Economie et pouvoir financier

Les turbulences financières augmentent tandis que l’économie mondiale s’enfonce dans la dépression


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Nick Beams
Jeudi 19 Avril 2012

Les turbulences financières augmentent tandis que l’économie mondiale s’enfonce dans la dépression

Pendant la majeure partie de l’année en cours, les marchés financiers ont grimpé, stimulés par l’injection d’argent à bon marché provenant des banques centrales européennes et des États-Unis. Mais, comme les taches rosées qui apparaissent sur les joues d’un tuberculeux, la montée des actions en bourse n’était pas une manifestation de santé économique, mais plutôt le signe d’une maladie qui s’aggrave.

La situation a changé dans les derniers jours. Les taux d’intérêts sur les dettes italienne et espagnole ont, une nouvelle fois, augmenté fortement, au moment où un autre épisode de la crise financière européenne est à l’horizon. Selon un analyste financier cité par l’agence de nouvelles Bloomberg, « la crise de l’euro est de retour » et la rapidité de la hausse des taux d’intérêt révèle « des éléments d’une nouvelle panique sur les marchés ».

Les craintes des marchés concernant l’Espagne sont venues dans la foulée de l’annonce, par le premier ministre Mariano Rajoy, que le gouvernement avait l’intention de réduire les dépenses gouvernementales à un niveau équivalent à 5,5 pour cent du produit intérieur brut (PIB) pendant les deux prochaines années -- un des plus grands programmes de coupes jamais réalisés par un pays industrialisé majeur.

Cependant, la source de la nouvelle ronde de perturbation n’est pas seulement la situation en Espagne et en Italie, mais le malaise grandissant face à l’économie capitaliste mondiale au complet. Quatre ans après le début de la crise financière mondiale, rien n’a été résolu. Pour reprendre les mots d’un rapport préparé par le Financial Times et l’Institut Brookings, l’économie mondiale « demeure sur le respirateur artificiel ».

Elle est gardée en vie en grande partie par l’injection d’énormes montants d’argent dans le système financier. Selon le professeur Eswar Prasad de l’Institut Brookings : « La reprise économique mondiale a encore des ratés en raison d’un manque de demande robuste, d’instruments politiques qui sont poussés à leur limite et qui sont incapables d’avoir un impact réel et de risques énormes posés par des systèmes financiers faibles et l’incertitude politique ».

Dans un discours donné la semaine dernière, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a averti que les risques pour l’économie mondiale « demeurent élevés » et la « situation fragile. » Lagarde a appelé à des politiques pour appuyer la croissance économique. Cependant, de tels propos ne sont qu’une façade pour des programmes d’austérité qui sont dictés par les banques et les institutions financières mondiales et qui sont renforcés par le FMI.

Les conséquences de ce programme peuvent être vues très clairement en Europe. La Grèce a déjà été reléguée à des conditions ressemblant à celles des années 1930, au moment où des tendances à la récession s’accentuent à travers le continent.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit maintenant une croissance presque nulle en Europe pour 2012. On anticipe une croissance d’à peine 0,1 pour cent au premier trimestre de cette année, et un anémique 1,5 pour cent au second trimestre, pour l’économie importante de l’Allemagne.

Pour la France, durant la même période, on s’attend à une contraction de 0,2 pour cent suivie d’une croissance de 0,9 pour cent. L’Italie devrait connaître un déclin de 1,6 et 0,1 pour cent respectivement, tandis que le Royaume-Uni verrait son économie se contracter de 0,4 pour cent, pour ensuite croître de 0,5 pour cent.

Bien que l’OCDE anticipe une croissance « robuste » pour les États-Unis, cette prévision est contredite par le plus récent rapport sur l’emploi, qui montre que l’économie américaine n’a créé que 120.000 emplois en mars, moins que la moitié de la croissance durant les trois derniers mois.

Depuis le début de la crise financière mondiale en septembre 2008, les défenseurs du système capitaliste présentent la croissance de la Chine comme une alternative de développement, qui pourrait mener à un « siècle asiatique ». Mais ces spéculations ignorent le fait que la croissance économique chinoise a toujours été dépendante de l’économie mondiale. Tout comme ces liens ont été au cœur de l’expansion de la Chine, ils servent maintenant de courroie de transmission du ralentissement économique mondial.

La semaine dernière, il a été annoncé que le taux de croissance de la Chine pour les trois premiers mois de l’année était de 8,1 pour cent, soit le plus bas taux en 11 trimestres et en deçà des prévisions gouvernementales de 8,4 pour cent. La chute de ce taux de croissance n’était pas un événement exceptionnel. L’expansion économique de la Chine ralentit chaque trimestre depuis les trois derniers mois de 2010. Les données sur les importations ont montré des signes clairs d’un affaiblissement de l’économie. Les importations globales n’ont augmenté que de 5,3 pour cent. Les importations de pétrole ont diminué de 5,8 pour cent, celles de cuivre de 4,6 pour cent et celles de fer de 3,2 pour cent.

Les véritables données sur le PIB pourraient bien être en deçà des chiffres officiels. D’après une analyse publiée dans Forbes, la production d’électricité, qui croît à un rythme plus élevé que les autres secteurs de l’économie, n’a crû que de 7,1 pour cent. La croissance globale réelle pourrait donc être aussi faible que 6 pour cent. « La tendance en ce moment est vers le bas, et de jour en jour nous constatons les effets d’une dynamique qui est de plus en plus difficile à renverser », a dit l’article.

Les mêmes tendances peuvent être observées en Inde où la croissance économique est passée en dessous du 7 pour cent, dans une décroissance rapide des secteurs industriels et de l’investissement. L’impact de la crise européenne se voit dans les exportations vers l’Europe, qui ont augmenté de 19,5 pour cent en mars, comparativement à 37,6 pour cent en 2010-2011.

