Proche et Moyen-Orient

Les leçons d'un « printemps »


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Ahmed Halfaoui
Lundi 2 Septembre 2013

 Les leçons d'un « printemps »

Le " printemps arabe " n’aura pas été inutile.
Bien au contraire, il a permis de mettre en évidence les problématiques de fond, que ni l’impérialisme triomphaliste à l’excès, ni les Frères musulmans euphoriques, alliés dans l’entreprise, n’avaient perçues ou voulu percevoir.
Les Etats-Unis et leur satellite croyaient avoir, enfin, parachevé la destruction des derniers vestiges nationalistes et/ou " socialistes " et la Confrérie a cru récolter le fruit de sa longue marche vers l’instauration de sa " société islamique ".

Ce qui devait être instauré, selon les voeux et de l’alliance atlantique et des Frères, était une " démocratie de marché" débarrassée de toutes les entraves souverainistes et protectionniste, aux couleurs d’un Islam "modéré ", mais non moins rempart contre la menace des idéologies réfractaires à la dictature du marché mondialisé.

Malheureusement, pour les deux protagonistes de cette alliance, les dynamiques propres des peuples arabes et assimilés n’allaient pas du tout dans le sens désiré. Et cette réalité s’est imposée dès le début, avant même que soit passé un état de grâce minimal. En Tunisie et en Egypte, là où la " légalité des urnes " a semblé consacrer les Frères en tant que "direction révolutionnaire", ce sera plutôt la radicalisation des revendications qui va se produire, dans une démarche qui n’a pas laissé la moindre opportunité de prise en main des deux pays.

Ainsi, dès le départ, les Frères ont été interpellés sur les données fondamentales qui ont conduit à l’effondrement des régimes de Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak. Quand eux envisageaient aveuglément de poursuivre la politique de leurs prédécesseurs, sous couvert de la mythique et miraculeuse" solution islamique ", dont-ils ne dévoilent pas le moindre indice, si ce n’est un discours moralisateur sans prise sur les immenses attentes populaires.

La contestation pouvait se libérer, d’autant que l’aura religieuse s’est très rapidement évaporée chez la majeure partie de ceux qui avaient donné leurs bulletins de vote à ce courant.

Ce divorce est consommé avec la mise en oeuvre des pouvoirs fréristes des mêmes méthodes de répression, que les travailleurs en grève ou les manifestants ont eu à affronter auparavant. On a pu compter des morts. Et ce n’était nullement des slogans laïcs qui étaient scandés par le grand nombre. Mensonge qu’ont développé et que continuent de développer les médias de l’alliance atlantique, dans une tentative désespérée de réduire les luttes en cours à une confrontation religieuse, en recourant à l’amplification du poids social d’individus ou de courants d’opinion, dits laïcs, marginaux.

L’objectif étant d’occulter la véritable cible du mécontentement, le système économique et social prédateur au service des multinationales et de la spéculation de la finance internationale. Mais l’échec est assourdissant. Pis pour les apprentis sorciers de la " printanisation ", l’anti-impérialisme que l’on croyait affaibli ou disparu renaît plus fort.

Il exprime désormais le lien fait entre les Frères et les Etats-Unis et la dénonciation de l’agression programmée contre la Syrie. Pas de quoi prédire un avenir quelconque dans le monde dit arabe sans inclure le refus des peuples de se soumettre au diktat de l’OTAN.

Ahmed Halfaoui



Lundi 2 Septembre 2013


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