Histoire et repères

Livre censuré - Des juifs dans la collaboration, de Maurice Rajsfus


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Vendredi 22 Novembre 2013

Livre censuré - Des juifs dans la collaboration, de Maurice Rajsfus
Des juifs dans la collaboration est paru en 1980. L’auteur, le journaliste devenu historien Maurice Rajsfus, est né en 1928, de parents juifs polonais, morts en déportation à Auschwitz et Maurice Rajsfus fut lui-même raflé au Vel d’Hiv alors qu’il n’était qu’adolescent (il en réchappa par miracle). L’ouvrage est préfacé par Pierre Vidal-Naquet, historien connu notamment pour ses travaux sur le génocide juif et le négationnisme, qui apporte au livre son indispensable crédit. Le livre, épuisé, n’a été ni réédité ni réimprimé depuis sa sortie.


Des Juifs dans la Collaboration démontre notamment que de nombreux juifs ont participé activement à la déportation de leurs coreligionnaires pendant la guerre et rend caduque l’argument (dominant aujourd’hui) selon lequel l’État français est seul responsable de la déportation des juifs. Cette distinction entre d’un côté les juifs de France, et de l’autre l’Etat français (donc les Français non-juifs), distinction créée par Jacques Chirac le 16 juillet 1995 au Vel d’Hiv, n’a donc pas lieu d’être. Elle se révèle être ce qu’elle est : une nouvelle discrimination raciale, 50 ans après les faits, dans ce même Vélodrome d’Hiver. Avec, faut-il l’ajouter, l’assentiment officiel des représentants de la communauté juive, comme en 1942.
Aussi insupportable que cela puisse paraître, l’UGIF, ancêtre du CRIF (les juifs de France n’étaient pas représentés à l’échelon national auparavant), mis en place par Pétain et les nazis (l’UGIF était en relation directe avec la Gestapo), aida à constituer des listes de juifs à rafler et à déporter. Maurice Rajsfus témoigne autant qu’il relate les faits. Dans la préface, Pierre Vidal-Naquet explique très clairement que c’est parce qu’aucun historien (lui le premier) n’a voulu réaliser ce travail qu’un journaliste l’a entrepris.
Le livre, qui propose une somme impressionnante de documents d’archives, de témoignages et d’analyses, n’a jamais été réédité depuis 1980. Il n’a jamais été débattu dans les médias, par les politiques ou par la communauté juive. Et depuis qu’une bombe a explosé chez l’éditeur, EDI, l’auteur n’a plus jamais parlé de ce livre.
Seuls quelques exemplaires sont encore disponibles à l’achat. J’ai dû débourser la modique somme de 67 euros (plus de 400 francs) pour acquérir cet exemplaire. Cette situation est-elle normale pour un livre d’une telle valeur historique ? Notons par ailleurs qu’au moins deux autres livres sont sortis depuis sur la question, l’un en France en 2003, l’autre aux USA en 1987 (le New York Times en a fait état). Aucun média français n’a jugé utile de chroniquer ces deux publications.
Maurice Rajsfus développe dans son livre une analyse marxiste : à ses yeux, ce sont des juifs bourgeois qui ont aidé à faire déporter des juifs pauvres. La plupart des membres de l’UGIF, pour ne pas dire la quasi-totalité, étaient en effet des notables. Son analyse ne résiste cependant pas aux faits, car de nombreux notables juifs ont également été déportés. Sans doute Rajsfus cherchait-il à éviter toute accusation en antisémitisme, même si ce marxisme dogmatique pouvait aussi correspondre à son idéologie (et, dans une large mesure, à celle de Vidal-Naquet). En fait, la distinction est plutôt à faire entre juifs français et juifs étrangers, les responsables de l’UGIF étant tous français et ayant sacrifié les juifs étrangers pour protéger les juifs français.
Ce livre lève le véritable tabou qui pèse sur la participation des organisations juives de France à la déportation. L’Histoire n’a pas d’idéologie. Elle se doit d’être une science au service de la vérité, et non une vérité d’État au service d’une dictature intellectuelle. Ce tabou devrait être levé, et ne peut être levé que par les premiers concernés, à savoir le CRIF. Le CRIF compte en effet dans ses rangs, au plus haut niveau depuis de nombreuses années, et encore aujourd’hui, une personnalité qui avait accepté la carte de l’UGIF pour être couvert par cette institution (qu’il réprouvait par ailleurs). Il s’agit d’Henri Bulawko, successivement membre du comité directeur du CRIF, puis vice-président du CRIF et enfin président d’honneur du CRIF.
François Mitterrand a reçu la francisque des mains même de Pétain, un fait qui lui a été reproché quand l’information a été rendue publique par Pierre Péan. Dans le même temps, il n’y eut aucune polémique vis-à-vis de M. Bulawko, ni vis-à-vis du CRIF qui préfère mettre en avant sa création en 1943 par des groupes de résistants juifs, ce qui est tout à fait vrai aussi. Il y eut des activités de résistance au sein même de l’UGIF, de même qu’il y en avait à Vichy. Cela n’empêche pas une organisation juive comme Akadem d’écrire ceci : “On peut cependant reprocher [aux dirigeants de l’UGIF] un aveuglement quant à la réalité de la Shoah et de n’avoir pas appelé les Juifs à se défendre et à se cacher. La plus grande tâche de l’histoire de l’Union est constituée par les maisons d’enfants qui n’ont pas été dispersées à temps, et qui ont été raflées en juillet 1944.”
M. Bulawko a pu gravir tous les échelons du CRIF, jusqu’à en devenir le président d’honneur, alors qu’il avait accepté la carte d’un organisme qui a aidé à identifier puis à déporter les juifs de France, sans que cela ne dérange personne, ni au CRIF, ni dans les médias, ni parmi les politiques. Sous l’impulsion de François Mitterrand, ceux-ci ont préféré accepter de participer, année après année, au dîner annuel du CRIF.
Pourquoi la France a-t-elle dû autant se repentir devant les représentants de la communauté juive, alors que les anciens membres de l’UGIF (qui, rappelons-le, cherchaient à éviter d’être déporté) n’ont jamais eu à répondre devant aucune autorité, ni judiciaire, ni politique, et encore moins médiatique ou communautaire ? “Après la Libération, l’affaire sera étouffée et le procès public évité. Un jury d’honneur sera pourtant constitué, mais il se réunira à huis clos et ses conclusions ne seront jamais connues.” peut-on lire sur la 4e de couverture du livre de Maurice Rajsfus. Ajoutons que ce jury était présidé par Léon Meiss, président du CRIF.
Le tabou est donc profondément ancré. Mais loin de permettre de mieux lutter contre l’antisémitisme, il ne fait que l’alimenter.
 
