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OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre


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Mardi 24 Février 2015

OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre

OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 1/3

Si vous aimez les belles histoires, l’OTAN se présente ainsi : « L’objectif fondamental de l’OTAN est la sauvegarde de la liberté et de la sécurité de tous ses membres par des moyens politiques et militaires. L’OTAN a pour but de promouvoir les valeurs démocratiques et d’encourager la consultation et la coopération sur les questions de défense et de sécurité afin d’instaurer la confiance et, à long terme, de prévenir les conflits. »  

Par-delà ce discours empreint de noblesse, examinons les faits

En 1966, Charles de Gaulle annonce au Président américain Lyndon Johnson, essentiellement pour des raisons de souveraineté nationale, le retrait de la France du commandement militaire intégré de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Cette entité politico-militaire rassemble alors plusieurs pays occidentaux depuis 1949.

 

Le putsch d’Alger et la CIA

La décision de Charles de Gaulle eu pour conséquence le démantèlement total des bases américaines présentes jusqu’alors sur le territoire français. Malgré tout, la France resta attachée à l’Alliance pour les questions politiques. Cependant, nous pouvons imaginer que la confiance de De Gaulle vis-à-vis du pouvoir américain s’était sérieusement détériorée. Parmi d’autres, la journaliste de notoriété internationale Geneviève Tabouis affirmait : « la participation des services secrets américains au putsch d’Alger est un secret de Polichinelle« . Le putsch d’Alger fut une tentative de coup d’état d’extrême droite orchestrée par une partie des militaires de l’armée française en Algérie en avril 1961. Un document secret déclassifié des archives fédérales suisses affirme que les Etats-Unis ont activement soutenu l’OAS (Organisation Armée Secrète). Ce document est une note confidentielle signée par le colonel Pierre Musy, le chef du service des renseignements suisses dans les années 1960. Marc Perrenoud, conseiller scientifique pour les documents diplomatiques suisses, le confirme : « Oui, ce document est authentique, il révèle que les États-Unis ont activement soutenu l’OAS à cette époque troublée« .
Le putsch d’Alger et la CIA

Gladio et stay-behind : les cellules terroristes coordonnées par l’OTAN

gladio Octobre 1990, Giulio Andreotti, Président du Conseil italien, reconnaît publiquement l’existence du Gladio, il parle d’une « structure dl’information et d’intervention », avec des caches d’armes et des officiers de réserve. Le Département d’Etat américain a publié un communiqué en janvier 2006 qui, tout en confirmant l’existence des réseaux « stay-behind » et « Gladio », nie l’implication de ces réseaux dans des actions terroristes.

Cependant, sur la base des informations d’une enquête parlementaire en Italie et en Belgique, le professeur et historien de l’Université de Bâle, Daniele Ganser, a passé plusieurs années à étudier les réseaux secrets stay-behind en Europe, communément appelés « réseaux Gladio ». En 2004 Ganser publie le livre, Les Armées Secrètes de l’OTAN. Ce livre, traduit en neuf langues, décrit comment, après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont organisé des cellules souterraines dans toute l’Europe. Ganser estime que ces cellules étaient derrière un certain nombre d’attentats attribués à des extrémistes de gauche notamment en Italie et en Allemagne, dans une tentative de discréditer les partis de gauche.

1950-1990 Les armes secrètes de l’OTAN

Yougoslavie : la guerre

En 1995, William Perry, secrétaire à la Défense américain, affirme devant le Congrès que les États-Unis ne prendront pas parti dans le conflit yougoslave. Ce jour-là, Perry omet tout simplement de préciser que par l’intermédiaire de la société militaire privée « Military Professional Resources Incorporated » (MPRI), qui est l’un des sous-traitants du Pentagone, de nombreuses opérations secrètes sont déjà en cours. MPRI  par exemple entraine des officiers de l’armée croate.

