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Lettre ouverte au pape Benoît XVI


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Cette réponse à la fameuse conférence de Ratisbonne, que le pape Benoît XVI donna en 2006, publiée en octobre 2006, est une reprise d’article qui s’impose pour deux raisons : c’est une première pour le site d’Alterinfo.net, que je ne connaissais pas à cette date, puis : pour la finale de cette lettre, qui se réalise avec quelques années de retard !


zeinab abdelaziz
Lundi 25 Février 2013

Lettre ouverte au pape Benoît XVI
Lettre ouverte au pape Benoît XVI


Dr Zeinab ABDELAZIZ
Professeur émérite de civilisation française



Révérend père, Evêque de Rome, vicaire de Jésus-Christ, successeur du prince des Apôtres, souverain pontife de l'Eglise universelle, primat d'Italie, archevêque-mètropolite de la province romane, souverain de l'Etat de la Cité du Vatican et serviteur des serviteurs de Dieu, - je n'ai pas mentionné "patriarche de l'Occident" car vous vous en êtes déchargé... Comme il m'est difficile d'omettre le titre de : Chef du Bureau de la Congrégation pour la foi (ex-Inquisition), et professeur émérite dans les facultés théologiques allemandes, le pape Benoît XVI,
Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur vous,

Je commence par un simple reproche, en tant que collègue, portant comme vous, le titre de professeur émérite, - c'est sur ce niveau que se tient cette lettre, et en tant que musulmane, ayant reçu sa part d'indignation, d'amertume et de douleur, comme les musulmans du monde entier, de ce que contenait votre conférence à Ratisbonne, en Allemagne, sous le titre de :
"Foi, raison et université : Mémoires et réflexions"
car celui qui a en charge tous les titres que vous portez, c'est une honte que de s'abaisser au niveau de blasphémer publiquement une religion que suivent et à laquelle tiennent plus du cinquième des habitants de la terre ... C'est une honte que de choisir une attitude de défi provocateur pour porter atteinte à l'Islam et aux musulmans… C'est une attitude qui se situe, sans aucun doute, dans la suite des atteintes portées contre l'Islam, depuis son expansion et qui continue jusqu'à nos jours. C'est une attitude qui vous place, en fait, sur le terrain du dédain d'autrui, du mensonge et de l'ignorance, par votre propre choix, et ce sont là des qualificatifs qui ne sont point à l'honneur de celui qui occupe une place comme la votre. C'est une attitude qui démontre, d'un côté, à quel point vous ignorez votre propre religion et la religion d'autrui ; de l'autre, c'est une attitude qui ouvre la porte toute large à de nouvelles croisades dont personne n'en a besoin…

Le journal "La croix" du 17/9/2006 assure que cette conférence a été longuement préparée, et qu'un grand nombre de vos proches l'ont lu attentivement comme cela se passe avec tous les textes publics au moins. Ce même journal affirme que depuis le lundi 9/11, "et alors que le pape n'avait pas encore prononcé sa conférence, les journaux italiens parlaient déjà de Benoît XVI et l'Islam" !! Ce qui prouve le lien entre cette conférence, à cette date précise, et la comédie montée du onze septembre ! Car ce qui est dorénavant acquis comme fait accompli, malgré les grandes dissimulations, que ceux qui la fomentèrent sont des dirigeants américains très hauts placés. La conférence visait donc clairement à faire le lien entre l'Islam, le terrorisme et le mal. Autrement dit : c'est une attitude bien préméditée.

Votre réponse et votre expression d'être "attristé", à cause des réactions soulevées par votre conférence, est ce qu'on appelle : une excuse pire qu'un délit, car un chercheur académique lorsqu'il cherche une citation, il le fait pour l'une des deux raisons : soit pour prouver ce qu'il avance dans son texte, soit pour la critiquer. Il n'existe pas dans le domaine académique le fait de dire d'une citation choisie qu'elle "n'exprime pas mes idées", comme vous l'avez fait, car c'est l'écrivain qui choisit les citations. Cette prétendue excuse, en un temps où toute la conférence, tous vos écrits précédents et surtout votre première encyclique, prouvent que vous désigniez vos dits. Ce qui vous place au niveau de ces chercheurs qui mettent leurs propres idées sur la bouche d'autrui de crainte que les réactions ne leur tombent sur la tête… C'est une attitude académique que l'on qualifie de couardise,- ce qui n'est point digne des charges que vous portez.

Même la déclaration annoncée par le bureau d'information du Vatican, le samedi 16/9/2006, dans laquelle il est fait mention du décret du document "Nostra Aetata", promulguée par le Concile eucuménique Vatican II, en 1965, là aussi c'est une excuse pire qu'un délit, qui met à nu une attitude tortueuse, pour ne pas dire double face du Vatican. Celui qui fait le lien entre les minutes des procès verbaux de la formulation de ce texte et le texte final, ne peut s'empêcher d'être pris d'écoeurement, tellement ceux qui étaient chargés de l'écrire s'ingénièrent à éloigner les arabes et les musulmans de la descendance d'Ismaël, le fils aîné d'Abraham, pour dire qu'ils le prennent seulement comme exemple ! De même, ils firent tout leur possible pour éliminer le fait que Dieu parla aux musulmans par l'intermédiaire du prophète Mohammad. La référence que je cite est une des publications du Vatican ayant pour titre : L'Eglises et les religions non chrétiennes, et les procès verbaux qu'elle renferme concernant ce texte sont une vraie honte. Ce qui démontre à quel point vous tenez ferme à cette attitude, qui manque de probité à l'égard de l'Islam, afin de ne pas le reconnaître comme religion monothéiste. De toute façon, que vous le reconnaissiez ou pas, l'Islam est là, il est reconnu de par le monde comme étant la troisième révélation monothéiste, révélée pour l'humanité. Le fait de le nier ne porte atteinte qu'à votre probité.

Il n'est pas lieu, ici, de relever tous les points que vous avez abordé dans votre conférence et qui dépassent la vingtaine, et je me limite à ce qui concerne l'Islam. Ce sont deux principaux points : votre description d'Allah, dans la "doctrine musulmane", que sa transcendance totale est une chose incompréhensible et ne s'accorde point avec la raison ou la logique, que l'on ne peut point comprendre, que sa volonté n'a aucun rapport avec n'importe lequel de vos critères logiques, pas même le critère du raisonnable; et que le prophète Mohammad (Bénédictions et salut sur lui) n'a apporté que tout ce qui est mal et inhumain, à savoir le fait d'imposer ce qu'il a prêché par l'épée !

Je commence d'abord par préciser que l'Islam n'est pas une "doctrine", comme vous l'avez décrit, mais une Religion monothéiste intégrale, englobant tous les piliers, stable et inébranlable, et surtout extrêmement logique et raisonnable en sa clarté. C'est ce qui attire les gens vers lui. Le fait d'ignorer cette simple vérité ne porte atteinte qu'à votre propre personne et révèle à quel point votre attitude manque de probité scientifique et objective, - deux qualificatifs auxquels vous semblez pourtant tenir !

Il n'est pas question de vous parler ici de l'Islam, que vous pourrez étudier si vous le voulez, mais je vous parlerai de la Bible, dans laquelle vous trouvez qu'elle s'accorde avec la raison et la logique, contrairement au Qur'ân, que vous avez éliminé de la comparaison, disant un peu plus loin, que la violence ne s'accorde point avec la nature de Dieu et son esprit, que Dieu n'aime pas le sang et les comportements contraires à la raison et à la nature de Dieu ! Là je ne peux que vous demander à propos de tout ce que renferme l'ancien testament, où le Dieu Yahvé demande à ses adeptes d'éliminer tous les villages, de les incendier, et d'exterminer hommes, femmes et enfants au fil de l'épée, sans oublier d'emporter l'or et l'argent… Et ailleurs, leur demander de torturer les habitants, de les couper en pièces et de les brûler dans les fours à briques… Est-ce cela ce qui s'accorde avec la foi et la raison, à votre avis ?! Est-ce là des textes dénudés de mal et de choses inhumaines ?! Est-ce là la tolérance que vous approuvez et voulez imposer à tout le monde ?!