Les tendances de plus en plus fortes vers la récession dans l’économie mondiale ont des implications politiques immédiates. Elles vont entraîner l’intensification de l’assaut international sur la classe ouvrière à travers l’imposition de mesures d’austérité, et par des licenciements et des baisses de salaire dans tous les secteurs de l’économie. La classe ouvrière ne peut véritablement répliquer à cette offensive accrue qu’avec sa propre stratégie politique basée sur l’unité internationale des travailleurs dans la lutte pour des gouvernements ouvriers et le socialisme.

WSWS



Jeudi 19 Avril 2012


Commentaires

1.Posté par Depositaire le 20/04/2012 10:33 | Alerter
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Ce qui est vraiment le plus consternant dans cet article et dans les informations qu'il donne, c'est de montrer, voire, implicitement démontrer, l'absurdité du système économique dominant dans le monde. Et ce n'est pas la solution proposée par l'auteur de l'article qui va règler le problème.
Tout le système économique mondial se réfère à la doctrine développée par l'école de Chicago dirigée par Milton Friedman, (mort en 2006), et ses "Chicagos boys". Ce système, sans développer, préconise "le tout marché". C'est le marché qui va régulariser l'économie et amener la prospérité aux peuples...
Nous voyons aujourd'hui, les résultats : Appauvrissement généralisé des peuples, enrichissement exponentiel d'une classe minoritaire déjà très riche, destruction de l'environnement, spéculation éffrenée sur tout, destruction des cultures et des civilisations, etc. La liste n'est pas close, loin de là. Mais le comble de l'absurde est de voir que ce système ne fonctionne pas et est profondément destructeur et que pourtant tous les dirigeants des pays dits civilisés le préconise !
En fait, on se rend compte que le vrai visage de ceux qui ont promu ce système se dévoile de nos jours. Il s'agit de dominer l'humanité et lui imposer une forme particulièrement abjecte d'esclavage au profit d'une espèce de nomenklatura, ou plutôt d'une oligarchie hégémonique.
Ce n'est pas en imposant un système socialo/communiste, tout en conservant malgré tout une partie de l'ancien système, que les choses changeront. La solution n'est ni politique, ni économique. C'est un changement complet de paradigme dont l'humanité a besoin. Ce qui est nécessaire pour le bien être des peuples, quels qu'ils soient, c'est d'une vision universelle où l'être humain est au centre des préocupations. Pas la politique, pas une catégorie de population, (les ouvriers, comme dit l'auteur de l'article), pas l'économique ou la finance. L'être humain, et surtout la conscience profonde de l'être humain. Est-ce que toutes les activités de la société visent à l'épanouissement et à l'éveil de cette conscience humaine profonde ? Si la réponse est négative, et c'est le cas aujourd'hui, alors ce système de société est à rejeter. mais quand on parle de rejet, nous parlons du rejet du paradigme, de sa référence doctrinale. Cela ne signifie pas qu'il faille revenir à un mode de vie où l'espèce humaine ne connaissait même pas la roue ou l'agriculture. le progrès en soi, n'est pas négatif. Ce qui l'est, c'est l'usage qui en est fait.
Sert-il à élever la conscience humaine et à aider à l'épanouissement des individus et des sociétés humaines, tout en préservant leurs spécificités et leurs cultures qui, pour différentes qu'elles soient, sont une richesse, ou au contraire, sert-il comme instrument de domination, de destruction, de laminoir des cultures et des civilisations et cherche à imposer un mode de pensée, ou de civilisation, unique, genre : "coca-cola - hamburger" ? La réponse est évidente. Et ce ne sont pas les élections présidentielles et législatives en France qui arrivent qui vont changer la donne.
Ce qui est malheureux c'est qu'il va falloir attendre qu'une proportion importante de l'humanité passe par un cataclysme social majeur pour que les gens se réveillent. Et ne croyez pas que ça ne concernera que les peuples pauvres ou du tiers monde. regardez ce qui se passe en Grèce et bientôt en Espagne, les autres pays y passeront aussi si nous laissons ce système continuer.
Alors que faire ? Se réveiller ? Oui, bien sur, mais pour faire quoi ? Il existe d'autres manières de voir et faire les choses. Il faut un vaste mouvement, à la fois de refus catégorique de ce système hégémonique, et un mouvement tout aussi vaste d'unification de tout ce qui permet l'épanouissement de l'être humain. Epanouissement intérieur qui se reflètera dans son activité extérieure par une modération de ses appétits, de la concorde et de la solidarité avec les autres, quels qu'ils soient, du respect de l'environnement et de la nature en général.
Que ce soit au niveau spirituel, social, scientifique, religieux, éducatif, etc. Tout doit converger vers cette unicité. laissons les petits égoismes étriqués, la recherche du profit personnel, surtout au détriment d'autrui. Car de toute façon, tôt ou tard, cela se retournera contre nous. Et, ayant recherché le profit immédiat, l'égoisme, il ne faudra pas être surpris, lorsque l'épreuve arrivera, que nous ne trouvons personne pour nous aider. Puisque justement nous avons voulu rejeter tout le monde pour la satisfaction de notre petite personne. Juste retour des choses.
Puisse nos contemporains, ceux et celles qui liront ces lignes en faire leur profit et au moins commencer par réfléchir et ensuite agir dans le bons sens. De toute façon, c'est inéluctable. Mais au moins en commençant maintenant, on pourra peut-être limiter les dégats physiques et sociaux.

2.Posté par Claude Laigle le 22/04/2012 10:25 | Alerter
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