Ddyncorp ans un rapport consacré aux sociétés militaires privées américaines, le New York Times revenait sur les actions en ex-Yougoslavie de MPRI, et d’une autre société militaire américaine, DynCorp. En Bosnie, des employés de DynCorp ont été appréhendés, car ils étaient à la tête d’un réseau de jeunes filles esclaves sexuelles qui étaient séquestrées pour être prostituées une fois leurs passeports confisqués. En Croatie, les forces locales entraînées par MPRI ont exploité ce qu’elles avaient appris pour mettre en œuvre l’un des plus terribles épisodes de « nettoyage ethnique », l’opération « Tempête  » qui laissa plus de 100 000 sans abris et fit des centaines de morts. En dépit d’accusations de crimes de guerre, aucun employé de ces entreprises n’a jamais été mis en accusation pour ces événements.

1999 L’Opération « Allied Force » (le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN)

Badge-Allied-Force_A La campagne aérienne durera 78 jours et mènera 37 465 raids (la campagne de Libye en 2011 fut de la même intensité : 40 000 raids en 2 mois). Le service de communication de l’OTAN transformera ces « violations des droits internationaux » en simples « dommage collatéraux », une expression déjà utilisée pour la guerre du Viêt Nam.

En février 2000, Human Rights Watch, publie le bilan des victimes civiles dans la guerre du Kosovo selon lequel les bombardements de l’OTAN en ex-Yougoslavie ont provoqué la mort d’environ 500 civils, évaluation néanmoins très inférieure à celle du gouvernement yougoslave. « Les cibles choisies par l’OTAN ont placé les populations civiles face à des risques inacceptables ». Cette enquête est arrivée à la conclusion que l’OTAN avait violé le droit humanitaire international.

Rapport Complet : Human Rights Watch Publie le Bilan des Victimes Civiles Dans la Guerre du Kosovo

Amnesty International a publié également un rapport affirmant que les forces de l’OTAN avaient délibérément pris pour cible la Radio Télévision de Serbie, et avaient mené des bombardements qui toucheraient à coup sûr des civils. Source : New York Times

Le « deux poids deux mesures » : les Serbes sont traduits devant le tribunal international

Depuis sa création, 161 personnes ont été mises en accusation devant le TPIY pour violations graves du droit international humanitaire commises sur le territoire de l’ex-Yougoslavie. Après les arrestations de Slobodan Milošević, le 1er avril 2001 et de Radovan Karadžić, le 21 juillet 2008, Ratko Mladić et Goran Hadžić ont été arrêtés et transférés à La Haye. Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie.

Ils n’ont pas cherché à condamner les officiers croates et bosniaques dont les hommes avaient commis les mêmes actes.

Les généraux Ante Gotovina et Mladen Markac, lourdement condamnés en première instance, ont été acquittés en appel. L’ancienne procureur du TPIY, Carla Del Ponte fut choquée par l’acquittement des généraux croates. Ante Gotovina fut pourtant accusé par le TPIY de crimes contre l’humanité pour ses actes et ceux commis sous son commandement en 1995 lors de l’opération « Tempête » qui entraîna l’exil des Serbes de Krajina.

Les victimes serbes ignorées par la justice internationale

L’Armée de « libération du Kosovo » ou UÇK

Jusqu’en 1997, les États-Unis considèrent l’UÇK comme une organisation terroriste soutenue en partie par le trafic de l’héroïne. Néanmoins, selon le SundayTimes de Londres, des agents de renseignements américains ont admis avoir participé à la formation militaire de l’Armée de libération du Kosovo avant le bombardement de la Yougoslavie par l’OTAN.

L’ancien conseiller au Parlement allemand Matthias Küntzel, prouvera que depuis la création de l’UÇK, les services secrets allemands ont joué un rôle essentiel auprès de lui. Un compte-rendu démontre très clairement que des crimes de guerre ont été commis pendant et après le conflit sur des civils hommes, femmes et enfants, de nationalités serbe, rom et albanaise, accusés de collaboration. Ils ont été torturés et tués dans des camps mis en place par l’UÇK.