Ce que le lecteur trouve dans le texte d'Ezéchiel, lorsque le Dieu Yahvé lui ordonne de manger du pain avec "de la merde dessus", et lorsque le prophète Ezéchiel se plaint, Il lui ordonne d' "y ajouter de la bouse" !! C'est ce que vous trouvez aller de paire avec la foi et la raison ?! J'aurai vraiment honte de citer le dévergondage inouï qui se trouve soit dans ce même texte (Ola et sa sœur) ou ailleurs, malgré le fait que le texte varie ou est "allégé" d'une édition à l'autre! Les différentes éditions existent toujours.

Quant au christianisme, auquel vous êtes à la plus haute place, je commence par vous demander à propos de la déification de Jésus au premier concile de Nicée, en 325, malgré le nombre de versets dans lesquels Jésus ne cesse de marquer la différence entre lui et Dieu : "Le Seigneur notre Dieu est l'unique Seigneur" (Marc 12 : 29), "Pourquoi m'appelles-tu bon, Nul n'est bon que Dieu seul" (Mt 19 : 16), "Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu" (Jean 20 :17), "C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte" ( Mt 4 : 10) ( à propos l'ancien texte disait : et à Lui seul tu te prosterneras !) . Nombreux sont les versets dans lesquels Jésus dit qu'il est un être humain : "…moi, un homme qui vous ai dit la vérité, que j'ai entendu de Dieu" (Jean 8 : 40). Alors que d'autres versets disent : "et les foules disaient : "C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée" (Mt 21 : 11), "…un grand prophète s'est levé parmi nous" (Luc 7 : 16) … et malgré toutes ces preuves qui se trouvent encore dans le texte, ou qui n'ont pas encore été "rectifiés", l'Institution ecclésiastique déifia Jésus comme : "Vrai Dieu de vrai Dieu, engendré non pas crée, consubstantiel au Père" , ensuite il a été promu au titre de Dieu, seul et unique. Est-ce que toutes ces falsifications s'accordent, à votre avis, avec la raison et la logique, - malgré le fait qu'elles donnèrent lieu à la séparation des églises et à des tueries parmi les adeptes et leurs dirigeants ?!

Au premier concile de Constantinople on a ajouté que le Saint Esprit est consubstantiel au Père, ce qui provoqua d'autres séparations entres les églises. Au concile d'Ephèse, en 431, Marie a été promue "Mère de Dieu", ce qui donna lieu à d'autres disputes… Au concile de Chalcédoine, en 451, l'église imposa deux natures à Jésus… Et toute une suite de dogmes et de décrets desquels Jésus n'a mentionné ou n'a connu un traître mot! C'est ce que vous appelez s'accorder avec la foi et la raison ?!

D'après tous les documents disponibles sur le marché, le dogme de la Trinité n'a été accepté par les différentes églises qu'après fortes batailles, de sortes que le concile de Florence, en 1439, expliqua le sens aux Jacobins, pour l'imposer définitivement, disant : que la relation seule est celle qui différencie entre les personnes, mais que les trois personnes constituent un seul Dieu et non pas trois, car ils sont de la même substance, de la même nature, de la même divinité, de la même grandeur, de la même éternité, et que tous les trois sont un, puisque la relation entre eux ne représente aucune contradiction! Et à ceux qui n'admettent pas cette clarté, l'église répond : " C'est un mystère" !... Est-ce ce genre de logique que vous trouvez conforme à la raisonnable raison ?!

Vous considérez que la Bible,- les textes de l'ancien testament, basés sur la traduction dite " la septante", les quatre évangiles et les autres livres qui constituent le nouveau testament,- est le Livre par excellence, inspiré par Dieu, puisqu'il renferme la foi évangélique à laquelle vous avez recours le long de votre conférence, après avoir éliminé le texte illogique du Qur'ân. Pourtant, il est bien connu, historiquement parlant, que c'est saint Jérôme qui a rédigé cette Bible, sur l'ordre du pape Damase, après avoir amalgamé plus d'une cinquantaine d'évangiles qui étaient en circulation à cette époque. Une fois le travail terminé, saint Jérôme écrit une introduction au nouveau testament, en guise de lettre, adressée au pape Damase, dans laquelle il dit :

AU PAPE DAMASE, SUR LA RÉVISION DU TEXTE DES QUATRE ÉVANGILES.


" Vous voulez qu'avec les matériaux d'un ancien ouvrage j'en refasse un nouveau; que je me pose comme arbitre dans l'examen des textes de l'Écriture répandus dans le monde; vous voulez, en un mot, que j'explique les variantes qu'on y trouve, et que je signale ses passages concordants avec la version grecque la plus authentique. C'est une pieuse entreprise, mais une présomption dangereuse que de s'établir juge des autres, quand soi-même on doit avoir pour juge l'opinion générale; que de prétendre changer la langue des vieillards, ramener le monde, déjà vieux, au bégaiement de l'enfance. En effet, quel est l'homme de nos jours, savant ou non savant, qui, se décidant à prendre en main notre ouvrage, et voyant discréditer le texte dont il se sert habituellement et dans lequel il a appris à lire, ne se récrie aussitôt, et ne me traite de faussaire, de sacrilège, dont l'audace impie n'a point reculé devant des additions, des changements et des corrections à des textes consacrés par le temps?
"Contre de semblables reproches une double consolation m'est offerte; la première, c'est que cette mission m'a été confiée par vous ; la seconde, c'est que, d'après le témoignage même de ceux qui nous attaquent, il ne pourrait y avoir de vérité complète dans les ouvrages où on ne peut signaler des variantes. En effet, si nos adversaires pensent que les exemplaires latins sont dignes de confiance, qu'ils désignent lesquels; car il existe presque autant d'originaux que d'exemplaires. S'ils pensent, au contraire, que la vérité ne saurait être découverte que par la comparaison des différents textes, pourquoi trouvent-ils mauvais que j'aie la prétention de corriger, tout en remontant aux sources grecques, les parties du texte qui ont été ou mal comprises par des interprètes ignorants, ou tronquées, dans de mauvaises intentions, par des correcteurs inhabiles et présomptueux, ou surchargées d'additions et altérées par de paresseux copistes?
"Ma polémique ne touche en rien l'Ancien Testament traduit en grec par les Septante, et qui ne nous est arrivé qu'après trois traductions successives. Je ne veux point chercher en quoi Symmaque et Aquila ont fait preuve de discernement, pourquoi Théodotien a cru devoir prendre un terme moyen entre les nouveaux et les anciens interprètes. Ainsi, tenons pour authentique la version qui a pour elle le témoignage des apôtres.
"J'aborde maintenant le Nouveau Testament qui a été écrit tout entier en grec, à l'exception de l'évangile selon saint Mathieu, qui se servit de la langue hébraïque pour répandre en Judée la parole de Jésus-Christ. Or, comme dans notre idiome cet évangile est rempli d'incontestables variantes résultant de la variété des sources auxquelles on a puisé pour le composer, il nous a semblé convenable de remonter à une seule et même source. Je ne veux point recourir aux versions employées par Lucianus et Hesycllius et que quelques hommes ont prises pour texte de leurs querelles impies. Il ne m'a point convenu de revoir ces versions dans leur ancien idiome, après la traduction des Septante.
"Si je l'ai fait pour les exemplaires écrits dans notre langue, je dois avouer que je n'en ai retiré aucune utilité; en conséquence, je ne m'engage ici qu'à l'examen des quatre évangiles, dont voici l'ordre nominal : saint Mathieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean; je ne prétends me servir que de la collection épurée des anciens textes grecs. D'ailleurs, afin que notre travail ne s'écartât pas trop de la teneur des exemplaires latins, nous n'avons corrigé que les passages qui nous ont paru s'écarter du véritable sens, laissant les autres tels que nous les avons reçus de la rédaction primitive ".

