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MPACTS SUR LA DETERIORATION DU POUVOIR D’ACHAT DES ALGERIENS : LES QUATRE RAISONS DE L’INFLATION


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abderrahmane mebtoul
Samedi 8 Janvier 2011

MPACTS SUR LA DETERIORATION DU POUVOIR D’ACHAT DES ALGERIENS : LES QUATRE  RAISONS  DE  L’INFLATION
1-La première raison de l’inflation est la non proportionnalité entre
la dépense publique   et les impacts économiques et sociaux :  200
milliards de dollars annoncés ente 2004/2009 ( pas de bilan à ce jour)
et 286 entre 2010/2014 dont 130  de restes à réaliser des projets de
2004//2009 pour  un  taux de croissance ne dépassant pas 2/3% moyenne
2004/2010 (donc  plus de 400 milliards de dollars  soit presque  le
programme de relance  US et chinois ).Ce déversement de cette
importante masse monétaire sans contreparties productives  a un impact
évidemment sur tant sur le taux d’inflation  que  le taux de chômage
réel qui  sont   largement  supérieurs au taux  officiels. Une récente
étude de l’OCDE montre clairement que pour certains pays du pourtour
méditerranéen  que l’Algérie dépense deux fois plus pour deux fois
moins de résultats : projets mal ciblés, les  infrastructures ne
constituant qu’un moyen,  une  gouvernance mitigée, l’entreprise et le
savoir dévalorisés, mauvaise  gestion et surtout la  corruption qui
s’est socialisée.



2. La deuxième raison liée à la première  est la faiblesse d’une
politique salariale  cohérente privilégiant les créateurs de valeur
ajoutée le travail et l’intelligence au profit d’emplois rente ce qui
fait que la productivité globale est une des plus faible au niveau de
la région. Pour preuve le ratio masse salariale  sur le PIB pour
2009/2010 est inférieur à 20% contre plus de 45% à la fin des années
1976/1979  contre une moyenne mondiale supérieure à 60%  démontrant
que les augmentations de salaires pour les secteurs à valeur ajoutée(
inclus la santé et l’enseignement)  ne  sont pas la cause  essentielle
de l’inflation mais les emplois improductifs. D’où l’importance de
saisir correctement les liens entre accumulation, modèle de
consommation et répartition du revenu national par couches sociales,
enquêtes inexistantes en Algérie.



3.-La troisième raison  est l’extension de la sphère informelle qui
contrôle quatre segments celui des fruits et légumes, de la viande
rouge et blanche ; du poisson et du textile /cuir, ce dernier à
travers les importations  de valises  avec plus   de 40%de la masse
monétaire en circulation.  L’allongement des circuits  de
commercialisation à travers leur désorganisation entre le producteur
et le consommateur  favorise les rentes   de monopoles. Ce qui  fait
que  tant le chèque imposé ( qui vient d’être abrogé ) d’obligation de
500.000 dinars  et le contrôle des prix  sur essentiellement le
détaillant sont de peu d’efficacité car ne s’étant pas  attaqué  à
l’essence à des phénomènes . C’est que  la sphère  informelle
favorisant les actions spéculatives  est le produit de la bureaucratie
et des  dysfonctionnements  des appareils de l’Etat existant au niveau
des segments du pouvoir des liens dialectique  entre la sphère
informelle et la logique rentière. Il en résulte   l’absence  d  ‘une
régulation  produit d’une incohérence et  du  manque de visibilité
dans la politique économique et sociale et en cas de remous  sociaux,
une mentalité bureaucratique croyant que des lois et commissions
résoudront les problèmes.



4. La quatrième raison est l’inflation importée  mais la question qui
se pose pourquoi lorsque le taux d’inflation mondial  allait vers
zéro en 2009 cela n’a profité ni  aux producteurs ni aux consommateurs
algériens. Le dérapage du dinar, gonflant d’ailleurs artificiellement
les recettes fiscales( voilant l’importance du déficit budgétaire)  et
le fonds de régulation des recettes calculés en dinars algériens , les
taxes exorbitantes au niveau des douanes qui  s’appliquent à un dinar
dévalué  pour entretenir notamment les couches rentières  ont
largement contribué à favorisé  la hausse des prix . Cela envoie à une
économie totalement rentière où 98% des exportations sont le fait
d’hydrocarbures   et 75% des importations (équipement, matières
premières où plus de 80% des entreprises privées et publiques
fonctionnent avec des inputs importés) et les biens finaux
représentent entre 2009/2010 environ 70/75% de nos besoins.



