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Mort d’une canaille



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Mardi 8 Octobre 2013

Mort d’une canaille
Mort du rabbin Ovadia Yossef, figure des séfarades en Israël
Reuters le L. 07/10/2013 à 13:25
 
JERUSALEM, 7 octobre (Reuters) - Ovadia Yossef, ancien Grand Rabbin séfarade d'Israël et fondateur du parti orthodoxe Shass dans les années 1980, est mort lundi à l'âge de 93 ans. Ovadia Yossef, qui était né en Irak et était arrivé à l'âge de quatre ans à Jérusalem, avait donné à la communauté séfarade issue du Moyen-Orient, longtemps marginalisée en Israël, un rôle politique central par la création du Shass. Le soutien de cette formation a maintenu au pouvoir plusieurs gouvernements, surtout de droite mais aussi de gauche.
 
"Le peuple d'Israël a perdu l'une des personnes les plus sages de sa génération", a déclaré le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. "Le rabbin était un mentor pour des dizaines de milliers de gens."
 
Des veillées de prière avaient lieu depuis un mois pour son rétablissement, et son enterrement, dans la journée de lundi, devrait être l'un des plus importants de l'histoire du pays et réunir des centaines de milliers de personnes.
 
Les adversaires d'Ovadia Yossef le surnommaient "l'ayatollah israélien" en raison de déclarations sur les Palestiniens, comparés à des serpents, et sur les non-juifs, dont le rôle premier était selon lui d'être au service des juifs.
 
"Abou Mazen (nom de guerre du président palestinien Mahmoud Abbas) et toutes ces mauvaises personnes doivent périr et quitter ce monde", disait-il dans un sermon datant de 2010. "Dieu doit les frapper d'une malédiction, eux et ces Palestiniens."
 
Les positions d'Ovadia Yossef sur la question palestinienne étaient cependant complexes. Il considérait les territoires conquis en 1967 par l'Etat hébreu comme une part de la Terre d'Israël décrite dans la Bible, mais jugeait aussi acceptable d'en céder une partie pour éviter des violences.
 
Il avait en outre attiré les critiques du camp israélien en laissant entendre que les six millions de juifs tués par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale étaient morts car ils possédaient les âmes réincarnées d'anciens pêcheurs.
 
Malgré ces polémiques, Ovadia Yossef conservait un fort ascendant moral sur la communauté orthodoxe séfarade, dont une grande part a retrouvé grâce à lui une certaine fierté face aux élites ashkénazes.
 
Lundi, devant son domicile, des séminaristes juifs en pleurs ont déchiré au rasoir leur chemise blanche, en signe de deuil.
 
"Comment le monde survivra-t-il sans soleil ?", se demandait Arye Deri, un élu du Shass. "Comment le monde survivra-t-il à la Lune ? Qu'allons-nous devenir ? Qui nous conduira ? Qui prendra sa place ?"
 
(Jeffrey Heller, Julien Dury pour le service français, édité par Gilles Trequesser)
 
 
POUR MEMOIRE
 
 
MEUTRES CASHER
 
Abir Aramin a reçu une balle en pleine tête, mais personne n’a appuyé sur la gâchette.
 
Nurit Peled-Elhanan, mardi 12 juillet 2011
 
Le dimanche 10 juillet 2011, 8 Tammuz, une approbation légale a été donnée au livre «La torah du roi » (1) par la Haute Cour de Justice d’Israël, qui a statué également que l’enfant Abir Aramin, âgée de 10 ans qui a été tuée d’une balle dans la tête il y a trois ans à Anata, a été touchée par une balle venant d’un fusil inconnu tirée par un policier ou un soldat inconnu. Le projectile qu’on a retrouvé dans son petit corps, n’a pas pu dire d’où il venait et il serait avisé d’arrêter de chercher.
 
En d’autres termes, le Haute Cour a donné l’autorisation de verser le sang de toutes les petites filles Palestiniennes et envoyé un message clair aux policiers ou soldats des forces Israéliennes d’Occupation – le meurtre des petites filles Palestiniennes, spécialement celles qui sont en train d’acheter des sucreries dans la boutique voisine de leur école à neuf heures du matin, n’est pas un crime. Personne n’a été puni et personne ne sera puni. Les démonstrations de l’accusation, à savoir des parents, des témoins visuels, de l’organisation du Yesh Din, les preuves et les évidences, n’ont pas tracé leur chemin jusqu’aux oreilles des femmes-juges. Sont-elles aussi des mères ?
 
Ce jugement intervient au paroxysme d’une campagne magnifiquement planifiée et savamment orchestrée destinée à permettre le meurtre des Palestiniens. Elle est conduite depuis des décades maintenant dans les journaux, les discours politiques, la littérature, les chansons, dans les plans des militaires, dans la formulation du code éthique de l’armée, et dans les livres d’école qui expliquent que chacun des massacres de Palestiniens depuis 1948 a été bon pour les Juifs, pour la démocratie juive et pour la préservation de la majorité juive au sein de l’Etat ou plutôt de la terre d’Israël dans le long, le moyen et le court terme.
 