Telle est, hélas, la pure réalité d'un texte que vous considérez sacré ayant Dieu comme auteur! Je me contente de cette partie car le reste de la lettre concerne la mise en page et la classification. Et dire que cela s'est passé au quatrième siècle finissant. Ce qui veut dire, que jusqu'à cette date, les évangiles n'étaient pas encore choisis ni codifiés. Inutile d'ajouter que les querelles parmi les églises durèrent des siècles avant l'adoption de ces écrits. Ce n'est que lorsque l'église catholique, apostolique et romaine l'imposa au concile de Trente, en 1547, disant que "Dieu est le vrai auteur", que le texte a été admis, et Dieu sait à quel prix. Puis, le premier concile vaticanais, réuni entre 1869 et 1870 déclara que la Bible, ancien et nouveau testament, "étaient écrits sous l'intuition du Saint Esprit, que Dieu était l'auteur, et que l'église les a reçu ainsi… " !! Quant au concile Vatican II, réuni après environ quatre-vingt dix ans, au cours desquels nombres de travaux et d'études discréditèrent définitivement la véracité de tous ces textes, ci qui imposa au concile de déclarer, à propos des livres de la Bible, disant : "Ces livres, bien qu'ils renferment de l'incomplet et du caduc, sont malgré cela des témoins d'une vraie science de pédagogie divine"… !! Inutile d'ajouter est-ce cela ce que vous trouvez compréhensible et conforme à la raison?!

Là je ne manquerai pas de mentionner le fameux "Jesus Seminar", qui eut lieu aux Etats-Unis d'Amérique, en 1992, et auquel assistèrent quelque 200 professeurs et spécialistes en théologie, pour conclure que : 82 % des paroles attribuées à Jésus, il ne les a point prononcées mais elles ont étaient dites par les écrivains des évangiles, que la mort et la résurrection de Jésus eurent lieu dans l'endroit et de la façon voulus par ces écrivains… (p. 24 de l'introduction). A noter que ce que déplorent le plus ces spécialistes, c'est l'ignorance quasi complète des croyants par rapport à leur livre sacré,- ignorance qui atteint le niveau d'analphabétisme, comme l'assure Robert Funk, président du séminaire. Y a-t-il lieu d'ajouter un commentaire à propos de ce que vous considérez comme source de raison, de logique et d'inspiration !!

Vous dites dans votre illustre conférence que le prophète Muhammad (Bénédictions et salut sur lui) n'a rien apporté que tout ce qui est mal et inhumain, comme le fait d'imposer ce qu'il a prêché par l'épée… J'espère que vous n'ignorez point que c'est le pape Urbain II qui proclama les croisades au nom de Dieu, au concile de Clermont, disant que : " c'est Dieu qui le veut", et qu'il nomma tous ceux qui y participèrent "les soldats du Christ", leur imposa de marquer une croix sur leur vêtements et leurs équipements, leur a promis la dispense de leur péchés, les exempta des impôts et les combla de biens… Le chroniqueur connu sous le nom de L'Anonyme et qui accompagnait la première croisade décrit comment "les habitants de la ville (Jérusalem) ont été tués, massacrés vivants, au fil de l'épée, jusqu'au temple de Salomon. Une boucherie sans pareille eu lieu de sorte que nos soldats pataugeaient dans le sang jusqu'au chevilles", puis il ajoute : peut-être ce qui a mené à la réussite de cette attaque et autres c'est la divisions qui se trouvait alors parmi les musulmans. Et durant la famine qui dura pendant le siège à saint Jean d'Acre, les croisés faisaient bouillir les adultes musulmans dans les marmites pour les manger ou fixaient les enfants sur des broches et les dévoraient grillés… Est-ce cela ce qui se place, à vos yeux, sous l'appellatif des œuvres humaines et de l'expansion sans avoir recours à l'épée ?!

Nul n'ignore comment l'Inquisition compléta ou accompagna ces travaux le long des siècles, connus sous le nom des Ténèbres, qui durèrent presque mille ans, au cours desquels il était défendu aux adeptes de lire leur Bible ou de s'instruire, exception faite pour les membres du corps ecclésiastique… Il est d'ailleurs connu que les croisades n'étaient point lancées seulement contre les musulmans, en terre sainte, mais se sont répandues jusqu'en Espagne pour aider à l'éradication de l'Islam, et se propagèrent en Europe, au sud est de la France pour éradiquer les Cathares, les Bogomiles et les Vaudois, car ils refusaient la déification de Jésus-Christ…Comme elles se propagèrent partout en Europe et dans le monde pour imposer le christianisme… Que dire des atrocités commises par l'inquisition, qui se trouvent en abondance dans les références historiques et scientifiques ? C'est bien le pape Grégoire IX qui admet, en 1224 le supplice du feu pour les hérétiques, et en 1224, la Bulle Ad extirpanda du pape Innocent IV, instaure la torture dans la procédure de l'Inquisition, à ne citer que brûler les gens vif, arracher les yeux ou la langue après les avoir torturé ou enduire leurs pieds d'huile et les placer sur le feu après les avoir attaché pour ne pas bouger… Ce que le père Bartholomé de Las Casas raconte sur le comportement sauvage des missionnaires, des ecclésiastiques et de leurs soldats, pendant l'invasion des Amériques, dépasse l'imagination par ses abominables barbaries et horreurs … Il n'a été permis de publier son Journal (en trois gros volumes) qu'à la fin du vingtième siècle ! Il n'est pas lieu ici de parler des guerres des religions entre chrétiens, comme la guerre de cinquante ans, la guerre de cent ans, les boucheries particulières comme la sainte Barthélemy… Ni de décrire en détails comment le christianisme se propagea par l'épée en Europe et ailleurs.

Si on arrive à cerner le nombre de ceux qui furent massacrés au nom de l'église catholique apostolique et romaine le nombre atteindra des dizaines de millions d'innocents, le tout étant référencié ! Ce genre de comportement sous quelle raisonnable rubrique le placez-vous ? Ou bien peut-être le béniriez-vous en tant que faisant partie de l'innocence et de la tolérance chrétiennes !!

Révérend professeur et chercheur, ce qui précède, et beaucoup plus, fait partie de l'histoire vécue, prouvée historiquement et scientifiquement. Je n'ai cité que des bribes, hélas !

Vous dites dans le troisième paragraphe de votre conférence que Dieu n'aime pas le sang. Et pourtant, vous insistez toujours à imposer ce dogme qui force les adeptes de boire Son sang et de manger Sa chaire, sous forme d'Eucharistie! L'adepte qui ne croit pas vraiment et foncièrement qu'il boit le sang du Christ et mange Sa chaire est maudit par l'église… Il est claire que de tout temps ce dogme répugnait à un nombre grandissant d'adeptes, et les luttes acharnées abondent, à ne citer que Jean Wyclif, que le concile de Constance a condamné en 1418, car il insistait sur le fait que le pain et le vin ne se transforment point, et que le Christ ne se trouve jamais vraiment dans cette Eucharistie. Le concile condamna tous ses écrits, l'accusa d'hérétique, et après sa mort le concile ordonna d'ouvrir sa tombe et de jeter ses os loin des cimetières de l'église (Les Conciles eucuméniques, t. II, p. 859). Puis le concile de Latran introduit ce dogme dans le Symbole de la foi!

La toute dernière tentative effectuée pour imposer l'idée de boire le sang du Christ et de manger Sa chaire est l'année que Jean-Paul II consacra en octobre 2004 et qui se termina par le synode, tenu du 2 au 23 octobre 2005, auquel assistèrent 256 évêques, de 118 pays, ayant pour titre : "L'Eucharistie dans la vie et le message actuel de l'église". C'est vous-même qui avez présidé à ce synode à cause du décès de Jean-Paul II. La date du 23 octobre a été choisie pour la clôture de ce rassemblement pour le faire concorder avec la date de la "Journée mondiale de l'évangélisation"… Ce qui révèle que ce dogme représente un obstacle dans les travaux d'évangélisation que vous entreprenez et que vous vous efforcez de voir comment le fixer !