En 2005, le premier ministre de l’époque et ancien commandant de l’UÇK, Ramush Haradinaj a été inculpé de trois chefs d’accusation relevant de crimes de guerre. Malgré tout, il reste populaire chez les Albanais du Kosovo, et il sera innocenté par ce même tribunal le 3 avril 2008 à l’issue d’un an de procès, avant qu’un nouveau procès ne s’ouvre à partir du mois d’août 2011. Finalement, il sera libéré le 29 novembre 2012 par la cour pénale internationale pour l’ex-Yougoslavie. Source : The Guardian

Hashim Thaçi est l’actuel Premier ministre du Kosovo. Soutenu par Washington et l’OTAN, il prendra la tête de l’UÇK en 1998. D’après The Guardian, Hashim Thaçi a été identifié comme l’un des « gros poissons » dans le crime organisé dans son pays. Les documents de l’OTAN reçus par The Guardian et qui sont classés « secret défense », indiquent que les États-Unis et d’autres puissances occidentales soutenant le gouvernement du Kosovo ont eu une connaissance approfondie de ses actions criminelles depuis plusieurs années.

Enfin, selon un rapport du sénateur suisse Dick Marty, rapporteur spécial au Conseil de l’Europe de 1998 à 2000, « des centaines de prisonniers détenus par l’Armée de Libération du Kosovo (UÇK) se sont livrés au trafic d’organes sous la responsabilité directe de Hashim Thaçi avec la complicité de la communauté internationale. »

Dans son livre, « La Chasse, Moi et les Criminels de Guerre« , Carla Del Ponte dénonçait également le refus de toute coopération opposé à ses enquêteurs par les responsables de la Mission des Nations unies au Kosovo (MINUK) en 2001 et 2002, quand celle-ci était dirigée par Bernard Kouchner.

Une base de l’OTAN au Kosovo

camp-bondsteel-Mcclure3 Dès 1999, l’Otan construit le Camp Bondsteel au Kosovo. C’est une base militaire située à proximité d’un pipeline. Vraisemblablement, ce camp fut, de 2002 à 2006, l’une des prisons secrètes pour la CIA au sein du réseau mondial de prisons construit par l’Administration américaine pour ses opérations des « extraordinary Renditions » en représailles aux attentats de 2001. La base a été construite par KBR Inc qui fut une filiale de la multinationale américaine Halliburton. L’activité principale d’Halliburton est de fournir des produits et services dans le domaine de l’industrie gazière et pétrolière. Mais ce n’est pas sa seule activité. De 1995 à 2002, Halliburton-KBR a reçu des milliards de dollars pour construire des bases militaires, certaines dans des lieux secrets, dans le cadre d’un programme banalisé sous le nom de « Logistics Civil Augmentation »(LOGCAP), administré par l’armée américaine.

Le Groupe Halliburton a eu pour PDG de 1995 à 2000 le futur vice-président américain de l’administration Bush, Dick Cheney, qui avant même sa prise de fonction, sera accusé de conflits d’intérêts. Source : Cheney a vendu $35 millions de stock options d’Halliburton en août et septembre 2000.

Les sources principales des paragraphes consacrés à la guerre de Yougoslavie sont tirées du film Yougoslavie, une guerre évitable. Ce documentaire retrace la façon dont des fautes cruciales furent commises par l’Occident, ce qui entraîna l’éclatement de la Yougoslavie en 1991. Ce conflit se terminera par la campagne de bombardement dévastatrice de l’OTAN en 1999. Ce documentaire fut salué par de nombreuses critiques, dont Stephane Holden dans le New York Times qui écrivait : « un travail impressionnant relatant l’histoire complexe de cette guerre, une étude approfondie qui jette un peu de lumière sur une tragédie qui reste obscure. »


OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 2/3

Des bases juridiques confuses, sans appui ni déni international  
P7630-32À 21 heures, le 20 septembre 2001, le président George W. Bush devant le Congrès prononça un discours dans lequel le religieux s’entremêlait avec le patriotisme. En réaffirmant que Dieu est du côté américain, Bush promettait une vengeance « du bien contre le mal ». Pour la première fois ce soir-là, il utilisera l’expression de « guerre contre le terrorisme », les « amis » d’hier étant devenus les « méchants » du moment. Dans son allocution Bush exigera que le gouvernement afghan livre les terroristes présents sur son sol sans conditions, ce qui revenait à sous entendre leur complicité en dehors de toutes preuves factuelles que le monde entier attend toujours d’ailleurs. Rédigé par Michael Gerson, une figure de proue de l’intelligentsia évangélique, ce premier sermon américain post-9/11 vendu sous forme de « stratégie du choc » marquera par sa sémantique les fondements de la doctrine Bush : la « guerre préventive » qui, sous prétexte de lutte contre le terrorisme, plongera durablement toute une partie du monde dans le chaos.
 
La caution impérialiste
1306167-Conférence_interafghane_Bonn_2001Les accords de Bonn-Petersberg du 5 décembre 2001, ainsi qu’un éventail de résolutions, furent présentés comme la première étape institutionnelle censée régler l’avenir politique de l’Afghanistan. Ce premier acte juridique sera entériné le 20 décembre 2001 par le vote à l’ONU de la résolution 1386 qui, pour l’essentiel, prétend garantir la souveraineté nationale, la justice sociale, et le droit pour tous les Afghans. Aucune des résolutions n’autorise ni n’interdit l’usage de forces militaires. Malgré ce « flou juridique », une coalition elle aussi sous commandement américain OTAN appelée ISAF, fut créée pour « répondre à l’appel de Petersberg », et faire respecter les modalités des différents accords. La « guerre » était laissée à l’opération US « Enduring Freedom » chargée d’éradiquer les talibans (lire infra). Néanmoins, comme la conférence de Petersberg fut noyautée par l’omniprésence américaine imposant de façon arbitraire les représentants afghans de son choix, ces derniers, tout comme les troupes de l’OTAN engagées au sol ensuite en leur nom, furent ressentis par les populations locales comme dépourvus de toute légitimité. Par la suite, la coalition « supervisa » une « Loya Jirgha » qui rassemblait des chefs de villes et villages (dans un terrain vague de la supposée Université de Kaboul). Or cette assemblée aussi ne représentait qu’un faible pourcentage de la mosaïque ethnique, linguistique et religieuse complexe de la population afghane. Le premier épisode de cette « guerre sans fin » qui se voulait nécessaire et désintéressée, pose donc depuis le début la question de sa véritable logique, de son utilité, et donc de ses buts réels.
D’ici la fin de 2016, selon Obama les forces américaines  devront quitter l’Afghanistan.  Quel bilan politique et moral peut-on tirer de cette occupation de fait ?
1. La guerre comme unique perspective pour le peuple afghan
ARV_DRONE_327994fSi 3476 soldats occidentaux sont morts à fin septembre 2014 en Afghanistan depuis 2001 (dont 86 français qui constituent le 4ème contingent touché derrière les USA, le Canada et le Royaume-Uni), on connaît mal le nombre d’afghans emportés par cette guerre qui n’a toujours pas dit son nom. Le nombre de civils disparus de mort violente serait de 21 000. L’absence de décompte indépendant ne permet que de donner une estimation des pertes totales afghanes, entre 30 000 et 45 000 selon un rapport de 2011 de l’Université de Boston. Sans entrer ici dans les détails, la « guerre au terrorisme » a fait des ravages sanitaires, alimentaires, monétaires, éducatifs et sociaux qui ont touché la quasi-totalité des foyers des 28 millions d’afghans. 13 ans plus tard, l’Afghanistan est par exemple le pays titulaire du taux de mortalité le plus élevé de toute l’Asie parmi les enfants de moins de 5 ans… En 2012, 450 écoles, dont 75 à 80% des écoles des provinces du sud, étaient encore fermées de façon permanente en raison d’attentats ou de menaces selon Amnesty. Et plus de 3 millions d’afghans sont encore réfugiés au Pakistan ou en Iran. Des chiffres de populations que les pays membres de l’OTAN auraient eux-mêmes du mal à absorber malgré leur PIB largement supérieur.
