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Monde virtuel et monde de Barack Obama : quelle différence ?


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Andreï Fedyachine
Jeudi 30 Janvier 2014

Monde virtuel et monde de Barack Obama : quelle différence ?

 

Le président américain s’est adressé au Congrès avec son discours sur l’état de l’Union. A la sixième année de sa présidence, il a défini la place des États-Unis dans le monde et a expliqué ce qui leur manque pour être encore meilleurs. Il a parlé de ses projets pour que le « rêve américain » se réalise.

Avant ce discours, la Maison-Blanche a instamment fait allusion au fait qu’il réanimerait la présidence d’Obama. La cote de popularité du Nobel de la paix a vraiment chuté jusqu’au niveau de son prédécesseur républicain George W. Bush. Encore plus bas il n’y avait que Nixon.

Les mauvaises langues disent qu’il était possible de connaître à partir du discours de l’année passée tout ce que le 44e président allait déclarer dans son « discours de réanimation » de cette année. Car presque toutes les initiatives non accomplies de la politique intérieure ont littéralement migré de l’ancien discours vers le nouveau. Et les autres initiatives sont encore plus vieilles. Pour confirmer ces déclarations, les journaux citent les extraits du discours d’Obama des années 2010 et 2012. La politique extérieure n’a pris dans la manifestation oratoire de Barack Obama que 5 minutes. Si peu que personne n’a osé le commenter.

Le président américain a promis pour les États-Unis « un an d’actions ». Il a même menacé les républicains de s’avancer sans le Congrès si ce dernier continue à saboter ses initiatives législatives. « Je n’ai plus l’intention d’attendre les républicains pour améliorer la situation économique du pays », a-t-il annoncé.

« L’Amérique ne reste pas sur place, et je ne compte pas le faire non plus. Donc si je sais m’avancer où que ce soit à un moment ou un autre, afin d’élargir les possibilités pour un plus grand nombre de familles américaines sans adopter de législation, je vais le faire », a déclaré Barack Obama.

Il n’y a rien de nouveau dans cette déclaration. Il l’avait déjà dit presque mot pour mot dans le discours de l’année 2012 : « Je vais agir pour stimuler la croissance avec ou sans le Congrès ».

Un président peut en effet apporter par ses décrets exécutifs des changements au niveau des salaires, des méthodes de préparation professionnelles, des programmes sociaux d’aide, etc. Mais cela ne concernera que les employés fédéraux, c.-à-d. quelques milliers de personnes. Alors qu’il y a des centaines de milliers de personnes dans le besoin dans le pays.

Barack Obama a promis aux États-Unis un voyage aux JO de Sotchi et « beaucoup d’or ».

« La semaine prochaine, nous serons témoins d’une confirmation des idéaux (les droits de l’homme et la démocratie), lorsque l’équipe américaine vêtue des costumes de couleur rouge, blanc et bleu fera son entrée sur le stade olympique et remportera beaucoup d’or. On demande notre conseil pour chaque problème dans le monde non seulement grâce à notre puissance économique et militaire, mais surtout grâce aux idées que nous défendons et les efforts que nous y consentons », a-t-il annoncé.

Et enfin, il a promis de fermer la prison de Guantanamo. Ceci dit, il avait promis de la fermer lors de sa première campagne électorale en 2008.

En écoutant Barack Obama, le monde aurait dû s’affermir dans sa conviction que c’est justement grâce à la diplomatie américaine et sa position ferme qu’il a été possible d’entamer les négociations sur le conflit syrien, de détruire le potentiel chimique syrien et s’accorder sur l’arrêt du programme nucléaire iranien. Affirmer une telle chose est du moins pas très modeste. Car même selon les journaux américains, ni la conférence Genève 2, ni le début de la fermeture du « dossier nucléaire », ni le contrôle des armes syriennes de destruction massive n’auraient été possibles sans les propositions de la Russie et le « sale boulot » qu’elle a accompli. Et la réforme des programmes d’espionnage globale n’aurait jamais vu le jour (même dans une version plus limitée) sans les révélations d’Edward Snowden. Dans ce contexte, les mérites de l’administration d’Obama sont purement virtuels.

Le président américain a promis de régler le « problème nucléaire » de l’Iran, de soutenir la démocratie en Ukraine et l’opposition syrienne modérée, de réformer la NSA et de consolider l’union avec l’UE.

« Notre union avec l’Europe est la plus forte que le monde ait connue. De la Tunisie à la Birmanie, nous soutenons tous ceux qui sont prêts à accomplir un travail compliqué pour instaurer la démocratie. En ce qui concerne l’Ukraine, nous sommes en faveur du droit d’exprimer librement et pacifiquement son avis et avoir sa voix dans la détermination du futur du pays », a-t-il annoncé.

Il faut avouer que le ton a changé sur la question ukrainienne et, désormais, l’administration ne soutien plus l’opposition aveuglement.

Aucun autre discours présidentiel n’est aussi bien revu, poli, vérifié et répété par la Maison-Blanche que le discours sur l’état de l’Union. Et si la présidence d’Obama ne tenait que sur l’emphase et l’art oratoire, on pourrait être plus que tranquille pour lui. Car du point de vue du pathétique et de l’interprétation oratoire, c’était un vrai chef-d’œuvre. Si, bien sûr, on ne prend pas en compte les faits. Et certains « détails », comme des promesses non tenues.

La cote de popularité de Barack Obama vacille entre 36-45 % et est loin des 83 % de 2008. Dans la liste des présidents américains d’après-guerre (elle est régulièrement dressée par le service Gallup), Obama occupe pratiquement la même position que George W. Bush. Sa politique est approuvée par 28 % et celle de Bush junior par 27 %. Kennedy a la cote la plus haute (74 %). Il est suivi par Ronald Reagan (61 %), Bill Clinton (55 %) et Dwight D. Eisenhower.

La présidence d’Obama peut être sauvée par ces mêmes républicains du Congrès. En novembre auront lieu les élections de tous les membres du Congrès et d’un tiers du Sénat. Selon Gallup, il n’y a que 17 % d’Américains qui sont en faveur de la réélection de leurs députés. Les États-Unis n’ont jamais été si mécontents par leurs parlementaires auparavant.

En 2008, Obama a eu de la chance : son prédécesseur était le républicain George W. Bush et son adversaire était John McCain, un sénateur âge qui avait peu de chances d’être élu. En 2012, Barack Obama a eu la chance de nouveau, car son adversaire était le millionnaire républicain Mitt Romney. Les Américains avaient en effet du mal à élire un multimillionnaire dans le contexte de la grave crise financière de 2007-2008. Combien de fois encore Barack Obama pourra-t-il tirer profit de ses propres ennuis et de l’inimitié des Américains par rapport au Congrès ?

http://french.ruvr.ru



Jeudi 30 Janvier 2014


Commentaires

1.Posté par YUsuff Dookhun le 07/02/2014 20:49 | Alerter
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Il a promu ou pas on sais tres bien que c'est pas lui qui decide. Les discours des nos politi chien est de nous garder reveurs et au septieme ciels s.v.p

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