Cette campagne s’est accélérée depuis l’Opération Plomb Durci et le massacre aux bombes au phosphore dans Gaza il y a deux ans. Depuis, tout le monde a trouvé des justifications et des arguments rationnels pour le meurtre des Palestiniens.
 
Des officiers militaires retraités et des officiers pas retraités, s’exhibent devant des écoliers et des lycéens dans les programmes de préparation militaire, ou simplement devant les gens qui veulent dormir le soir sur leurs deux oreilles avec la conscience tranquille, et ils leur expliquent que l’armée la plus morale du monde ne saurait faire quoi que ce soit sans des justifications de la plus haute valeur éthique et que si des enfants Palestiniens en sont victimes, au cours d’opérations militaires, leur mort reçoit des justifications morales et éthiques remplies de valeurs et pleines à craquer de moralité, car cette mort est toujours le moindre mal, une injustice nécessaire, des dommages imposés par les circonstances, une nécessité qui n’est pas à condamner et qui ne sera jamais condamnée.
 
Parce que le meurtre des Palestiniens est toujours exécuté au nom d’une loi, internationale ou nationale, ou au nom des lois de la Torah, au nom des valeurs sublimes qui exigent que l’on préserve les vies humaines non-Palestiniennes, au nom de la guerre contre le terrorisme, exploits militaires et principe de dissuasion toujours expliqués avec des mots qui ne tiennent jamais compte des facteurs humains. Les Palestiniens morts sont des cibles, des objectifs, un secteur, une opération, une action, une procédure.
 
Et bien sûr, les juges de la Haute Cour, ces femmes, - sont-elles aussi des mères ?- n’ont pas condamné le meurtre pas plus qu’elle n’ont réclamé de punition pour les soldats qui ont calé leur fusil hors d’une jeep blindée et l’ont pointé vers la nuque d’une petite fille qui achetait des sucreries à la boutique d’une main tandis que de l’autre main, elle tenait la main de sa sœur, et ils ont tiré avec précision, un tir qui a laissé une main dressée, tenant la main de Areen, tandis que le reste du petit corps d’Abir s’est affalé sur le sol dans la rue vide et poussiéreuse. Elles n’ont pas condamné les faits, ni demandé que les soldats ou policiers (depuis le massacre de Kfar Qasim l’armée d’Israël a toujours revendiqué que les gardes-frontières étaient des policiers et non des militaires) (2) soient mis en procès de quelque façon que ce soit.
 
Elles n’ont pas plus condamné les meurtriers qu’elles n'ont exprimé quelque sympathie que ce soit pour la famille d’Abir. Les familles palestiniennes n’ont pas l’expérience de la douleur, jamais. Aussi quelle utilité y aurait-il à partager leur douleur ? Elles ont bien trop d’enfants pour ressentir de la douleur pour la perte d’un seul d’entre eux !
 
C’est pourquoi nous pouvons demander la fin immédiate de l’acharnement à l’encontre de rabbi Elitzur et des autres rabbins qui ont contribué au livre «la Torah du roi » qui explique en utilisant les Saintes Ecritures et la loi juive, que des enfants non-juifs peuvent être tués sans regrets ni remords, pour le bien de la nation juive et qui prêchent à tous vents aussi bien que dans des meetings organisés avec des soldats, dans des écoles et dans les journaux en appelant au meurtre d’enfants Palestiniens. L’acharnement contre les rabbins aurait pu, que Dieu pardonne, être interprété comme du racisme ou de la discrimination jusqu’à ce que la Haute Cour ait statué : leur prêches sont casher. Ce n’est pas qu’ils aient besoin d’une telle certification !
 
Et la seule consolation qui reste pour ceux d’entre nous qui connaissaient Abir et qui sommes affectés par sa mort et par la douleur de ses frères, de ses sœurs et de ses parents est de prier Dieu Lui-même, de venger son sang.
 
Notes du traducteur :
 
(1) - En hébreu « Torah hamelekh ». Un livre controversé par un rabbin israélien dans lequel il développe l’argument que des Juifs peuvent tuer des enfants non-juifs s’ils ont la conviction que ceux-ci vont grandir pour faire du mal aux Juifs.
 
(2) – Le 29 octobre 1956, des troupes de gardes-frontières (techniquement des officiers de police) ont tué 48 Palestiniens dans le village Arabe de Kfar Qasim, au moment d’appliquer un couvre-feu qui était imposé sur les villages arabes israéliens à cause de la guerre de Suez.
 
 
Traduction en français : Roseline Derrien


Mardi 8 Octobre 2013


Commentaires

1.Posté par oh-daz le 08/10/2013 09:53 | Alerter
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alors ! monsieur ovadia ? la certitude ( la mort ) est là; qu'en est- il maintenant ??

2.Posté par oh-daz le 08/10/2013 12:06 | Alerter
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"Comment le monde survivra-t-il sans soleil ?", se demandait Arye Deri, un élu du Shass. "Comment le monde survivra-t-il à la Lune ? Qu'allons-nous devenir ? Qui nous conduira ? Qui prendra sa place ?"

J'AI une solution pour vous_ vu votre courage_ le suicide collectif, c'est plus facile.

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