Ce n’est pas toujours parce que nous ne nous battons pas que nous ne gagnons pas, mais parce que les classes dominantes remettent si souvent le couvert qu’avec nos estomacs fragiles sinon vides nous ne réussissons pas, pour le moment, à empêcher durablement ces attaques capitalistes.

7  C'est à dire une « approche systémique complétée par le postulat suivant : toute vérité est relative, autrement dit dépend du système de repères de l'observateur », Monnier, E. 1991, « L'évaluation pluraliste : un usage nouveau d'outils classiques », in B. Perret (dir.) Outils, pratiques, institutions pour évaluer les politiques publiques, Actes du Séminaire Plan-ENA d'Avril-juillet 1900, Paris, la Documentation française, avril, p.123.

8  Depuis quatre ans que dure la crise en Grèce, le taux de chômage est passé de 7,2% en 2008 à 22,.6% au début de 2013 (source OCDE). Les dépenses de l'État consacrées aux services publics ont été réduites, certaines maladies disparues réapparaissent, le taux de mortalité résultant de suicides et d'homicides a augmenté, tout comme la prostitution et le nombre de sans-logis.Tandis que la dette publique est égale à 175% du PIB, la Troïka demande le licenciement de 11 000 employés supplémentaires de la fonction publique en 2014.

9  Une grande partie des policiers ont voté pour l’Aube Dorée selon une enquête sociologique.


Pour citer ce document

Collectif Manouchian, « OUVRONS LES YEUX, CAMARADES ! N°13, Septembre-Octobre 2013 », in, Les Figures de la Domination [En ligne], mis en ligne le : 30/10/2013, URL :
http://www.lesfiguresdeladomination.org/index.php?id=1221.

Quelques mots à propos de :  Collectif Manouchian



Samedi 16 Novembre 2013


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