Voici au format PDF le livre Des juifs dans la collaboration, de Maurice Rajsfus :
http://mai68.org/spip/IMG/pdf/Mauri…
(Faire un clic droit sur le lien, puis "Enregistrer sous")
 


Vendredi 22 Novembre 2013


Commentaires

1.Posté par Aldhamir le 22/11/2013 11:29 | Alerter
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Ce livre connaît le même sort de tant d'autres interdits, retirés de la circulation ou même dénigrés, à l'exemple du fameux PROTOCOLE des SAGES de SION. Et on ose invoquer la Liberté d'Expression pour remettre en question le Christianisme et l'Islam.

2.Posté par SMIV le 22/11/2013 14:51 | Alerter
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Après cet article, un autre sur "Le salut par les juifs" d'Alain Bloy ?

3.Posté par bky le 22/11/2013 15:36 | Alerter
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Chaque fois que la vérité risque de mettre cette bande de criminels dégénérés à nus ! Ils se réfugient derrière les lois de la "république maçonnique et talmudiques" pour la camoufler ! Au nom de l'antisémitisme érigé en religion absolue et obligatoire ! Un mot qui n'a aucun lien avec les talmudiques khazars (92% des juifs dans le monde). Je rappelle que les véritable sémites sont les arabes.

4.Posté par FREFRE44 le 22/11/2013 21:21 | Alerter
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ceci me fait rire
ayant surfé sur un site Europe Israël et je regarde l'article et surtout le premier commentaire en bas après l'article

que de haine pour des voleurs de terre
et surtout un certain FREFRE qui se fait traité de kamikaze
à voir absolument
http://www.europe-israel.org/2013/10/leurope-a-t-elle-tire-les-lecons-de-la-shoah/

5.Posté par Saber le 22/11/2013 23:07 | Alerter
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A télécharger, bonne lecture.

