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Liban : Le 14 mars veut la guerre civile !



Mercredi 13 Février 2008

C'est malheureux : jamais de mémoire de libanais, l'homus politicus ne se sera autant abaissé, jamais, il n'aura été aussi loin dans ses liens de subordination envers les maîtres étrangers. Virtuose de l'invective haineuse, le chef druze Walid Joumblatt a franchi, dimanche lors d'un discours prononcé à l'occasion de l'anniversaire de l'assassinant de Rafic, la frontière de l'interdit au grand dam de ces centaines de milliers de Libanais qui n'ont au tréfonds de leur âme qu'un seul et unique vœux : retour de l'état souverain. A une opposition hétéroclite écartée de facto de la scène pour cause de l'égotisme politique de la Majorité, à une Ligue arabe impliquée à fond dans la solution de crise, à une rue libanaise enfin, inquiète, craintive et à bout de force, M. Joumblatt a dit : « si vous pensez que nous resterons les bras croisés c'est pure imagination. Vous voulez l'anarchie ? Allons-y. Vous voulez la guerre ? Allons y. il n'y a pas de problème pour les armes ( !!!!). En voici un verbe qui dérape dangereusement, qui dévoile le fond d'une pensée pernicieuse devant laquelle aucun Libanais un tant soit peu lié par l'amour de sa patrie ne peut ne pas réagir : le Général Aoun a été l'un des premiers à avoir dénoncé un discours aux accents fascisants, une félonie comme on n'en voit que chez les adversaires jurés du Liban. Idem pour le Hezbollah et sa fraction parlementaire qui multiplient depuis deux jours les mises en garde contre les risques d'un conflit civil dont le projet, longtemps en germe, semble désormais à deux pas de la concrétisation. Cela fait des années que le 14 mars amplifie les vibrations néfastes venus d'ailleurs ; cela fait des années qu'il caresse le rêve d'un Liban tombé droit dans l'escarcelle de l'Occident, un Liban atone, docile, satellisé et surtout dépouillé de ce qui fait sa force à savoir son hétéroclisme foncier. Parler du « divorce national » comme l'a fait sans vergogne M. Joumblatt ne signifie pas autre chose, hélas, que se résigner à voir le Liban déchiqueté aux milles morceaux plutôt que de le vouloir uni et solidaire. Il signifie tout simplement que la vassalité ne connaît de borne et que ceux qui sont frappés de ce mal peuvent vouer leur propre chair aux gémonies !


Mercredi 13 Février 2008

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