D’autre part, les gouvernements américain et afghan n’ont pas de registres précis, et des dizaines de milliers d’armes d’assaut pourraient avoir disparu. Fin juillet de cette année 2014, John Sopko déclarait que Washington et Kaboul avaient perdu la trace de centaines de milliers d’armes livrées à l’Afghanistan. Des armes qui risquent de se retrouver entre les mains des talibans ou d’autres jihadistes ? La négligence est une habitude après le départ des troupes occidentales (Libye, dépôt d’armes jihadiste).
2. Des crimes impunis
infographic-afghanchildrenSelon le juge allemand Dieter Deiseroth, « des seigneurs de guerre afghans influents, appartenant surtout à l’Alliance du Nord, ont été financés par le budget des Etats-Unis et ont alors renversé le régime taliban par la force et ce faisant, ils ont, d’après des rapports connus, manifestement commis de terribles violations des droits de l’homme sans en avoir été empêchés. En complément, les forces armées US ont bombardé des positions réelles ou supposées des Talibans et envoyé leurs propres « forces spéciales » et des troupes de l’armée de terre régulière stationnées en Afghanistan – rejointes plus tard par des soldats des états alliés – […] dans le cadre d’ « Enduring Freedom » » (Frankfurter Rundschau, 26 novembre 2009).
Un rapport du 11 août 2014 d’Amnesty International nous alerte sur la situation afghane récente : « Les familles de milliers de civils afghans tués par les forces américaines et de l’OTAN en Afghanistan ont été privées de justice« . Le rapport « Left in the Dark », qui se penche principalement sur les frappes aériennes et les raids nocturnes menés par les forces américaines, y compris les forces des opérations spéciales, indique que même certains agissements qui semblent être des crimes de guerre n’ont fait l’objet d’aucune enquête et restent impunis. La suite ici.
3. Recrudescence du narcotrafic
Dès 2002, la poussée de la production d’opium en Afghanistan depuis l’arrivée des troupes américaines puis de celles de l’OTAN (force ISAF sous mandat de l’ONU), est une réalité irréfutable. Avec un rendement des cultures qui permet désormais d’atteindre quelques 5500 tonnes produites en 2013 (+49 % par rapport à 2012), l’Afghanistan représente 75 % à 90 % de la production mondiale d’opium.
Ci-dessous un tableau de l’évolution annuelle des surfaces cultivées de pavot à opium en hectares entre 1994 et 2013 :
afghan_opium_production_1994_2009
Sources : UNODC, Office des Nations unies contre la drogue et le crime
Selon une nouvelle étude de l’ONUDC, la culture du pavot en Afghanistan a augmenté de 7%, passant de 209 000 hectares en 2013 à 224 000 hectares en 2014. Voir : En Afghanistan, nouveau record de la culture de pavot à opium
2006_03_01_afghanistan_600En Octobre 2009, le New York Times a rapporté que Ahmed Wali Karzaï, le frère du Président d’Afghanistan Hamid Karzaï, recevait des paiements réguliers de la CIA pour « une variété de services », y compris le recrutement de combattants pour la Kandahar Strike Force (KSF), une milice paramilitaire afghane dirigée par la CIA dans la région de Kandahar. Par ailleurs, le rôle d’Ahmed Wali Karzaï comme go-between (intermédiaire) entre les forces spéciales américaines et les talibans était considéré comme précieux. Cette enquête du New York Times sera corroborée en octobre 2010 par un billet de Jeff Stein pour le Washington Post, inspiré en partie par l’ouvrage Obama’s Wars de Bob Woodward (l’un des deux fameux journalistes à l’origine du