6.Posté par Doigtdansl'oeil le 25/11/2013 10:41 (depuis mobile) | Alerter
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A lire absolument... Le droit a la
Race superieur . Cette ouvrage decrit comment les sionistes se sont emparé de la France Et CE a tout les niveaux

7.Posté par Doigtdansl''''''''oeil le 25/11/2013 10:42 (depuis mobile) | Alerter
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A lire absolument... Le droit a la
Race superieur . Cette ouvrage decrit comment les sionistes se sont emparé de la France Et CE a tout les niveaux

http://www.youtube.com/watch?v=6pnS5F4JBJM&feature=youtube_gdata_player

8.Posté par Pastounak le 27/10/2018 23:33 | Alerter
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https://archive.org/details/MauriceRajsfus-DesJuifsDansLaCollaborationLU.g.i.f.1941-1944/page/n1

9.Posté par Vérité = Liberté le 14/06/2020 09:40 | Alerter
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A voir la quasi-totalité des commentaires, on se rend compte une fois de plus combien la "bête" et la bêtise sont des jumelles intimes, au-delà de l'étymologie. Il est en effet "amusant" de constater avec quelle promptitude on voit pointer le groin des antisémites dès que ça parle "des enfants d'Israël". Quels que soient le thème, le sujet ou le propos. Comme un réflexe pavlovien, conditionné sans espoir d'y échapper... et nous non plus, par extension.

Petits antisémites fétides, avant d'être définitivement oubliés par les Hommes après avoir été broyés par la guerre mondiale que vous aviez déclenchée et enterrés par la morale universelle, sachez que votre pathologie peut se soigner avec un remède puissant appelé l'Histoire. Qui n'est pas et ne peut pas être UNE vérité, comme il est rappelé dans l'article, mais qui sert nécessairement la vérité et, par voie de conséquence, l'indispensable liberté à son tour nécessaire au bonheur humain. Lequel est le cadet de vos soucis, tout le monde l'a compris depuis longtemps, mais qui est la seule boussole universelle quand tous les prophètes de malheur ne cherchent qu'à livrer le Monde aux divisions artificielles et au chaos des rapports de domination.

C'est bien pourquoi tous les hommes et les femmes épris de justice et de liberté sont d'abord épris de vérité. Parce que seule la vérité rend libre. Et parce que, lorsque la liberté n'est pas acquise, seule la vérité est révolutionnaire, comme l'affirmait Trotsky. Tiens, encore un juif... : )

PS pour rappel : Le sionisme est une idéologie passée du progressisme et d'idéaux généreux, comme le rappelait à l'occasion Maurice Rajsfus, à une idéologie ethnocentrée et constitutive d'une impérialisme teinté de colonialisme, basé sur des rapports de domination volontiers racistes à l'intérieur et à l'extérieur de l'Etat d’Israël. Ce glissement avéré au cours du XXème siècle n'ouvre pour autant aucun droit à l'antisémitisme que ce soit, n'en déplaise aux antisémites qui ont découvert l'antisionisme quand ils se sont mis à chercher comment être antisémites sans l'être juridiquement. Mais l'antisionisme et l'antisémitisme n'ont rien à voir, et autant les petits antisémites fétides qui se prétendent antisionistes ne sont que des petits antisémites fétides mal ravalés avec un papier peint mal posé, autant les sionistes puants qui voudraient tirer un trait d'égalité mensonger entre antisionisme et antisémitisme sont des complices parfaitement objectifs des petits antisémites fétides, avec qui ils partagent l'amour du mensonge plutôt que de la vérité et la haine des progressistes qui refusent leur monde mortifère de divisions et d'apartheid généralisé.

PPS pour rappel : Les Protocoles des sages de Sion est un faux grossier fabriqué par l'Okhrana, la police secrète et antisémite du tsar dans les années 1902 - 1903 et publié progressivement en Russie les années suivantes. Ce faux est devenu un symbole de l'antisémitisme, chacun peut consulter l'article Wikipédia à ce sujet pour de plus amples précisions. Ou avoir tout simplement une idée de la simple vérité. Toujours la vérité...

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