Il est clair que le fait de vouloir installer ce dogme, avec une telle ténacité, n'est qu'une sorte de justification pour la continuité de l'existence de la classe des prêtres qui, eux seuls, possèdent le pouvoir de transformer le vin et le pain en vrai sang et vraie chaire par les formules de leurs prières, qu'eux seuls connaissent, autrement point de salut pour les adeptes !… On ne peut qu'être étonné de ce que vous considérez logique et raisonnable et que chaque raison trouve logique et raisonnable comme vous le dites ! C'est peut-être cela ce qui a poussé Emile Zola à dire dans un de ses romans que "la civilisation humaine ne progressera point à moins que la dernière pierre de la dernière église ne tombe sur la tête du dernier prêtre" !

Je passe au concile Vatican II et ses décrets, en 1965, qui représentent une déviation sans précédent des textes et des instructions du Nouveau Testament. Ce qui représente une grande part des problèmes auxquels fait face le monde actuellement. Car malgré le fait d'avoir accusé les juifs du meurtre déicide, pendant presque 2000 ans, dans chaque messe du dimanche, dans toutes les églises du monde, et malgré la présence de plus d'une centaine de versets qui les accusent directement et sans ambiguïté, ce concile a décrété, entre autres, les points suivants :
• La réhabilitation des Juifs du meurtre déicide.
• L’élimination du communisme dans les années 1980
• L'élimination de l'Islam, dans les années 1990, afin que le troisième millénaire commence avec la christianisation du monde, quoique ce décret commença à l'époque par l'expression quasi obscure disant : "faire parvenir l'évangile à tout le monde" !
• La reévangélisation du monde.
• L'unification de toutes les églises sous l'égide du catholicisme vaticanais.
• Imposer la participation dans l'évangélisation du monde à tous les adeptes, ecclésiastiques ou laïcs, - acte sans précédent dans la vie de l'église.
• Avoir recours aux églises locales dans les travaux d'évangélisation, - ce qui place les minorités chrétiennes dans les pays où ils vivent, dans la situation de manque de probité et de traîtrise à l'égard de leur nationalisme pour le profit du fanatisme ecclésial !
• Prescription de l'hérésie dite du dialogue interreligieux, comme moyen de gagner le temps afin que la christianisation ait lieu sans trop de résistance.
• Formation de la congrégation pour le dialogue.
• Formation de la congrégation pour l'évangélisation du monde.

Je ne vous demanderai point d'évaluer ce genre de décrets par rapport à la raison ou à la logique, voire du point de vue du mal et de l'inhumain, ils n'ont pas besoin d'être évalués, puisqu'ils crient les doubles faces et le manque de probité, mais j'ajouterai plutôt que le pape Jean-Paul II avait promis de changer 70 versets du texte du Nouveau Testament, afin qu'il s'accorde avec toutes les concessions que vous avez offert aux Sionistes. A vrai dire je ne sais s'il a eu le temps de le faire avant sa mort, ou s'il vous incombera à vous de tenir cette promesse !

De tous les décrets ci-haut mentionnés, je ne citerai sur cette hérésie du dialogue interreligieux, que quelques exemples, d'après les textes vaticanais, donnés aux adeptes pour mener à bien ce fameux dialogue :
• La chose la plus dangereuse qui puisse arrêter le dialogue est que celui
avec lequel nous dialoguons découvre notre intention de le christianiser...
• Un des principaux obstacles du dialogue est ce que nous avons fait dans le passé contre l'Islam et les musulmans, ces amertumes reviennent à la
surface actuellement, à quoi s'est ajouté le problème d'Israël et l'attitude
de l'Occident, et nous, en tant que chrétien, nous savons très bien quel est
notre responsabilité dans ce problème…
• Il est indispensable de séparer le christianisme en soit du monde occidental et ses attitudes agressives et impérialistes : le musulman n'a pas encore oublié tout cela…
• Le vrai dialogue vise au renouvellement de chaque personne par la conversion interne et par le repentir, en comptant sur la patience et le progrès réalisé pas à pas, selon la réalité des gens à notre époque…
• Il est nécessaire que les chrétiens aident les croyants des autres religions à se purifier de leur tradition religieuse pour accepter la conversion…
• Les membres des autres religions ont l'ordre de s'insérer à l'église afin d'obtenir le salut…
• Le dialogue veut dire imposer la conversion et accepter le mystère du Christ…
• Le Siège Apostolique intervient auprès des gouverneurs des peuples et des responsables de toutes les Institutions mondiales, ou se joint à eux, en entament le dialogue ou en l'imposant pour le bénéfice de la réconciliation parmi plusieurs luttes…

Il suffit de ces quelques exemples pour montrer à quel point ces textes sont écoeurants et pour vous demander : est-ce que ce genre de comportement malhonnête et inhumain est ce que vous considérez logique et raisonnable ?!

Il serait peut-être là bien à propos de signaler votre première encyclique, intitulée : Deus caritas est Il n'est pas question d'aborder, ici, le contenu en détails, car je lui en ai consacré un article à l'époque, intitulé :"Concessions sur la mélodie de l'amour" ! Mais uns des principaux points à relever est que vous considérez seuls les Juifs et les Chrétiens qui adorent le vrai Dieu, ensuite vous faite le lien entre l'Islam, la vengeance, la haine et la violence au nom d'Allah, disant que l'église catholique seule est celle qui doit diriger le monde. A quoi s'ajoute un nombre répugnant de concessions présentées aux Sionistes. Ce qui prouve que les citations mentionnées dans votre conférence n'étaient point dues au hasard, mais que vous les avez choisies avec préméditation puisqu'elles représentent votre pensée perpétuelle.

En terminant cette lettre ouverte, je ne peux que vous poser une question : le Vatican insiste à répéter que sa mission est de christianiser le monde, et il déploie, en fait, toutes les possibilités, par tous les moyens, ouvertement ou en louvoyant, afin de parvenir à ses buts. Bien plus, il ne cesse de déployer tous ses efforts pour l'unification des églises pour les employer dans sa guerre d'évangélisation du monde. Cette attitude a été imposée à tous les adeptes, à cause de leur baptême, disant que c'est le seul moyen pour faire face à la montée de l'Islam. De même, un nombre de lois redoutables a été promulgué aux Etats-Unis afin de faciliter cette mascarade, sans tenir compte que c'est cela exactement ce qui fomente les dissensions, provoque la violence pour se défendre et défendre sa propre foi. Là je ne peux m'empêcher de vous demander : qu'entendez-vous faire avec ce petit état confessionnel discriminatoire, que le Vatican a aidé à sa fixation, injustement et en portant atteinte à autrui, en arrachant la terre à ses propriétaires pour l'accorder à des gens qui n'en ont aucun droit, selon vos textes sacrés ? Bien plus, que pense faire le Vatican avec ce petit état raciste, la formation duquel représente une déviation flagrante de sa religion et de ses instructions, - à savoir qu'il existe des études théologiques qui prouvent qu'ils n'ont aucun droit à cette terre, à ne citer que la thèse du père Landouzie ? Je n'ironise point en vous demandant avec amertume : Allez-vous christianiser les Juifs, Révérend père, ou bien c'est de Vatican qui va être judaïsé ?! Votre injuste prétention n'est-elle pas de christianiser le monde ?!

Celui qui porte à sa charge le poids d'une histoire ensanglantée, et toute cette tradition basée sur la contrefaçon et la falsification, et qui commet cette gaffe provocatrice en blasphémant l'Islam et les musulmans, avec une telle préméditation, il ne doit pas seulement s'excuser, mais il se doit de démissionner de ses fonctions. C'est la moindre des choses à faire, s'il y avait une quelconque probité scientifique ou religieuse.
Que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur vous.