scandale du Watergate). Bob Woodward écrit entre autre dans son livre : « Ahmed Wali Karzaï, le demi-frère du Président de l’Afghanistan et le responsable de la province stratégiquement importante de Kandahar, a été payé par la CIA depuis plus d’une décennie. » Abattu et tué par un de ses gardes du corps en 2011, Ahmed Wali Karzaï était accusé depuis de nombreuses années par les journaux américains (Brother of Afghan leader said to be paid by C.I.A. – NYTimes) d’être un important trafiquant de drogue. Ahmed Wali Karzaï semble établir le pont entre le narcotrafic d’un côté, et à la CIA de l’autre.
opium-fields-4Cependant le professeur d’histoire du Sud-Est asiatique à l’université du Wisconsin Alfred W. McCoy indique que la CIA a soutenu divers barons de la drogue, des seigneurs de la guerre impliqué dans la guérilla anticommuniste, comme le moudjahid Gulbuddin Hekmatyar, un fondamentaliste violent tristement célèbre pour ses jets d’acides sur les femmes non voilées. En 1990, le Washington Post démontra que l’allié clé de la CIA dans la région Gulbuddin Hekmatyar exploitait une chaîne de laboratoires d’héroïne au Pakistan sous la protection des services de renseignements du Pakistan (l’ISI). Pour Alfred W. McCoy, la production d’héroïne dans le milieu des années 1970 était nulle, aujourd’hui l’Afghanistan est devenu le premier vrai « narco-Etat » du Monde. La guerre secrète de la CIA dans les années 1970 a servi de catalyseur qui a transformé les zones frontalières entre l’Afghanistan et le Pakistan en plus grande région productrice d’héroïne au monde. Voir :Tomgram: Alfred McCoy, Afghanistan as a Drug War | TomDispatch
Couve_AmericanWarMachine-WEBAncien diplomate canadien et professeur à l’université de Californie, Peter Dale Scott dans son livre « La Machine de guerre américaine« , revient de son côté sur les connexions entre la CIA et les groupes de criminels insurrectionnels islamistes liés au trafic de drogue, et nous rappelle que quelques années après leur arrivée au pouvoir, les talibans avaient entrepris une campagne d’éradication des cultures d’opium de l’Afghanistan, avec un succès quasi-total confirmé par le rapport de 2001 des Nations Unies. L’ouvrage de Peter Dale Scott nous démontre finalement que la guerre d’Afghanistan n’est que la suite logique d’un processus pervers engagé depuis longtemps qui voit la CIA tisser des liens avec les narcos-trafiquants et la finance internationale.
Le documentaire « CIA – Opération Laos » du réalisateur Marc Eberle diffusé sur ARTE cette année, relate une partie CIA_Operation-Laos_Arte_fev2010de cette histoire. Durant la guerre du Viêt-Nam, la base secrète de Long Cheng, QG de la CIA, était devenue un centre névralgique du commerce de l’opium et de l’héroïne, et personne ne disait rien. Par ailleurs, ce documentaire nous explique également comment des bombardements furent cyniquement organisés sur les populations civiles au Laos, la pire guerre aérienne de l’Histoire, une guerre secrète où les américains ont largué davantage de bombes que sur l’Allemagne et le Japon réunis durant la seconde guerre mondiale. Voir : CIA – Opération Laos – Documentaire Complet

En bientôt quarante ans, force est de constater que de Carter à Obama en passant par Bush, quel que soit le motif invoqué (Dieu, la Liberté ou la « Démocratie »), l’Amérique et ses alliés de l’OTAN n’auront pas laissé la moindre chance au peuple afghan de vivre en paix.
A lire dans la même rubrique:
Atlantic Council : l’officine de propagande de l’OTAN

Source https://anticons.wordpress.com/2015/02/20/otan-mercenaires-et-propagande-au-service-dune-machine-de-guerre-23/


Mardi 24 Février 2015


Commentaires

1.Posté par Jilou le 02/03/2015 23:56 | Alerter
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OTAN : mercenaires et propagande au service d’une machine de guerre 3/3

La réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN

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