5.-En conclusion un Eta riche avec plus de 150 milliards de dollars
fin décembre 2010 dont 80% déposées à l’étranger  mais une population
de plus en plus pauvre où 70% perçoit moins de 20.000 dinars  par mois
consacrant plus de 80%de ce modeste revenu aux biens de première
nécessité. Et se pose cette  question : comment passer d’une économie
de rente à une économie productive s’insérant dans le cadre des
valeurs internationales, une économie de marché productive,  comme les
pays émergents en évitant l’illusion du retour au tout Etat des années
1970 qui ne ferait qu’accélérer la crise mais  avec un rôle
stratégique pour l’Etat régulateur. Le  défi pour l’Algérie, étant un
problème de sécurité nationale, est que l’on va vers l’épuisement des
hydrocarbures ( 16 ans pour le pétrole,25 ans pour le gaz peut être
moins  tenant compte du gaz non conventionnel et de la forte
consommation intérieure) comme je l’ai montré dans plusieurs
contributions   où l’important n’est pas  tant  de découvrir des
gisements mais de tenir compte de leur rentabilité économique face
tant aux concurrents  que d’autres énergies substituables. En bref le
plus grand ignorant étant celui qui prétend tout savoir il y a urgence
d’un dialogue serein politique, économique, social privilégiant les
intérêts  supérieurs de l’Algérie afin de réorienter l’actuelle
politique socio-économique conciliant efficacité économique et une
très profonde justice sociale,  si l’on veut éviter une très grave
dérive  au pays. Dialoguer et savoir écouter  est la vertu  des grands
dirigeants. Cela suppose en Algérie une profonde rupture culturelle
d’abord de nos dirigeants et systémique. ademmebtoul@gmail.com




07 janvier  2011 Professeur Dr  A.MEBTOUL   MOBILE 00213661552928


(1)-voir Abderrahmane Mebtoul  El Watan 27 décembre 2010 « La réforme
globale qui génère une croissance durable est en panne » et «
problématique de l’inflation et du pouvoir d’achat en Algérie » El
Watan 14  aout 2007. Voir interview d’Abderrahmane Mebtoul   « le
dinar en péril » parue El Watan du 12 novembre 2010. Interview à
Chorouk d’ Abderrhamane Mebtoul  le 22 décembre 2010  «  avec  les
dernières mesures gouvernementales et le retour au monopole
public/privé ,  la hausse des prix  et les tensions sociales sont
inévitables »  Enquête du professeur  Abderrahmane Mebtoul  sur les
prix de large consommation, contribution parue dans le quotidien
d’Oran 2 septembre 2009 «« Mesdames, Messieurs les membres du
gouvernement allons faire le marché ensemble »et QO  en date du 09
décembre 2009 « Non Monsieur le ministre des Finances, le gouvernement
ne peut construire une politique salariale en ignorant le pouvoir
d’achat des Algériens ».


 (2)-Abderrahmane Mebtoul- « Problématique du management stratégique
de  Sonatrach :   dans les cahiers de recherche de novembre 2010  de
la prestigieuse haute école   H.E.C Montreal, (Canada) The Walter J.
Somers Chair of International strategic management PREMIERE PARTIE :
LA SITUATION ACTUELLE DE SONATRACH-DEUXIEME PARTIE : SONATRACH ET
L’ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL-TROISIEME PARTIE : LES AXES
STRATEGIQUES DU NOUVEAU MANAGEMENT  DE SONATRACH -QUATRIEME PARTIE :
LA NECESSAIRE  DEMOCRATISATION DE LA GESTION DE LA RENTE DES
HYDROCARBURES EST LIEE A L’ETAT DE DROIT ET A LA BONNE GOUVERNANCE.


Samedi 8 Janvier 2011


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