Lundi 25 Février 2013


Commentaires

1.Posté par Abdelkader Dehbi le 25/02/2013 17:08 | Alerter
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Un texte sublime, érudit et politiquement courageux ! Que Dieu vous bénisse chère Dr. Zeinab Abdelaziz. Si les zombis qui nous servent de dirigeants politiques dans la majorité des nos pays arabes avaient le même courage politique, nous n'en serions pas là où nous sommes, c'est à dire au fond des abysses.

2.Posté par Abel le 25/02/2013 19:05 | Alerter
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Le vatican n'est rien d'autre qu'un lieu ou toutes les pervésités sont permises , combien de scandales ont éclaboussés à la face du monde ( pédophilie , meurtres , lobbys gays, enrichissement de certains prélats , ... )

3.Posté par Columbo le 25/02/2013 19:16 | Alerter
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Bravo , excellent , il n'est jamais trop tard pour bien faire .
En passant , une petite anecdote sur """ le musulman n'a pas encore oublié tout cela…""""

» A Maara, les nôtres faisaient bouillir des païens adultes dans les marmites, ils fixaient les enfants sur les broches et les dévoraient grillés. Cet aveu du chroniqueur franc Raoul de Caen, les habitant des localités proches de Maara ne le liront pas, mais jusqu’à la fin de leur vie ils se rappelleront ce qu’ils ont vu et entendu. Car le souvenir de ces atrocités, propagé par les poètes locaux ainsi que par la tradition orale, fixera dans les esprits une image des Franj difficile à effacer…Jamais les Turcs n’oublieront le cannibalisme des Occidentaux. A travers toute leur littérature épique, les Franj seront invariablement décrits comme des anthropophages. Cette vision des Franj est-elle injuste ? Leurs chefs l’affirmeront l’année suivante dans une lettre officielle au pape : Une terrible famine assaillit l’armée à Maara et la mit dans la cruelle nécessité de se nourrir des cadavres des Sarrasins. Mais cela semble bien vite dit. Car les habitants de la région de Maara assistent, durant ce sinistre hiver, à des comportements que la faim ne suffit pas à expliquer. Ils voient, en effet, des bandes de Franj fanatisés, les Tafurs, qui se répandent dans les campagnes en clamant tout haut qu’ils veulent croquer la chair des Sarrasins, et qui se rassemblent le soir autour du feu pour dévorer leurs proies. Cannibales par nécessité ? Cannibales par fanatisme ? Tout cela parait irréel, et pourtant les témoignages sont accablants, aussi bien par les faits qu’ils décrivent que par l’atmosphère morbide qu’on y ressent. A cet égard, une phrase du chroniqueur franc Albert d’Aix, qui a participé personnellement à la bataille de Maara, reste inégalable dans l’horreur : Les nôtres ne répugnaient pas à manger non seulement les Turc et les Sarrasins tués mais aussi les chiens ! «

Extrait de ''Les croisades vues par les Arabes d'Amin Maalouf
Le prince Renaud(*), le «brins Arnat» des chroniqueurs, est arrivé en Orien en 1147 avec la mentalité déjà anachronique des premiers envahisseurs : assoiffé d'or, de sang et de conquête. Peu après la mort de Raymond d'Antioche, il est parvenu à séduire sa veuve puis à l'épouser, devenant ainsi le seigneur de la ville. Très vite, ses exactions l'ont rendu odieux, non seulement à ses voisins alépins, mais aussi aux Roum et à ses propres sujets. En 1156, prétextant le refus de Manuel (**) de lui payer une somme promise, il a décidé de se venger en lançant un raid punitif contre l'Pile byzantine de Chypre et demande au patriache d'Antioche de financer l'expédition. Comme le prélat se montrait récalcitrant, Renaud l'a jeté en prison, l'a torturé, puis après avoir enduit ses blessures de miel, l'a enchaîné et exposé au soleil une journée entière, laissant des milliers d'insectes s'acharner sur son corps.

Bien entendu, le patriarche a fini par ouvrir ses caisses et le prince, ayant rassemblé une flotille, a débarqué sur la petite garnison byzantine, lâchant ses hommes sur l'île. De ce qui lui est arrivé en ce printemps de 1156, Chypre ne se remettra jamais. Du nord au sud, tous les champs cultivés ont été systématiquement ravagés, tous les troupeaux massacrés, les palalis, les églises et les couvents ont été pillés, tandis que tout ce qui ne pouvait pas être emporté était démoli sur place ou incendié. Les femmes ont été violées, les vieillards et les enfants ont eu la gorge tranchée, les hommes riches ont été emmenés en otages et les pauvres décapités. Avant de repartir chargé de butin, Renaud a encore ordonné de rassembler tous les prêtres et les moines grecs, à qui il fait couper le nez avant de les envoyer, mutilés, à Constantinople.

4.Posté par yt le 28/02/2013 17:40 | Alerter
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Comment, par les apôtres, l'Eglise a reçu l'Évangile; À l'aide, du volume d'Irénée&nbsp;de Lyon :&nbsp;``contre les Hérésies``&nbsp;: les éditions du cerf 1985 -livre III pages 276 à 283


IRÉNÉE DE LYON
De culture et de langue grecque, Irénée est né à Smyrne en Asie Mineure vers 120 ou 130, de parents grecs et chrétiens. Il témoigne avoir connu saint Polycarpe[1], qui lui-même avait reçu l'imposition des mains de l'apôtre Jean. Saint Jérôme dit qu'Irénée fut aussi le disciple de saint Papias. Arrivé en Gaule vers 157, il exerça d'abord la fonction de simple prêtre, et s'associa aux travaux de Pothin, premier évêque de Lyon. Quand Pothin périt victime d’une persécution de Marc Aurèle, en 177, Irénée fut choisi pour le remplacer. Sa vie épiscopale fut alors consacrée à l'instruction des peuples et à la défense de la vérité par la lutte contre les hérésies des Gnostiques et des Valentiniens.

