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Nucléaire iranien: la réponse de l'Iran à la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA



IRIB
Samedi 24 Novembre 2007

Nucléaire iranien: la réponse de l'Iran à la réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA
Voici les grandes lignes de l'intervention du représentant de l'Iran à l'AIEA, Ali Asghar Soltaniyeh, devant le Conseil des gouverneurs de l'agence viennoise: " Dans notre culture aucune question ne reste sans réponse. Comme cela a été fait pour les questions posées par le Secrétariat de l'Agence. Or, je vous demande de bien vouloir écouter mes propos avec patience" a dit M. Soltaniyeh, cité par FarsNews, qui a commencé ensuite son discours en rappelant certains événements produits lors des différentes réunions du Conseil des gouverneurs sur l'affaire nucléaire iranienne depuis 2003. " Au début de chaque réunion du Conseil des gouverneurs de l'AIEA, et au moment de la prise des grandes décisions grâce aux conclusions découlant de la coopération étroite entre l'Iran et l'Agence, les Etats-Unis évoquaient de nouvelles allégations à l'encontre de Téhéran. A titre d'exemple Washington prétendait que certains sites iraniens en particulier les installations militaires de "Partchine" abriteraient des armes nucléaires. Au cours des réunions un certain nombre de membres, en particulier, la France, la Grande Bretagne et l'Australie versaient de l'huile sur le feu. Par exemple, au cours des pourparlers avec le trio européen, l'Iran avait fait d'énormes concessions, ce qui a abouti à l'accord de Paris. Téhéran a accepté d'étendre le champ de la suspension de l'enrichissement d'uranium même jusqu'aux activités de conversion d'uranium à l'usine UCF d'Ispahan qui n'avaient rien avoir avec le processus d'enrichissement. Mais à la surprise générale et très probablement à la suite des pressions exercées par les Etats-Unis, le trio européen (France, Grande Bretagne, Allemagne) ont appelé à l'adoption d'une résolution plus sévère contre l'Iran. Pourtant, le monde s'attendait à ce que, notre interlocuteur à savoir le trio européen défende Téhéran et empêche l'engrenage si Washington venait à réclamer des mesures dures. C'est ainsi que le gouvernement iranien est arrivé à la conclusion que les concessions leur importaient peu. Ce qu'ils voulaient en réalité c'était de maintenir le dossier du nucléaire iranien à l'ordre du jour du Conseil des gouverneurs afin de l'envoyer au CS de l'Onu pour imposer des sanctions et des mesures coercitives contre l'Iran. La communauté internationale est au courant de cette amère réalité qu'en 2003, l'Iran a d'abord demandé au trio européen que seule l'injection de l'UF6 aux centrifugeuses soit arrêtée afin que l'Agence puisse établir la source de contamination d'uranium à Natanz. Même lorsqu'en 2004, l'AIEA a confirmé les déclarations de l'Iran qui avait indiqué que la source de contamination avait une origine extérieure et n'avait absolument rien avoir avec l'enrichissement d'uranium, les Etats-Unis ont continué de créer des tensions, jusqu'à ce qu'en 2006 on a étendu le champ des exigences aux activités de recherche et de développement. Cela veut dire que le grand peuple iranien avec une civilisation millénaire devrait être privé de recherche qui est un droit élémentaire de chaque nation. Vous le savez très bien que selon les principes scientifiques, si vous maintenez une pression constante sur un récipient, il finirait par exploser. Quoiqu'il en soit, face aux pressions politiques, la patience a ses limites. L'Iran ne pourrait se permettre de laisser passer un tel état d'esprit injuste qui consistait à lui réclamer l'arrêt de l'enrichissement d'uranium et l'application volontaire du protocole additionnel au TNP qui n'a pas un caractère contraignant du point de vue juridique. Ce scénario s'est reproduit hier. La quasi-totalité des membres de l'Agence ont salué les progrès accomplis dans la mise en application du plan d'action qui a permis de clore les questions liées aux centrifugeuses P1 et P2 et de l'uranium. Le DG de l'Agence a d'ailleurs salué dans son rapport un tel progrès et succès. Mais les Etats-Unis et certains membres de l'AIEA ont carrément fermé les yeux sur les évolutions réelles dans le dossier nucléaire iranien et ils ont répété les mêmes allégations avancées en 2003, ce qui les a davantage isolé. Très sincèrement je leur conseille de tirer leçon du passé et d'éviter de commettre les mêmes erreurs. Au sujet du terme "passif" employé par le DG dans son rapport, suscitant un malentendu, je dois rappeler que dans son rapport oral, M. el-Baradei avait demandé à l'Iran de mener une coopération active supplémentaire avec l'AIEA. Ce qui veut dire que l'Iran avait eu jusqu'à présent une coopération active avec l'Agence. C'est une première chose. La deuxième c'est que le plan d'action précise de poser tout d'abord les questions et ensuite d'y répondre. Il ne s'agit pas d'une manière négative de penser, mais d'une méthode pratique. Le communiqué sans fondement voire fictif lu par la France comme quoi l'Iran doté de 3000 centrifugeuses aura la bombe A d'ici un an, nous rappelle les allégations avancées il y a deux ans à la réunion du Conseil des gouverneurs par la délégation américaine avertissant le monde entier qu'un ingénieur iranien aurait recommandé 4000 aimants pour les centrifugeuses P2 dont le prix ne dépasse quelques dollars seulement, mais qu'ils permettraient à l'Iran de fabriquer la bombe A. Ce qui est regrettable, c'est que à l'époque M. Golden Schmitt qui présidait la réunion a confirmé cette allégation. Je dois vous informer que pour la fabrication de chaque centrifugeuse, il faut plus de 90 pièces dont l'aimant. Même un simple étudiant sait qu'il est impossible de fabriquer la bombe A par de simples aimants. Le dernier point sur lesquelles je voudrais insister c'est que l'évolution positive dans la mise en application depuis le 30 septembre 2007, du processus du dossier nucléaire iranien, en particulier en ce qui concerne les installations de Natanz, la surveillance très organisée et le contrôle strict de l'AIEA, n'a laissé aucun prétexte technique et juridique, ni aucune inquiétude au sujet de la nature purement pacifique des activités nucléaires iraniennes".


Samedi 24 Novembre 2007

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