Selon les principes de la physique il est en effet possible d’influer à grande échelle sur le climat global. La dangerosité d’une telle ingérence dans la nature consiste dans ses possibles conséquences catastrophiques, dit Alexeï Kokorine, en charge du programme « Climat et énergie » du Fonds mondial pour la nature (WWF) de Russie.

« Si, par exemple, nous injectons massivement des particules de soufre dans la stratosphère afin de réfléchir une partie du rayonnement solaire, alors sa redistribution entre les pôles et l’équateur pourra changer et enclencher une nouvelle période de glaciation sur la Terre. Pour cette raison, la conclusion des spécialistes est claire – des expérimentations à grande échelle dans la nature doivent être interdites. »

Des voix se font néanmoins entendre en faveur des projets climatiques de géo-ingénierie. Leur grand attrait réside dans la simplicité de la solution du problème. Il se trouve suffisamment d’économistes pour évaluer ces technologies comme les plus efficaces. Puisqu’un résultat sera déjà perceptible dans deux ou trois ans, et non dans des dizaines et des centaines d’années, comme le prévoit le protocole de Kyoto.

Le professeur à l’Université polytechnique de Saint-Pétersbourg, Sergueï Avakian, estime, lui, que si l’on doit s’ingérer dans la vie sur Terre, il faut le faire par des méthodes plus inoffensives. Par exemple, planter des forêts.

« Il convient de planter des forêts. Les forêts boréales, la taïga fonctionnent le mieux pour accumuler du gaz carbonique par la photosynthèse. Elles n’existent que dans l’hémisphère boréal, en Russie et au Canada. La plantation de telles forêts est en effet capable de jouer un rôle considérable. Et des calculs appropriés existent.

Les adversaires de la géo-ingénierie signalent encore une autre circonstance. L’humanité n’est pas encore prête pour une ingérence radicale dans les processus climatiques. A ce jour il n’existe aucun traité international de nature à gérer de tels projets.

Par ailleurs, en tant que thème de recherches, la géo-ingénierie a le droit de cité. Interdire des recherches dans ce domaine serait la pire des politiques, considèrent des experts. Leur discussion ouverte permettra justement d’en évaluer les aspects positifs et négatifs. T