Irénée de Lyon

LIVRE III
LA VÉRITÉ DES ÉCRITURES
Comment, par les apôtres, l'Eglise a reçu l'Évangile
Le Seigneur de toutes choses a en effet donné à ses apôtres le pouvoir d'annoncer l'Évangile et c'est par eux que nous avons connu la vérité, c'est-à-dire l'enseignement du Fils de Dieu. C'est aussi à eux que le Seigneur a dit : « Qui vous écoute m'écoute, et qui vous méprise me méprise et méprise Celui qui m'a envoyé. » Car ce n'est pas par d'autres que nous avons connu l'« économie » de notre salut, mais bien par ceux par qui l'Evangile nous est parvenu. Cet Evangile, ils l'ont d'abord prêché ; ensuite, par la volonté de Dieu, ils nous l'ont transmis dans des Ecritures, pour qu'il soit le fondement et la colonne de notre foi.
Car il n'est pas non plus permis de dire qu'ils ont prêché avant d'avoir reçu la connaissance parfaite, comme osent le prétendre certains, qui se targuent d'être les correcteurs des apôtres. En effet, après que notre Seigneur fut ressuscité d'entre les morts et que les apôtres eurent été, par la venue de l'Esprit Saint, revêtus de la force d'en haut, ils furent remplis de certitude au sujet de tout et ils possédèrent la connaissance parfaite ; et c'est alors qu'ils s'en allèrent jusqu'aux extrémités de la terre, proclamant la bonne nouvelle des biens qui nous viennent de Dieu et annonçant aux hommes la paix céleste : ils avaient, tous ensemble et chacun pour son compte, l'« Evangile de Dieu».
Ainsi Matthieu publia-t-il chez les Hébreux, dans leur propre langue, une forme écrite d'Evangile, à l'époque où Pierre et Paul évangélisaient Rome et y fondaient l'Eglise. Après la mort de ces derniers, Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que prêchait Pierre. De son côté, Luc, le compagnon de Paul, consigna en un livre l'Évangile que prêchait celui-ci. Puis Jean, le disciple du Seigneur, celui-là même qui avait reposé sur sa poitrine, publia lui aussi l'Évangile, tandis qu'il séjournait à Éphèse, en Asie.
Et tous ceux-là nous ont transmis l'enseignement suivant : un seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre, qui fut prêché par la Loi et les prophètes, et un seul Christ, Fils de Dieu. Si donc quelqu'un leur refuse son assentiment, il méprise ceux qui ont eu part au Seigneur, méprise aussi le Seigneur lui-même, méprise enfin le Père ; il se condamne lui-même, parce qu'il résiste et s'oppose à son salut, — ce que font précisément tous les hérétiques.
Les hérétiques n'admettent ni les Écritures ni la Tradition
En effet, lorsqu'ils se voient convaincus à partir des Écritures, ils se mettent à accuser les Écritures elles-mêmes : elles ne sont ni correctes ni propres à faire autorité, leur langage est équivoque, et l'on ne peut trouver la vérité à partir d'elles si l'on ignore la Tradition. Car, disent-ils, ce n'est pas par des écrits que cette vérité a été transmise, mais de vive voix, ce qui a fait dire à Paul : « Nous "parlons" sagesse parmi les parfaits, mais sagesse qui n'est pas celle de ce siècle » Et cette sagesse, chacun d'eux veut qu'elle soit celle qu'il a découverte par lui-même, autrement dit une fiction de son imagination. Aussi est-il normal que, d'après eux, la vérité soit tantôt chez Valentin, tantôt chez Marcion, tantôt chez Cérinthe, puis chez Basilide, ou encore chez quelque autre disputeur n'ayant jamais pu prononcer une parole salutaire. Car chacun d'eux est si foncièrement perverti que, corrompant la règle de vérité, il ne rougit pas de se prêcher lui-même.
Mais lorsqu'à notre tour nous en appelons à la Tradition qui vient des apôtres et qui, grâce aux successions des presbytres, se garde dans les Eglises, ils s'opposent à cette Tradition : plus sages que les presbytres et même que les apôtres, ils ont, assurent-ils, trouvé la vérité pure, car les apôtres ont mêlé des prescriptions de la Loi aux paroles du Sauveur ; et non seulement les apôtres, mais le Seigneur lui-même a prononcé des paroles venant tantôt du Démiurge, tantôt de l'Intermédiaire, tantôt de la Suprême Puissance ; quant à eux, c'est sans le moindre doute, sans contamination aucune et à l'état pur qu'ils connaissent le mystère secret. Et voilà bien le plus impudent des blasphèmes à l'endroit de leur Créateur ! Il se trouve donc qu'ils ne s'accordent plus ni avec les Ecritures ni avec la Tradition.
Tels sont les gens qu'il nous faut combattre, mon cher ami. Glissant comme des serpents, ils cherchent à s'échapper de tous côtés : aussi est-ce de toutes parts qu'il faut leur tenir tête, dans l'espoir que nous pourrons, en les refoulant, amener quelques-uns d'entre eux à se convertir à la vérité. Car, s'il n'est pas facile de faire changer de sentiment une âme possédée par l'erreur, du moins n'est-il pas absolument impossible que l'erreur s'enfuie quand on met en face d'elle la vérité.
La Tradition apostolique de l'Église. Ainsi donc, la Tradition des apôtres, qui a été manifestée dans le monde entier, c'est en toute Église qu'elle peut être perçue par tous ceux qui veulent voir la vérité. Et nous pourrions énumérer les évêques qui furent établis par les apôtres dans les Églises, et leurs successeurs jusqu'à nous. Or ils n'ont rien enseigné ni connu qui ressemble aux imaginations délirantes de ces gens-là. Si pourtant les apôtres avaient connu des mystères secrets qu'ils auraient enseignés aux « parfaits », à part et à l'insu des autres, c'est bien avant tout à ceux à qui ils confiaient les Églises elles-mêmes qu'ils auraient transmis ces mystères. Car ils voulaient que fussent absolument parfaits et en tout point irréprochables ceux qu'ils laissaient pour successeurs et à qui ils transmettaient leur propre mission d'enseignement : si ces hommes s'acquittaient correctement de leur charge, ce serait un grand profit, tandis que, s'ils venaient à faillir, ce serait le pire malheur.
Mais comme il serait trop long, dans un ouvrage tel que celui-ci, d'énumérer les successions de toutes les Églises, nous prendrons seulement l'une d'entre elles, l'Église très grande, très ancienne et connue de tous, que les deux très glorieux apôtres Pierre et Paul fondèrent et établirent à Rome; en montrant que la Tradition qu'elle tient des apôtres et la foi qu'elle annonce aux hommes sont parvenues jusqu'à nous par des successions d'évêques, nous confondrons tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ou par infatuation, ou par vaine gloire, ou par aveuglement et erreur doctrinale, constituent des groupements illégitimes : car avec cette Église, en raison de son origine plus excellente, doit nécessairement s'accorder toute Église, c'est-à-dire les fidèles de partout, — elle en qui toujours, au bénéfice de ces gens de partout, a été conservée la Tradition qui vient des apôtres.
Donc, après avoir fondé et édifié l'Eglise, les bienheureux apôtres remirent à Lin la charge de l'épiscopat ; c'est de ce Lin que Paul fait mention dans les épîtres à Timothée. Anaclet lui succède. Après lui, en troisième lieu à partir des apôtres, l'épiscopat échoit à Clément. Il avait vu les apôtres eux-mêmes et avait été en relations avec eux : leur prédication résonnait encore à ses oreilles et leur Tradition était encore devant ses yeux. Il n'était d'ailleurs pas le seul, car il restait encore à cette époque beaucoup de gens qui avaient été instruits par les apôtres. Sous ce Clément, donc, un grave dissentiment se produisit chez les frères de Corinthe ; l'Eglise de Rome adressa alors aux Corinthiens une très importante lettre pour les réconcilier dans la paix, renouveler leur foi et leur annoncer la Tradition qu'elle avait naguère reçue des apôtres, à savoir : un seul Dieu tout-puissant, Créateur du ciel et de la terre, qui a modelé l'homme, fait venir le déluge, appelé Abraham, fait sortir son peuple de la terre d'Egypte, conversé avec Moïse, donné la Loi, envoyé les prophètes, préparé un feu pour le diable et ses anges. Que ce Dieu-là même soit annoncé par les Eglises comme étant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, tous ceux qui le veulent peuvent l'apprendre par cet écrit, tout comme ils peuvent connaître par lui la Tradition apostolique de l'Église, puisque cette lettre est plus ancienne que les actuels fauteurs d'erreur qui imaginent faussement un autre Dieu au-dessus du Créateur et de l'Auteur de tout ce qui existe. A ce Clément succède Évariste ; à Évariste, Alexandre ; puis, le sixième à partir des apôtres, Xyste est établi; après lui, Télesphore, qui rendit glorieusement témoignage ; ensuite Hygin ; ensuite Pie ; après lui, Anicet ; Soter ayant succédé à Anicet, c'est maintenant Eleuthère qui, en douzième lieu à partir des apôtres, détient la fonction de l'épiscopat. Voilà par quelle suite et quelle succession la Tradition se trouvant dans l'Eglise à partir des apôtres et la prédication de la vérité sont parvenues jusqu'à nous. Et c'est là une preuve très complète qu'elle est une et identique à elle-même, cette foi vivifiante qui, dans l'Église, depuis les apôtres jusqu'à maintenant, s'est conservée et transmise dans la vérité.
Mais on peut nommer également Polycarpe. Non seulement il fut disciple des apôtres et vécut avec beaucoup de gens qui avaient vu le Seigneur, mais c'est encore par des apôtres qu'il fut établi, pour l'Asie, comme évêque dans l'Église de Smyrne. Nous-même l'avons vu dans notre prime jeunesse — car il vécut longtemps et c'est dans une vieillesse avancée que, après avoir rendu un glorieux et très éclatant témoignage, il sortit de cette vie —. Or il enseigna toujours la doctrine qu'il avait apprise des apôtres, doctrine qui est aussi celle que l'Église transmet et qui est la seule vraie. C'est ce dont témoignent toutes les Églises d'Asie et ceux qui jusqu'à ce jour ont succédé à Polycarpe, qui était un témoin de la vérité autrement digne de foi et sûr que Valentin, Marcion et tous les autres tenants d'opinions fausses. Venu à Rome sous Anicet, il détourna des hérétiques susdits un grand nombre de personnes et les ramena à l'Église de Dieu, en proclamant qu'il n'avait reçu des apôtres qu'une seule et unique vérité, celle-là même qui était transmise par l'Église. Certains l'ont entendu raconter que Jean, le disciple du Seigneur, étant allé aux bains à Éphèse, aperçut Cérinthe à l'intérieur ; il bondit alors hors des thermes sans s'être baigné, en s'écriant : « Sauvons-nous, de peur que les thermes ne s'écroulent, car à l'intérieur se trouve Cérinthe, l'ennemi de la vérité ! » Et Polycarpe lui-même, à Marcion qui l'abordait un jour et lui disait : «Reconnais-nous», «Je te reconnais, répondit-il, pour le premier-né de Satan. » Si grande était la circonspection des apôtres et de leurs disciples, qu'ils allaient jusqu'à refuser de communier, même en paroles, avec l'un de ces hommes qui falsifiaient la vérité. Comme le dit également Paul : « L'hérétique, après un premier et un deuxième avertissement, rejette-le, sachant qu'un tel homme est perverti et qu'en péchant il est lui-même l'auteur de sa condamnation. » Il existe aussi une très importante lettre de Polycarpe écrite aux Philippiens, où ceux qui le veulent et qui ont le souci de leur salut peuvent apprendre et le trait distinctif de sa foi et la prédication de la vérité. Ajoutons enfin que l'Eglise d'Ephèse, fondée par Paul et où Jean demeura jusqu'à l'époque de Trajan, est aussi un témoin véridique de la Tradition des apôtres.
Telle étant la force de ces preuves, il ne faut donc plus chercher auprès d'autres la vérité qu'il est facile de recevoir de l'Eglise, car les apôtres, comme en un riche cellier, ont amassé en elle, de la façon la plus plénière, tout ce qui a trait à la vérité, afin que quiconque le désire y puise le breuvage de la vie. C'est elle, en effet, qui est la voie d'accès à la vie ; « tous » les autres « sont des voleurs et des brigands». C'est pourquoi il faut les rejeter, mais aimer par contre avec un zèle extrême ce qui est de l'Eglise et saisir la Tradition de la vérité. Eh quoi ! S'il s'élevait une controverse sur quelque question de minime importance, ne faudrait-il pas recourir aux Eglises les plus anciennes, celles où les apôtres ont vécu, pour recevoir d'elles sur la question en cause la doctrine exacte ? Et à supposer même que les apôtres ne nous eussent pas laissé d'Ecritures, ne faudrait-il pas alors suivre l'ordre de la Tradition qu'ils ont transmise à ceux à qui ils confiaient ces Eglises ?
C'est à cet ordre que donnent leur assentiment beaucoup de peuples barbares qui croient au Christ : ils possèdent le salut, écrit sans papier ni encre par l'Esprit dans leurs cœurs, et ils gardent scrupuleusement l'antique Tradition, croyant en un seul Dieu, Créateur du ciel et de la terre et de tout ce qu'ils renferment, et au Christ Jésus, le Fils de Dieu, qui, à cause de son surabondant amour pour l'ouvrage par lui modelé, a consenti à être engendré de la Vierge pour unir lui-même par lui-même l'homme à Dieu, qui a souffert sous Ponce Pilate, est ressuscité et a été enlevé dans la gloire, qui viendra dans la gloire comme Sauveur de ceux qui seront sauvés et Juge de ceux qui seront jugés et enverra au feu éternel ceux qui défigurent la vérité et qui méprisent son Père et sa propre venue. Ceux qui sans lettres ont embrassé cette foi sont, pour ce qui est du langage, des barbares ; mais, pour ce qui est des pensées, des usages, de la manière de vivre, ils sont, grâce à leur foi, suprêmement sages et ils plaisent à Dieu, vivant en toute justice, pureté et sagesse. Et s'il arrivait que quelqu'un leur annonçât les inventions des hérétiques en s'adressant à eux dans leur propre langue, aussitôt ils se boucheraient les oreilles et s'enfuiraient au plus loin, sans même consentir à entendre ces discours blasphématoires. Ainsi, grâce à l'antique Tradition des apôtres, rejettent-ils jusqu'à la pensée de l'une quelconque des inventions mensongères des hérétiques.


Je conseille, à ce professeur, de lire au complet le volume d'IRÉNÉE DE LYON


5.Posté par zeinab abdelaziz le 01/03/2013 08:02 | Alerter
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@ YT

"Ce Professeur", monsieur, a le plaisir de porter à votre connaissance la lettre de saint Jérôme au pape Damase, qui lui avait confié la charge de réviser les tas d'évangiles en circulation pour faire ce qui fut nommé "la Vulgate", que le Concile de Trente a imposé aux adeptes comme oeuvre divine, ayant "seul Dieu comme auteur" !!
A Vatican I on ajouta que Dieu eut recours à l'esprit saint, qui inspira les apôtres... A Vatican II, on déclare que ces livres contiennent de l'imparfait et du caduc !!

" Vous voulez qu'avec les matériaux d'un ancien ouvrage j'en refasse un nouveau; que je me pose comme arbitre dans l'examen des textes de l'Écriture répandus dans le monde; vous voulez, en un mot, que j'explique les variantes qu'on y trouve, et que je signale ses passages concordants avec la version grecque la plus authentique. C'est une pieuse entreprise, mais une présomption dangereuse que de s'établir juge des autres, quand soi-même on doit avoir pour juge l'opinion générale; que de prétendre changer la langue des vieillards, ramener le monde, déjà vieux, au bégaiement de l'enfance. En effet, quel est l'homme de nos jours, savant ou non savant, qui, se décidant à prendre en main notre ouvrage , et voyant discréditer le texte dont il se sert habituellement et dans lequel il a appris à lire, ne se récrie aussitôt, et ne me traite de faussaire, de sacrilège, dont l'audace impie n'a point reculé devant des additions, des changements et des corrections à des textes consacrés par le temps?
Contre de semblables reproches une double consolation m'est offerte; la première, c'est que cette mission m'a été confiée par vous ; la seconde, c'est que, d'après le témoignage même de ceux qui nous attaquent, il ne pourrait y avoir de vérité complète dans les ouvrages où on ne peut signaler des variantes. En effet, si nos adversaires pensent que les exemplaires latins sont dignes de confiance, qu'ils désignent lesquels; car il existe presque autant d'originaux que d'exemplaires. S'ils pensent, au contraire, que la vérité ne saurait être découverte que par la comparaison des différents textes , pourquoi trouvent-ils mauvais que j'aie la prétention de corriger, tout en remontant aux sources grecques, les parties du texte qui ont été ou mal comprises par des interprètes ignorants, ou tronquées, dans de mauvaises intentions, par des correcteurs inhabiles et présomptueux, ou surchargées d'additions et altérées par de paresseux copistes ? "

Quant un auteur avoue avoir changé la langue d'un texte discrédité, contenant déjà des variantes, sachant qu'il sera traité de faussaire, de sacrilège, parce que jouissant d'une audace impie qui ne l'a point fait reculer devant les changements et les corrections qu'il a dû faire, dans les parties du texte mal comprises, ou qui sont tronquées par les mauvaises intentions de ceux qui les ont écrits ou copiés, et qui sont surchargés d'aditions et altérés par de paresseux copistes, avec un aveu pareil on n'a plus le droit d'imposer la religion qui en découle pour évangéliser le monde ! Surtout quand tous les travaux récents assurent, outre la vérité de ce que dit saint Jérôme, un nombre inimaginable de contradictions ou d'anachronismes historiques.

Cette lettre-préface, écrite par saint Jérôme au pape Damase, pour quiconque aimerait vérifier le texte, se trouve à la Bibliothèque Nationale François Mitterrand, dans les éditions des Bénédictines, Paris, 1693. Malheureusement la photocopie n'a pas passé avec le texte.

Merci pour le conseil, je connais bien Irénée, inventeur ou plutôt rédacteur du "péché originel" !

6.Posté par yt le 02/03/2013 20:24 | Alerter
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Cher professeur, je m'excuse si je vous ai offusqué. 
Vous avez parfaitement raison, cette lettre de Jerôme à Damase existe bel et bien....... mais
est-elle réellement de la main de Jérôme …... permettez-moi d'en douter!!!1
Comment un homme d'une telle rectitude, un savant, un saint, un docteur de l'Église aurait-il
pû se prêter à une telle sale manœuvre!!!!!!!!!!
Vous êtes sans doute au courant des travaux de Pierre Nautin et de Glen L. Thompson
Selon Pierre Nautin, spécialiste de la littérature patristique, plusieurs des lettres entre Jérôme et Damase auraient en fait été écrites par Jérôme après la mort de Damase. Et d'après Glen L. Thompson[1], de nombreuses fausses lettres, censées avoir été échangées entre Damase et Jérôme, ont circulé entre le VIe et le VIIIe siècle[2].
1. ↑ Théologien américain, Martin Luther College, New Ulm, MN. Thompson cite P Nautin, Le premier échange épistolaire entre Jérôme et Damase : lettres réelles ou fictives ?, 1983, p. 331-334
2. ↑ (en) Glen L Thompson, Jerome Epistle 19 authenticity, WLC, PDF [lire en ligne [archive]]
Vous verrez à la lecture du volume d'Irénée, que les hérétiques de ces temps-là faisaient usage de ces stratagèmes pour propager leurs idées..... ex. évangile de Juda.... de Marie....
de Thomas...... etc.
Dans son merveilleux volume de| «  l'harmonie entre l'Église et la Synagogue » écrit en 1844. le rabbin Drach parle de Jérôme en ces termes : chapitre IX :
``  Un Docteur, profond dans la science divine,et à qui personne après lui n'a encore pu être comparé pour les vastes connaissances, la rare sagacité, le jugement droit et l'habileté dans l'interprétation scripturale ( qui ne voit que nous parlons du grand, de l'admirable et jamais assez admiré saint Jérôme), ce Docteur, dont la sainteté égalait la prodigieuse instruction, s'est placé comme hébraïsant à la tête de tous les interprètes et commentateurs des divines Écritures.
Quand il éprouva le besoin d'apprendre l'hébreu, les juifs seuls étaient maîtres, et maîtres jaloux,
de l'idiome sacré. Un scrupule religieux leur interdisait d'en partager la connaissance, surtout avec les adorateurs de Jésus le Nazaréen. L'étude de l'hébreu était à cette époque, où il n'existait aucun livre élémentaire de cette langue, hérissée de mille difficultés pour ceux qui n'apprenaient pas à le parler dès leur enfance. L'ardent défenseur de la religion du Christ ne se rebuta point.
Tous les obstacles cédèrent à sa résolution saintement opiniâtre, aux démarches incessantes,
même aux sacrifices pécuniaires auxquels la pauvreté de l'ermite de Bethléem sut encore fournir,
enfin à ces efforts incroyables de toute nature qui ne peuvent être inspirés que par l'amour de la gloire de Dieu, ce ressort puissant que le monde ne connaît pas, et qui opère les plus grands prodiges. Un grand nombre des écrits de Saint Jérôme, et en particulier ses versions de l'Ancien
Testament, auxquelles l'Église a imprimé le cachet de l'autorité divine dont elle est la fidèle dépositaire, attestent jusqu'à quel point cet esprit élevé était initié dans les secrets de la langue originale du volume sacré. Comme il en avait deviné parfaitement le génie, il a rendu avec une précision admirable chacune des expressions du texte primitif, soit qu'il commentât ou qu'il traduisit.``

b) Pour ce qui est de la vulgate :

Au XXe siècle, le pape Pie XII requalifie comme simplement juridique la suprématie du texte latin : « Si le concile de Trente a voulu que la Vulgate fût la version latine « que tous doivent employer comme authentique », cela, chacun le sait, ne concerne que l'Église latine et son usage public de l'Écriture, mais ne diminue en aucune façon (il n'y a pas le moindre doute à ce sujet) ni l'autorité ni la valeur des textes originaux.... Cette autorité éminente de la Vulgate ou, comme on dit, son authenticité, n'a donc pas été décrétée par le concile surtout pour des raisons critiques, mais bien plutôt à cause de son usage légitime dans les Églises, prolongé au cours de tant de siècles. Cet usage, en vérité, démontre que, telle qu'elle a été et est encore comprise par l'Église, elle est absolument exempte de toute erreur en ce qui concerne la foi ou les mœurs, une authenticité de ce genre ne doit pas être qualifiée en premier lieu de critique, mais bien plutôt de juridique[1] ».
1. ↑ Pie XII, Encyclique Divino Afflante Spiritu

c) Pour ce qui est du péché originel :
Le péché originel.- C’est l’état de dégradation dans lequel sont conçus tous les descendants d’Adam, par la suite du péché de leur premier père. Aux termes de la doctrine catholique, définie par le concile de Trente( sess. Vme ), Dieu, en créant le premier homme, l’enrichit de divers dons gratuits, qui étaient dans l’ordre surnaturel, la grâce sanctifiante et destination à la béatitude éternelle; dans l’ordre naturel, la science Infuse, la parfaite soumission des sens à la raison, l’exemption de la douleur, et l’immortalité. En punition de son péché, Dieu retira à Adam ces divers dons, et cette privation s’est étendue à tous ses descendants. Chaque homme, à sa naissance, est donc privé de la grâce : en cela consiste essentiellement le péché originel. De plus,
Il est soumis à l’ignorance, à la concupiscence, à la douleur et à la mort. La loi du péché originel n’a souffert que deux exceptions : Jésus-Christ et la Sainte Vierge.- Le remède du péché originel était pour les Juifs, la foi au Messie : pour les chrétiens, c’est le baptême.

7.Posté par zeinab abdelaziz le 03/03/2013 13:02 | Alerter
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@ yt,

Vous n’avez point à vous excusez, monsieur, vous faites votre boulot…

Mais une personne qui a lu la Bible dans son intégralité, avec ses milliers de contradictions et absurdités, qui a lu les minutes et décrets des Conciles œcuméniques, l’histoire de la papauté, l’histoire de l’Eglise, la bataille du Modernisme et du fondamentalisme, les Croisades, les Inquisitions, et surtout le fameux « Jesus Seminar » tenu aux Etats-Unis, ne peut qu’avoir un simple sourire face à votre argumentation.

Un dicton arabe dit textuellement : « le mensonge n’a pas de pieds », autrement dit : le mensonge ne tient pas debout… tôt ou tard il ne peut que tomber.


8.Posté par yt le 04/03/2013 18:41 | Alerter
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Cher professeur
``LE SOURIRE`` peut être un argument...... mais comme argument , çà ne vaut pas grand chose.
À l'argument ``LE SOURIRE``je vais répondre par ce proverbe chinois :
``quand on vit dans une maison de verre on ne lance pas de pierres chez son voisin``.
Je vais clore cette polémique par ces paroles que le saint curé d'Ars a dites à l'un de ses paroissiens qui était rebelle à son enseignement : `` un adversaire n'est pas nécessairement
un ennemi, il paut même devenir à l'occasion un ami``.

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